Martine autour du monde ...

31 - Tashkent

Cette fois ça y est ! "Nous" y sommes !! car fait exeptionnel : cette fois, je ne pars pas toute seule ! Nous serons quatre ! 

Fini les préparatifs !  

A nous d'approcher ce pays inconnu, de regarder avec curiosité tout ce qui s'offre à nous, d'ouvrir grands nos yeux et nos oreilles, nez au vent ... sentir,voir,découvrir, apprendre ...

Le voyageur, ne suit-il pas un peu, la même trajectoire que celle du peintre : une fois que la toile est tendue, offerte au vent, on vogue, sans savoir vraiment où...ni comment... au gré des cheminements, des rencontres, des états d'âme ... Quant au résultat, comment savoir ...?

 

 

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Taschkent, capitale de la République autonome d'Ouzbékistan depuis 1930, poumon économique du pays, est située à l'Est  à quelques dizaines de kilomètres de la frontière Kazakh, elle compte aujourd'hui plus de 2,7 millions d'habitants.

La ville fut reconstruite par les soviétiques suite au tremblement de terre de 1966 qui la détruisit presque entièrement, reconstruction qui s'est poursuivie sous la présidence Karimov : aujourd'hui les nouveaux édifices prestigieux côtoient les vieux quartiers de Chorus et de Labzakh, qui seuls, ont échappé à la destruction.

Elle fut souvent utilisée comme base arrière de conquête par les soviétiques et reste une mosaïque de nationalités.

De prime abord, l'une des plus anciennes étapes sur la route de la soie, ne semble mériter plus qu'une courte visite, mais aujourd'hui on dit que Tachkent bouge, prend son statut de capitale nationale et régionale, et semble de plus en plus agréable à vivre. 

 

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Nous sommes bien contents d'être arrivés après 24h de voyage (porte à porte), un transit à St Pétersbourg où nous n'avons croisé que des visages fermés et peu sympathiques,  des contrôles et des re-contrôles à n'en plus finir,  à St Pétersbourg comme à Taschkent où là ce fut alors le summum à tel point qu'au bout d'une heure d'attente dans une file compacte, dans une chaleur insupportable, une jeune femme qui était juste devant moi, a fini par s'évanouir !  

 

Bref, nous nous sommes couchés à 5 heures du matin dans un bel hôtel, au style est très soviétique... avant de commencer la visite de Taschkent avec un guide francophone très sympathique, charmant et plein d'humour qui s'appelle "Bakhrom". Nous sommes ravis !

Il nous apprend un tas de choses intéressantes sur l'histoire et la culture ouzbek.

  

Taschkent est une ville neuve, moderne, avec de larges avenues bordées d'arbres et de parcs. La vieille ville a quasi complètement disparu aujourd'hui. 

  

Tous les monuments ont été restaurés en deux temps trois mouvements par les Russes, puis par les Ouzbeks, mais ils sont magnifiques. 

 

Nous avons admiré l'ensemble Hasti Imam qui comprend, autour de la même place une madrasa du 16ème siècle, un mausolée du 16ème siècle aussi qui abrite l'un des quatre  Corans d'origine du monde musulman, et une mosquée du 19ème:

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Grande Mosquée Tilla Sheikh (19 ème siècle) avec ses deux minarets de 52 mètres

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Madrasa Barak Khan (16 ème siècle) restaurée

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      La Madrasa Barak Khan ci-dessous à gauche et le Coran d'Osman rapporté d'Irak à Samarcande par Timour au 14ème siècle :

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Nous sommes allés ensuite déjeuner au marché où nous avons goûté au plat "national" le "PLOV" une sorte de tajine, faite de riz , de légumes et e fruits (pour nos des raisins secs) et de viande de boeuf :

 

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agrémenté  de pain rond , les "nons" et j'ai même dégusté une "samsa" un beignet fourré de viande, d'agrumes et de légumes avec de belles saveurs d'épices (délicieux!)

 

Nous avons poursuivi au grand bazar central de la ville situé sous une immense coupole, où les marchands sont situés par quartiers, selon ce qu'ils vendent : on y trouve absolument de tout des graines, des fruits, des oeufs  de toutes sortes, des épices de toutes les couleurs  dont les effluves font agréablement tourner la tête, de nombreuses variétés de riz , des cornichons gros comme des courgettes, des montagnes de fromage blanc ...

 

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Enfin, nous sommes allés voir la Place de l'Indépendance, anciennement place Lénine, un espace vert planté d'arbres, traversé par 4 avenues de pierre, avec notamment une sculpture de "la mère triste" pour commémorer les morts ouzbeks de la deuxième guerre mondiale (500 000), et la statue de la "mère heureuse" qui a remplacé celle de Lénine et célèbre la naissance de l'Indépendance de l'Ouzbékistan (1991) 


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Et voilà, la première journée, très ensoleillée et sous une température douce (environ 22 degrés) s'est terminée autour d'une bonne table en compagnie de notre guide Bakhrom et Izrofil le Directeur de l'Agence.

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Published by Martine Bachelier - - Ouzbékistan

30 - L'Ouzbékistan

La Route de la Soie ... fait son chemin ... par petits bouts !  

 

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  BA-carte générale Asie centrale

 

Je connais déjà Xi'an et Istanbul les deux extrémités de la Route de la Soie ... mais entre les deux, rien. C'est pour moi encore : Voyage en terre inconnue !

La première fois donc que je me rends dans cette région du monde... et je suis confrontée à des statistiques qui divergent beaucoup selon les sources, je suis donc très réservée quant à l'exactitude de celles qui suivent ... 

 

Carte d'identité :

 

Nom officiel : République d'Ouzbékistan

 

drapeau

Le drapeau ouzbek est composé de trois bandes horizontales : bleue, blanche et verte, séparées de deux liserés rouges. Dans le coin gauche, figurent un croissant de lune et douze étoiles pour les douze mois de l’année de l’indépendance. Le bleu rappelle la couleur de la bannière de Tamerlan. Le blanc symbolise la pureté et la paix, et la bande verte est la couleur de l’islam. 

- Superficie : 447 000 km². (Troisième pays d'Asie centrale par sa superficie, les 3/4 de la France). La République est divisée en 12 régions.
- Population : Premier pays d'Asie centrale par sa population : 30 millions habitants (au 1er février 2013) dont la moitié est aujourd'hui  citadine.

 - Capitale : Tachkent. (2,3 millions d'habitants)

- Densité : 63,4 hab./km².- Espérance de vie : 73 ans - taux de natalité : 17,3 pour mille
- Régime : présidentiel, avec un Parlement bicaméral.
- Président de la République : Islam Karimov (depuis mars 1990 ; réélu en janvier 2000 et décembre 2007 avec 88%).

  
Karimov
- Monnaie : le soum ouzbek. 1 euro = 2683 soums

- PIB par habitant en 2011 : 3 300 dollars (selon plusieurs sources mais 1500 d'après les statistiques de "France diplomatie") - (France : 35 600)

PIB 2011 du pays : 43 700  millions  de dollars - (France : 2 580 milliards de dollars  en 2011)  - Taux de croissance 2011 : 8,3%

- Taux d'inflation officiel : 8% (30% selon certains observateurs indépendants)
- Peuples et ethnies : 71 % d’Ouzbeks, 6 % de Russes, 5 % de Tadjiks, 4 % de Kazaks , 2 % de Karakalpaks, 2 % de Tatars, 1 % de Coréens, 1 % d’Ukrainiens. Le reste de la population se partage parmi la centaine d’ethnies que compte le pays : Tchétchènes, Arméniens, Allemands, Turkmènes, Biélorusses...
Ce  mélange  ethnique, qui se retrouve également dans les pays voisins de l’Ouzbékistan, résulte à la fois de l’histoire mouvementée de la région et du tracé frontalier décidé par Staline dans les années 1920 et 1930, qui n'a pas respecté la réalité linguistique ni géographique. Les déportations effectuées par le même Staline ont parallèlement créé nombre de petites communautés éparses en Asie centrale.
- Langues : l’ouzbek, appartenant au groupe des langues turques,  est la langue nationale depuis l’indépendance, mais le russe est encore très pratiqué dans l’ensemble du pays  surtout dans les grandes villes. Il est cependant de plus en plus remplacé par l'anglais chez les jeunes ce qui est révélateur de l'ouverture du pays à la mondialisation. On parle aussi tadjik, kazakh, Karakalpak... Il existe autant de langages que d’ethnies.  

- Religion : République laïque dont la religion officielle est l’Islam (ce qui peut paraître contradictoire).

 - la langue :  en moins d'un siècle, trois systèmes d'écriture ont été utilisés tour à tour pour l'Ouzbek, langue turcique de la famille des langues altaïques : l'écriture et l'alphabet arabes, puis cyrilliques, puis latins, puis de nouveau cyrillique russe pour une plus grande cohésion de l'URSS, puis lors de l'indépendance, nouveau retour à l'alphabet latin .... L'alphabet est lié à l'histoire du pays.

 

 Ecriture arabe ancien : 

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Alphabet cyrillique :

 

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Le nouvel alphabet latin devait avoir remplacé l'alphabet cyrillique en 2000, délai repoussé en 2005 puis 2010... car la mise en oeuvre du changement s'est avérée plus problématique que prévu : toute la population est alphabétisée dans l'écriture cyrillique, et l'usage du russe est loin d'avoir disparu, y compris dans la presse (peu nombreuse) et les inscriptions les plus diverses, à l'exception des panneaux indicateurs tous en caractères latins. C'est tout cela qui a engendré des confusions dans l'orthographe, y compris des noms propres !

 

Exemple d'un clavier "multilangue" cyrillique et latin : 

 

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- Le phénix ("le khumo") est l'oiseau symbole de joie et de liberté du pays.

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- Sites inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco :
Itchan Kala ; le centre historique de Boukhara ; le centre le centre historique de Shakhrisyabz ; Samarcande
. 

1 - Histoire de l'Ouzbékistan

 Une des plus anciennes régions peuplée du monde … en outre, compte tenu de sa situation géographique, au coeur de l'Asie, c'est aussi le point de rencontre de grands empires, une histoire passionnante, longue, riche et complexe... pas facile d'essayer de résumer !

 - 6ème siècle av.JC : Le Perse (aujourd'hui l'Iran) « Cyrus II le Grand » conquiert l'Asie Centrale, c'est le règne de la dynastie des Achéménides  : Il créa des « Satrapies » (Provinces), dont la Bactriane appelée aussi  Transoxiane (au delà du fleuve,  l'Oxus) par les romains. C'est dans cette zone, entre les 2 fleuves l'Amou-Daria et le Syr-Daria, qu'allaient éclore les villes oasis de Boukhara et Samarkand

- 4ème siècle av.JC : Le Grec Alexandre le Grand (Grec macédonien), commence ses conquêtes suivi par un de ses généraux, Alexandre Séleucos, qui fonda la dynastie des Séleucides (royaume greco-bactrien)

 

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  - 1er et 2ème siècles de notre ère: un peuple venant de Chine : les Kouchans, envahit la Transoxiane qui devint un carrefour important et marque le début de la Route de la Soie (thé, soie, porcelaine, papier)

- du 3ème au 7ème siècle : domination des Perses sassanides, ( dont l'empire est dirigé par le Shah) en Transoxiane et la Sogdiane (les Sogdiens sont un peuple d'habiles artisans et  commerçants, grands propriétaires terriens, établis dans des forteresses au centre de vallées fertiles de l'Ouzbékistan actuel. Ils ont dominé le commerce de la route de la soie pendant un millénaire).

 Les Sogdiens :

  PHOTOLISTE_20090618170526_chine_sogdiens_donateurs_600_.jpg 

 - 7ème et 8 ème : 642 à 712 : Les arabes et la conquête musulmane (après la mort de Mahomet en 632). Samarkand tomba une première fois en 712 (son prince se convertit à l'Islam et se déclara vassal du Calife) : par la suite l'histoire des arabes fut mouvementée et trois dynasties se succédèrent : les Abbassides (Troisième dynastie de califes arabes qui a régné, depuis sa capitale Bagdad (aujourd'hui en Iraq), sur l'ensemble de l'Empire musulman,  les Samanides qui firent de Boukhara leur capitale et la surnommèrent « la perle de l'islam » et les Turcs Seldjoukides . A la fin du 11ème siècle, l'empire était démembré.

- 12ème siècle : Gengis Khan et la déferlante mongole : à la fin du 12ème siècle Gengis khan fut élu Khan puis Khan Suprême, de l'ensemble des peuples nomades Mongols (en actuelle Mongolie). Il allait créer le plus grand empire de tous les temps. Il commença par la Chine en 1215, puis l'Inde, l'Asie centrale – l'Ouzbékistan en 1220 à la tête d'une armée de plus de 200 000 hommes – la Sibérie, la Russie, la Perse, la Syrie... Les Mongols étaient chamanistes et respectaient toutes les religions. C'est en 1272 que Marco Polo, accompagné de son père et de son oncle, partit de Venise pour la Chine en traversant l'Asie centrale. Leur voyage dura 25 ans. Marco Polo racontera son voyage le long de la Route de la Soie dans un livre devenu une légende littéraire « Le Devisement du monde ».

- 14ème siècle : 1370 : Tamerlan et les Timourides : l'âge d'or de Samarcande :

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  Son nom :Timour, un Mongol turquisé et sédentarisé, est né à Kech, près de Chakhrisabz, à 80 km au sud de Samarcande en 1336- mort en 1404, – surnommé Tim Leng qui signifie Timour le Boiteux , se fait  proclamer Emir de Transoxiane et passa le reste de sa vie à annexer les  états voisins. En 9 ans seulement il conquiert :  l'Iran, l'Irak, la Syrie, la Turquie orientale, le Caucase, le nord de l'Inde. Il mourut à 71 ans alors qu'il s'apprêtait à envahir la Chine. Ce cruel  chef militaire se montra en même temps fin connaisseur et protecteur des arts et des lettres, ce qui contribua à donner à Samarkand une splendeur et un rayonnement  jamais atteint jusqu'alors.

 

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 - Fin 14ème- début 15ème : Tamerlan avait organisé sa succession : son fils (Shah Rukh) et son petit fils (Oulouh Beg, un passionné de sciences fondateur de l'Observatoire de Samarcande ) puis Hussein Bayqara lui succédèrent. C'est alors que la ville d'Herat pris un envol spectaculaire. C'est aussi la ville du philosophe  et poète Alicher Navoï, fondateur de la langue ouzbek moderne.

- 15ème siècle : les Chaybanides : dynastie nomade musulmane mongole, connue sous le nom d'Ulus Ouzbek: pour la première fois le terme « ouzbek » apparaît dans l'histoire ! Nom issu « d'Özbeg », prince mongol du 13ème siècle. Toute l'Asie Centrale est divisée en "khanats"  dont celui de Kiva (Etat de Khorezm), celui de Boukhara, et celui de Kokand (dont le centre était Ferghana)

- Fin 19ème siècle - 20ème siècle : Les Russes (1862/1991).

Les Russes, qui avaient passé des accords de protection avec les 3 khanats Ouzbek, arrivèrent peu à peu dans le pays. Ils s'emparèrent de toutes les grandes villes d'Asie Centrale, Tachkent tombe en 1865, Samarkand en 1868, Kiva en 1873, Kokand en 1877. En moins de 20 ans ils s'emparent ainsi d'un territoire immense, comparable à la moitié des Etats-Unis.

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 1916 : de violentes révoltes éclatent contre les Russes.

1917 : Révolution bolchevique et la formation de l'URSS.

La formation de l'URSS fut l'une des conséquences de la "révolution de Février »  qui avait mis fin au règne du tsar Nicolas II en 1917.  L'un des moteurs de la création de l'URSS fut la volonté de Lénine d'appliquer sa doctrine fédéraliste en transformant la Russie unitaire en une union de 15 républiques formées selon le principe de la répartition ethnique et jouissant d'un certain degré d'autonomie culturelle locale. Sa conception s'opposait initialement à celle de  Staline, qui voulait créer une seule République socialiste fédérative soviétique de Russie. Toutefois, Staline revint ultérieurement sur ses positions et, dans les années 1925-1939, procéda lui-même à la création de plusieurs républiques fédérées en Asie centrale l'URSS.

En tant que "république soviétique" et que nation unique et distincte, l'Ouzbékistan n'existe que depuis le 27 octobre 1924, quand diverses entités territoriales existantes dans l'Asie centrale furent regroupées dans la « République socialiste soviétique d'Ouzbékistan ». La République autonome soviétique tadjike, originellement intégrée au sein de la RSS d'Ouzbékistan fut constituée en république fédérée distincte.

Ainsi furent créées plusieurs enclaves ouzbèkes dans les territoires kirghiz et tadjik et vice versa. En 1936 la RSS d'Ouzbékistan fut agrandie par l'intégration de la république autonome de Karalkapie .

De 1930 à 1940, la collectivisation et les purges organisées par Staline entraînent une hécatombe dans toutes les républiques d'Asie centrale, qui est en 1945 mobilisée pour l'effort de guerre.

Après la seconde guerre mondiale, la lutte des bolcheviques pour l'émancipation  des femmes ouzbèkes a porté ses fruits : vers les années 1950, presque aucune femme ne portait plus de tchador et toutes les filles recevaient  l'éducation publique au même titre que les garçons. L'illettrisme, quasi total en 1924, fut entièrement éradiqué vers les années 1950.

Le 26 avril 1966 la capitale ouzbèke Tachkent et sa région furent sévèrement frappées par un tremblement de terre, après lequel un vaste programme de reconstruction fut lancé grâce notamment à la participation de toutes les républiques soviétiques.     

- 1991 : La République d'Ouzbékistan et Indépendance :

 Effondrement de l'Union soviétique. L'Ouzbékistan comme les quatre autres républiques d'Asie centrale proclame son indépendance et Islam Karimov, né en 1938, scientifique et économiste, ancien Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste, est élu Président de la "République d'Ouzbékistan". ll est toujours Président aujourd'hui, ayant été reelu pour la dernière fois en 2007, avec 88% des suffrages. L'indépendance n'a pas vraiment modifié le caractère artificiel des frontières.

1992 : Adoption de la Constitution d'Ouzbékistan : il s'agit d'une constitution classique donnant un fort pouvoir à l'exécutif dans le cadre d'un régime démocratique, fonctionnant sur les bases de la séparation des pouvoirs et du suffrage universel (président élu pour 7 ans renouvelable une fois). Un Sénat a été mis en place en 2004. Il existe 4 partis politiques, qui semblent tous avoir le même programme et soutiennent tous ouvertement le Président Karimov, qui exercerait, selon certains, un pouvoir sans partage, favorisant son puissant clan Samarkand-Boukhara. L'Ouzbékistan a choisi la voie de la prudence (le « gradualisme ») tant dans ses transformations politiques qu'économiques. Mais dans une phase de « transition démocratique », la main de fer n'est peut être pas la plus mauvaise solution... L'Ouzbékistan fait preuve aussi d'une grande sérénité diplomatique alliant réalisme et pragmatisme : il a su lier des liens amicaux avec tous les pays à l'international.

Depuis de nombreux attentats terroristes ont été perpétrés, vraisemblablement par les talibans intégristes du MIO ("Mouvement Islamique d'Ouzbékistan") crée en 1998 déclaré illégal en tant que mouvement  terroriste proche à Al Qaida. En avril 2010, des émeutes sanglantes eurent lieu au Kirghizistan contre la communauté ouzbeck de la vallée de Ferghana. On compte des centaines de morts et des milliers de réfugiés.

2 – Géographie et climat

 BD RELIEF ASIE CENTRALE

 

L’Ouzbékistan se trouve au coeur de l’Asie Centrale. C'est un pays continental doublement enclavé, ne disposant d'aucun débouché sur une mer ouverte.

Certains disent que l'Ouzbekistan a une forme de "botte" , d'autres de "dragon"...

Une steppe semi-aride et aride et le désert couvrent les quatre cinquièmes de son territoire.

Il a des frontières communes avec les 4 autres anciennes républiques soviétiques : le Kazakhstan au nord, le Kirghizstan et Tadjikistan a l’est,  le Turkménistan a l’ouest, outre l'Afghanistan au sud. La République autonome de Karakalpakistan fait partie de l’Ouzbékistan.

Avec une surface de 447 000 kilomètres carrés, partagée entre plaines désertiques, steppes et déserts (qui couvrent environ les 2/3 du territoire) , les bassins, les oasis, les montagnes à l'est,  l'Ouzbékistan s'étend sur 1425 km d'Ouest en Est et 930 km du nord au sud . 

 Le relief de l’Ouzbékistan est varié. A l’est s'étendent les chaînes de Tian Shan et de Guissar-Alay. Le sommet le plus élevé du pays est l'Adelunga Toghi qui culmine à 4301 mètres . Les sommets des chaînes montagneuses du Tian Chan et du Pamir culminent à l'Est à 4 643 m.

Les ressources en eau sont rares et mal réparties.

C'est dans les montagnes du Tian Chan, au nord,  que prend sa source le plus long fleuve d'Asie centrale, le  Syr-Daria  (3 019 km) qui ne traverse le pays que dans la région de Tachkent et du Fergana. Il se jette dans la Mer d'Aral, après un détour par le Kazakhstan.. Le deuxième fleuve l’Amou-Daria au sud (2 620 km), prend sa source dans le montagne de Pamir sur le territoire de Tadjikistan, et forme au sud la frontière avec l'Afghanistan, irrigue la région de Khiva avant de rejoindre la mer d'Aral par un delta long de 160 km. Ces deux fleuves sont utilisés pour l'irrigation des terres agricoles essentiellement celles vouées à la culture extensive du coton, ce qui a fortement réduit l'apport d'eau vers la mer d'Aral aujourd'hui presque entièrement asséchée : un désastre écologique.

 

les fleuves

 

 

     Syr et Amou Daria

Entre ces deux fleuves au centre nord se trouve le désert de Kyzyl-Koum , ce qui veux dire «Les sables rouges ».  Le Kyzyl-Koum, l'un des déserts les plus étendus de l'Asie Centrale, couvre une grande partie du territoire à l'ouest de l'Ouzbékistan. Une partie du désert du Kara-Koum traverse également le pays au sud-ouest. Les vallées de ces fleuves sont fertiles, et quelques massifs de moyenne altitude brisent la monotonie du désert, dont le plus important est celui des monts Nurata au sud du lac Aydar Kul.

 L’Ouzbékistan  a un climat excessivement continental, avec des écarts de température journalière pouvant aller du simple au double.
L’hiver est très froid, en particulier dans le Karakalpakistan où les températures peuvent tomber jusqu’à - 40 °C, car la région est exposée aux vents de Sibérie. L’été, les températures les plus hautes sont atteintes autour de Khiva et dans le sud du pays, à Termez, où le mercure peut dépasser les 60 °C.
Les meilleures périodes pour voyager se situent donc d’avril à juin et de fin août à début novembre.  

 

3 - Population d'Ouzbékistan

 

On ne peut être qu'impressionné par l'incroyable diversité des peuples qui ont traversé l'Ouzbékistan : Iraniens, Grecs, Chinois, Huns, Turcs, Mongols, Russes … auxquels il faut bien sûr ajouter toutes les minorités ethniques actuelles d'Asie Centrale : les Ouzbeks (population de langue turque dans laquelle toutes les lettres sont prononcées – aujourd'hui 71% de la population) , les Russes (6%), les Tadjiks (5%), les Kazakhs (4%) les Karakalpaks (2%), les Tatars, les Coréens, Allemands, Arméniens, Biélorusses … certains disent 130 ethnies différentes sur le territoire Ouzbek qui compterait,  30 millions d'habitants en 2013. Ces 50 dernières années, la population, jeune (60% a moins de 30 ans) mais en voie de vieillissement, a augmenté de 220%  essentiellement absorbée par l'espace rural et plus récemment par les villes. L'élévation du niveau de vie est resté continu et l'Etat joue un rôle fondamental en matière sociale. Il en résulte un mélange impressionnant, certains disent déroutant... à suivre !

 

4 - les religions

 

De la même manière, la situation géographique de l'Ouzbékistan  au carrefour des Routes de la Soie, en a fait tout au long de l'histoire une zone privilégiée de contact entre les grandes civilisations mondiales chrétienne, islamiste et bouddhiste.

Si la  République d’Ouzbékistan se veut laïque, l’Islam reste la religion officielle. Le Président Karimov a d'ailleurs prêté serment sur le Coran.

Les musulmans sont donc la plus forte proportion de croyants dans le pays ( environ 85%), majoritairement sunnites, métissés de croyances. 

 

Pour le reste, les statistiques semblent évoluer et sont difficilement exploitables.

On compte des chrétiens, surtout des Russes orthodoxes (9% ?). Depuis l’indépendance, un peu moins de 50 000 Ouzbeks se sont convertis à la chrétienté.  Ils subiraient actuellement une forte répression.

Les juifs, qui formaient d’importantes communautés à Boukhara et Samarcande, ont presque tous émigré après l’indépendance.

Enfin le communisme a laissé des traces, puisque l’on compterait, parmi ceux qui restent,  environ 15 % d’athées....

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Je profite de l'occasion pour revenir sur les différentes religions ayant existé  en Ouzbékistan au cours de l'histoire - conséquence notamment des Routes de la Soie - , Elles ont disparu aujourd'hui, mais se fondant à l'islam, y ont déposé une empreinte qui perdure :

1 - Avant la conquête arabe :

- le Chamanisme : il semble qu'il y ait un certain retour des chamans-soufis (les "bakhsis") qui guérissent la mal en invoquant les esprits.

- le Zoroastrisme (né au 2ème millénaire av JC), qui conçoit l'univers comme une lutte entre le bien et le mal, religion officielle de la dynastie sassanide, a aujourd'hui disparu.

- le Manichéisme ( 3ème siècle) ou "religion des 2 principes" car il oppose lui la matière à l'esprit, a également disparu;

- le Nestorianisme : qui nie l'origine divine du Christ conserve une grand influence jusqu'au 14ème siècle.

-le  Bouddhisme : introduit en Ouzbékistan dès le 2ème siècle av JC  grâce aux marchands et missionnaires du bouddhisme, il devint la religion officielle des Empereurs chinois au 6ème siècle. Il a laissé des traces autour de Termez au sud de l'Ouzbékistan.

- Judaïsme : des colonies juives s'installèrent en Asie centrale sous Tamerlan. Bien que rejetés par les autorités, ils ont bénéficié au 19ème d'un statut "d'incapables" qui leur  évitait de devenir des esclaves. C'est la seule communauté ayant résisté à l'islam : en 1989 il y avait encore 37 000 juifs à Boukhara, mais si leurs quartiers sont toujours là, ils ont presque tous émigré après la chute de l'URSS.

2 Après la conquête arabe: l'Islam

Tant que le prophète Mahomet est en vie, l'islam ne forme qu'un seul et même courant. A sa mort, les divergences  apparaissent et le schisme se produit entre sunnites et chiites.

Les chiites et sunnites ne reconaissent pas le même successeur au Prophète. Ceux qui choisissent Ali (le gendre du prophète) deviendront les chiites, tandis que ceux , majoritiares qui préfèrent suivre Abou Bakr compagnon de Mahomet, deviendront les sunnites.

En outre, les sunnites  font référence au Coran, mais aussi à la "sunna" que l'on peut définir comme l'ensemble des paroles, des actes, des approbations  du Prophète qui ne figurent pas dans le Coran.

Le sunnisme est globalement, le courant majoritaire de l'Islam. Il représente 85 à 90% des musulmans.  Il ne dispose d'aucune institution définie pour s'imposer (ni pape, ni synode, ni concile). Il est parfois qualifié "d'orthodoxe".

 Sur la carte qui suit : les sunnites en vert, les chiites en rouge :

Islam by country (1) 2

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Actuellement l’Ouzbékistan est donc un pays musulman sunnite.

Depuis l’indépendance, l’Islam sunnite d'Ouzbékistan  qui était  resté séparé du reste du monde musulman par l’apparition d’un pouvoir chiite en Iran, puis par la chape de plomb soviétique tout au long du XXe siècle,  réapparaît au grand jour, avec des traditions souvent figées au début des années 1920 et transmises oralement par les anciens. Cet islam particulier, très tolérant,  se mélange à des traditions religieuses et culturelles plus anciennes, réminiscences  de zoroastrisme, de chamanisme et de traditions liées à la vie nomade dans certains endroits.

Le soufisme est un courant de l'Islam  qui recherche l'intériorisation, l'amour de dieu, la contemplation , la sagesse. Il s'agit d'une organisation initiatique et ésotérique.

- L'orthodoxie : arrivée en Asie centrale au 19ème avec la conquête russe. Persécutée sous les Soviétiques, la religion est de nouveau pratiquée par les Russes qui résident encore en Ouzbékistan.

5 - Economie

L'agriculture, secteur majeur de l'économie ouzbèk, représente près d'un tiers du PIB et emploie près de 40 % de la population.
L'économie ouzbèk souffre des conséquences de la monoculture du coton imposée par les Soviétiques pendant plus d’un siècle. Le pays compte aujourd'hui parmi les plus gros producteurs de coton du monde. Il reste très dépendant du cours du coton et du volume des exportations, ce qui freine parfois sa croissance et son accession à l'autosuffisance énergétique.
Les ressources du pays sont importantes en cuivre, en uranium, en gaz naturel et en pétrole, charbon, or, argent,, cuivre, zinc. Le rapprochement politique avec la Russie a permis quelques investissements sur le territoire, ainsi que des partenariats commerciaux.  L'extraction minière, le raffinage et l'assemblage automobile attirent la majorité des investissements étrangers en Ouzbékistan.

Le système économique est en voie de modernisation, l’économie informelle et le travail non déclaré sont une constante, et la population a de plus en plus tendance à s’exiler en Russie via le Kazakhstan pour trouver un emploi.
Le gouvernement a lancé un programme de privatisations dans le domaine agricole. Mais de manière générale, il hésite à se lancer dans une politique libérale craignant les conséquences sociales, mais aussi de briser des accords entre quelques personnalités de l'économie et le monde politique .

Conclusion :

Selon les auteurs de "Géopolitique de l'Ouzbékistan", - d'autres auteurs sont beaucoup plus sévères ... - le pays est entrain de créer une "nouvelle route de la soie", celle des infrastructures des transports trans-asiatiques, un "nouveau grand jeu" avec cette fois la Russie les Etats Unis et la Chine, et de devenir le centre de référence d'une nouvelle démocratie traçant son chemin lentement mais sûrement, ainsi que d'une diplomatie raisonnable, pragmatique, habile et constructive. 

 

6 -La Route de la Soie

 

Durant les cinq siècles précédant notre ère, la connaissance de la soie est limitée au coeur de la Chine et aux tribus nomadisant au nord de l'empire. Elle sert de monnaie d'échange pour obtenir la paix. Puis les voies d'invasions vont devenir voies commerciales vers l'Ouest, toujours plus loin ... les garnisons militaires deviennent des relais marchands et de futures étapes sur la "grande route". A la fin du premier siècle, la soie trace déjà son chemin depuis Xi'an jusqu'à Antioche, avant de franchir la Méditerranée. A la soie, se greffent de nombreux autres produits de luxe : épices, thé, cannelle, métaux précieux, et les caravanes deviennent de plus en plus importantes  formées de plusieurs dizaines ou centaines de chameaux, entraînant la nécessité de créer des étapes capables d'héberger, de ravitailler et de protéger les caravaniers. Les Sogdiens de Transoxiane font payer des taxes importantes qui font la richesse de Samarkand et Boukhara. Mais les acteurs qui contrôlent la route changent, les routes  se multiplient et il n'est jamais besoin de chevaucher plus d'une journée pour trouver un nouveau caravansérail. Le secret de la fabrication de la soie n'en est plus un et l'on trouve de nombreux centres de production tout au long de la route. Au 16ème siècle, les risques deviennent trop importants à cause des guerres, et c'est vers la mer à la suite des grands navigateurs (Christophe Colomb qui part pour l'Inde et découvre l'Amérique, Vasco de Gama qui franchit le cap de Bonne Espérance, Magellan qui passe la Cap Horn)  que les marchands se tournent, scellant le sort de la route de la soie terrestre. Elle renaîtra pourtant dans la seconde moitié du 19ème siècle avec la conquête soviétique, et l'indépendance des pays d'Asie centrale vers lesquels se tournent aujourd'hui les grandes nations du monde moderne, même si les pistes sont devenues des autoroutes, les caravansérails des hôtels 4 étoiles et si les Ladas ont remplacé les chameaux ... mais il en fut plus pour tuer un mythe  ... pour la plus grande joie des touristes !

 

 

 

 

 

 

 

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Petite bibliographie :

Le Routard et le Petit futé (Route de la soie et Ouzbékistan)

"Marco Polo et la route de la Soie" de Jean-Pierre Drège.

"La rumeur des steppes" de René Cagnat

"La longue marche" (tome II "Vers Samarcande") de Bernard Ollivier

 "L'ombre de la route de la Soie" de Colin Thubron

"Ouzbékistan, la croisée des chemins" de Catherine Poujol

"Explorateurs en Asie Centrale" de Svetlana Gorshenina.

""Géopolitique de l'Ouzbékistan" de J. Barrat, C. Ferro et C. Wang.

 

Notre itinéraire : Tachkent - Boukhara - Nourata - le lac Haydarkoul - Sob - Sentop - Oukhum - Samarkand - Shahrisabz - Samarkand - Tachkent.   

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Published by Martine Bachelier - - Ouzbékistan

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