Martine autour du monde ...

Articles avec #birmanie

Un article écrit en juin 2011 pour la revue "Globe-Trotteurs"

 

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Le paradoxe Birman : 

 

Difficile d'écrire sur la Birmanie… Difficile de faire passer en quelques lignes toute l'émotion ressentie au cours de ce voyage initiatique de trois semaines , de ce  pays qui m'aura passionnée, marquée, déboussolée, plus que tout autre sans doute… Par où commencer ? Quels mots choisir pour exprimer tout cela ?

 

Mon itinéraire fut des plus classiques pourtant : Rangoon, Bago, le Rocher d'Or, Mandalay, descente de l'Irrawady en bateau jusqu'à Bagan, Heho, Pindaya, le Lac Inle, avant le retour à Rangoon.

Mais un séjour en Birmanie est tellement enrichissant : ses paysages, sa culture, ses habitants…

 

Puisqu'il me faut choisir, je m'en tiendrais à évoquer brièvement deux sites que j'ai trouvés magnifiques : la Schwedagon à Rangoon et le Rocher d'Or à Kin Pun.

Et puis surtout, je voudrais parler des Birmans, rendre hommage à ce peuple qui m'a tant impressionnée et auquel je pense encore souvent aujourd'hui.

 

       Une déambulation dans l'enceinte de la célébrissime pagode Schwedagon de Rangoon est féerique : au sortir du grand escalier d'ombre qui y monte, lorsqu'on arrive sur l'immense parvis dallé de marbre blanc, l'on est ébloui par la lumière et l'or, de l'or partout… le grand stupa central incrusté de plus de 5000 diamants, les innombrables pagodons qui l'entourent, le dédale des tazaung de toutes tailles parmi une multitude de toitures, de pinacles et de flèches, de temples et d'autels, d'arabesques de bois sculptés, de colonnes en mosaïques de miroirs, de plafonds lambrissés de stuc doré… et les oratoires de chaque jour de la semaine où l'on offre bâtons d'encens, fleurs de lotus et quelques petits billets tout fripés et crasseux en allumant un cierge.

La Schwedagon ressemble à une petite ville baignée de lumière, des senteurs de gardénia et de jasmin, des sonorités cristallines de centaines de clochettes qui bruissent dans le vent. Il y règne une atmosphère très calme, empreinte de grande sérénité et pourtant grouillante de pélerins debout, accroupis, allongés, qui mangent ou qui prient Bouddha et les nats. Des pélerins recueillis, isolés du monde qui les entoure… en espérant renaître dans une vie meilleure. Un curieux mélange de bouddhisme et d'animisme qui ne peut laisser indifférent tant la ferveur ressentie y est grande, dans une ambiance pourtant très bon enfant. Bref, un monde étrange et fascinant. Un des lieux de notre planète qu'il faut, je crois, avoir vu une fois dans sa vie !

 

       Le Rocher d'or, c'est une autre merveille. Il est situé au sud de Rangoon, dans l'Etat Mon, à 12 km du petit village de Kin Pun, point de départ de la piste qui monte au sommet de la colline. Là, ce qui m'a marquée, c'est surtout la beauté du site, le courage de tous ces pélerins venus souvent à pied de très loin (car tout Birman bouddhiste doit y venir au moins une fois dans sa vie) et bien sûr, l'impressionnant rocher.

Je me souviendrai toujours de l'ascension de la colline, qui se fait dans des conditions rocambolesques, d'abord en camion débâché (1h) assis sur des ridelles rudimentaires, serrés comme des sardines, soumis aux cahots du sentier, ensuite à pied (45 mn de marche, mais heureusement il y a des porteurs!) pour atteindre le fameux Rocher couronné d'un stupa, suspendu  au bord d'une falaise au sommet du Mont Kyaiktiyo, et dont la légende raconte qu'il serait retenu par un cheveu du Bouddha. Je me souviendrai aussi de l'inoubliable coucher de soleil qui embrase le Rocher et couvre les montagnes environnantes de couleurs changeantes. La Birmanie a des paysages magiques, des paysages de carte postale. Je me souviendrai enfin du pittoresque des alentours de la vaste esplanade : des petites ruelles qui descendent les pentes de la colline, recouvertes de bâches pour se protéger du soleil, bordées d'échoppes très simples en tous genres. Une ambiance très locale, animée et conviviale.

 

       De tous les peuples que j'ai eu l'occasion d'approcher, les Birmans (au sens large) sont certainement  ceux qui m'ont le plus marquée.

Ils m'ont impressionnée et ils m'ont émue, parfois aux larmes. Impressionnée par leur intelligence, leur calme, leur détermination sans faille pour affronter le manque de liberté, les contraintes, la pauvreté.

Pas de lamentations, pas de violence dans leur discours. Juste la volonté de s'en sortir avec patience et douceur mais sans résignation.

Et une grande reconnaissance pour ceux qui "osent venir les voir". Une grande générosité spontanée et non feinte aussi, à l'égard des étrangers que nous sommes.

 

Dans quel autre pays aurais-je trouvé un passant, qui, me voyant embarrassée pour traverser compte tenu du flux incontrôlé de la circulation, se place au milieu de l'avenue les bras tendus pour faire stopper tout le monde ? Un autre qui m'emmène chez un petit commerçant isolé où il sait que je pourrai changer des dollars en  kyats à un taux raisonnable, sans me demander le moindre sou en échange du service ? Un ex-étudiant, conducteur de rickshaw, qui m'emmène pour le plaisir à la "beer station" pour me raconter son histoire, son implication lors de la "révolution safran" de 2007, et discuter de la vie dans son pays à l'abri des regards ? Une jeune porteuse qui pleure en silence lorsque l'on se quitte sur le sentier du Rocher d'Or ? Mon adorable guide "TinTin" qui m'a "donné" une journée supplémentaire afin de m'accompagner et qui malgré une jambe cassée, a monté et descendu avec moi des centaines de marches ? Qui est venue me retrouver 15 jours plus tard à l'aéroport de Rangoon et m'a serrée dans ses bras en partant ? Dans quel autre pays aurais-je rencontré (par hasard sur un chemin)  une jeune femme aussi dynamique et déterminée que Kiu Kiu qui m'a fait visiter (sans rien me demander) une partie de Bagan au pas de course durant toute une journée - elle marchait très vite ! - et m'a trouvé un horse car "pas cher" pour continuer la visite ? M'a emmenée chez elle voir son "atelier de peinture" (très rudimentaire!) et m'a discrètement offert un bol en bambou laqué avant que je ne quitte Bagan ? Et cette autre jeune fille, Thidar, également rencontrée par hasard, qui m'a invitée à dîner un soir dans sa très pauvre  hutte ? Ainsi que  ces enfants qui venaient me tendre des fleurs en se dissimulant derrière l'enceinte  grillagée de l'hôtel, pour ne pas être vus ? Tout cela sans jamais rien demander en échange, sans se plaindre de quoi que ce soit… mais avec dans le regard une tristesse parfois, une détermination et une volonté incroyables, toujours.

 

Ces rencontres ont mis en évidence pour moi, l'envie irrépressible des Birmans de communiquer malgré leur peur toujours palpable.

Mon grand désir est d'y retourner, de les revoir… mais le pourrais-je ? Je leur avais laissé mon e-mail et ceux qui en avaient un (très rares), me l'avaient donné aussi : j'en ai reçu un du jeune conducteur de rickshaw et j'en ai envoyé plusieurs… mais je n'ai pas eu aucune réponse. La censure toujours.

 

Où en est donc aujourd'hui la Birmanie, un des régimes militaires les plus durs au monde ?

Les choses ont bougé depuis que j'en suis partie, fin janvier 2011.

 

La dernière constitution datant de 1974, n'était pas appliquée depuis plus de 20 ans. En effet, depuis 1988, le pays était soumis au pouvoir exclusif de la junte militaire (le SPDC) avec pour chef suprême le Général Than Shwe, aujourd'hui âgé de 78 ans, soutenu par le "Parti de la junte" (l'USDP) dirigé par le Général Thein Sein, son ami inconditionnel… Tout était donc bouclé.

 

Après la révolte des bonzes en 2007, la junte a décidé d'élaborer une nouvelle Constitution de manière à se donner une façade démocratique. En 2008, cette Constitution est approuvée par référendum à 92% des voix. Conformément à la nouvelle loi, des élections législatives ont eu lieu en novembre 2010. L'USPD, le parti pro junte, a obtenu une écrasante majorité, ce qui n'est pas surprenant quand on sait que 25% des sièges était réservé l'armée, et que beaucoup de militaires ont démissionné ou ont  pris leur retraite pour pouvoir se présenter à titre "civil", après avoir racheté les plus grosses entreprises publiques "privatisées" pour la circonstance.

 

Un Parlement birman a siégé le 31 janvier 2011 pour la première fois depuis 20 ans ! Et grande nouveauté : il y a désormais un parlement national et 14 parlements régionaux dans lesquels sont représentés les minorités ethniques de la mosaïque birmane. Mille députés au total.

 

Puis, en février 2011, la Birmanie s'est dotée d'un nouveau Président : l'ancien Général Thein Sein (65 ans dont 47 dans l'armée), nommé par un comité composé de parlementaires élus et de militaires nommés par la junte laquelle fut ensuite immédiatement dissoute, ce qui constitue le dernier pas de la transformation du régime militaire en un "gouvernement civil" composé… essentiellement de généraux à la retraite. Les deux vice-présidents de la Birmanie sont également deux généraux appartenant à L'USPD. Le Président est responsable devant le Commandant en chef des armées qui n'est autre que Than Shew… qui viendrait d'ailleurs, aux dernières nouvelles, de céder sa place.

 

Bref, on le voit, le régime est encore sous le joug des militaires et ces élections ont été qualifiées par beaucoup de véritable mascarade.

 

N'empêche qu’il y a pour la première fois des parlements qui vont siéger dans les régions, ce qui pourrait bien constituer les prémices d'une société démocratique. L'USPD n'est pas constitué uniquement de militaires, mais aussi d'une nouvelle élite civile qui n'a pas forcément les mêmes priorités. D'autre part, dans au moins 7 des 14 parlements régionaux, il y a une majorité de partis ethniques et de partis plus ou moins éloignés des centres d'intérêts du pouvoir actuel. Il y a désormais incontestablement un éparpillement du pouvoir entre plusieurs instances : législatif, gouvernement, parti, armée. On est certes encore loin de la démocratie, mais je pense que l'on peut tout de même parler de transition politique.

 

Pourtant déjà le mois dernier, des combats ont repris entre l'armée et les rebelles des Etats Kachin et Shan, provoquant la fuite de nombreux réfugiés… des bombes ont éclaté à Naypyidaw et Mandalay… Aung San Suu Kyi a été priée le 29 juin d'arrêter définitivement la reprise de ses activités politiques… L'ONU a renoncé à demander une commission d'enquête pour crimes contre l'humanité…

La partie est donc loin d'être gagnée, mais compte tenu de ce que j'ai pu ressentir là bas, à travers les non-dits ou les mots couverts, je pense que le peuple de Birmanie, avec sa patience, son intelligence, et son incroyable volonté, finira par s'en sortir, même si le chemin doit être long… Je ne sais pas si cela se fera en douceur ou par la violence… Je penche plutôt pour la première hypothèse… seul l'avenir le dira. Mais cela se fera.

Ceux qui ont été dominés prennent toujours leur revanche… L'Histoire a toujours été dans ce sens.

 

Alors faut-il aller en Birmanie ?

Dans ce pays où la moitié de la population vit au dessous du seuil de pauvreté, où le taux d'alphabétisation est parmi les plus bas de la planète, où l'OMS classe le système de santé au 190ème rang mondial (sur 191), où les prisons sont pleines de plus de 2000 prisonniers politiques, où la liberté d'expression et d'information est inexistante ?

 

Je dis oui, mille fois oui.

 

Ces gens ont besoin de nous, qu'on aille les voir, qu'on les encourage, qu'on leur dise qu'on les admire, qu'on les aime et qu'on ne les oubliera pas.

 

Je suis allée parfois, dans de petits "hôtels d'Etat" ce qui ne m'a pas empêchée de faire de merveilleuses rencontres. Ces gens qui y travaillent, juste parce qu'ils en ont besoin et ne peuvent faire autrement pour survivre, pourquoi seraient-ils toujours privés de rencontrer eux aussi des "touristes" qui parlent avec eux, les comprennent et les soutiennent ? En ce qui me concerne, j'ai noué avec eux des liens d'une exceptionnelle qualité, leur ai donné un peu d'argent, je ne le regrette pas même si, quand je retournerai les voir, j'essaierai sans doute de m'organiser autrement.

 

La Birmanie est un pays qui suscite le meilleur et le pire : c'est ce que j'appelle "le paradoxe birman".

 

Martine Bachelier 2011.

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Après un arrêt au marché de Nyaung Shwe, porte du lac, où je découvre encore comment l'on fait des crêpes de « poudre de riz » sticky mélangé au sucre brun, les « mustak » tiges vertes à fleurs jaunes que l'on trouve dans toutes les soupes, de même que les feuilles du fruit « marrow » également dans les soupes, les « damson », petites pommes vertes très savoureuses, et quelques heures de routes toujours aussi cahoteuses, nous embarquons à bord d'une pirogue traditionnelle à moteur pour rejoindre une demie heure plus tard, l' hôtel situé sur le lac.

 

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 (Tiges de cannes à sucre - Cannes à sucre broyées - Bombons de cannes à sucre)

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  Ce lac qui fait 22 km de long sur 11 de large, à 1328 mètres d'altitude, abrite l'ethnie des « INTHA » (« les fils du lac ») dans une quarantaine de villages flottants sur pilotis, est enserré de montagnes, possède un charme fou et tous les aspects de la vie sociale et professionnelle de sa population. Les Inthas sont agriculteurs et pêcheurs, mais aussi des artisans remarquables

 

Pardon de mentionner ce détail, mais il me semble avoir son importance:les petites annexes que l'on aperçoit  sur les côtés des paillotes, ce sont les WC ! 

 

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Ils cultivent des jardins flottants, constitués d'herbes aquatiques découpées en longues bandes flottantes sur lesquelles ils rajoutent de la terre, le tout arrimé dans le sol par des piquets de bambou.

Ce sont aussi des pêcheurs originaux puisqu'ils pagaient debout à l'arrière de leur pirogue en enroulant la gaffe autour de leur jambe, ce qui leur permet d'avoir une main libre pour manipuler leur filets en forme de cône.

 

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Le lac Inle – qui me fait penser au Tonlé Sap au Cambodge - est quand même un monde à part et unique en son genre, car les villages y sont beaucoup plus grands, entrecoupés de canaux pour ruelles, et les habitants ne peuvent s'y déplacer qu'en bateau. Chaque famille a sa pirogue, sa barque, son jardin, ses légumes. Seule l'école est un peu plus loin sur la terre ferme.

 

La lumière du matin comme celle du soir, magnifique, rajoute au charme et au mystère de ce lieu magique baigné d'une très grande quiétude : pas un souffle de vent, pas un bruit hormis celui des moteurs de pirogues ( diesel à un seul cylindre) assez désagréable je dois dire .

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Avec un guide pour la journée, nous avons fait une promenade en pirogue et visité notamment un temple, une fabrique de bijoux en argent et pierres précieuses (tout ça sur l'eau !) avant de rentrer passer la nuit sur l'eau !

 

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Là, j'avoue avoir eu un peu de mal, car depuis ma mésaventure à Tahïti, j'ai un peu la phobie des bungalows sur l'eau ... j'ai demandé à changer de chambre pour avoir vue sur l'arrière et les jardins flottants, plutôt que vue directe sur le lac ... mais là surprise encore : pas d'eau chaude, pas d'électricité ... seulement sur demande ! En effet, l'eau qui se trouve plus loin, dans un ballon ...chauffe au bois ! Donc il faut faire du feu ... et commander son eau chaude une demie heure à l'avance puis laisser couler 10 minutes avant que ça chauffe (enfin que ça tiédisse un peu)! D'autant plus que, s'il fait très très chaud le jour, la nuit il fait vraiment très froid – environ 5° - et j'ai du mettre 3 couvertures + mon pull acheté au marché de Bagan pour dormir! Curieuse, je suis allée voir l'installation : 

 

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Heureusement que ma cousine Marie m'avait prévenue !! et puis, on finit par se faire à tout sans râler :)

 

Le lendemain je suis partie seule faire un tour « sur le continent » . Quinze minutes de barque pour atteindre un très long pont en bois qui mène jusqu'à la rive. Et je pars à l'assaut de la montagne pour atteindre une pagode dont je vois le stûpa briller au loin.

Su le chemin je rencontre des femmes qui coupent les cannes à sucre, gardent la précieuse canne et jettent le foin dont elles font des gros tas que l'on brûle ensuite et dont on utilise la cendre pour fertiliser la terre ... c'est le cycle de la nature!

 

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 Je rencontre aussi de jeunes moines qui cassent des cailloux sur le chemin : c'est bon signe , la pagode n'est plus très loin ... en effet elle est bientôt là, avec son Bouddha qui fait des deux mains le geste de « tourner la roue » (le Dharmachakra), entourée de son monastère, et de là haut la vue sur le lac est splendide.

 

 

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Le jour suivant je repars avec un guide pour un grand tour très « culturel » du lac Inle :

 

Nous commençons par le marché du matin sur le lac : des femmes de toutes les ethnies  s'y rendent parfois en pirogue pour vendre leurs produits (ici des Inthas), d'autres descendent des montagnes à pied, en portant leurs lourds paniers. Le marché fini, elles repartent en groupe, à pied toujours.  

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Nnous remontons une rivière pour nous rendre au village de IN DEIN : par un long escalier couvert, l'on arrive au complexe d'Along Stthou et de son millier de vieux stupas enfouis dans la végétation : un petit Bagan !

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 Retour sur le lac vers la pagode Phaung Daw U, la plus vénérée des Shans. Elle est construite sur pilotis et c'est le point de départ de la très célèbre "Fête des Bouddhas" qui a lieu en octobre. Elle abrite la barge royale qui transporte les bouddhas sur l'eau ... On m'a raconté que cette fête était assez incroyable . Ceux qui s'y rendent en octobre ne doivent surtout pas manquer ça ! Un peu comme la fête du Têt à Luang Prabang.

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 L'on continue par un atelier de fabrication de « cheeroots » (mélange de tabac, d'alcool et de fleurs de lotus ) que je ne manque pas de tester bien sûr :) Chaque femme, assise par terre en tailleur, fait 1000 cigares par jours!Mais dans ma soupe du soir, ce ne sont pas des feuilles de cheroot, mais de "marrow" :) 

 

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 Puis un atelier de tissage de soie et de fibre de lotus qui m'a beaucoup impressionnée tant par la difficulté des conditions de travail de femmes, leur rapidité, leur adresse, que par la complexité et la vétusté des métiers à tisser ...là encore nous sommes hors de notre temps.

 

 

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 J'ai vu comment on obtient la fibre de lotus, c'est très rudimentaire : il faut laisser tremper les tiges de lotus dans l'eau pour qu'elles s'assouplissent, puis on les coupe en petits morceaux de 10 cm de long environ, en tirant doucement les fils blancs qui se trouvent à l'intérieur. Il y a toujours plusieurs fils : on les tord rapidement pour en faire un seul plus épais que l'on joint au précédent, puis on embobine. Et c'est prêt pour le tissage ! Il faut 20 jours de travail pour la confection d'une petite écharpe. Mais c'est vendu beaucoup plus cher que la soie. Ambiance aussi impressionnante : une grande concentration malgré le tam-tam des dizaines de métiers à tisser qui fonctionnent sans répit.Si j'ai bien compris, la fibre de lotus reste blanche : elle n'est jamais teintée. 

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On y voit aussi le fonctionnement du ...rouet ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et enfin, ce n'était pas prévu au programme mais j'ai voulu voir, une fabrique de pirogues et de meubles en teck.

Dans un immense atelier, sans aucune machine : tout se fait à la main. Pour couper un tronc dans sa longueur, une personne en bas et l'autre à l'étage : ils tiennent la longue scie chacun de leur côté, et ça y va ! Très dur ...

On fabrique sur commande seulement, et à la taille voulue, environ 50 pirogues par an.

Elles ont une durée de vie de 40 ans, mais il faut de temps en temps leur redonner un coup de jeune. Le résultat est très beau, les pirogues sont élégantes et d'une finition remarquable.

Mais là aussi les conditions de travail sont très dures ... d'autant plus qu'il ne faut pas oublier que tout ça se passe .... sur l'eau !

 

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 Et c'est retour à Rangoon le 3 février, jour de la fête du 1er de l'an chinois ... des lampions rouges partout, de la musique, des petites enveloppes rouges contenant quelques centaines de Kyats que l'on offre à ses amis, ses employés ....et des lions qui paradent, un peu comme à Hong Kong, mais beaucoup plus sobre ! Je termine donc mon voyage en Birmanie en allant vers un tour à China Town, alors que la nuit commence à tomber. J'admire le temple chinois situé sur le front de mer, et en profite une dernière fois pour savourer cette ambiance si particulière du port où d'innombrables petites embarcations prennent le large...

 

 

Ma conclusion sur la Birmanie :

 

Un pays du moyen âge, qui m'aura marqué plus que tout autre peut être.

D'abord par sa grande pauvreté, pour ne pas dire misère.

La misère criante ou cachée de ses habitants. Alors que le pays possède un potentiel si riche grâce à son fleuve, son ouverture sur la mer, sa terre si fertile, ses ressources minières et énergétiques, ses pierres précieuses, son teck.

L'injustice aussi aux niveaux les plus essentiels : la gratuité de l'école et la liberté d'expression (Ici on ne parle pas politique, il n'y a ni journaux, ni journal télévisé ... ou si peu, ni téléphone portable, ni internet, ni blog ... ou si peu). Mais cela tout le monde le sait.

La Birmanie en revanche m'est apparue sous un jour que je ne soupçonnais pas: l'intelligence de ses jeunes, leur rapidité, leur ténacité, leur détermination juste pour vivre, leur ingéniosité , leur incroyable esprit inventif et créatif.

Ils se débrouillent tout seuls, ne reculent devant rien, savent tout faire avec si peu.

Et leur immense et incomparable gentillesse, qui n'est pas feinte mais bien réelle et spontanée.

Et encore leur merveilleux artisanat d'objets d'art.

Comment leur venir en aide ? Je ne vois pour l'instant (et toujours « en tant que touriste ») qu'une seule réponse : venir en Birmanie pour voir et témoigner.

 

Enfin je voudrais vraiment et sincèrement remercier le personnel d' "Exotissimo Birmanie".

Bien que je sache parfaitement qu'ils sont « sous contrôle », cela n'empêche pas leur gentillesse et leur professionnalisme. Ils m'ont organisé un circuit « en solo » à la carte, selon ce que j'avais moi même  demandé, avec des journées entièrement « libres » ce qui, j'en conviens, ne doit pas être évident et demande certainement plus de travail ... pour moins de rentabilité ! Donc un grand merci à Sarah : je me suis toujours sentie en sécurité en Birmanie.

Je remercie aussi mes guides, et en particulier Tin Tin qui a monté avec moi un millier de marches au Rocher d'or, malgré sa jambe cassée! ... je ne l'oublierai pas.

 

Et ... merci Dédé de m'avoir conseillé ce pays et cet itinéraire :)

 

Ce voyage fut passionnant. J'espère vraiment, un jour peut être, pouvoir y retourner...

 

Conseils de lecture avant de partir :

-"Histoire de la Birmanie contemporaine" 

de Renaud EGRETEAU paru aus Editions Fayard 2010.

-"Aung San Suu Kyi, demain la Birmanie" de jean Claude Buhrer et Claude Levenson- Edition Picquier poche 2007

-"Chroniques Birmanes" de Jean-claude Augé - Nouvelles de voyage - Edition l'Harmattan 2009

-"A mots couverts" (en Birmanie sur les traces de George Orwell) par Emma Larkin - Edition Olizan 2004.

-"Le goût de la Birmanie", textes choisis par C. Ono -Dit-Biot - Edition mercure de France

 

enfin un lien vers un reportage interessant sur la Birmanie :

http://www.lapresse.ca/voyage/destinations/asie/birmanie/201203/25/01-4509173-les-touristes-se-bousculent-aux-portes-de-la-birmanie.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4490630_article_POS1

 

 

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Une petit vol de coucou et voilà Heho l'aéroport qui dessert l'État SAHN. Un Etat réputé "rebelle".La terre est riche bien cultivée, le fleuve suit son cours ...

 

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Deux heures d'une route défoncée et où encore une fois on peut voir des femmes et des hommes pieds nus, refaire la chaussée en cassant et portant à mains nues de lourds cailloux -des prisonniers politiques m'a-t-on dit - , pour se rendre à PINDAYA, une toute petite bourgade située à 1200 mètres d'altitude au pied d'un lac serti de montagnes, célèbre pour sa grotte aux 9000 bouddhas, la plus grande parait-il de l'Asie du Sud-Est. C'est vrai que c'est assez impressionnant! La grotte de « Pak Ou » à côté semble bien petite!

 Il faut grimper à pied ou en voiture pour accéder à la grotte principale puis aux nombreux labyrinthes où les bouddhas ont été entassés au fils des ans. Les plus anciens dateraient du 12 ème siècle.

 

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Ville célèbre aussi pour ses énormes banians centenaires qui entourent le lac. Les banians sont des arbres sacrés en Birmaniecomme dans toute l'asie du sud-Est d'ailleurs : avec leurs énormes racines aériennes ils sont censés faire se rejoindre le ciel et la terre. C'est pour cela que les statues de Bouddha et les autels funéraires sont souvent disposés à leurs pieds. 

 

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 Et  pour son « grand marché » ... et comme j'adore les marchés je demande à mon guide d'y aller faire un tour : une merveille . C'est le rendez-vous des ethnies locales ( les PAOH habillées de noir avec un turban de couleur sur la tête, les PADAUNG que l'on appelle chez nous les « femmes girafes »- une horreur - , les INTHAS du lac Inle ...) qui viennent y vendre leurs produits : la grande spécialité c'est parait-il les fourmis rouges grillées, mais parmi toutes les bestioles grillées, j'avoue que je n'ai pas pu identifier les fameuses fourmis rouges ! En revanche énormément de pommes de terre, de maïs, de blé, des haricots, de potirons, de tomates. Ainsi que de sucre de canne sous toutes ses formes liquide, solide, en morceaux, en gâteaux mélangé à du riz et de la noix de coco , ...du riz gluant enveloppé dans des feuilles de bananiers pour qu'il se conserve plus longtemps, ou en galettes mélangé à d'autre ingrédients, et des sachets de graines, de graines, et encore des graines : tournesol, soja, potiron, lentilles, tofu... Des feuilles fraiches de thé vert (slapy tea) que l'on pile pour parfumer les salades, contrairement à celles que l'on fait sécher utilisées pour la boisson.

  

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-Crêpes de riz gluant sucré, à la noix de coco

-Bétel: noix d'arec aux propriétés astringentes -mâchée dans toute l'Asie, et dont les consommateurs crachent le jus rouge à intervalle régulier 

-Feuilles de thé "slapy"

 Ce pays, à la terre ferrugineuse, très rouge rouge est peu être le plus cultivé que j'ai jamais vu. Et la riche diversité de ses aliments, de sa cuisine, absolument incroyable. Il me faudrait des années pour tout connaitre! Pour tout goûter ... ça, en revanche ce serait plus difficile !!

 

Pindaya c'est aussi le lieu de la fabrication d'ombrelles traditionnelles en bambou et en papier. Là encore j'ai pu admirer le savoir- faire artisanal des Birmans, un vrai plaisir de les voir travailler avec autant d'adresse et de rapidité.

 

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 Une nuit dans un bungalow fort sympathique et hop le lendemain de bonne heure en route pour le Lac Inle ... que j'attends depuis longtemps avec impatience !

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Published by Martine Bachelier - - Birmanie

  

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Départ de Mandalay tôt le matin pour Bagan en « speed boat » ... lequel porte bien son nom puisque nous avons mis 9 heures pour descendre l'Irrawaddy et les 208 km qui séparent les deux villes ! Le matin il faisait très froid et à midi une chaleur caniculaire ... un peu longuet mais tranquille et un très beau paysage, le long des rives plates et sablonneuses bordées de cultures de toutes sortes de granulés et d'arbres : des « dani » ou palmiers Nipah à l'extrémité des feuilles jaunies, de cocotiers et d' arbres du voyageur avec leur feuilles en éventail, d''épicéas, de forêts d'acajou, de bosquets de bambous ... et des buffles d'eau à la couleur caramel. Nous croisons d'immenses barques chargées de centaines de troncs de teck énormes, mais peu de pêcheurs. Sur la route des femmes n'hésitent pas à se tremper pour approcher le bateau etnous lancer des bananes contre quelques kyats ...

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Bagan est aujourd'hui divisée en deux : « New Bagan » et « Old Bagan ».

En fait il s'agit plutôt de groupes de villages. Après que ses habitants ont été « délogés » il y a 20 ans, vers  New Bagan, Vieux Bagan est désormais exclusivement un site archéologique, où se dressent des centaines de temples (2219 exactement) construits entre le 11ème et le 13ème siècle par les souverains successifs.

 

 

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Je suis logée à « New Bagan », dans le plus charmant des hôtels depuis le début de mon voyage, un « hôtel de charme », très calme... Je vais enfin pouvoir me reposer du vacarme de Mandalay. Mais c'est un « hôtel d'Etat » bien sûr et les services annexes sont hyper chers. Donc je vais tout boycotter comme d'habitude, ce qui va m'amener à faire de belles rencontres...

 

 

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 Au bout de 3 jours, tout le monde me connait dans « ma rue » (qui est un chemin de terre ), et Kiu Kiu, rencontrée par hasard au marché où je suis allée acheter un pull en prévision du froid du lac Inle, va me faire visiter son atelier de peintures qu'elle vend à l'entrée des temples, ensuite elle m'emmène au pas de course (j'ai du mal à la suivre) par des petits chemins de sable, jusque sur les bords du fleuve voir un temple, puis au retour elle me conduit au seul endroit de Bagan où l'on peut trouver un bon taux de change ( 1 dollar pour 800 Kyats - prononcer « chatte » - alors qu'à l'hôtel et partout ailleurs c'est 1 dollar pour.. 700 K au mieux....il n'y a pas de cours officiel ici, c'est la débrouille, au meilleur offrant), Enfin elle m'emmène déjeuner dans un resto à 1000 K où je partage mon plat avec elle, et me régale !

 

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  En fin d'après midi, je vais essayer un massage de pied à l'hôtel car je me souviens avec bonheur de celui de Paksé ... mais ici c'est 3 fois plus cher : 10 000 K! Tant pis, j'y vais! Une heure pendant laquelle je vais encore découvrir beaucoup de choses : la jeune fille qui s'occupe de moi est bien triste sous son sourire de convenance : le matin elle commence à 10h pour aider au ménage des chambres, ensuite c'est à la cuisine, et enfin au « spa » jusqu'à 10h du soir ! Trois autres de ses collègues arrivent : même scénario : toutes sont tellement fatiguées, qu'elles vont s'asseoir par terre dans un coin en se parlant à voix basse, et ne bougent plus. Pour rentrer chez elles elles devront faire une demie heure de marche à pied dans la nuit. Dur dur ...

 

 

Le lendemain matin je pars visiter quelques uns des plus célèbres temples ... Je ne peux quand même pas venir ici sans aller voir quelques temples comme tout le monde! Alors c'est parti pour le Shwezigon, l'Ananda et quelques autres... je dois dire qu'une fois encore je suis ravie. Ces temples sont fabuleux. Surtout les plus grands, très différents les uns des autres. Je ne m'en lasse pas. La guide qui m'accompagne parle si vite anglais et avec un tel accent que j'ai du mal à suivre d'autant plus que ses explications sont très pointues.. mais peu importe. C'était très beau !

Bon, peut être pas aussi beau que la "Basilique Notre Dame d'Afrique " à Alger ...mais quand même .... et puis chacun prie le dieu qu'il peut ! 

 

 

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 Au passage visite d'une fabrication d'objet d'art en laque Je ne savais pas que la laque provient du suc d'un arbre : le laquier. C'est très très long de faire des objets en bambou recouverts de laque (plusieurs semaines). La laque est marron : c'est par coloration qu'elle devient noire.C'est une des plus importante spécialité de Birmanie. 

 

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  Par curiosité je vais faire un tour à l'école primaire du coin ... et j'y rencontre une jeune fille Thidar , 21 ans, qui a l'air très attachée à ses études et très intelligente . Elle m'a donné RV pour diner chez elle le lendemain! ... on verra bien.

En attendant, au petit resto chinois du coin, on vient m'offrir des bananes flambées pour mon dessert... je n'en reviens pas!

 

De nouveau je rencontre Kiu Kiu et je vais chercher mon ordinateur pour lui montrer les photos que j'ai prises d'elle la veille : elle est très contente. Elle me propose de m'arranger un tour « pas cher », en « horse -car » pour le lendemain matin... OK ça marche.

 

Une demie-heure de horse- car jusqu'au village très rustique et typique de Minnanthu : des paillotes sur pilotis avec des murs en bambou tressé comme au Laos. Chaque maison est séparée des autres par une rangée de cactus : les cactus servent à faire des médicaments contre la douleur. Une femme coupe le foin de manioc pour nourrir les cochons, une autre me montre comment filer le coton sur un rouet tandis que dans la cour les « plums » deviennent rouges en séchant au soleil: leur graines serviront à faire du piment .

 

 

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C'est le moyen- âge.

 

Mais j'ai le dos en compote à cause de la carriole qui n'a plus de suspension et des cailloux sur la route en mauvais état, malgré toujours les femmes qui y travaillent, alors je décide de rentrer.

Sur la route toujours l'étonnant spectacle : des buffles qui trainent les charrettes, des boeufs et des chèvres qui se promènent au milieu des pagodes, une multitude d'acacias : leur fleurs jaunes se récoltent, après les avoir fait sécher, on les mélange à des cacahouètes et à du piment pour les déguster en apéritif. Des tamarins dont les pétales de fleur séchés et sucrés, feront de délicieux bonbons.

 

 

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la Birmanie c'est vraiment un voyage hors du temps.

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Je m'arrête pour déjeuner rapidement dans un restaurant de bord de route : je suis seule dans la salle, mais bientôt entourée de 5 serveurs qui sont au petits soins, m'offrent du thé vert, des pea nuts avec un bouillon de légumes (mélange de Chaman yuet et de Manla hou ... bon j'ai noté les noms pour leur faire plaisir, mais j'ai rien compris ... sauf peut être le manla hou que le garçon est allé me chercher en cuisine pour me le montrer et qui me semble être du navet).

J'achète 2 gros paquets de gâteaux pour le dîner du soir au cas où ... on ne sait jamais !

Je rentre à l'hôtel pour me reposer un peu au bord de la piscine, quand j'entends des chuchotements de derrière la haie :  Matine ! Matine!... quelqu'un m'appelle : je m'approche et c'est Kiu Kiu venue me remettre un cadeau « pour souvenir » : un joli bol en laque !! je n'en reviens pas et ne sais comment la remercier ... je vais lui chercher un de mes T-shirt et lui donne avec mon adresse et mon e – mail. Elle n'a pas d' e- mail, ne sait même pas se servir d'un ordinateur, mais me dit qu'elle va se débrouiller ... Des enfants s'approchent aussi pour me donner des fleurs de bougainvilliers par dessus la haie

 

 

 

Et puis en effet le soir Thidar m'attend devant l'hôtel : elle s'est fait toute belle avec une jolie robe rouge qui change un peu des longyi, et s'est lavé les cheveux. Elle m'emmène jusqu'à sa « case » car on ne peux appeler ça autrement : une cabane de plein pied en bambou, environ 15 m2, sans fenêtre, sans électricité, sans eau bien sûr (il faut aller la chercher à fontaine) et ils vivent au moins à 10 là dedans! Kiu Kiu est là aussi , elles se connaissent. Nous montons les 3 marches de l'échelle pour s'installer dans la « mezzanine » accroupies par terre sur une natte en bambou... éclairées par une bougie. Des tapis sont roulés dans un coin. Mais elle a mis une nappe sur la petite table ronde, et c'est elle-même qui a préparé le diner : riz accompagné de plusieurs petites assiettes qu'elle place au milieu de la table : légumes, quelques morceaux de bœuf bouilli, du piment et des tomates. Elle me sert elle-même une assiette énorme. Je prie le bon dieu pour n'être pas malade car les assiettes rincées à l'eau du bassin ne sont même pas essuyées ... bon, on verra bien... heureusement j'ai ma petite bouteille d'eau dans mon sac :). Elle gronde très fort Kiu Kiu qui ne veut pas manger ...je ne sais pas pourquoi... mystère. Les autres membres de la famille sont restés en bas et nous regardent en attendant que ça se passe ! Le repas est joyeux, je les fais rire !

Thidar m'explique qu'elle veut devenir guide. Pour l'instant elle en est au 5ème grade de high school , il lui en reste 5 à faire avant de pouvoir entrer à l'université. Elle travaille à mi temps comme employée de maison chez son professeur principal pour pouvoir se payer l'école. Quand elle aura fini, elle fera un break d'une année pour travailler et gagner de l'argent pour la fac ! Elle compte qu'elle aura alors 31 ans ! Mais elle m'a l'air très volontaire et très bonne élève, ce que me confirme Kiu Kiu . Elle prend beaucoup de plaisir à me montrer ses cahiers de mathématiques, histoire-géo, anglais. Elle a une adresse internet et me fait promettre de lui écrire.

 

 

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Une petite heure plus tard, toutes les deux me raccompagnent. Il commence à faire froid. Thidar me dit qu'elle n'a pas de couverture, et que quand il fait froid elle dort toute habillée!

Nous nous quittons avec tristesse et je promets de revenir ...

 

Avec le jeune de Mandalay , Kiu Kiu et Thidar seront mes plus belles rencontres.

 

Je rentre un peu abattue à l'hôtel où des « femmes-girafes » sont entrain de faire des pitreries devant une horde de touristes français qui vient de débarquer ... Ce sont des Danaung, une ethnie du nord de l'État Shan. Bien triste ... je m'éclipse.

 

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Départ pour Mandalay (capitale de la « Division de Mandalay ») située à 650 km au nord de Rangoon, 1 million d'habitants, dernière capitale royale, plus de 150 monastères et 100 OOO moines (mon guide me disait un million au total dans la Province!), d'où son importance pendant la « révolte des moines » en 2007, et la surveillance militaire particulière dont elle fait l'objet aujourd'hui. Mais je dois être honnête, je n'ai rien ressenti de tel.

Capitale aussi des P : Porcs, Prostituées, Pagodes, Parias, et Prêtes disait George Orwell dans son livre « Une histoire birmane »... et de la Police secrète ajoute le « Routard ». C'est encore vrai aujourd'hui : il faudrait juste remplacer « prêtres » par « moines ».

 

Justement, pour faire entièrement « routarde » j'ai laissé ma grosse valise à Rangoun, où je la retrouverais dans 10 jours, et suis partie avec un petit sac de 3 kg acheté 3 euros. au marché du coin. Juste un change, une paire de tongs, une lampe de poche et ma brosse à dent ... et c'est reparti pour l'aventure!

 

Et pour mon carnet de route ...

 

Le quel commence ainsi : dans le taxi qui me conduisait à l'aéroport, j'ai oublié mon porte- monnaie avec ma carte de crédit et ma carte d'identité ... je devrais le récupérer à mon retour ... sans les dollars qui eux ont paraît- il, disparu ! « No problem » ...

 

Mandalay est une ville complètement différente Yangon, moins « policée » parfois. Elle est située dans une vaste plaine, non loin de l'Irrawaddy. C'est le centre commercial du pays. Les paysages qui l'entourent sont magnifiques et pleins de surprises!

Quadrillée comme New York, au carré, en rues et avenues, je suis donc 26ème rue/82ème avenue ...

 

La circulation, très dense et confuse, est un vrai cirque qui vaut son pesant d'or (de l'or toujours et encore !). Aucune règle de circulation, aucun feu (les rares qui existent ne servent à rien), pas de passage piétons, c'est la débrouille pour traverser au péril de sa vie entre véhicules d'un autre âge (j'ai vu une vieille voiture italienne de 1950!), scooters, vélos, tuk-tuk, rickshaw et compagnie..C'est le règne du klaxon ... Si l'on ajoute que les trottoirs sont, non seulement couverts de flaques rouges de crachats de bétel, encombrés de marchandises en tous genres, de gargottes, de cyclo... mais aussi complètement défoncés, et qu'il faut à chaque pas faire attention à ne pas mettre le pied dans un trou ou une bouche d'égout, on imagine sans peine que la vie du piéton n'est pas facile !! Toute une expédition, avec la lampe torche obligatoire le soir !! Il faut dire que la grande majorité des conducteurs n'ont pas le permis de conduire (en fait certains l'ont mais ils ont du verser un bakchich pour ça!).

 

 

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 Cependant ici les gens sont vraiment très gentils, ce soir encore un homme me voyant hésiter à traverser m'a demandé si j'étais « OK? » et puis comme il a compris que je voulais juste me rendre à l' hôtel de l'autre côté de la rue, il a arrêter la circulation, m'a attrapée par le bras et m'a fait traverser ! J'ai trouvé ça super gentil! Les jeunes me paraissent aussi plus rapides et malins que les Lao et n'hésitent pas à venir en aide.

 

Ce qui frappe c'est la grande mixité de populations : beaucoup d'indiens (mauvaise réputation de « menteurs » sic) et de chinois (encore pire) venus pour le business et autres .. De nombreux birmans sont d'ailleurs métissés et la couleur de leur peau varie du clair au très foncé. Beaucoup de chinois aussi . Les religions aussi sont multiples : temples hindous, bouddhistes, églises anglicanes, et mosquées, et même des témoins de Jehovah!

 

La pauvreté atteint des proportions inimaginables. Beaucoup de mendiants et de clochards dans les rues. Le salaire moyen d'un serveur de resto est de 40 dollars par mois, celui d'un enseignant de 60 dollars ... Le salaire moyen de moins d'un dollar par jour. L'école est payante : 50 dollars par an minimum pour envoyer son enfant à l'école. C'est sûr que lorsqu'on a 5 enfants comme c'est la moyenne ici, ce n'est pas facile ... Un bon moyen de maintenir les pauvres pauvres et les riches riches !! D'ailleurs, les hôtels « d'État » sont de vraies pompes à fric : il font tout payer un prix exorbitant y compris la tasse de thé vert -1 dollar- qui est normalement gratuite dans tous les cafés et restaurants ! Et l'Etat perçot une taxe sur tout (laverie, repas, internet ...)

Le tourisme est en baisse : 1% du PIB, alors qu'il était de 5% il y a 5 ans. La faute à la dictature disent les gens. On m'a dit aussi que ça commençait à repartir.

Et pour un birman qui voudrait se rendre à l'étranger, ce qui est pratiquement impossible, il faut d'abord verser 5 à 600 dollars à l'Etat avant d'essayer d'obtenir un visa ! De toutes les rencontres que j'ai fait en Birmanie, guide compris, pas une seule personne n'est jamais sortie de son pays.

 

Quant à la religion principale, mélange de bouddhisme et d'animisme, elle est omniprésente, avec des milliers de monastères, de temples et de pagodes : 300 dans la seule ville de Mandalay! Et le paysage est parsemé à perte de vue, de stûpas dorés ou blanchis à la chaux, c'est très beau.  

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J'en ai visité plusieurs pendant un circuit de 2 jours Mandalay-Amarapura-Sagaing-Mingun.

Un circuit vraiment très intéressant au cours duquel on s'arrête admirer l'artisanat local qui est merveilleux : entre sculpteurs (marbre, pierre, bois) ateliers de tissage de soie et de coton, fabrication de marionnettes, de bijoux, et même des artiste-peintres, les birmans sont de merveilleux créateurs.

 

 

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 Départ vers Mingun en bateau, Marionnettes, Frappe des feuilles d'or (on les agrandit 7 fois) pour coller s les stûpas,

 

 

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Enfin une visite à ne pas manquer : celle du marché Zegyo, le plus grand jamais vu, les Galeries Lafayette style Birmanie ! On y trouve de tout sur 4 étages, on peut même se faire confectionner des habits sur place, au dernier étage, par des couturières qui utilisent des machines de 1940. Ce marché « couvert » se prolonge à l'extérieur par un immense marché alimentaire extraordinaire! Moi qui adore les marchés, ce fut un vrai régal :)

 

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 Les deux derniers jours que j'ai passé seule dans la ville m'ont permis de découvrir autre chose que ce que veulent bien nous montrer les tours-opérateurs, de recueillir des témoignages et de confirmer ma première impression : Mandalay est une ville d'une saleté, d'une pollution, d'une misère inimaginables. Les gens sont gentils certes, mais ils s'ennuient, -surtout les gens d'un certain âge-, dorment dans la rue, vivent au jour le jour de débrouille à 3 sous, ils ont peur, ils sont tristes sous leur apparence joyeuse. Par exemple souvent les petits serveurs de gargote se mettent à chanter à tue- tête, ce qui me surprenait au début , et puis j'ai compris que c'était pour tuer l'ennui et essayer de se mettre un peu de baume au coeur.

 

J'ai rencontré un couple de français qui arrivait d'un voyage en bus de nuit. Ils m'ont raconté leur aventure : le bus s'est arrêté en cours de route près d'un marché de nuit, quand des policiers sont arrivés et ont matraqué à mort un jeune qui venait soit disant de voler quelque chose au marché ... sauf qu'ils n'ont rien trouvé . Tout le monde faisait semblant « de ne pas voir » ... Le gamin a été ligoté et emmené sur une moto en très mauvais état.

Plus loin, le bus a fait l'objet d'un contrôle : les policiers s'en sont pris sans aucune raison à deux jeunes juste parce qu'ils avaient un look un peu « punk ».Ils les ont fouillés de fond en comble. La aussi ils m'ont raconté que les gens du bus sont restés impassibles, détournant la tête ... et que les 2 jeunes sont restés très dignes, faisant preuve d'un beau courage.

Et puis j'ai rencontré un jeune sur le quel je ne dirai rien ici, qui m'a fait des confidences à voix basse. Il ne souhaite qu'une chose : partir. Quitter son pays. Je garde de lui un souvenir ému et finis par comprendre cette tristesse qui se lit en filigrane sur les visages, cachée sous les sourires et les « hello! ».

 

 

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     1 - YANGON

 

Le présent change tout le temps, l'avenir est imprévisible ....Mon blog a été "bloqué" ou "censuré" dès mon arrivée  en Birmanie ; il m'a fallu attendre le Vietnam pour le publier. Vraiment ... imprévisible !!

 

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Après trois petits vols qui se sont enchaînés au dessus de nuées de nuages floconneux  et 7 heures plus tard je vais découvrir un autre monde...hors du temps. 

J'arrive à Yangon (Rangoon) l'ancienne capitale du Myanmar (Birmanie), certains me disent 40 000 habitants, d'autres 4 millions en comptant les banlieues...Allez donc savoir.

L''aéroport déjà, montre tous ses ors...

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Mais aucun.problème au passage de la douane.  

Ma guide « Tin Tin » (eh oui comme notre Tintin national !), m'attend.  

Une jeune femme très cultivée, qui parle un anglais remarquable, dont le mari est mort d'une cyhrose du foie (on boit beaucoup ici), et se débrouille seule avec une petite fille de 10 ans. Elle se montrera pleine de gentillesse et d'attention à mon égard pendant les 3 jours à venir.  

Je suis très surprise : le long du trajet entre l'aéroport et la ville, ce ne sont que larges et belles avenues bordées d'arbres, de parcs immenses, de somptueuses demeures autour du lac Inya le plus grand de Yangon. J'apprends que c'est le quartier des « officiels » et des « politiques ». Nous passons devant l'Université le quartier de la résidence surveillée de la « dame de Yangon »...  

 

La pagode "Shwedagon" 

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L'hôtel est situé tout près de la célèbre et incontournable pagode « Shwedagon »,( Shwe signifie « or » en birman et « pagode » lieu de prière) pagode sacrée depuis plus de 2500 ans, coeur de la vie religieuse, sociale et politique du pays. Je pars la visiter seule à pied très tôt le matin : le site ouvre à 4h!. Il est immense, véritable ville dans la ville. Et il faut bien le dire, absolument superbe. Je découvre un monde fantastique à la rencontre du bouddhisme et de l'animisme. Etonnant. Le grand stûpa d'or central (le « zedi » en Birmanie), de 100 mètres de hauteur, recouvert de 700 kg d'or brille dans la lumière matinale, sa girouette et son globe incrustés de milliers de pierres précieuses. Tout autour, des monastères, des abris de pélerins, des pagodons, des « tazaung » (petit stûpa) de toutes tailles parmi une multitude de toitures à étages, de pinacles, de flèches, d' oratoires ...

 

Ici comme partout ailleurs, le culte animiste des nats coexiste avec le bouddhisme. Les nats sont les esprits tutélaires des lieux. Ils y en a 37. Les offrandes quotidiennes qui leur sont faites sont destinées à conjurer le mauvais sort. Les birmans accrochent les statuettes des esprits aux branches des arbres.

 

J'ai eu la chance de rencontrer un vieux professeur d'histoire – 76 ans, sans travail, car son enseignement ne convenait pas aux autorités, et sans aucune retraite - qui m'a expliqué tout un tas de choses moyennant tout de même 4 dollars. C'est ainsi qu'il m'a fait faire ma prière puis m'a donné sa « bénédiction» devant le « bouddha du mardi » puisque je suis née un mardi : j'ai du verser un verre d'eau sur la tête dudit Bouddha et il a tenu ma main pendant qu'il récitait la prière ...

 

En effet , autour des pagodes, de petits autels marquent les 8 jours de la semaine (le mercredi est divisé en deux le matin et l'après midi) : chaque jour est symbolisé par une planète , un chiffre, et représenté par un animal. Je suis née un mardi (comme Pierrot) : mon chiffre c'est le 3 mon signe la lune et mon animal le tigre. C'est parait-il le meilleur jour : j'ai un 6ème sens!, donc je devrais avoir beaucoup de chance dans ma vie... (ou ce qu'il en reste :). Bien sûr il est recommandé de déposer son offrande dans la « donation boxe ». Il y en a une auprès de chaque autel, de chaque tazaung.

L'atmosphère est au recueillement et l' ambiance bon-enfant.

 

En Birmanie les femmes et les hommes portent tous et partout, tout le temps, le traditionnel

« Longyi », qui s'appelle aussi « Htame » pour les femmes qui le nouent sur le côté, et « Pasoe » pour les hommes qui le nouent devant.

Le longyi des femmes est souvent à motifs  géométriques, plutôt coloré.

Celui des hommes vert ou brun foncé à petits carreaux.

Les femmes ont toutes les cheveux longs ramassés en des chignons cylindriques. Les enfants qui vont à l'école portent des uniformes : chemises blanches et longyi verts. Mais la couleur peut varier selon leur lieu de résidence.

 

Ci dessous l'esplanade de la Pagode Shwedagon, qui m'a vraiment émerveillée par sa beauté et son atmosphère si sereine.  

 

 

 

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  Puis je pars au hasard vers le centre ville.  

Là les choses changent complètement. Une ambiance tout à fait indienne, comme un peu partout d'ailleurs en Birmanie, celle-ci étant une ancienne province « anglo-indienne », et cela se voit ! Il y a ici énormément d'indiens, ou de gens de descendance indienne. On y parle un tout petit peu mieux anglais qu'au Laos, et c'est tant mieux pour moi! Mais j'aurais tout de même beaucoup de mal à les comprendre à cause de leur fichu accent.

   

Le centre ville est dans l'ensemble en pleine décrépitude : partout d'anciens immeubles coloniaux décatis qui tombent en lambeaux et des trottoirs complètement défoncés, plein de trous qui peuvent être dangereux la nuit..Mieux vaut donc toujours avoir sa lampe de poche sur soi. D'autant plus que les trottoirs sont envahis de marchands à la roulotte et de tout un bric à brac incroyable... Les plus grandes avenues parallèles, sont coupées par de petites ruelles piétonnes qui valent vraiment le détour : tellement de fils électriques et autres, partout au dessus des têtes, qu'ils forment une vraie toiture laissant à peine filtrer le soleil, ce n'est pas plus mal car cela apporte un peu de fraîcheur et fait scintiller les lumières et les couleurs...Il faut se frayer son chemin à travers la foule grouillante et les échoppes qui envahissent tout.

 

Quant à l'état des taxis ...je vous laisse juger ! Même les billets ont un goût de vieux...

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Tous les cultes sont pratiqués: j'ai vu une église catholique, une grande mosquée, une église anglicane, et bien sûr tout un tas de temples hindous et bouddhistes.

 

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 Enfin  déjeuner local dans le quartier chinois : j'ai dû me tromper de commande car on m'a servi des viscères de poisson ... pas trop à mon goût !  

Ensuite j'ai tout vomi ...

 

Voilà qui finit bien ma première journée, pleine de contrastes, en Birmanie . Un pays qui, je le sens déjà, va me marquer profondément.


2 - BAGO:  

 

Le lendemain route vers le sud avec Tin Tin : 4 h de voiture pour atteindre le Rocher d'or dans l'Etat Môn.

 

La route est belle, moins défoncée que d'habitude (mais tout est relatif), le paysage est luxuriant, très cultivé, surtout de rizières vert fluo car c'est le début de la deuxième plantation de riz. On y voit aussi d'immenses espaces de plantation de teck et de palmiers à huile, sur des terrains ayant  manifestement fait l'objet de déforestations par brulis. On traverse de petits villages très pauvres, sur le bord de la route.

Maisons de paille et bambou, sur pilotis comme au Laos, chars tirés par des boeufs,  femmes qui portent d'énormes paniers d'osier sur la tête, comme en Inde.

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A 80 km de Yangon, premier arrêt sur la route à BAGO, capitale d'un royaume MON, connue autrefois sous le nom de PEGU, chef lieu de la division de Bago, pour y voir la pagode Shwemawdaw qui culmine à 114 m., date du 1er millénaire, et  est surtout connue pour la chute du « bourgeon de bananier » de son stûpa qui s'est écroulé en 1917, et est resté là depuis cette chute ... il est donc particulièrement vénéré.

 Bago pagode Shwemawdaw

Tin Tin m'a bien expliqué la composition d'un stûpa :

-         Tout en haut le globe d'or recouvert de pierres précieuses

-         une tige sur laquelle est fixée une girouette incrustée aussi de pierres précieuses

-         en dessous l'ombrelle « de Mindon » entourée de cloches (la Shwedagon a 1400 cloches)

-         un bourgeon de bananier

-         une fleur de lotus (symbole de la sagesse de Bouddha)

-         un bol à aumônes renversé

-         une cloche

-         plusieurs terrasses superposées

-         la base du stûpa entouré de pagodons

 

                           mon voyage 2010 024mon-voyage-2010-011.jpg                                                                                                                                                                                                             

 

Dans une autre pagode de Bago, on peut voir un très grand (et tout neuf) bouddha couché ( le Bouddha couché de Shwemawdaw) dans la position de la « relaxation totale » de 55 m de long, et dont les dessins sculptés sur ses immenses pieds racontent les préceptes  bouddhistes.  

 

       bouddha-couche-de-Bago.jpgles pieds du bouddha                                                                                                               

 

3 -  le ROCHER d'OR (le KYAIK-HTI-YO).  

 

Une vraie merveille, j'ai adoré cet endroit. Un côté Bénares et cour des miracles, les infirmes en moins.

Effectivement considéré comme l'une des trois merveilles du pays, avec la pagode Shwedagon de Yangon, et le Mont Popa de Bagan.

Le Rocher d'Or fait l'objet d'un pèlerinage essentiel pour tout bouddhiste, comme la Mecque pour un musulman.

 

Il faut bien comprendre que l'on ne monte pas au Rocher d'or (1400 m d'altitude) comme ça!...

On s'arrête en bas à la « station », on y laisse la voiture, pour prendre un « truck », seul autorisé à effectuer la bonne heure de "grimpette" par une petite route très pentue et cahoteuse. Chaque truck part lorsqu'il a fait le plein de voyageurs serrés sur des bancs de bois, les valises entassées comme on peut à l'arrière du véhicule. 50 « locaux » autorisés au maximum (qui est souvent dépassé...) ou 20 phalangs (étrangers). Tin Tin a bien négocié l'affaire et nous avons  pu monter, à l'aller comme au retour, dans un truck pour les locaux, moyennant une négociation assez épique, sur le siège avant à côté du chauffeur ( qui conduit pieds nus!) !! Ouf, merci pour mon dos !!.

 

déchargement-copie-1 ma place 

     

 

 Cela ne s'arrête pas là : arrivé sur l'esplanade en terre entourée de boutiques, on est loin d'être arrivé : il faut GRIMPER A PIED !... les « porteurs »   se précipitent pour vendre leur services ... les chaises à baldaquin sont de service pour les personnes en difficulté... et nous voilà parties, à pied cette fois, pour une heure de grimpette supplémentaire. Notre porteuse de sacs était jeune, veuve (elle aussi : cyhrose...) et mère d'une petite fille de 3 ans qui nous accompagnait sans broncher avec des tongs qui faisaient « couic couic » à chaque pas ... Elle m'a vraiment fait de la peine. Nous l'avons reprise au retour, et en nous quittant, elle a pleuré.

 ma porteuse chaise à porteur 

 

 

Il y a ce rocher, qui tient en équilibre au bord du précipice retenu bien sûr par un cheveu de Bouddha, recouvert d'or ( que seuls les hommes ont le droit d'appliquer et de toucher),

 

mon voyage 2010 047 mon voyage 2010 043 

     

 les cloches

 mais il y a surtout ici, autour du centre du site, en descendant les ruelles qui l'entourent (on a compté avec Tin Tin, que l'on avait descendu et monté plus de mille marches - très hautes en plus!-  un site immense, un spectacle permanent de traditions culturelles en tous genres, de scènes de la vie quotidienne, qui surprennent, choquent ou émerveillent les visiteurs occidentaux. Abris pour pélerins, boutiques de bouddhasseries et souvenirs, effluves odorantes des gros bâtons d'encens incandescents plantés dans des vasques sur trépieds,  groupes de pélerins accroupis qui psalmodient, prières incessantes et tintinnabulements de mille clochettes invisibles agitées par la brise du soir. Un autre monde. Tellement riche.

 

 mon voyage 2010 083mon voyage 2010 084

 

Et une rencontre très sympathique avec un groupe de jeunes filles (des lycéennes venues visiter le site) ...qui ne voulaient plus me laisser partir ! 

discussion avec des petites filles

 

 mon voyage 2010 073bétel (feuille de menthe+bétel nut+feuille béte-copie-1

Préparation du bétel : feuilles de bétel, chaux, et noix d'arec . 

  800px-Betel_nuts_-from_bottom-.jpg 

 

 Les ingrédients culinaires aussi sont  hallucinants et j'ai beaucoup appris à ce sujet grâce à Tin Tin. Elle m'a appris à reconnaître les palmira nuts ( du palmier) , les ice potatoes, l'arbre des noix de cajou, les différentes sortes de mangues, les Yarn ou sweet potatoes ... m'a fait goûter au yellow sticky rice (un riz de désert mélangé a du curcuma, du sucre, de la noix de coco ), aux différents tempora ou samosa ( beignets fourrés et frits à l'huile ).  

 

 Tin Tin m'a expliqué comment on faisait la poudre de  Thanaka dont les femmes se badigeonnent le visage pour avoir une belle peau et rester fraîches (on mélange tout simplement de la poudre de bois de thanaka avec de l'eau sur une plaque de métal. La poudre de tanaka est aussi réputée pour son effet antiseptique.

 

 Enfin j'ai été initiée à  la fabrication du "bétel" : sur des feuilles de bétel qui ressemblent à des feuilles de thé, on dépose un peu de chaux (oxyde de calcium) et de la noix d'arec, on replie, la préparation prend le nom de bétel et c'est prêt à être mastiqué puis craché ... la salive devient rouge sous l'effet conjugué de la chaux et de l'arec.

On en trouve partout, à tous les coins de rue.

 

Poudre de tanaka: 

 bois de thanaka poudre pour la peau mélange de la poudre avec de l'eau 

 

mon voyage 2010 059

   

Tin Tin attablée pour la dégustation de beignets :   

 J'ai aussi tenté le massage de jambes très local, ,  dans la rue,  à l'huile « miraculeuse »  de plantes sauvages, au milieu de grappes de bois de santal. Cela m'a fait beaucoup de bien après toutes ces marches grimpées!

bois de santal

Sur  le site du Rocher d'or, il y a  beaucoup de femmes et de fillettes,  des hommes aussi, qui travaillent dur, pendant que les bonzesses, en robe orangée et crâne rasé viennent en pélerinage, et que les moines en robe grenat font l'aumône:

les-enfants-travaillent.jpg mon voyage 2010 009 

     

 bonzesses rasées aumône-copie-1 

     

 Notre hôtel était très bien situé à 250m de l'entrée du site,  j'ai pu ainsi y retourner plusieurs fois, notamment au coucher du soleil, pour m'en mettre plein les yeux et la tête.

mon voyage 2010 067 de ma fenêtre - hotel top montain 

     

Ces deux jours passés au Rocher d'Or ont été absolument  merveilleux :

 Merci Tin Tin !

 

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Published by Martine Bachelier - - Birmanie

  LA BIRMANIE ou UNION DE MYANMAR

16 janvier au 5 février 2011 

 

Le 16/1 : vol PAKSE / RANGOON arrivée le 16,

Visite de la pagode Shwedagon

17 et 18 et 19 : le Rocher d'Or, Bago et retour à Rangoon

Le 20 nuit à Rangoon

21 : vol pr MANDALAY

21/26 : Mandalay et environs

26 : départ en bateau sur l'Irrawady pour Bagan

26/30 Bagan

30 : vol pour HEHO puis Pindaya (   Kyaikhteeyoe : Golden Rock Buddhist Site) - nuit à Pindaya

31/ 02 : Lac Inle

3 : retour en avion à YANGON

5 février: départ pour Hanoi

 

 

Burma en

.

Carte Birmanie - Plan Birmanie

  

L'ancien et le nouveau drapeau :

 

 Le nouveau drapeau est constitué de trois bandes égales jaune, verte et rouge. Il  est surmonté d'une grande étoile à cinq branches qui occupe 6/ 7 e de la hauteur.

 Le jaune représente la solidarité ; le vert la paix, la tranquillité et le végétal de l'environnement du pays ; et le rouge la valeur et l'esprit de décision. L'étoile représente « l'existence perpétuelle de l'Union consolidée ».

 Ce drapeau ne respecte pas une des règles de l'héraldique, puisqu'il superpose de l'argent (blanc) sur de l'or (jaune).

 

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 Géographie :

 

 Le Myanmar est un pays du Sud-Est asiatique situé dans la péninsule indochinoise.

D'une superficie de 678 500 km2 (plus grand que la France : 547 000 km2) pour une population de 51,5 millions d'habitants.

 Il est limité :

- à l'Ouest par l'Océan indien (mer des Andaman et golfe du Bengale), le Bangladesh et l'Inde.

- au Nord par la région autonome du Tibet (Chine)

- à l'Est par la Chine (Yunnan), un tout petit bout du Laos, et la Thaïlande jusqu'au golfe de Thaïlande.

Le pays s'allonge sur 1900 km du nord au sud et 900 km dans sa plus grande largeur d'Ouest en Est.

Il est entouré de hauts reliefs (à l'extrême nord le mont Hkakabo culmine à 5881m!) qui forment un espèce de "fer à cheval" entourant une vaste plaine centrale sèche

traversée sur toute sa longueur par le fleuve Irrawaddy, navigable sur 1500km au Myanmar et dont le vaste delta aux terres fertiles arrive dans le golf du Bengale.

En période de mousson, de juillet à décembre, les pluies sont abondantes dans l'ouest. La saison sèche débute en janvier et prend fin en juin.

La température moyenne oscille entre 25 et 30° en basse altitude. Mais il peut faire froid même l'été dans le centre dès que l'on prend un peu d'altitude …J'ai donc prévu une petite polaire en plus de mon K-way habituel : je verrai bien !

 

Données historiques :

 

 L'histoire du Myanmar a toujours été marquée par l'influence culturelle et religieuse de l'Inde, et par les guerres entre les différents empires et royaumes qui se sont succédés.

Le premier empire fut fondé par les Môns bouddhistes au XIe siècle.

Puis vinrent les Birmans des régions de l'est du Tibet : le célèbre roi birman ANAWRATHA conquit le royaume Môn et fonda le fabuleux royaume de Bagan et ses milliers de temples et pagodes en 849.

Puis ce fut les Mongols qui s'emparèrent de Bagan (Qubilai Khan) et la chute de Bagan plongea le pays dans des guerres tribales pour plusieurs siècles …

 1824 - 1942 : époque de la colonisation : les anglais occupent Rangon puis l'ensemble de la Birmanie intégrée à l'Empire des Indes. Les habitants du pays réagirent très mal à la colonisation extrêmement brutale et maladroite des Britanniques.

 1942 - 1948 : Invasion des Japonais.

-Finalement au lendemain de la seconde guerre mondiale, la Birmanie proclame son indépendance (négociée par le Général Aung San) le 4 janvier 1948.

- Il s'ensuit une relative période de prospérité troublée par les rebellions des minorités ethniques (notamment les Karens et les Shans) ainsi que les contestations bouddhistes.

-Depuis 1962, le régime en place est un régime militaire à parti unique, dirigé depuis 1997 par le Général Than Shwe à la tête du SPDC "Conseil d'Etat pour la Paix et le Développement"

-en 1989 le Myanmar ("le pays merveilleux") pris le nom d'"Union de Myanmar"

-En 2005 une nouvelle capitale est créée à 300 km au nord de Rangoun : Nay Pyi Daw

-En août/septembre 2007 la hausse brutale du coût des carburants provoque un mouvement de protestation populaire auquel les moines bouddhistes participent.

-En 2008 : Le cyclone Nargis ravage le delta de l'Irrawaddy, grenier à blé du pays, faisant plus de 130 000 morts et 2 millions de personnes sans abri.

-En 2008, un projet de nouvelle Constitution a été adopté. Le but essentiel est de préserver l'unité de l'Union du Myanmar : l'Union du Myanmar est donc une République fédérale composée de 7 Etats et de 7 Provinces.

-2010 : des élections législatives (Parlement et Assemblées provinciales) ont eu lieu le 7 novembre, et Aung San Suu Kyi vient d'être libérée au moment même où j'écris cet article, le 19 novembre 2010.

 

Nous sommes aujourd'hui le 4 novembre 2016, et je complète l'histoire de la Birmanie par cet article en date du 30 mars 2016 : la victoire d'Aung San Suu Kyi

HISTORIQUE. Aung San Suu Kyi et les démocrates officiellement au pouvoir en Birmanie

30 Mars 2016

Ce 30 mars 2016 fut une journée historique pour toutes les Birmanes et les Birmans! Une journée qu'ils ne sont pas prêts d'oublier! Après 56 ans de pouvoir militaire et une résistance inlassable, Aung San Suu Kyi et les démocrates ont, très officiellement, pris le pouvoir et les rênes du pays!

Htin Kyaw, un des plus grands économistes de Birmanie et proche d'Aung San Suu Kyi, a prêté serment devant l'Assemblée et est devenu le tout premier Président démocrate, ouvrant ainsi une nouvelle ère.

Aung San Suu Kyi, encore interdite de Présidence par la Constitution militaire toujours en vigueur jusqu'à sa refonte, a, quant à elle, pris la tête d'un super Ministère.

Selon ses voeux et ceux des démocrates, elle sera responsable à la fois de l'Education, de l'Energie, des Affaires étrangères et des Affaires présidentielles.

Afin de travailler d'urgence à la pacification du pays et au respect de toutes les ethnies, ostracisées et violentées par l'ex-pouvoir militaire (tels les Rohingyas, les Kachins, etc.), elle a annoncé la création d'un Ministère des Ethnies, tout spécialement chargé de cette mission, ô combien urgente et nécessaire.

Pour en finir définitivement avec les années-sang, peur et violences, Aung San Suu Kyi, fidèle à l'éthique de Nelson Mandela, a appelé une nouvelle fois, toutes et tous, sans exception, à reconstruire ensemble et dans la réconciliation, une Birmanie nouvelle, pacifiée, respectueuse et démocratique.

Rédaction France Aung San Suu Kyi

 

Les données démo-linguistiques :

 

L'Etat birman, né des frontières que lui a laissé le Grande Bretagne, forme donc une union fédérale (d'où son nom d'Union du Myanmar) composée de sept Etats et de sept Provinces (ou divisions) administratives.

 

Je n'arrive pas très bien à saisir ce qui différencie les "Etats" des "Provinces" … il semble que les Etats soient peuplés de non-birmans, tandis que les divisions seraient peuplées de Birmans.

 

Toujours est-il que le pays englobe plus d'une centaine d'ethnies et donc de langues, et c'est sans doute un des aspects les plus intéressants d'un voyage au Myanmar .

- Les Birmans : 75% ,34 millions, leur langue maternelle est le birman (famille sino-tibétaine)

- Les Shans :11% : 3 millions, langue le Shan (famille sino tibétaine)

- Les Arakans : 6%: 2,3 millions, langue le Shan,(famille sino-tibétaine)

- Les Karens : 5% 6 sous ethnies, environ 6 millions. (Tous de la famille sino-tibétaine).

- Les Môns : 3% : un peu plus d'1 million, langue le pegu,(famille austro-asiatique)

- Les Kachins :2,5% 700 000, langue le jingpho (famille sino-tibétaine)

Et bien d'autres … on y retrouve par exemple les Hmongs , les Nagas, les Akhas comme au Laos.

Il y a aussi plus de 150 000 chinois et 800 000 indiens.

 

Ce qui me parait intéressant de noter c'est que les Birmans, qui représentent 75% de la population occupent 1/3 du pays, alors que les autres minorités qui représentent environ 23% de la population seulement, occupent les 2/3 du territoire.

 

On voit aussi sur la carte qui suit, que les "Divisions" tracent pratiquement une ligne droite nord/sud, alors que les "Etats" des minorités entourent cette ligne à l'est et à l'ouest.

 

birmanie eth

 

  L'alphabet birman repose sur le sanskrit et le pali les deux langues sacrées du bouddhisme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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