Martine autour du monde ...

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Dernière étape ... et nouveau loupé pour les transports ! Décidément les vols  domestiques en Equateur réservent bien des surprises : départ de Vilcabamba à 4 heures du matin, arrivée à 6 heures dans un aéroport dont on ne sait pas le nom, au nord de Loja, pour apprendre .... que notre vol était annulé !

 

Mais on s'est bien débrouillé (enfin Pedro s'est bien débrouillé car moi j'étais un peu en panique !). Nous avons pris un vol à 7h00 pour Quito, puis une demi-heure après notre arrivée, un autre vol pour Guayaquil où le chauffeur, prévenu, nous attendait). Le survol de ces villes permet de mesurer la différence totale de climat et d'ambiance : nuages épais et montagnes, nuits fraîches à Quito ; brume légère, plaines sableuses et humide, chaleur étouffante à Guayaquil, l'autre grande ville du pays, capitale économique avec son immense port.

 

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Nous devions  passer nos 2 derniers jours à Las Salinas, mais comme ça plaisait moyen moyen à mon co-équipier de faire la sieste sur la plage, de boire des cocktails et d'écluser les discothèques, changement dernière minute pour Puerto Lopez, un petit port situé sur la côte pacifique à 3 heures de voiture de Guayaquil, "como se puede ver sobre esta mapa" :

  

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S'il était un bonne occasion de faire une petite sieste réparatrice, car  le trajet sur la route un samedi matin depuis Guayaquil est assez intéressant : le WE est là, c'est l'afflux vers la côté et ses plages, activité très prisée ici. Longues files de voiture en tous genres, vendeurs de cartes, de bouées, de nourriture aux feux et aux péages. C'est un couple qui nous conduit (très bavard ce qui réveille Pierre toutes les 2 minutes), avec une autorité naturelle manifeste de la dame sur le monsieur, ça ne rigole pas. Le paysage devenu sableux offre de longues étendues parsemées ça et là de ranchs ou de très grandes propriétés dédiées à l'élevage de chevaux (animal roi en Equateur, pas un endroit où l'on ne monte pas à cheval) !

 

  La mer apparaît enfin avec son lot de paillotes, transats, gargotes qui attendent les citadins en WE.

 

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Bonne surprise de notre côté en arrivant : nous sommes logés dans un petit refuge atypique en pleine nature, face à l'île de la Plata, où le silence n'est troublé que par les chants joyeux des oiseaux exotiques. On s'octroie direct un bain rafraichissant dans le bassin !

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 Nous sommes  les seuls dans ce petit hôtel situé à 2 km du port de pêche de Puerto Lopez. Le village est situé au creux d'une belle anse, bordée de paillotes d'un autre âge, où l'on ne se déplace qu'en rickshaw, même sur la plage.  Devenu un lieu de villégiature pour les habitants de Guayalquil, avec notamment les jolies plages désertes dissimulées dans le parc naturel alentour, le village conserve son organisation selon les traditions du pays, avec son marché, ses vendeurs de bibelots en tous genres, son église où les habitants se rassemblent chaque soir. Puerto Lopez, ce fut vraiment une bonne idée : un lieu que je recommande !
 

 

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 Fabrication de glace pilée et aromatisée "en direct" sur la plage  

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 Les pêcheurs rentrent le soir ... nous ne les avons pas vu, mais le poulet qui grille ... ça oui ! 

 

                                                                                             Puerto Lopez (42)                                                                                            Puerto-Lopez--33-.JPGObjectif de ces 3 jours : REPOS. Après 2 mois et demi de "baroud", je pensais me reposer un peu  avant de retrouver les frimas de l'hiver français. Eh bien, c'était sans compter avec les petites suggestions de Pierrot qui, profitant d'une très belle journée ensoleillée, est parvenu à emmener sa "mama" poursuivre une incertaine aventure avec à la clé  3 heures de montée en plein cagnard sur un petit chemin pas possible du Parc National Machalilla...(le chenapan !)  bref pour ma dernière journée "repos", une belle rando les pieds dans la gadoue !!

 

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Les paysages de cette côte sont magnifiques, bordés de falaises sableuses rouges, de belles plages et de pélicans qui plongent dans l'eau à la verticale , c'est impressionnant...  

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  La plage de "las Frailes"  12 km au nord de Puerto Lopez

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    La plage de Puerto Lopez au coucher du soleil

 

Le voyage se termine demain, salué par un splendide coucher de soleil et un bon verre de vin, dans la bonne humeur, la chaleur, la beauté et la diversité des paysages et la gentillesse des Equatoriens.

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Sur la route le long de la côte pacifique : la récolte de sel, le retour des pêcheurs, les grandes plages désertes bordées parfois de hautes falaises : 

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Et nous voilà avec nos 4 billets Guayaquil-Madrid-Paris : départ à 21h ici, arrivée à Orly demain 1er février 2012 - 17h30 (15h30 de vol)

Finito el  viaje !  

Hasta luego la familia !    

 

 

 

 

 

 

 

 

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Je vais vivre ma plus grande aventure et mes moments les plus intenses, dans la petite ville de Vilcabamba 5OOO habitants, située tout au sud de l'Equateur, à quelques kilomètres de la frontière du Pérou ...grâce à Pedro qui m'a encore entraînée dans de folles aventures lesquelles heureusement se sont bien terminées !

 

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Vilcabamba est une bourgade, située tout au sud du pays, à 1858 m d'altitude,  au milieu de nulle part mais avec des paysages fabuleux, célèbre  pour la longévité de ses habitants dont les plus âgés sont nombreux à dépasser les 100 ans, pour être le "stop" privilégié des  routards au long cours, pour être un lieu de villégiature très "zen" où les stages de méditation sont légion, et où la douceur de vivre est bien présente, ainsi que les jus de fruits "énergétiques" ! Heureusement avant de partir nous en avions pris notre dose !

 

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 ... c'est un endroit très agréable, où, lorsqu'on arrive, on aimerait bien poser son sac et se reposer un peu ... ce qui ne fut pas mon cas , car Pierrot m'a entraîné dans de rocambolesques aventures, sans itinéraire , sans plan, sur un chemin perdu le long d'une rivière .... sans trop savoir où cela nous conduisait  ! Comme le chemin n'était pas fléché (hé hé ) j'ai suivi la flèche du sac à dos  ... et c'est parti pour 3 heures d'aventure le long d'un ruisseau, dans un décor de jungle, sur un petit chemin  cassé et boueux, dans un environnement magnifique  ! Il nous a même fallu franchir des barrières, des rivières (heureusement presque à sec ) et un pont effondré !

Malheureusement, au bout de 2 heures, il nous a fallu rebrousser chemin car : barrière en fer infranchissable !

 

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Mais au retour, petite récompense et repos dans notre joli lodge, avant un départ demain matin pour la côte atlantique : lever 4 heures !

 

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Je crois que je n'oublierai jamais la beauté de ces montagnes des Andes,  sa flore extraordinaire, et la lumière qui se faufile sous un ciel argenté pour faire éclater à l'infini  la palette des verts ...

 

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Loja est une des plus anciennes villes d'Equateur, de 140 000 habitants, à 2100 mètres d'altitude, fondée en 1548 peu après l'invasion de l'Equateur par les Espagnols. Elle est réputée, d'une part, pour sa musique et son ouverture culturelle et, d'autre part, pour ses universités, notamment celle de droit.

 

C'est une jolie ville coloniale où la religion est très présente et où règne une ambiance assurément plus intellectuelle que celle des autres villes que j'ai visitées jusqu'à présent. Ses rues sont tout aussi animées mais partout l'on peut entrer dans des lieux ou magasins qui mettent en avant l'importance de la culture. Loja a été une des premières villes d'Equateur à proclamer son indépendance du joug espagnol, dès 1820 (l'indépendance du pays n'eut lieu que 10 ans plus tard).

 

Les églises les plus célèbres sont la cathédrale fin XIXè (où chaque année le 20 août se tient le couronnement de la Vierge de Cisne, qui donne lieu au rassemblement de fidèles venus de tout le pays, une des fêtes religieuses importante en Equateur), l'église Santo Domingo (église la plus ancienne de la ville bâtie à leur arrivée par les Espagnols, entre 1560 et 1600, qui abrite encore une statue du XVIè siècle), les églises San Sébastian et San Francisco (où l'on a entendu un chant de messe sur un air de Francoise Hardy - tous les garcons et les filles !).


2--9--Cathedrale--place-centrale.JPG   2 (13)Eglise Santo Domingo    

 Les 3 églises du centre ville : la cathédrale, San Francisco, Santo Domingo , et San Sebastian sur la place de l'Indépendance 

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2--17-.JPGAprès la visite de toutes ces églises sérieuses, on est allé faire une promenade plus marrante, en se faisant expliquer dans le détail par de fiers militaires en armes la victoire contre le Pérou fin janvier 1942 (que ce dernier célèbre aussi...puisqu'il a tranquillement annexé 200 000 km2 de territoire équatorien dont l'accès à l'Amazone, conflit résolu seulement il y a quelques années !), puis en parcourant les rues les plus anciennes qui conservent soigneusement leur look colonial (dont la célèbre et colorée rue de Lourdes), en assistant aux joyeuses sorties des classes (les enfants rentrent chez eux le midi), en se régalant d'un n-ième pollo con arroz (poulet au riz) dans une petite échoppe, ou en nous égarant jusque dans le "Parc de distraction", voulu par le maire de la ville pour le bien-être de ses habitants (unique apparemment en Equateur, on a joué le jeu jusqu'au bout !). Un dernier tour au musée de la musique où, comme au musée d'histoire de la ville, sont essentiellement exposées des photos des années 40 à 60 de la ville et de ses senors de l'époque (manifestement encore pas mal espagnols...). On a même eu le droit à un petit récital de piano improvisé par quelques jeunes filles qui sortaient de leurs cours, jouant Bach et Beethoven ! L'intérêt de tous ces musées vient aussi du fait qu'ils sont logés dans de grandes maisons coloniales très bien préservées.

 

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je me fais expliquer la guerre contre le Pérou ...  

     2--23-.JPG 2 (37) calle Lourdes

Les enfants qui sortent de l'école,                                                 la "calle Lourdes" , évocation de la vierge de Lourdes

          

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                                                                Le musée de la musique et de la peinture . 

Une oeuvre  du peintre "GUAYAZAMIN" , le plus célèbre d'Equateur  (fortement influencé par Picasso).

A sa mort, en 1999, l’UNESCO lui décerna à titre posthume le Prix international José Martí, hommage légitime à un artiste qui s’était toujours préoccupé du sort des classes déshéritées d’Amérique latine et des Caraïbes                                                                                          

Bon dîner le soir pour se rattraper du pollo et être d'attaque pour le lendemain : assez de ville, départ pour Vilcabamba aux aurores, pour profiter des premières heures du jour au parc de Podocarpus...

 

 


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Réveil en pleine forme après une looooongue nuit de repos. Il le faut car aujourd'hui, au programme, grosse randonnée alpine dans un parc à ... 3900 m d'altitude (on n'avait pas totalement compris cela en partant !). Coup de chance, le soleil et la lumière se fraient un passage à travers les nuages et accompagnent notre chemin. Pourvu que ça dure ! Itinéraire au milieu de paysages grandioses et déserts de lacs, de sommets volcaniques, de rivières et de forêts de polylepsis (arbre rouge, appelé "arbre à papier" puisqu'on utilise son écorce pour fabrique du papier). D'une superficie de 280 km2, le parc se situe entre 3000 et 4500m d'altitude et présente des centaines de lacs (lagunas) qui font le bonheur d'une faune exceptionnellement riche (mais que nous n'avons pas rencontrée !!).

 

"Risque élevé de se perdre. Accompagnement par un guide recommandé" était-il écrit à l'entrée du parc... On était parti pour 2h30 mais on a finalement marché pendant 4h30 avec des passages assez accrobatiques ... jusqu'à se retrouver au bord de la route, pour finir par être sauvés par un bus - sans avoir manifestement été jugés crédibles en autostoppeurs...

 

Le récit en images :

 

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Cerveza de récompense à l'arrivée et bon dîner ! Départ le lendemain matin pour Loja, avec un itinéraire magnifique entre des montagnes où paissent tranquillement des vaches en liberté sur des pentes très marquées (mais elles sont élevées pour leur lait et non pour leur viande...). Le plafond nuageux et parfois un brouillard épais sont toujours bien présents, mais laissent ici ou là passer des rayons de lumière qui déclinent les tons de vert sur toute la palette possible de cette couleur. Difficile de rendre ce spectacle avec le petit appareil photo que nous avons en poche ! En dépit d'éboulements assez spectaculaires, on poursuit notre chemin avec quelques arrêts dans des villages communautaires, comme le marché aux bestiaux (avec test de la peau de porc grillé, spécialité locale...), les villages d'Oña et de Cumbre où l'on goûte la tomate ("tomaté", un fruit !), ou celui des Saraguro reconnaissables à leur habit noir très élégant, leur chapeau de feutre, leurs nattes (y compris chez les hommes qui portent les cheveux très longs) et les bijoux ciselés qui tiennent leur châle. Le noir serait l'expression séculaire de la mort d'Atahualpa, dernier roi Inca assassiné par les troupes de l'espagnol Pizarro en 1532 lors son invasion de l'Equateur.

 

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Arrivée au soir sans encombre, un bon filet de boeuf là-dessus et au lit ! Demain découverte de Loja ("une des villes les plus écologiques du monde" ... ?!?).

 

(articulo escribido por Pedro, hé hé hé ! 26 - 01 - 2012)

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Ancienne cité coloniale, Cuenca est la 3ème ville d'Equateur par sa population (400 000 hab.) et est située  2500m d'altitude, au fond d'une vallée arrosée de trois Rios. Son centre historique est classé au Patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco depuis 1999. Son artisanat est surtout connu pour le fameux chapeau Panama (fait traditionnement à partir de feuilles de paja de toquilla, mais également en laine de lama dans certaines communautés artisanales).

 

Première journée tranquille passée à déambuler dans cette ville à l'architecture soignée et préservée. En comparaison des villes du nord, Cuenca paraît plutôt riche et ses rues sont très propres. Son organisation est semblable à celle de toutes les villes d'Equateur : autour d'une grande place principale ombragée où viennent se reposer les passants, la cathédrale de marbre rose (avec une immense statue de JP II à l'entrée !), le palais du gouvernement de la province, la banque centrale marquent le centre de la ville. Les rues pavées sont disposées en perpendiculaires qui facilitent l'orientation, y compris depuis le Mirador del Turi ). Il y fait manifestement bon vivre, les rues très animées de boutiques commerçantes le jour s'apaisent la nuit avec toutefois de nombreux petits cafés discrets où les Cuencanos viennent déguster le chocolat chaud, spécialité locale !

 

Cuenca fut la première grande ville des Incas venus du sud (entre 1500 et 1530). Elle a conservé des toitures en tuiles (tierra) qui la distingue des autres grandes villes d'Equateur.

 

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La pause déjeuner au marché central de 10 de Augusto s'impose (dans une comedores pour 2$ !), on fait la discussion avec nos convives de table, trois frères peintres en bâtiment :

 

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Sans suprise, c'est le lieu où les habitantes (surtout) des villages alentour viennent vendre leur production de fruits et de légumes, et où on peut admirer leur habillement traditionnel (jupe bleue, châle sombre et panama).

 

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Couchés tôt après un bon diner de maïs (choclo ici) avec les dernières lueurs du soleil sur le Tomebamba et sous la protection bienveillante de la Vierge au chapeau (spécialité locale là aussi !!).

 

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Pierre devait venir me rejoindre aujourd'hui à Riobamba, mais son avion a été détourné sur Guayaquil, à cause du mauvais temps, et  nous ne nous retrouverons que demain ... à Cuenca !

C'est donc seule, que je vais passer la nuit dans une belle hacienda transformée en hôtel, un peu à l'écart de la petite ville de Riobamba.

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Aujourd'hui lever très tôt (5 heures) pour rejoindre Alausi par la route - en plein brouillard- et prendre "le petit train des Andes" qui descend vers le fameux "nariz del diablo" (le nez du diable, du nom de la forme de ce piton rocheux ... c'est ce que le gardien du musée m'explique sur la photo plus bas ...), puis retour par le même chemin ...

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DSCN2838 Le trajet dure 3 heures aller-retour avec quelques vues spectaculaires sur le relief andin, le dénivelé est asez vertigineux et le train circule à même la falaise !!

 

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Avant le départ du train pour le trajet retour, un petit musée permet de découvrir la communauté agricole locale, les Nizag, qui vivent à 3200 m d'altitude et qui ont construit la voie de chemin de fer (y laissant 1500 des leurs), en zig-zag le long de la falaise obligeant le train à de savantes manoeuvres arrière-avant pour continuer son chemin :

 

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L'après-midi, nous nous sommes arrêtés au site Inca le plus important de l'Equateur, Ingapirca, au sud de Riobamba, situé à 3200 m d'altitude. Ce site,édifié avant 1500 et découvert en 1970 par le savant français La Contamine, était dédié au dieu du soleil. Il n'en reste malheureusement pas grand chose aujourd'hui si ce n'est l'emplacement des anciennes habitations de l'époque et un vestige du temple du soleil, dont la particularité est sa forme ovale.

 

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Au terme de cette journée bien chargée, on arrive à Cuenca en fin d'après midi où Pedro m'attendait ! Retrouvailles émouvantes  que l'on a arrosé directement par une cerveza locale ! Il a l'air en pleine forme le "Piter" ... je ne sais comment il fait  Il m'a expliqué qu'il avait passé la nuit à Guayaquil dans un "dortoir" puis pris un mini-bus pour venir me rejoindre à Cuenca : bienvenue en Equateur

 

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Et c'est reparti !

En route sur la Panaméricaine vers le sud ( qu'on appelle "la Route des Andes") en traversant les Provinces de Cotopaxi et Tungurahua.

Crocus-008.jpgC'est la fameuse "allée des volcans" qui commence :

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Les volcans sont nombreux en Equateur et certains encore très actifs :

Le Chimborazo (6310m), l'un des plus hauts de l'hémisphère sud, le Nevado Ojos del Salado 6891m, le plus haut et aussi le point de la surface terrestre le plus éloigné du centre de la terre (à cause de l'aplatissement de la terre aux pôles), le Cotopaxi, le plus haut volcan actif du monde 5897m,, le Cayambe  5785m situé sur la ligne équatoriale,  l'Antisana 5753m proche de Quito, le Tungurahua 5023m que je verrai à Banos,  le Pinchincha 4784m volcan actif qui surplombe Quito ... Les tremblements de terre sont nombreux et violents. Par exemple, en 1987, un tremblement de terre de 6,8 sur l'échelle de Richter, détruisit une partie de la route Quito-Lago Agrio, renforçant pendant plusieurs mois l'isolement des provinces de l'Oriente et coupant en deux un pipe line, créant ainsi de nombreux dégats humains et écologiques (dont les habitants de mon lodge en Amazonie m'ont d'ailleurs parlé).

  

La Panaméricaine est en général en bon état, mais il y a beaucoup de ralentissements dûs à des travaux ... ou parfois des éboulements de lave grise qui envahissent la route.

 

 

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La vallée, que traverse la panaméricaine, est  bordée de tout un tas de villages, et plus loin, de collines verdoyantes et cultivées, montagnes, pâturages et volcans dont les sommets sont toujours dans la brume. Pourtant il fait beaucoup plus chaud ici qu'à Quito.

Comme partout, les champs (ici un champ de patates),  sont séparés, entre les frères d'une même famille notamment,  par des Agabes ou Pencos (qui ressemblent aux yuccas), et qui servent aussi à faire de l'alcool, le "Chawarmiski", ou de la fibre pour les cordes (alpargata). 

  

 

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Eduardo m'explique que chaque village a une "spécialité".

Quelques courts arrêts donc dans de petites villes ou des villages : Saquisili où il y a un très beau marché le jeudi et où je m'achète rapidement une veste en laine bien chaude (la veste à rayures blanches et grises en bas sur la photo- car la seule que j'avais a rétréci au lavage et je l'ai donnée à Eduardo qui a une petite fille de 11 ans), Latacunga la capitale de la Province de Cotopaxi, Ambato la capitale de la Province de Tungurahua, Salcedo dont la spécialité est le lait, la crème, les glaces : Eduardo s'arrête d'ailleurs pour en acheter 2 et pour que je puisse vérifier la saveur exceptionnelle de ces glaces! Salasaca célèbre pour ses fruits, Pelileo dont la spécialité est la fabrication de jeans ....

 

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Nous nous arrêtons aussi près de  San Francisco de Cunuguachay,  dans une communauté indigène située bien à l'écart de la route : cette commuanauté amérindienne porte le nom de "Palacio Real". Elle compte 80 familles qui se consacrent pour la plupart à l'agriculture et à l'élevage. La réintroduction des lamas en 2004 à permis à la communauté de mettre en place un projet de développement économique, en l'espèce un pôle d'activités qui rassemble un restaurant de viande de lama "El palacio de la Llama" (très riche en protéines et très pauvre en graisse) , une filature, une teinturerie de laine de lama, ainsi qu'un musée (Sumak Kawsay).  consacré au lama et à sa place dans la culture indigène Aujourd'hui la communauté possède plusieurs centaines de lamas et alpagas. Elle peut ainsi faire face à la pauvreté, valoriser sa culture indigène, et enfin protéger l'écosystème car les lamas produisent un engrais très riche qui fertilise le sol qu'ils n'abîment pas, puisque leurs pieds sont pourvus de coussinets.

 

 La route qui mène à la communauté. :   

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L'emblème de la communauté à l'entrée du musée :  l'eau et la terre, la Pacha Mama qui signifie en Quechua la Terre Mère                          

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Au musée, j'en profite pour me faire expliquer les symboles du chapeau régional : il est rondà bords étroits,blanc avec un ruban noir. Le blanc symbolise les sommets en Chimbo, et le ruban fait allusion au deuil suite à la mort du dernier inca. musee-de-la-communaute-Palacio-Real.JPG

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   Dans les champs, on cultive aussi une céréale : la quinoa, dont on fait, avec les graines, la boisson traditionnelle : la "Chicha de Quinua"                                                       quinua-4.jpg

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Après 4 heures de route, arrivée à Banos, "la célèbre station thermale" du pays : 13 000 habitants, 1800 mètres d'altitude, une  allure de bourgade tranquille, très propre, très   plaisante, située au creux d'un beau décor  naturel, dominé par de hautes montagnes verdoyantes, dont le volcan Tungurahua (5016 m) , toujours en activité (dernière grosse éruption en 1999), et dont le sommet est enneigé (enfin on peut  le voir quand il n'y a pas de nuages ... ce qui est rare!)

 

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Banos est très assez touristique certes, mais très agréable.

 

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Cependant, il faut être jeune et sportif pour profiter de toutes les activités offertes : escalade, rafting, randonnées à pied, à cheval, à velo, saut à l'élastique, bains dans les piscines naturelles d'eau chaudes volcanique, et les cascades .... 

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bref, tout cela n'est pas pour moi, et demain, j'ai demandé au sympathique propriétaire du petit lodge très "simplex" où je suis pour 3 nuits, de bien vouloir me faire faire demain un tour en voiture dans la montagne.... ci-dessous, l'entrée du lodge Higueron, ma chambre, et le lavoir où je lave mon linge (je suis sûre au moins qu'il ne va pas rétrécir  :

 

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Ce matin me voilà donc partie faire un tour en montagne, ce qui permet effectivement de découvrir Banos den haut :1--10--copie-1.JPG

 

et les magnifiques payages de la route qui grimpe vers le volcan Tungurahua : cascades, champs de "tomatos del arbol" (ça ressemble à des tomates, mais ça pousse sur des arbres et ce sont des fruits : ici ils sont verts mais deviennent rouges!), de maïs "tendre" (choclo)

  

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Enfin on arrive au plus haut où l'on puisse aller en voiture : "la casa del arbol" : 2690 mètres, mais malheureusement le sommet du volcan est toujours dans les nuages.  

 

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William m'a expliqué que le grand centre de volcanologie se trouvait entre Ambato et Banos, que les chercheurs y travaillaient 24h sur 24 à la surveillance d'éventuelles éruptions. La dernière a eu lieu en 1999 et  toute sa famille a été manu militari obligée de quitter la ville comme tout le reste de la population. Pour rien, puisque les coulées de lave se sont arrêtées à 1 km de la ville.

Les éruptions, sauf cas exceptionnels, sont prévisibles plusieurs jours à l'avance. Les habitants des montagnes sont des "vijias" (vigilants) chargés de dire s'ils voient des choses anormales... ils sont en contact permanent (et payés pour ça) avec les géophysiciens  de la station .On voit  un peu partout ces "instruments de mesure" dont je ne saurais expliquer le fonctionnement

 

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Enfin, Banos c'est "la capitale"  des bonbons fabriqués à partir de canne à  sucre :

 

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La Alegria est une hacienda située à une quarantaine de km au sud de Quito, ce qui m'a permis d'avoir une jolie vue de la ville qui s'étend tout en longueur au fond d'une vallée encastrée au milieu de montagnes toutes plus belles les unes que les autres. Les « barrios », les faubourgs pauvres envahissent les hauteurs de la ville.

 

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La Alegria se trouve à l'écart du petit village de « La Libertad », près de la ville de Lataguna et du Parc National Cotopaxi,( province de Vichincha),on y accède par un chemin caillouteux de quelques kilomètres, 

 

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Depuis La Alegria, on aperçoit 2 volcans : le Pasocha et le COTOPAXI , le deuxième volcan d'Equateur par sa hauteur (5897m), et aussi le volcan en activité le plus haut du monde ! Que les amateurs d'ascension peuvent faire en 2 jours... ce qui ne sera pas mon cas ! Je vais me contenter ici d'admirer les paysages magnifiques, les montagnes, les vallées, les animaux, et participer un peu à la vie de cette hacienda, propriété de Patricia et Don Gabriel Espinosa, depuis 5 générations …La vue de la fenêtre de ma chambre:

 

 

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Je découvre ici un autre monde : celui des descendants d'espagnols qui ont su conserver leur privilèges. 200 vaches, 1200 litres de lait par jour, dont 4,5% de crème, et 3,2% de protéîne … vendus chaque jour à Quito. 59  chevaux destinés à l'équitation et qui font le bonheur des touristes « cavaliers » (beaucoup de Français) qui viennent passer ici 1 à 2 semaines pour apprendre à monter ou faire de grandes balades dans les montagnes environnantes. Et plusieurs dizaines de lamas  Ils organisent aussi régulièrement des jeux de lasso … un bon business qui a l'air de bien marcher. Il y a ici 12 employés à plein temps pour s'occuper et soigner les chevaux, des cuisinières et employées de maison... Le  propriétaire des lieux dîne le soir avec moi et une jeune fille de Quito venue prendre des cours d'équitation pendant 8 jours. Nous sommes servis à table par une servante en blouse blanche, dans des assiettes très chiques.

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  Le grand père, Maurice, m'a fait faire le tour de cette expoitation de 130 hectares.

 

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 Les chambres sont très confortables, avec eau chaude et cheminée électrique, ce qui est bien agréable le soir , car il fait froid, froid....et un peu de confort de temps en temps ne fait pas de mal

 

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 Le volcan Imbabura au sommet couvert de nuages, alors qu'il est éteint ("dormido") :

 

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Arrivée hier après-midi, samedi, à Otavalo (90 km de Quito, 2580m d'altitude, 90 000 ha) un des plus beaux, sinon le plus beau marché de tissus d'Equateur : on l'appelle ici "le marché des ponchos" ... Il a lieu tous les jours, mais le plus grand c'est le samedi ! coup de chance ... Une vraie merveille et un régal pour les yeux ... J'ai bien regretté de ne pas avoir plus de place das ma valise ! J'y serais bien restée des heures ! mais comme d 'habitude : soy de prisa !

 

Vue générale à l'entrée du marché :

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 Les "Otavalos" qu'on appelle aussi les "Otavalenos", d'origine Inca, ont été exploités à l'époque coloniale comme "esclaves tisserans"  ... C'est de cette époque que remonte leur réputation de meilleurs tisserands d'Equateur, car ils en ont gardé la tradition, et grâce à leur sens du commerce ils s'en sont bien sortis.

Au marché on trouve surtout des tissus, des vêtements, des sacs, des hamacs, mais aussi des instruments de musique et des bijoux :

 

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En fait, le chapeau "panama"  est le nom de la paille avec lequel il est fabriqué (la para toquilla) ... en Equateur!

 

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Les Otavalos font partie des groupes indigènes les plus attachés à leurs traditions, ils sont très fiers et refusent d'imiter les blancs et les métis pour quoi que ce soit .. je l'avais déjà noté chez la famille Pupiales.

 

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Ils ont, comme toutes les communautés, leur propre costume : les femmes portent une longue jupe bleue marine, fendue sur un seul côté, laissant apparaitre un jupon blanc, un corsage de dentelle, et un très large collier doré. Sur la tête tissu bleu marine plié qui les fait un peu ressembler à des religieuses.

 

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Les hommes sont en pantalon court, blanc,et poncho bleu. Eux aussi se font parfois une tresse de leur cheveux longs.

 

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1 les environs d'OTAVALO 

Me voici arrivée dans la petite ville d'IBARRA (tout en haut sur la carte), où se trouve plusieurs communautés d'indiens Kichwas, dont la communauté INTIWASI (600 personnes, 75 familles) où je vais passer 3 nuits dans une famille qui accueille des voyageurs : la famille Pupiales, la maman Martina, (eh oui comme moi !) le papa Alfonso, la jeune fille Margaritta, et le petit garçon de 11 ans Camillo ...tous absoluement adorables!

Avec Camillo, nous sommes devenus de vrais copains, nous avons beaucoup ri !

 

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur le système "communautés" en Equateur , voici les références d'un article particulièrement intéressant :  

 http://www.iheal.univ-paris3.fr/IMG/pdf/DEA_v1_N_Mazars.pdf

 

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 Le papa est ébéniste, ll fabrique des meubles de très grande qualité et de style ... Louis XV !!

Le voici dans son atelier :

 

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 Ses parents (très agés, et qui vivent à côté)  étaient esclaves et lui-même l'a été jusqu'à l'âge de 7 ans (enfin pas tout à fait puisque l'esclavage a été aboli en 1861...mais c'est tout comme...) . Ils ont mis 18 ans à construire la maison qu'ils habitent aujourd'hui. Alfonso a fait tous les meubles, les portes  et fenêtres de la maison. Une très jolie maison entourée d'un jardin qu'ils cultivent  pour produire pratiquement toute leur alimentation.

 

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Leur jardin, comme tous ceux que j'ai pu voir, sont étonnants , dans la mesure où ils donnent l'impression d'un grand désordre : tout  est mélangé, tout pousse n'importe où, n'importe comment ... on a plus l'impression de se promener dans un champ abandonné que dans un jardin cultivé!   Mais il n'en est rien : ils savent exactement ce qui se trouve où, pourquoi et comment ... à quelle date la pousse a été plantée et quand il faudra venir récolter.

 

Ils sont également très connaisseurs des plantes médicinales qui sont aussi une spécialité de l'Equateur. Ainsi ils m'ont expliqué que le jus blanc de la plante ci-dessous (qui coule lorsqu'on casse la tige) soigne les verrues. 

 

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La vie des Kichwas  est encore assez "rustique" : pas de machine à laver le linge ni la vaisselle, pas de chauffage , juste 2 cheminées,  pas d'eau chaude ...et dans la maison,  à plus de 2000 m d'altitude, je dois dire qu'il faisait très froid !

 

Ici le poulet grille dans le four extérieur, et dans le jardin les lamas s'amusent.

 

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Le lama est une des 4 espèces de camélidés d'Equateur. On l'appelle le "chameau d'Amérique centrale" , un chameau sans bosse. Il y a plusieurs espèces de lamas (nom générique de ces camélidés)  en Amérique centrale : les "guanacos" et les "vigognes" qui sont sauvages, les "alpagas" et les "lamas glama" qui sont domestiqués depuis des milliers d'années... Ils sont de différentes couleurs et tailles. La longueur de leurs poils est variable.   Les lamas sont sont  les premiers animaux de l'Equateur. Ils étaient déjà là sans doute lors des civilisations précolombiennes. En tout cas, ils y étaient lorsque les espagnols sont arrivés, les ont pourchassés pour les remplacer par des chevaux, des vaches et des moutons. La destruction de l'emire Inca par les colons espagnols  contribua à leur déclin. Ils sont aujourd'hui réintroduits en grand nombre, notamment par les communatés indigènes, même s'ils se trouvent de nouveau menacés par le besoin de terres cultivables qui commence à faire sérieusement défaut en Equateur.  Donc ils sont en quelque sorte "sacrés" et parfois, dans certaines communautés, ils sont encore tués lors de cérémonies rituelles. Ils sont surtout utiles aujourd'hui pour leur laine et pour leur viande très riche en protéines et pauvre en graisse. La viande de lama se mange grillée ou en daube. 

 

J'ai participé  à la vie familiale (à la cuisine, on mange avec les doigts !) et j'ai visité l'école de la communauté, ainsi qu'un atelier de couture, où j'ai pu essayer l'habit traditionnel des femmes de la communauté : la "camissa" le chemisier blanc brodé,  l"'anaco", la jupe plissée, parfois le châle le "latchalina"  et le large collier traditionnel doré : le walka .

Elles ont toutes une tresse qu'elles entourent d'un lacet coloré.

Les hommes eux, portent pantalons et chemises blancs,  chapeaux et ponchos noirs.

 

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Je les quitte avec regret : merci à la famille Pupiales

Muchas gracias a toda la familia Pupiales, Yo paso un  momento muy bonito  con ustedes ! 

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La région d'Otavalo : Province d'Imbarra : Capitale Imbarra

 

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Les villes et villages visités :

-La ligne de l'Equateur, à 22 km au nord de Quito

-Otavalo (marché d'art et de textile, un des plus anciens des Andes Equatoriens)

-San Antonio (capitale des sculptures en bois)

-San Pablo et son lac (volcan Imbabura)

-Peguche (la capitale du tissage -visite d'un atelier)

-village de Cotacachi (spécialité artisanale le cuir : magnifique! )

-et son lac de Cuicocha. Célèbre pour avoir un maire indien depuis 2002. Le village a eu le prix international de l'Unesco pour la paix la même année.

-Communauté de San Clemente aux pieds du volcan Imbabura (famille Pupiales)

 

Pour rejoindre la Communauté San Clemente, nous sommes passés par " La Midad del Mundo" 2483 m (la ligne de l'équateur  : latitude 0°0°O°, longitude 78°27'08'') ! C'est pas une blague, j'ai même une jambe de chaque côté !

C'est le résultat des recherches du savant astronome français Charles Marie de La Condamine, qui conduisit la mission géodésique française au 18ème siècle (le siècle des lumières) et put donc affirmer que la terre n'est pas vraiment ronde (comme une orange), mais plutôt ovale (comme un pamplemousse), aplatie aux pôles et bombée sur la ligne de l'équateur, exactement à cet endroit là (ou presque...), d'où le nom du pays !

 

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San Pablo et son lac, avec les "totoras", plantes dont on se sert pour faire les matelas. Au fond le volcan Imbaburra (4621m d'altitude)

 

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Le village de Peguche, capitale du tissage artisanal où j'ai pu visiter un atelier: toutes les couleurs sont naturelles, tirées de plantes ou de bestioles. Par exemple sur ces feuilles de cactus couvertes de chaux, il y a de toutes petites bêtes noires (des cochenilles, m'a dit ma soeur Mireille, créateur licier ( http://mireilleguerin.wordpress.com/), que la dame a écrasées dans sa main pour obtenir un liquide rouge  servant de teinture.

 

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Peguche, c'est aussi la capitale de la fabrication des instruments de musique : flûtes, marancas et charangos (guitares d'équateur) qui sont faites à partir de carapaces d'armadillos (sortes de tortues). Eduardo, mon adorable guide s'y est essayé...

 .

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La lagune de Cuicocha et ses deux îles, plongées dans le brouillard matinal :

 

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C'est sur cette route que j'ai découvert des fruits que je ne connaissais pas :

 

-la "tomate del arbol" sucrée; On la mange comme ça, ou on en fait des jus

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-le "taxo", assez doucereux. On crache les pépins :

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-Le babaco ,  le chivalcan,

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-et surtout, (très important!) le "penca" qui sert à sucrer la préparation  de la chicha, boisson andine alcoolisée à base de maïs. C'est cette plante que l'on retrouve, dans tout le pays, car elle sert à délimiter les terrains des différents propriétaires (notamment ceux des enfants quand le père décède) 

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A ne pas confondre avec le yucca, plante d'intérieur, dont il existe des dizaines de variétés ...  :

    

 

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 l'Amazonie

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Trois jours en pleine forêt amazonienne (ou "Oriente") dans une communauté Quechua. C'est ce qu'on appelle ici le "tourisme communautaire".

 

Un vol de 45 minutes Quito-Coca, puis bus pour rejoindre le port, puisque Coca (ci-dessous) est situé à la confluence du Rio Coca et du fleuve Napo qui se jette dans l'Amazone au Pérou. Coca, 42000 hab., est la capitale de la Province d'Orellana, en limite du "Yasumi National Park" qui abrite, paraît-il , la plus grande diversité biologique du monde, et est classée au Patrimoine mondial de l'humanité.

 

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Nous sommes un groupe de 10 voyageurs et 4 personnes du lodge sont là pour nous accueillir.

 

On prend ensuite une pirogue à moteur (qui va très vite : 50 à 60km/heure en lançant de grandes giclées d'eau au passage)  direction le Sani Lodge ...

 

Par endroits, le fleuve fait bien 2 km de large. Deux heures et demie plus tard, alors que des trombes d'eau se sont mises à tomber et que l'on se cache sous nos panchos (photo), on arrive à un "chemin de planches" (environ 1km), puis à un autre minuscule débarcadère où de nouveau nous nous installons sur deux barques de 6 personnes chacune, et nous voilà repartis, à la pagaie cette fois, pour une petite demi-heure, quand nous apercevons enfin l'entrée du Sani Lodge !

Un lodge ma foi très confortable : je suis logée dans une jolie cabane mais pas d'eau chaude bien sûr !

 

 

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Là, durant 3 jours, je découvre la forêt amazonienne, humide, sombre et dense, plus haute et luxuriante que celle du nord du Yucatan, (mais moins que celle du Brésil paraît-il) sa végétation extraordinaire , et une faune en revanche assez rare, à part les oiseaux que l'on entend le soir et qui font un incroyable vacarme joyeux, musical, très agréable... auquel s'ajoute souvent le bruissement des gouttes de pluie - ou des trombes d'eau-  qui tombent sur les feuilles des arbres ...Un autre monde. Sonore et mystérieux.

 

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Le soir sur le rio Napo à la recherche de caïmans  

et des toucans de toutes les couleurs : 

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Ici des toucans, qui ont des becs de toutes les couleurs, briseurs de graines, indispensables  

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On a même trouvé des "fruits" (achiote sauvage) qui donnent le piment rouge pour se dessiner les signes symboliques sur le visage  

 

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C'est aussi surtout pour sa population  (3% seulement de la population totale du pays) que cette région est intéressante. Une population indigène extrêmement pauvre, qui vit en quasi autarcie  et lutte contre les projets pétroliers.

 

Ceci dit , je n'ai  vu ni puit de pétrole ni raffinerie ...qui pourtant existent bien.  

 

Les indiens Quechuas (majoritaires ici) se sont organisés en communautés : chaque famille a reçu son lopin de terre dont elle est propriétaire. Mais beaucoup de choses se font "en commun" et notamment ceux qui veulent créer ou  participer aux travaux de centres écotouristes, comme le Sani Lodge, le peuvent. Chaque communauté est dirigée par un "président" élu pour 4 ans, et les différentes communautés se réunissent entre elles régulièrement à Coca. Cet écotourisme leur permet de vivre et de rompre leur isolement. De se faire connaître aussi. Mais encore aujourd'hui les touristes qui choisissent de venir ici ne sont que 4%, essentiellement des jeunes : dans mon groupe la moyenne d'âge : 30 ans !

 

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Ci dessus, on voit les 7 maisons qui représentent le lodge (tout en haut à droite), et la communauté qui est située le long des deux bords du Rio Napo, avec ses lopins de terre rectangulaires ayant tous un accès au fleuve.

 

Les Communautés, au nombre (approximatif) de 136 dans toute l'Amazonie, se composent grosso modo de 20 familles chacune et sont  à l'origine de la création de 200 entreprises. Celle du Sani lodge a environ 150 habitants.

 

Toutes ces communautés sont aidées par un organisme international : la FICAE 

 

Les Quechuas sont des gens très joyeux, les guides sont très cultivés, même s'ils ne parlent pas tous le quechua.  Ils vivent de façon très simple et très saine et se soignent avec des plantes médicinales, nous en avons vu des dizaines.

 

Les femmes là aussi comme au Guatemala, portent leurs enfants dans des "parillos". Nous avons été reçus à déjeuner dans leur communauté ... un repas très local , notamment des larves grillées:

 

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Beaucoup d'arbres sont encombrés d'épines ou de plantes épiphytes qui poussent sur les autres telles les orchidées dont les variétés sont innombrables ... Beaucoup de palmiers "toquilla" qui servent à tout, au tressage des toits et à la fabrication des chapeaux "panama" , symbole de l'Equateur. 

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Ces trois jours ont été fatigants (pour moi!) : lever à 5h30 tous les matins pour aller voir les animaux, pluie la moitié du temps, bottes trempées et pleines de boue ... mais ce qui est drôle c'est de voir les quechuas qui s'en fichent complètement : pour eux, c'est comme si la pluie n'existait pas , ils ne s'en préoccupent même pas ....  c'est vraiment une expérience à faire que je ne regrette pas ... d'autant plus que j'ai eu la chance être avec un groupe de jeunes hyper sympas  et que je salue bien

  

Un article rédigé par Aline TIMBERT sur le problème du pétrole en Equateur 

(mais aux dernières nouvelles le projet de rejet du puits de pétrole serait remis en question .....)

  

Le président équatorien, Rafael Correa, relancera d’ici quelques jours, aux Nations Unies, le projet « Yasuni ITT », une initiative écologique de son gouvernement dont le but est de maintenir sous terre une importante quantité de pétrole brut localisée en Amazonie en échange d’une contribution financière au niveau international.

Lors d’un voyage officiel réalisé au Japon il y a maintenant un an (septembre 2010), le président avait déclaré « L’Équateur a le droit d’extraire ce pétrole, c’est pourquoi le pays réclame une compensation pour ne pas l’exploiter », tout en précisant qu’il s’agissait là d’une proposition « altruiste » de son gouvernement qui réclame, à ce titre, la moitié de la somme qui serait susceptible d’être engrangée au moyen de l’exploitation du sous-sol amazonien. Ivonne Baki

La proposition a été bien accueillie initialement par différents gouvernements et institutions, cependant la récolte de fonds n’excède pas pour le moment 5 millions de dollars, 40 millions doivent être débloqués conformément aux engagements de différentes nations, selon des informations données par la négociatrice du projet, Ivonne Baki, ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO. Le gouvernement équatorien espère recevoir d’ici la fin de l’année un fidéicommis international de 100 millions de dollars (administré par la PNUD), dans le cas contraire, le chef de l’État se dit prêt à exploiter la réserve pétrolière située en plein coeur de l’Amazonie, à raison d’une production estimée à 850 millions de barils. Ivonne Baki a insisté à différentes reprises sur le fait que la non d’exploitation de cette réserve de pétrole permettrait d’éviter l’émission dans l’atmosphère d’environ 407 millions de tonnes de dioxyde de carbone. Ce thème devrait être à nouveau évoqué en marge de l’assemblée générale des Nations Unies qui se tiendra le 23 septembre, en effet le président Rafael Correa, soutenu par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, devrait motiver les présidents qui assisteront au forum  afin que ce projet devienne concret grâce à leurs financements. Cette occasion pour le chef de l’État équatorien de s’exprimer sur cet engagement environnemental lui sera accordée lors d’une réunion parallèle à celle tenue à l’assemblée, un événement auquel ont été conviés différents chefs de l’État.

 

L’Équateur propose à la communauté internationale qu’elle contribue à hauteur de 3,5 milliards de dollars soit l’équivalent de la moitié des bénéfices  auxquels pourrait prétendre l’État s’il finissait par opter pour l’exploitation des ressources pétrolières regorgeant dans son sous-sol.

Le Parc National Yasuni abrite des populations indigènes isolées, et il est considéré comme l’un des lieux les plus riches de la planète d’un point de vue de sa biodiversité. Il a été créé en 1979 et déclaré par l’UNESCO comme Réserve Mondiale de la biosphère en 1989. Il s’étend sur 982 000 hectares dans le bassin de l’alto Napo en Amazonie. il offre une variété de 2 274 espèces d’arbres et d’arbustes, sur un seul hectare on peut répertorié jusqu’à 655 espèces différentes.

Le projet « ITT », qui reprend les initiales des gisements pétrolifères d’Ishpingo, de Tiputini et de Tambococha, dans la forêt amazonienne, sites qui présentent près de 20 % des réserves du pays en or noir, a pour objectif de convaincre la communauté internationale de financer à hauteur de 3,5 milliards de dollars sur 12 ans l’abandon de leur exploitation, soit un manque à gagner que les Équatoriens évaluent à 850 millions de barils de pétrole.

Selon Ivonne Baki « cette réunion médiatique permettra de voir l’importance que les différents États accordent à cette initiative écologique », elle a cependant ajouté que la crise économique et politique qui affecte le Moyen-Orient a affecté le financement des principaux pays intéressés par cette proposition environnementale. Pendant son voyage en Belgique survenu le 13 août dernier, le président équatorien a annoncé que, s’il ne parvenait pas à recevoir l’appui financier nécessaire à ce projet, il analyserait avec son gouvernement la possibilité d’appliquer le « plan B » à savoir l’exploitation du pétrole avec les conséquences que cela peut avoir sur l’environnement.

 

Le parc naturel Yasuni

Il est à noter que l’Équateur pourrait mettre en place grâce aux financements étrangers une « ville de la bio-connaissance » au coeur de l’Amazonie afin d’effectuer des recherches scientifiques dans le domaine médical en procédant à l’analyse de la grande biodiversité du parc naturel Yasuni. « Nous analysons la possibilité de créer à moyen terme une ville de la bio-connaissance et nous y réfléchissons dès aujourd’hui » a déclaré Ivonne Baki à l’Agence de presse Notimex. Elle a précisé que le centre pourrait se situer à Nuevo Rocafuerte, à la frontière amazonienne avec le Pérou, à une distance raisonnable du parc national Yasuni, afin de ne pas endommager « l’écosystème » de la région; de plus elle a souligné avoir pris contact avec des scientifiques pour mener à bien projet de création d’un pôle de recherche. Elle a informé pour le moment il existait deux centres de recherche créés par l’université catholique de Quito et par l’université de San Francisco. Elle a tenu à souligner qu’il n’y avait pas de centre équivalent à ceux existant à Hawaï, au Panama, au Costa Rica ou encore dans d’autres pays bien que l’Équateur bénéficie de richesses naturelles bien supérieures à celles présentes dans ces différents pays, « il manquait une décision politique pour le faire » a-t-elle déclaré.

Elle n’a pas manqué de souligner que le prix Nobel de médecine, Eric Chivian, a rédigé un ouvrage sur l’importance de la biodiversité au Yasuni, mettant en exergue le potentiel pharmaceutique présent dans ce patrimoine naturel « tous les médicaments pour soigner les maladies du monde » a-t-il écrit. « Il a affirmé qu’il existait au moins 40 000 sortes de venins efficaces dans le traitement de maladies », les venins de certains batraciens comme les grenouilles sont de véritables médicaments aptes à traiter différentes maladies. « Il faut exploiter cette richesse et pour le moment nous n’avons pas les moyens de faire » a ajouté Ivonne Baki.

« Ce que nous possédons sur la terre de Yasuni est bien plus précieux que ce que nous avons sous terre » a-t-elle affirmé. Nous ne devons pas seulement nous focaliser sur le thème du changement climatique engendré par l’exploitation pétrolière, mais aussi sur la riche biodiversité qu’abrite le Yasuni. En effet, il s’agit « du plus grand apport que l’ Équateur puisse faire au monde ».

Rafael Correa

Le voisin colombien a clairement manifesté son soutien au projet en débloquant 100 000 $, un geste salué par le ministre des Affaires étrangères équatorien, Ricardo Patiño, qui a loué « les liens d’amitié et de coopération entre les peuples équatoriens et colombiens » dans un communiqué officiel.

Par ailleurs, au mois d’août, des membres de la communauté indigène waorani, 250 représentants pour être précis se sont donné rendez-vous dans la localité de Tiguino, pour rencontrer la chef de projet Ivonne Baki afin d’en savoir davantage sur l’évolution du projet Yasuni ITT en compagnie du représentant du Fonds Yasuni, Manuela Ima. À l’issu de cet atelier de socialisation autour de l’initiative développée par le gouvernement, 30 communautés waoranis ont signé une résolution où ils s’engagent à respecter les postulats

Sachez également que l’ancien président de la République français, Jacques Chirac a été séduit par le projet Yasuni, il a promis lors d’une visite effectuée par Ivonne Baki en France au mois de juin 2011, l’appui inconditionnel de la Fondation Chirac (créée en 2008) pour mener à bien cette initiative de préservation de l’océan vert…

(Article rédigé par Aline Timbert)

 

 

 



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Un premier aperçu de Quito, la capitale, 2 millions d'habitants, la plus haute capitale du monde (2850m) après La Paz,  située dans une vallée entourée de collines parsemées d'habitations.

 

Quito étire tout en longueur ses 2 quartiers principaux :

- le moderne au nord (où je suis logée à l'hôtel "Vieja Cuba" ... retour en arrière ) 

- et le "quartier historique" au sud classé au Patrimoine de l'humanité par l'UNESCO...j'y suis allée faire un tour rapide (15 minutes de taxi pour rejoindre la place centrale) mais personnellement je ne lui trouve rien d'extraordinaire, à part quelques  beaux bâtiments coloniaux, surtout la Cathédrale dont l'intérieur est magnifique ...mais les photos sont interdites.

 

Ce qui est le plus pittoresque ici, ce sont les rues piétonnes qui grimpent vers les hauteurs.

Tout le centre historique est en pleine réorganisation.

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Ici comme ailleurs, lorsque les espagnols sont arrivés, ils sont détruit tous les temples Incas.

j'y reviendrai dans quelques jours, et pourrais alors peut être compléter ces informations !

Pour l'instant quelques photos de la "Plaza de la Independencia" ou "Plaza Centrale"  (1) , où l'on trouve :

2 - le Palais du Gouvernement

3 - le monument aux héros de l'indépendance (10 aout 1809)

4 - le palais de l'Archevêché converti en Centre commercial

5 - la cathédrale trapue, basse (pour cause de tremblement de terre)  et toute blanche mais splendide à l'intérieur

 

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  La Place de l'Indépendance,  

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Les gardes devant la porte du Palais du Gouvernement,

 

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Au  centre de la Place de l'Indépendance, le monument aux héros du 10 août 1809, premier groupe à se battre pour l'indépendance

 

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L'ancien Palais de l'Archevêché (Palacio Arzobispal)

 

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La cathédrale qui contient le mausolée du maréchal Sucre libérateur du pays et père de l'indépendance (1795-1830)

 

Partout dans les villes coloniales d'Equateur je retrouverai cette disposition.

 

Comme vous pouvez le voir il fait pas très beau : froid et pluvieux , c'est pas vraiment la bonne période ici ! en plus on est quand même en altitude ... 

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Je vais parcourir l'Equateur du nord au sud d'Imbarra à Vilcabamba en suivant "l'avenue des volcans", avec une rapide incursion en Amazonie, et à la fin, un séjour à Puerto Lopez sur la côte pacifique , selon l'itinéraire ci dessous :

 itinéraire

 

 

 

 

 

 

 

 

L'Equateur

 

Carte d'identité :

République unitaire - Démocratie présidentielle - Chef d'Etat élu au suffrage universel direct pour 4 ans : Rafael Correa Delgado (gauche) qui doit composer avec l'opposition pour faire aboutir ses projets. J'apprends qu'il vient de dissoudre son gouvernement le 24 octobre 2011.

Une assemblée nationale de 100 députés élus pour 4 ans dans les 22 provinces.

Population : en forte augmentation : elle est passée de 6 millions en 1970 à 15 millions en 2010 (64% urbaine) - espérance de vie : 75 ans- Mortalité infantile : 20°/°°

Capitale : Quito (1,8 million d'hab.) - Plus grande ville : Guayaquil (2,6 M d'hab.)

Langue : espagnol 93%, langues indigènes : quechua 6% et shuara et bien d'autres

Religion catholique à 95%

Monnaie : dollar américain = 100 cents (1€ = 1,39 USD)

PIB par habitant : 4082 dollars US (2010) 94ème rang

Salaire moyen mensuel : 200 dollars

Indice de développement humain : 80ème rang sur 182

Taux d'alphabétisation : 92,5%

Dépenses d'éducation 1% du PIB (France 5,6 ?)

Ressources : pétrole (40% des recettes du pays), agriculture, (bananes soja, huile de palme), pêche, tourisme …chapeau "panama"!

Agriculture : faible : 10% PIB (banane, cafe, cacao, bois)

La pêche est en pleine expansion 3ème producteur mondial (crevette)

Population sous alimentée : 6% en 2004

Taux de chômage : 7,4% en 2010 alors que le travail "informel" représente 55%.

La pauvreté reste élevée (un tiers -d'autres statistiques disent 3/4!- de la population au dessous du seuil de pauvreté)

L'économie du pays a été durement touchée par la crise de 2009.

 

Histoire:

- Les premiers hommes seraient arrivés en Equateur il y a environ 35 000 ans.

Au milieu du 15ème siècle, les INCAS, déjà au Pérou, envahissent l'Equateur, imposent la langue Quechua, et fondent la ville de Quito en 1492.

- En 1532 les espagnols débarquent sur les côtes, menés par Francisco Pizarro, et prennent le royaume de Quito, après de terribles exactions contre les populations indiennes qui tombent en esclavage (système des encomiendas puis des haciendas). L'Equateur est une colonie espagnole, l'économie est florissante.

- Mais les révoltes grondent, et l'indépendance est acquise en 1823, avec l'arrivée de Simon Bolivar qui s'était déjà imposé comme "libertador" du Panama, de la Colombie, du Venezuela. La première Constitution date de 1830 marquant officiellement la naissance du nouvel Etat. L'esclavage est aboli en 1861.

- Puis commence une longue période de conflits territoriaux avec le Pérou (1941-1998), de confusion, d'instabilité voire de chaos politique (de 1925 à 1962 une trentaine de présidents se succèdent dont 21 seulement iront au terme de leur mandat !), de putschs et de coups d'Etat (dictatures militaires), de révoltes des indigènes (sous l'égide de la CONAIE), de graves crises économiques et financières à cause de l'effondrement des prix du pétrole qui étaient censés rembourser l'endettement. En 2000, le dollar américain devient monnaie nationale en remplacement du "sucre".

- En 2006, Rafael Correa, missionnaire et économiste, qui a rejoint le groupe des dirigeants sud-américians hostiles   à Washington tels le Vénézuélien  Hugo Chavez et le Bolivien Evo Morales, est élu Président et réélu en 2009. Il poursuit sa politique de "révolution citoyenne" (Revolucion Ciudadana), après l'adoption d'une nouvelle Constitution en 2008 (la vingtième version depuis 1830). Le pays reste instable (tentative de putsch du président en 2010), mais d'après un récent sondage (février 2012) 72% de la population serait satisfaite de la politique du Président.

 

Géographie :

 

L'Equateur est l'un des plus petits pays d'Amérique du sud (283 580 km2, 2 fois plus petit que la France) mais très riche en diversité: on l'appelle "la petite Suisse de l'Amérique latine"

1- Au centre : La cordillère des Andes ou Sierra : une double chaîne de montagnes qui s'étend du nord au sud (le Chimborazo culmine à 6310m) avec plus de 30 volcans dont certains en activité (le Cotopaxi, volcan en activité le plus haut du monde : 5897m). Ces deux chaînes sont séparées par un fossé le "couloir inter andin", succession de vallées et de plateaux verdoyants.

Les plateaux se situent entre 2000 et 3800m, c'est la zone des villes et des cultures en terrasses. Plus haut c'est le "parano" zone de prairies et d'élevage (moutons, lamas) Enfin le "chaparro" zone de forêts qui conduit aux neiges éternelles.

2- L'Oriente à l'Est : c'est l'Amazonie équatorienne (forêts tropicale), le piémont, et la plaine alluviale, région plate sillonnée des multiples affluents du fleuve Amazone. Cette région représente la moitié de la superficie du pays, et la presque totalité des ressources pétrolières, mais est très peu peuplée, presque exclusivement d'indiens.

3- A l'ouest la Costa : la côte pacifique (mangrove, élevages de crevettes, et plages) -2237km

4 - Enfin les îles Galápagos à 1000 km au large, composées de 19 îles et 42 îlots, recèlent une faune et une flore exceptionnelles.

 

La population :

 

15 millions d'habitants et 14 "peuples" qui se répartissent ainsi :

 

 - Les Métis (ou "ladinos" ou "latinos"ou "cribles" ou "chicanos" ce dernier terme étant très péjoratif):

Environ 50% de la population.

Le terme de latino est souvent utilisé. Il se réfère à la région d'origine latino-américaine. Un "latino" est donc une personne de langue ou de culture espagnole.

Les métis se décomposent eux-mêmes en 3 groupes principaux : les « mestizos » (métis d'indiens et blancs), les « mulatos » (métis de blancs et noirs ou mulâtre en français) les « zambos » (métis de noirs et d'indiens)

( un métis n'est pas forcément issu de l'union d'un blanc et d'un noir. Un métis est issu de l'union de deux personnes de couleurs différentes tout simplement. Ce peut très bien être papa indien, maman chinoise. Alors que le mulâtre, est forcément né de l'union d'un blanc et d'un noir.)

 

- Les indigènes (ou "indiens" ou "aborigènes" ou "natifs" ou "autochtones" … c'est-à-dire descendants des habitants présents avant l'arrivée des colonisateurs, en l'occurrence les Espagnols) : environ 30% dont une majorité de souche quechua.

Les « criollos » ont asservi les « indiens » et leur ont pris leur terres; Les Quechuas d'Equateur sont pourtant les natifs d'Amérique du sud qui conservent le mieux leur culture, leur farouche indépendance leur a valu de conserver une certaine identité, grâce notamment aux "communautés" qu'ils ont pris l'initiative de créer.

 

- les noirs : moins de 10% (les morenos)

 

- Les blancs : moins de 10%

 

A ces clivages ethniques, s'ajoutent parfois des clivages géographiques : les "serranos" et les "costenos" ne s'apprécient pas trop.

 

Les métis et les blancs sont surtout concentrés dans les grandes villes, et constituent une grande part de la classe dirigeante.

 

Les indigènes, déjà perturbés par les missionnaires, ont été asservis par les criollos qui leur ont volé leur terre et les ont fait travailler dans leurs haciendas. Ils cultivent aujourd'hui le lopin  qui leur a été attribué depuis la réforme agraire.

 

Leurs communautés sont très nombreuses. : Saraguros, Puruhua, Salasaca, Canari, Otavalo, Quechuas de la Sierra majoritaires, les Shuar qui font partie des plus revendicatifs d'Amazonie, les Huaorani, les Cofan, les Secoya, les Siona ..Ce sont les catégories sociales les plus défavorisées du pays.

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Après 25 ans de luttes, une nouvelle Constitution fut approuvée par referendum en septembre 2008. Cette Constitution reconnaît le pays comme « un État de droit et de justice sociale, démocratique, souverain, indépendant, interculturel, plurinational et séculier ». L'Equateur devint ainsi le premier pays au monde à reconnaître des droits naturels dans sa Constitution et à inclure, dans le cours même du texte constitutionnel, des principes ancestraux tels que le "Sumak Kawsay" ( une vie propre et harmonieuse). Ces droits mettent au défi le processus actuel de réforme politique et institutionnelle au moment où la crise économique mondiale pose un sérieux dilemme au gouvernement du Président Rafael Correa : ouvrir la porte aux mégaprojets touchant les ressources naturelles (mines, pétrole, gaz) qui couvriraient le croissant déficit budgétaire mais mettre en danger l'intégrité territoriale et culturelle de nombreux peuples autochtones Source de cet article : Indigenous World 2009, traduction GITPA

 

En effet, ces nations indiennes surtout celles de l'Oriente sont aujourd'hui menacées par l'exploitation intensive de leur milieu de vie : déforestation, orpaillage, et surtout pétrole qui cause des ravages écologiques et les obligent souvent à émigrer vers les centres urbains où ils retrouvent la misère. 80% des habitants de l'Oriente vivent au dessous du seuil de pauvreté.

Récemment, la plus grande organisation indigène d’Equateur a lancé une offensive judiciaire sans précédent contre le gouvernement, l’accusant ’d’ethnocide’ à l’encontre des Indiens isolés.

La CONAIE, la "Confédération des Nationalités Indigènes d’Equateur", a annoncé qu’elle visait, entre autres, le président Rafael Correa, les ministres de l’Environnement, des mines et du pétrole ainsi que l’ambassadeur d’Equateur en Espagne. Le gouvernement est accusé de mettre en danger la vie d’Indiens isolés en autorisant les compagnies pétrolières à exploiter leurs terres. Le contact avec les ouvriers de la compagnie risque d’être fatal aux Indiens isolés en raison de leur faible immunité contre les maladies transmises par les étrangers. L’affaire a été portée devant le bureau du Procureur général. Dans une déclaration, la CONAIE soutient que "les Indiens isolés dépendent entièrement de leur environnement naturel".

Les deux groupes particulièrement concernés par cet appel sont les Huaorani, qui vivent au sud de l’Amazonie équatorienne (Parc national Yasuni)

 

Dans ces communautés, la religion catholique s'est mélangée avec les croyances traditionnelles, le shaman intervient parfois, et la magie régit la vie de tous les jours. L'église se pose aujourd'hui en défenseur de l'identité indigène, elle renforce le sentiment communautaire (par la radio notamment), lutte contre l'analphabétisme, l'alcoolisme, et la spoliation des terres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Difficile d'écrire sur le Guatemala tellement il y a de choses à dire sur ce petit pays à la fois si riche et si pauvre... je ne sais par où commencer !!

 

Les aspects positifs qui font que vraiment ça vaut la peine de venir y faire un séjour : ses magnifiques paysages si diversifiés : en quelques heures (voir minutes parfois!) de voiture, on passe de la jungle tropicale du nord dans le Peten (Tikal), aux grandes vallées agricoles du centre-sud, aux hautes montagnes du Quiché, aux plages de sable noir de la côte pacifique. Et le climat suit : on subit des écarts de température incroyables en très peu de temps : dans la même journée on peut être obligé de se couvrir le matin et le soir d'une grosse « doudoune » et quelques heures plus tard ou plus loin, le maillot de bain est le bienvenu ! Ces changements de température ont été assez fatigants pour moi, et m'ont fait attraper un bon rhume et mal de gorge !

 

Le pays est aussi riche de très beaux fleuves (le Rio negro, le Rio dulce, l'Unsumacinta et son affluent le Rio de la passion...,) et de lacs magnifiques (le lac Peten Itza près de Tikal, le lac Izabal près de Livingston, et surtout , le très grand lac Atitlan). Il fait la jonction, ce qui est quand même exceptionnel en si peu de kilomètres, entre les Océans Pacifique et Atlantique.

 

Le Guatemala vaut aussi bien sûr pour ses sites archéologiques (moins nombreux cependant qu'au Mexique) et pour son histoire de l'ancienne civilisation maya.

 

Mais surtout, en ce qui me concerne, pour ses marchés et ses diverses ethnies, si surprenantes, si attachantes, si intéressantes …

 

Les aspects négatifs qui attriste le voyageur que je suis, c'est l'immense pauvreté, le manque d'eau, le manque de routes praticables ou simplement convenables qui permettraient aux indiens de mieux circuler et de mieux vivre (pour ceux qui le souhaitent … mais j'ai cru comprendre malgré tout ce qu'on dit à ce sujet qu'ils étaient nombreux), le manque hygiène catastrophique (détritus et ordres de toutes sortes couvrent le sol) et le manque d'éducation. Peu nombreux sont les enfants indiens qui vont à l'école plus de 3/4 ans.

 

C'est enfin le climat d'insécurité qui est ressenti partout, les petites villes comme les grandes, les villes comme les campagnes : partout il faut faire attention, ne pas sortir la nuit, ne rien avoir sur soi. La preuve : tous les jours plusieurs assassinats font la une des journaux (avant hier 2 agents de police et un jeune de 25 ans qui était attablé en train de diner dans un restaurant). Autre preuve de cette insécurité : des policiers partout dans les villes, mêmes les petites, arme à la main, devant les hôtels, les banques... les protections : grilles à barreaux en fer PARTOUT… on vous dit que c'est la tradition du style espagnol mais … c'est faux : pourquoi alors des grilles en fer, avec juste une petite ouverture devant les pharmacies, certaines tiendas (petites boutiques). Pourquoi hier soir mon hôtel à Ciudad Guatemala barricadé avec 2 grilles successives fermées à clef qui s'ouvrent automatiquement depuis la réception ?

et comme pas de resto dans cet hôtel j'ai  dû me contenter d'un « réveillon diète » :) je m'en rappellerai de celui-là ! Ah ah !-

Ciudad Guatemala est réputée comme la ville la plus dangereuse du pays. Les « touristes n'y restent pas plus d'une nuit. La ville est d'ailleurs une véritable horreur : un amoncellement de petites maisons en briques grises … C'est parce que, lors des derniers tremblements de terre (le dernier en 1976 seulement) toute la population d'Atitlan a émigré ici et s'est installée dans l'urgence, en pleine guerre civile ….et les choses n'ont pas beaucoup changé depuis. La capitale est essentiellement aujourd'hui une ville industrielle (surtout confection de vêtements dont les tissus viennent de Chine) et administrative. Rien d'autre. Vue de loin, c'est un immense bidonville.

 

Et puis, gros problème aussi le narcotrafic : les camions, les bateaux, et ici dans le Pacifique, les sous-marins, qui passent chargés de cocaïne venue des pays du sud (surtout la Colombie), direction les États Unis qui ont la main mise sur tout ici, souvent en toute impunité : quand ils sont arrêtés la police est tellement corrompue qu'un gros bakchich suffit et hop, on passe ! On m'a raconté que lorsque qu'un trafiquant se faisait prendre et mener au commissariat, il n'était pas rare que le chef de la police locale reçoive un coup de téléphone : si pas de libération avant le soir, toute sa famille serait exécutée … les narcotrafiquants connaissent tout de la vie de chaque policier (horaire de sortie de l'école des enfants, heure à laquelle sa femme rentre du travail … etc... ils peuvent alors exercer toutes les pressions voulues pour parvenir à leurs fins sans problème). Seulement 2% des délinquants sont emprisonnés. On m'a dit que les belles maisons, que je pouvais voir ici à Monterrico, sont souvent celles de « narcotrafiquants » ou de policiers qui se font payer leur silence ...

Le monde des politiques, m'a-t-on dit, ne vaut guère mieux : Otto Perez Molina, un ancien général qui a été très dur à l'égard des guérilleros pendant la guerre civile, aurait acheté les votes des populations mayas (au moins 50% de la population quand même, qui pour la grand majorité s'en fiche), ce qui explique pourquoi dans leurs contrées reculées on ne voit que lui partout, sur les murs des écoles, sur tous les panneaux publicitaires, sur les troncs des arbres le long des routes... Un ancien Président (en 2002 je crois) et actuellement en prison pour avoir détourné plus de 100 millions de dollars pendant sa présidence ...La population ici ne croit plus à la politique.

 

Ce qui m'aura sans doute le plus marquée au Guatemala, c'est la résistance des mayas à conserver leurs traditions, leurs croyances,  leurs vêtements traditionnels, leur mode de vie. C'est assez incroyable. Et, puisque nous allons bientôt avoir des bébés dans la famille , j'ai beaucoup aimé la façon des mamans de les porter dans le dos, tenus par des châles que l'on appelle les « berraje ». Les bébés gardent un contact permanent avec leur mère, c'est étonnant de les voir prendre leur position comme de petits chats qui se blottissent. Ils ne pleurent jamais. Je n'ai jamais entendu un bébé ou un enfant pleurer : leur calme est surprenant comparé aux « furies » de chez nous ! Je me suis demandé si ça ne venait pas de là ??? Autre avantage : les mamans ont les mains libres!

 

Les gens sont ici très gentils, les mayas et les autres, et enfin j'ai eu des guides exceptionnels que je remercie encore, et que j'espère revoir un jour .. avec Gilles cette fois !

 

Le Guatemala est un pays très intéressant qui vaut vraiment la peine d'y venir... même si on part toujours un peu triste de n'être que de passage... sans  apporter plus.

 

Quand on veut venir ici il faut savoir plusieurs choses : être très prudent, se munir de vêtements chauds et d'autres légers, aller dans des hôtels relativement confortables (2-3 étoiles - locales! -  pour être bien). En revanche, choisir les petits restaurants locaux où l'on mange beaucoup mieux pour pas cher (compter 5 euros par repas et 10 pour un très bon). Il faut savoir aussi que l'on dépense beaucoup d'argent en pourboire dans les restaurants, pour les chauffeurs et les guides. 

 

Pour la petite histoire, ils m'ont dit que les français avaient deux caractéristiques qui font leur réputation dans le monde du tourisme : râleurs et grévistes !

 

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YAM BOTIC !

(merci en maya)

 

Pour finir, je me permets, pour ceux que cela intéresserait, de joindre en copie deux textes  sur le Guatemala: (mais je n'arrive pas à mettre la couleur ... alors basta! car demain matin lever à 5h pour l'aéroport!)

  

1 - Un article paru il y a quelques jours dans le journal "Libération" (merci Pierrot) 

 

Pays le plus peuplé d’Amérique centrale, le Guatemala a élu le 6 novembre à la présidence de la République, Otto Pérez Molina, général à la retraite et dirigeant du Parti patriote. Il prendra ses fonctions le 14 janvier dans un pays en proie à la violence des gangs et des narcotrafiquants, aux assassinats de leaders paysans et de syndicalistes et où le taux de résolution de ces crimes ne dépasse pas les 3%. L’impunité y règne en maître, tout comme la discrimination à l’encontre des descendants des populations autochtones mayas, qui représentent pourtant 60% de la population guatémaltèque.

 

Otto Pérez Molina est tenu pour responsable de massacres de communautés mayas au début des années 1980, au plus fort de la répression militaire d’un conflit armé qui a provoqué la mort de plus de 200 000 personnes, et de disparitions forcées lorsqu’il était à la tête des services de renseignements dans les années 1990. Il a promis de diriger le pays d’une main de fer, mano dura.

La question sur les cibles d’un tel slogan électoral se pose légitimement. Les militants des organisations luttant pour la justice et la reconnaissance du génocide de la population maya, combat mené il y a trente ans, s’inquiètent notamment des suites qui seront données aux procès qui viennent tout juste de s’ouvrir à l’encontre de certains responsables militaires. Au sein des populations témoins des exactions d’une sauvagerie sans nom, qui ont été commises par les forces armées - pillages, viols, exécutions en masse de vieillards, de femmes, d’enfants, de nourrissons, villages entiers rayés de la carte -, le retour au pouvoir des militaires est fortement redouté.

Anciennement surnommée «République bananière» par les Etats-Unis, notamment lorsque la compagnie américaine United Fruit contrôlait les terres et le marché de la banane, les pratiques qui permettaient l’usage de ce sobriquet péjoratif court toujours. Le crime organisé, comme les multinationales, profite largement des failles d’un système politique, économique et juridique au service des grands propriétaires, des hommes politiques corrompus et des cartels de la drogue. Pour cette oligarchie de facto, la présence militaire rassure voire, assure la poursuite de leurs activités.

La discrète multinationale franco-britannique Perenco n’a d’ailleurs pas attendu les résultats de cette élection pour prendre appui sur les forces armées. La compagnie exploite le pétrole du Guatemala depuis 2001 et a obtenu la reconduction de son contrat pétrolier à l’été 2010. Mais dans le pays de l’éternelle injustice, il est des communautés qui résistent encore. C’est le cas des habitants de la Laguna del Tigre qui vivent au milieu des puits de Perenco.

 

La région est l’une des dernières frontières agricoles pour les populations sans terre de l’Altiplano, contraintes à l’exode par les monocultures de café, de sucre et d’agrocombustibles. La Laguna del Tigre, située dans le département du Péten, abrite la zone humide la plus importante de Mésoamérique. Région frontalière avec le Mexique, sa richesse est telle qu’elle a été déclarée zone naturelle protégée par le Guatemala en 1989 et par la convention Ramsar sur les zones humides d’importance internationale depuis 1990.

Mais les implications de ce statut s’appliquent en deux poids, deux mesures : les communautés paysannes se font expulser manu militari alors même que les narcotrafiquants se sont vu légaliser la propriété sur leurs terres et que Perenco a pu reconduire son contrat d’exploitation pour quinze années supplémentaires. De plus, les installations pétrolières de cette dernière bénéficient de la protection du «Bataillon vert», créé spécifiquement par le gouvernement guatémaltèque en septembre 2010 et composé de militaires chargés de la «protection de l’environnement» et des frontières de la région. Le dernier rapport du Collectif Guatemala, - «Perenco, exploiter coûte que coûte» - révèle que la multinationale a financé l’Etat guatémaltèque à hauteur de 3 millions de dollars l’an dernier pour la création de ce Bataillon vert et reverse 0,30 dollar par baril produit pour son fonctionnement. La dénomination de ce contingent pourrait faire sourire si le passif des forces armées au Guatemala n’avait pas été aussi brutal dans l’application des théories militaires dites de «contre-insurrection» et d’«endiguement» des idées, mouvements et populations jugées révolutionnaires ou subversives.

La France, qui sait solliciter et recevoir les bonnes œuvres de Perenco, notamment lorsque celle-ci parraine une exposition à Paris au musée du Quai-Branly («Maya : de l’aube au crépuscule, collections nationales du Guatemala», juin-octobre 2011) devrait aussi jouer un rôle dans le contrôle et la responsabilisation de ses entreprises à l’étranger, lorsque celles-ci n’appliquent pas les règles de conduite éthique et environnementale sous les tropiques qu’elles seraient obligées d’appliquer au Nord. Il est de notre devoir de ne pas nous ranger du côté de l’oligarchie guatémaltèque qui domine depuis des siècles une population à majorité autochtone et paysanne qui n’a que trop souffert du vol et du pillage de ses terres, de ses ressources naturelles et culturelles, de la répression militaire, de l’impunité, des discriminations et de l’accaparement des richesses du pays par quelques-uns

 

2 - un article écrit par Aline Timbert

 

Les élections présidentielles au Guatemala : 6 novembre 2011

Les thèmes liés au chômage, à l’extrême pauvreté et aux droits des indigènes semblent avoir été délaissés au profit d’une campagne électorale focalisée sur l’éradication de la violence. Le Guatemala est considéré aujourd’hui comme le premier narco-État d’Amérique latine, le candidat Otto Pérez Molina, ancien militaire, a promis de recourir à des politiques similaires à celles déployées au Mexique pour lutter contre le trafic de drogue (à savoir le déploiement de l’armée pour rétablir l’ordre, un résultat qui n’a pas été probant chez le voisin nord-américain puisque la lutte contre le banditisme reste l’un des soucis majeurs du gouvernement mexicain) et s’est dit prêt à gouverner avec une poigne de fer (« mano dura », ou politique de la main dure) pour en finir avec le crime organisé. Pour rappel, Otto Perez était général de l’armée guatémaltèque durant la guerre civile contre les guérilléros marxistes menée entre 1960 et 1996. Ce sont 250 000 personnes qui ont été tuées sous cette ère et l’armée est accusée de centaines de massacres. Le candidat arrivé en tête a aussi mené un service de renseignement de l’armée soupçonnée d’avoir commis des assassinats politiques, des accusations réfutées par le principal intéressé.

Le candidat arrivé second, Manuel Baldizón n’a pas hésité à évoquer la « peine de mort » durant la campagne électorale pour favoriser le retour à un État de droit.

Álvaro Colom

Le président sortant, de tendance sociale démocrate, Álvaro Colom laisse derrière lui un bilan plus que contrasté, il n’est pas parvenu à enrayer la pauvreté, à lutter efficacement contre la faim dans ce pays frappé par ce fléau, ni à empêcher les phénomènes de violence. Comme l’a déclaré le président de l’organisation non gouvernementale d’Action Citoyenne, Manfredo Marroquín « le résultat est sans surprise au vu de l’angoisse de la population ». Au Guatemala des millions d’individus vivent dans une situation de pauvreté (75 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté), 2 millions souffrent de dénutrition et près de 30 % de la population est analphabète, quant au taux d’homicide il est sept fois supérieur à la moyenne mondiale. Il convient de souligner que 90 % de la cocaïne consommée aux États-Unis est le fruit d’un trafic transitant par le Guatemala.

Le président Álvaro Colom et son ex-épouse Sandra Torres, qui avait tenté de briguer la présidence en divorçant de son époux (elle a cependant a vu sa candidature invalidée par la Cour constitutionnelle), pourraient appeler la population à voter Baldizón pour faire barrage à l’ancien général, bien que celui-ci soit un dissident. Baldizón a en effet quitté le parti Unidad Nacional de la Esperanza en 2008 pour former sa propre mouvance politique, le Lider ou Libertad Democrática Renovada (LIDER).

Álvaro Colom (Parti social-démocrate) ne pouvait pas prétendre à un nouveau mandat pour des raisons institutionnelles, quant à son épouse, même si elle a divorcé pour contourner la loi en vigueur, elle n’a pas pu briguer sa succession en raison du code électoral qui stipule que les proches d’un président ne peuvent pas se porter à leur tour candidats. Sur les dix candidats en lice pour la présidence, seul un incarnait la gauche, il s’agissait de la candidate indigène Rigoberta Menchu qui n’est pas parvenue à franchir la barre des 3 %.

(Article rédigé par Aline Timbert)

 

 

 

 

 

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Le paysage change encore : immenses étendues de cannes à sucre et de cocotiers.

Monterrico, sans grand intérêt pour moi : j'y étais venue pour me reposer avant le grand départ pour l'Equateur, mais c'est un peu raté : musique non stop jusqu'à minuit et un pléiade d'enfants qui crient en jouant dans la piscine ! Mais c'est parce que c'est le 1er janvier.

Une petite ville ville « balnéaire » de la côte pacifique (150 km de C.G.) qui sera ma dernière étape au Guatemala :   le monde fait la fête !

Il y a même ce que je n'avais jamais vu : un bar en plein milieu de la piscine et les nageurs en maillots de bain, de l'eau jusqu'aux épaules, viennent y boire un coup!

 L'hôtel, situé à plusieurs km de la ville de Monterrico, est en revanche assez sympa car c'est un hôtel " pour Guatemaltèques " qui viennent y passer un jour ou deux. Je suis la seule étrangère ce qui n'est pas pour me déplaire !

 

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Une lagune "réserve bio.", une grande plage de sable noir, et d'énormes vagues qui excluent toute baignade. D'ailleurs il fait si chaud (35°) et tellement humide que je suis épuisée. J'ai essayé de faire une petite marche : retour 10 minutes plus tard trempée juqu'aux os ! J'ai même tenté le stop pour rentrer, mais ça n'a pas marché : sans doute trop risqué ici, je ne sais pas. C'est un gars de l'hôtel, en tracteur de plage, qui m'a reconnue et m'a ramenée. J'ai vu quand même quelques belles maisons (sans doute les riches narco... m'a-t-on dit ), et d'autres où les cuisines sont en plein air comme partout dans cette région où il fait très chaud!

  

 

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En plus, c'est inondé de moustiques dès 6h du soir : ceux du palu et aussi ceux qu'on appelle ici les « Jen-jen », invisibles, qui provoquent des plaques rouges et des démangeaisons : il faut se mettre de la pommade de cortisone pour calmer la douleur ….Du coup, je décide de commencer aujourd'hui mon traitement "anti-palu" : un comprimé de doxycyline tous les soirs jusqu'à la fin du voyage : en fait, je ne le ferai que 3 jours :) 

 

Sur la route du retour, avec Gustavo toujours aussi drôle, un événement assez inattendu : une petite tornade ! Le vent s'est mis à souffler avec une telle force que les palmiers étaient tous penchés sur le bord de la route, palmes au vent dans des nuages de poussière jaune. Les toits des petites paillotes s'envolaient ainsi que les panneaux publicitaires... Impressionnant. Gustavo m'a dit que c'était assez inhabituel, mais normal quand même, car nous étions ici dans le « canyon de Palin », une trouée entre 2 volcans qui provoque un courant d'air. Je n'ai pas pu prendre de photos car mon appareil était dans le coffre et je n'ai pas voulu le déranger par un arrêt peut-être un peu dangereux!

 

D'ailleurs d'ici (100 km au sud de C.G.) les volcans Agua et Fuego semblent beaucoup plus haut que vus du lac Atitlan. Normal, nous sommes beaucoup plus bas, au niveau de la mer, alors que le lac Atitlan est à 1500m. D'ici ils sont encore plus impressionnants ...

 

Mais, malgré la tornade nous arrivons à bon port, tout va bien jusqu'à présent : mes petits « porte-bonheur » m'ont protégée !

  

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Après un vol d'une heure pour repartir vers le nord avec un tout petit avion de la compagnie TACA, me revoici à mon point de départ, tout près de El Ramate : à FLORES, sur le bord du lac Peten Itza, où je suis arrivée il y a 15 jours ! Plus exactement je suis logée à Santa Elena juste en face de l'île de Flores, à 1 heure de voiture du site. Voici l'hôtel (style très "rancho") et juste en face, Flores.

 

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 L'île de Flores vue de l'hôtel:

 

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Un petit mot sur le site archéologique de TIKAL qui veut dire "lieu des échos" , le plus grand d'Amérique centrale, au milieu d'un parc naturel protégé de 576 km2. Les ruines elles-mêmes situées au milieu de ce parc s'étendent sur 16 km2 (alors que Chichen Itza au Mexique fait 300 hectares)

 

Ici on est en pleine jungle, c'est un des aspects intérressants du site : on y voit toutes sortes d'animaux sauvages , notamment des coatis et es singes hurleurs ... et même de très grosses fourmis! ainsi que des arbres magnifiques :

 

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Un Chaka ,arbre à écorse rouge, dont on fait des infusions contre les gastrites, et derrière un Ramon, bois clair dont le tronc est facilement reconnaissable car parsemé de jolies tâches, très solide, pour la construction:

 

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Un Juano, ou palmier à larges feuilles que les mayas utilisaient (et utilisent encore un peu aujourd'hui) pour faire les toitures:

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Un arbre "étrangleur" , qui en entoure un autre jusqu'à ce qu'il meurt ...

 

1--50--arbre-etrangleur.JPG Le fruit du ramon : on ouvre et on mange !)

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De drôles nids d'oiseaux dans un ceiba (fromager)

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Et le chicozapote ou zapotillier, l'arbre dont on reccueille la résine pour en faire du caoutchouc qui sert à la construction (sorte de ciment) et aussi à faire du chewing-gum:

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La maquette du fameux site la voilà, du moins ce qui est "restauré" car il a plus de 3000 édifices :

Les plus importants sont la "Plaza mayor" où l'on trouve notamment le "temple du Grand-Jaguar" et lui faisant face le "temple des masques", l'Acropole (où les dignitaires avaient leur lieu de vie), et bien d'autres ... 

C'est pendant la période "classique" (250 à 900 ap. JC) que le site trouve toute son ampleur. Puis il y a eu une période de déclin  et de renouveau avec les Nahuas venus du Mexique, notamment de Chichen Itza, pendant l'ère Toltèque. Les mayas ont beaucoup migrés d'un site à un autre, d'Ouest en Est, leur but étant de commercer entre le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes. Ils se sont beaucoup fait la guerre entre les différentes Cités- Etats. Le roi le plus élèbre de Tikal fut Ah Cacao (682-734).

Donc, pour faire court, Tikal date à peu près de la même période que Chichen Itza, mais est beaucoup moins bien conservée et restaurée (les Etats Unis qui avaient commencé les travaux se sont retirés et seul aujourd'hui le département des monuments historiques du Guatemala s'en occupe ... autant dire que ça va prendre du temps !)

Ici la Plaza Mayor et l'Acropole :  

 

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La Plaza Mayor et l'Acropole :

 

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Le plus haut des temples de tout le "Nouveau Monde", le IV (quatre),  65 mètres, on sommet duquel la vue sur la jungle et l'ensemble du site est magnifique. Au loin, derrière moi on aperçoit les temples 1, 2, 3 et 5 ... ça  donne une idée de l'étendue du site, de l'importance de la construction (il a fallu transporter à dos d'homme plus de 200 000 m3 de matériaux divers et il ne fut terminé qu'en 741 après JC),... et des centaines de marches à monter et des kilomètres qu'il m'a fallu faire pour y parvenir ! mais la récompense fut extraordianire  :

 

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Plutôt que de montrer des pyramides et des pyramides, quelques photos de ce qui m'a paru le plus original :

 

- les mayas construisaient leur "temples-pyramides" les uns par dessus les autres, au fil des générations. Il faut donc aller chercher à l'intérieur des édifices pour y retrouver leur histoire. Ici on en a un très bon exemple : on a découvert en creusant un trou dans une pyramide, un  escalier enfoui et un masque, le masque de CHA le dieu de la pluie. On voit encore les marches sur les côtés.   

1--26-acrop.-N---le-masque-de-CHAC-le-dieu-de-la-pluie---re.JPGIntéressant aussi l'observatoire astronomique qu'il s'appelle "El Mundo Perdido", le plus haut édifice (temple 5) , du sommet duquel on observait le ciel:

 

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C'est du haut de ce "monde perdu" que l'on observait la  "place des sept temples", place où 3 de ces 7 pyramides servaient au calcul des équinoxes et des solstices :

  

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Enfin on trouve souvent des trous dans le sol, trous rendus imperméables grâce à la chaux et au zapote, dans lesquels les habitants conservaient l'eau et le maïs :

 

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Enfin, encore une preuve que les mayas d'aujourd'hui perpétuent les traditions de leur ancêtres : ils viennent encore, les jours de fêtes mayas, faire des cérémonies rituelles pour invoquer et prier leurs dieux. La preuve c'est que j'ai pu observer des cendres  toutes fraîches sur leur autel  :

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Et voilà, retour à Flores puis petit vol du soir vers G.City (nous étions une dizaine, mais contrôle très très strict dans l'avion !) , dans un hôtel impressionant aussi par sa "sécurité" : policier devant la porte, doube porte grillagée fermée à clé ... il ne fait pas bon sortir le soir à Guatemala City ... surtout un soir de réveillon ! Comme pas de resto à l'hôtel, mon "réveillon" a été des plus rapides : au dodo sans manger :)

 

Mais ce matin je suis en pleine forme pour la suite du programme ...

 

Et j'en profite bien sûr pour vous souhaiter une bonne santé et une très belle année à tous !!

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Après le Lac Atitlan, départ pour quelques jours vers le nord, dans le département du Quiché, dans ce qu'on appelle « le triangle Ixil » (ethnie Ixil). Ce triangle, formé par 3 villages mayas : Acoul, Chajul, et Nebaj, est une des régions mayas, les plus reculées et authentiques du Guatemala. Si je suis cette route, c'est parce que je me rends dans une hacienda, ou plutôt une simple ferme, située près d'un tout petit village : ACOUL Un goût de « fin du monde » !

 

Dès que l'on quitte le département de Solola et l'ethnie Katchiquel, on arrive dans celui de Quiché ( Quiché étant à la fois le nom du département, d'une ville et d'une ethnie). A ne pas confondre avec  les Cakchiquels autour de Solola , les Cuchumatanes autour de la Sierra du même nom, enfin les Kekchis un peu plus à l'ouest vers Coban.

 

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Une seule route goudronnée y mène. Une route d'ailleurs bien en mauvais état (même la panaméricaine que l'on emprunte au début du trajet), pleine d'éboulis sur les côtés, et de « tumulus » (ci dessus) tous les 100 m ce qui oblige à rouler au pas … et de centaines de gamins qui agitent les mains sur le bas côtés, en espérant que les voitures s'arrêtent pour leur offrir un petit cadeau de noël...

 

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Le paysage montagne est somptueux : en effet, après avoir passé le fleuve "Rio Negro" on traverse la très belle chaîne de montagnes « Cuchumatanes » qui culmine à 2300 mètres,  (ci dessus) derrière laquelle on se trouve bien dans la région Ixil (prononcer Ichil) qui fait cependant toujours partie du département « Quiché ».

 

Au sommet que voici, il faut lire : no botar basura (ne jetez pas d'ordures) 1--19--3000M.JPG  

On quitte les riches terres volcaniques, pour trouver un sol calcaire (d'où l'on tire la chaux qui sert tant ici … j'y reviendrai) plus pauvre. Les pâturages parsèment le paysage : troupeaux de vaches, de chèvres, de moutons, et petites maisons d'adobe (ou pisé) aux toits de tuiles. Le Guatemala authentique et méconnu.

 

Nous passons non loin du village d'Uspantan où est née Rigoberta Menchu, prix nobel de la paix en 1992 (elle est née très exactement à Chimel).

 

Après 3 heures de route, nous atteignons enfin « la piste » (ah ah …!!) qui va nous mener à la ferme : la hacienda San Domingo, réputée pour sa production de fromage : le chancol (ressemble un peu au gruyère ou comté).

 

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Une heure de piste sur un chemin infernal de bosses et de creux … je me demande si notre véhicule Hyundaï va tenir le coup! Mais Olivarrio m'explique qu'il n'y a pas de problème. Le 4x4 c'est moins résistant, moins confortable, ça utilise plus d'esence, et ça pollue … Mais ce trajet difficile vaut vraiment la peine : la piste est un spectacle permanent, entre les femmes en robe et coiffe traditionnelles, chargées comme des mules de paquets de bois ou de maïs, les enfants qui les suivent, les hommes à pied à cheval ou à dos de mulet, machette à la main, les petites maisons en pisé dont les cheminées lâchent leur fumées blanches, le linge qui sèche sur les barrières, les enfants qui jouent pieds nus au milieu des cochons et des poules … et des ordures ( les déchets : un des gros problèmes du pays)... Tout ça donne la mesure de la misère qui règne dans ces contrées éloingnées de tout, où les enfants tavaillent très dur .

 

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 Enfin je découvre la jolie ferme de San Domingo, que la même famille (d'origine espagnole) exploite depuis des générations (ils sont tous en photos dans la salle à manger, c'est émouvant!). Nous sommes en altitude, il fait très froid le soir dans la chambre, mais avec 4 couvertures … ça va !

 

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Le lendemain je vais faire le tour du village d'Acoul, où je dois être la seule étrangère de passage depuis des lustres, car les enfants me regardent avec une grande curiosité … comme débarquée d'une autre planète ! Là les femmes Ixils portent des robes rouges.

 

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Deux jours plus tard, nous reprenons la route vers le sud pour Chichicastenango (on dit "chichi") où je dois passer la nuit. Tout de suite après Sacapulas, tout en bas de la cordillière que l'on fait donc en sens inverse, nous quittons les Ixils, pour retrouver les Quichés. Nous faisons un arrêt très intéressant à Santa Cruz, car c'est le jour du marché : un des plus beaux du pays (à mon avis bien plus beau que celui de Chichi). Les femmes se reconnaissent par leurs bandeaux torsadés avec des pompons colorés.

 

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Nous en profitons pour faire un arrêt « déjeuner » dans une échoppe où je prends une délicieuse soupe au poulet et à la christophine ( Guispil en espagnol) tandis qu'une petite fille creuse "un tunel" dans la pâte pour faire les tortillas.

Je sais désormais que c'est dans les petits « bouiboui » des marchés que l'on mange le mieux !

 

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Arrivée en soirée à Chichicastenango, toujours dans l'Altiplano Quiché.

 

Une demi-heure après l'installation à l'hôtel, situé tout près du marché, je pars voir ce qui est paraît-il le plus étonnant ici : l'installation des commerçants la veille du marché (il a lieu demain jeudi). Comme tous les marchés, celui-ci est situé tout près de l'église et sur les rues alentours, qui sont toutes fermées pour l'occasion. Les camions arrivent, les bâches se dressent, les gens s'installent pour la nuit à la lueur des « comedores » ces petits restos locaux qui vont être bondés ce soir. Le lendemain matin promenade dans l'immense marché qui bat son plein, à peine de quoi se frayer un passage, et surtout découverte de l'église catholique où le syncrétisme religieux a toute sa place : à l'intérieur de l'église, et devant la porte  sur les marches les prêtres mayas et les"priants" " récitent les litanies séculaires, en agitant des encensoirs, d'où s'échappe la fumée du "copal" l'encens ancestral. Etonnant. Un tout petit peu plus bas sur les mêmes marches, des enfants "cireurs de chaussures" , insistent pour gagner 5 centimes ! Les miennes sont sales depuis plusieurs jours : ça tombe bien!

Les femmes allaitent leurs enfants sur le marché, un homme fait de la poudre de chaux : la chaux s'utilise beaucoup ici : on chauffe la pierre de calcaire, on casse en petits cailloux, puis on en fait de la poudre qui sert à faire cuire le maïs, à protéger les troncs des arbres des fourmis, et aussi surtout à construire les maisons.

 

 

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Ce parcours dans le beau département du « Quiché » m'aura permis de découvrir la diversité des coutumes, des vêtements, et même de la nourriture des différentes ethnies qui l'habitent. Mais aussi leur grande misère, la pauvreté de l'habitat, le manque important et flagrant d'hygiène surtout (des tonnes de détritus jochent les bords des routes et des chemins), même si la bonne humeur est de mise.

 

Les gens vivent ici dans la convivialité, les conversations et les papotages sans fin, l'entraide aussi qui semble être la règle. Les marchés sont un lieu de rencontre important, surtout pour les femmes qui ne manquent pas d'y aller pour se voir.

 

Mais le manque d'argent est évident, et la scolarité …n'en parlons pas ! En revanche, Otto Perez Molina, le futur Président il est … partout, partout, sur chaque arbre, sur chaque mur …

 

Demain vol pour Tikal.... sans Gilles.

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Chaque village a son costume, ses coiffes, ses étoffes somptueuses, ses motifs d'une étonnanante richesse, ses accessoires, ses coloris d'une infinie diversité : un vrai défilé de mode ! 

A Santiago les hommes portent des pantalons courts brodés de fleurs en bas, et de larges bandes de tissus colorés qu'ils se nouent autour de la taille  . .., ils portent des chapeaux ceints de rubans...  les  femmes des "huipils" brodées de fleurs aussi dans le dos ...

 

Sans rentrer dans les détails, le plus éloquent pour illustrer tout ça : quelques photos prises au hasard de mes déambulations sur les marchés :

 

 

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2 (62) Santiago spécialité les tissus faits main

On m'a dit qu'il ne fallait pas acheter sur les marchés des tissus vendus "faits main" alors qu'ils le sont souvent à la machine ... 

 

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Voilà la magie des peuples de l'Altiplano ... le Lac Atitlan mérite plus qu'un détour, un séjour de plusieurs jours ...En tout cas je n'ai plus de doute : la "civilisation maya", contrairement à ce que je disais dans mon texte introductif,  existe bien encore : elle occupe même une place essentielle au Guatemala.

 

Mais je pars demain déjà, plus loin, pour passer 2 jours dans une ferme ... 

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Je suis partie en "lancha" voir deux villages: San Juan et Santiago (vous pouvez les voir sur la carte du lac),  accessibles seulement en bateau, et leur marchés. Il faut partir tôt le matin quand le lac est encore lisse comme un miroir et que le soleil se lève : c'est alors d'une incroyable beauté .

L'arrivée au débarcadère de San Juan qui a subi les inondations du mois d'octobre et dont certaines maisons sont encore dans l'eau :

 

 

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San Juan est un village qui s'étale en douceur et où les habitants ont conservé toutes leurs traditions et leur gentillesse. C'est ici, dans l'Altiplano, que la population indigène est la plus importante : 95% ! C'est un village de peintres et de tisserands (tissage à la main, avec des couleurs provenant exclusivement de fruits et légumes ou de plantes sauvages : donc ici les tissus ont des couleurs beaucoup plus pastel que dans les autres villages). Je suis allée rendre visite à une femme qui fait partie d'une association ou communauté. Elles tissent selon les méthodes ancestrales, en utilisant exclusivement des teinture naturelles, ce qui  donne des tons très doux :

 

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Avant de monter lesfils de la trame sur le métier, il faut d'abord les teindre et élaborer des dessins particuliers que l'on peut ensuite admirer sur les cortes (les jupes).

Les fils se tendent entre  deux piquets séparés de 1m50, et l'artisan réalise, en atelier, le long de la route ou en pleine rue, une cinquantaine d'aller et retour entre ces deux piquets.

Ensuite, il noue des faisceaux de quelques fils au moyen de petits fils très serrés selon un schéma connu de lui seul. Le tout est plongé dans un bain de teinture puis de nouveau tendu et les centaines de petits noeuds défaits à la main un par un. Les noeuds empêchent la teinture de pénétrer jusqu'au fil qui reste blanc. On refait le même processus en changeant les noeuds de place en replongeant l'ensemble dans les bains de teinture.

Tout l'art de l'artisan est d'arranger ses noeuds de manière à produire le dessin voulu. Cette technique est surtout utilisée pour produire les "espigados", les épis que l'on peut admirer sur les jupes dans la région de Quetzaltenango, notamment dans le village de Sacaja, dont c'est la spécialité, mais aussi partout au Guatemala. 

 

Je me suis fait une amie : Juanita, qui ne voulait plus me quitter ni me laisser partir ... je lui ai offert une belle grappe de raisins en guise de cadeau d'adieu

 

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Et puis le village de Santiago, situé au fond d'une baie profonde qui le protège des sautes d'humeur du lac.

Là je me suis approchée d'une "confrérie chamanique" qui vénère le dieu de la terre MAXIMON (prononcer Machimon:). Etrange de voir les indiens déposer des offrandes et se confesser devant ce mannequin avec son chapeau, son cigare, et son verre d'alcool (ici on boit beaucoup!). Depuis l'arrivée des missionnaires espagnols, les indigènes font de la résistance en conservant leur croyances polythéistes ou en font moins en mélangeant tout : monothéisme chrétien et animisme. Ils sont d'ailleurs actuellement la proie facile des évangélisateurs de tout poil.

Mais les autorités s'insurgent : ils sont obligés maintenant de changer régulièrement d'endroit, et pour m'y rendre, j'ai dû emprunter une petite ruelle bien "discrète" 2--46--copie-1.JPG  

 

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Ce qui n'empêche qu'à la sortie du "temple" on trouve la crêche chrétienne !

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