Martine autour du monde ...

 

Un gros nuage de cendre venu d'Islande est venu mettre un terme à notre projet de départ pour le Laos.

C'est notre "Mère Nature" qui décidera toujours ...Ce jeudi 15 avril 2010 restera dans l'histoire de l'aviation ... et dans ma tête!

 

 Désolés pour tous les amis laotiens qui nous attendaient. Un grand merci à tous ceux qui ont activement contribué à la mise en oeuvre du projet et à sa réalisation .

 

Nous vous souhaitons une très joyeuse "cérémonie de remise"  

et vous assurons de toute notre amitié : nous retournerons vous voir bientôt ! 

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Published by Martine Bachelier - - Laos

 

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Après m’être rendue au Laos en février 2009, et avoir fait une exposition de peinture en novembre, j’ai  voulu participer financièrement, avec le précieux concours  de Duangmala (www.laos.exotissimo.com) et d’Alain Daout (www.appletree-asia.com), à la reconstruction de l’école du village de Yio Hai situé sur les bords du Mékong à trois heures de bateau environ, en amont de Luang Prabang..

 

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Situation du village de YIO HAI et du Kamu Lodge

(20°03'54''N - 102°04'50"E)

  

Kamu Lodge 2 

 

 Kamu Lodge 1

Luang-Prabang-2-009.jpg  Luang Prabang 2 017

Départ et arrivée au village de Yio Hai.

 

 L'occasion d'un retour sur la géographie, l’histoire et les cultures de ce pays....

 

1 - GEOGRAPHIE

 

Le Laos est situé entre le 14ème et le 20ème parallèles nord. D’une superficie de 236 800 km2  (environ 1/3 de la France) et 6,7 millions d' habitants en 2009, soit 29 ha. au km2. Le pays, qui n’a pas d’accès à la mer, s’étend du nord au sud sur 1500 km. Il est bordé à l’Est par la cordillère annamitique (le mont Phou Bia culmine à 2850 m), et à l’ouest par le Mékong  "la Mère des fleuves" (1900 km au Laos), qui forme en grande partie la frontière avec la Thaïlande, mais est peu navigable à cause de son débit irrégulier. Le Laos a une frontière avec 5 pays : la Chine la Birmanie, la Thaïlande, le Vietnam et le Cambodge.

 

Les montagnes et plateaux occupent 70% du pays, les forêts sont très dégradées : le brûlis, bien qu’en principe interdit, reste toléré et très pratiqué, ce qui est problématique pour la conservation des sols.

L’agriculture est la principale source de revenu en occupant 70% de la population. Les principales cultures sont : le riz, le maïs, les fécules, le café, les cacahouètes, le coton et le tabac.

 

C’est aussi le troisième producteur mondial d’opium après l’Afghanistan et la Birmanie.

 

Le climat tropical, est  caractérisé par les moussons, avec 2 saisons : sèche d’octobre à avril et des pluies de mail à septembre.

 

2 - HISTOIRE : LE LAOS DANS L’INDOCHINE FRANCAISE :

  

L’histoire du Laos remonte à l’ère chrétienne comme le démontrent les vestiges de la plaine des jarres.

 

La tribu Lao appartient à la même ethnie répartie dans tout le sud-est asiatique : au 9èmè siècle le pays est peuplé de vagues de migrations successives de Tais originaires de Chine du sud (on parle de Tais pour les distinguer des citoyens de la Thaïlande moderne : les Thaïs) lesquels fondèrent des meuang (principautés, royaumes, Ville Etat…).

Au 14ème siècle, trois de ces territoires furent regroupés sous le nom de Lan Xang (pays du million d’éléphants) où le bouddhisme thérâvada devint religion d’Etat lorsque les Khmers offrirent un bouddha d’or au roi Visounarat. C’est alors que la capitale pris le nom de Luang Prabang (« Grand Bouddha »), avant que Ventiane ne prenne le relais en 1545. Ce fut la période d’or du Laos.

 

Ensuite l’histoire du pays devint plus complexe et chaotique, le royaume fut morcelé et passa successivement sous domination des Birmans, des Chinois, du Siam (nom de la Thaïlande jusqu’en 1939) jusqu’au 19ème siècle.

 

L'histoire de l'Indochine Française est importante pour mieux comprendre comment la France est intervenue au Laos.

 

L'Indochine française - ou "Union indochinoise" - est une ancienne colonie française composée du Vietnam (regroupant du nord au sud la Cochinchine, l'Annam et le Tonkin), du Laos et du Cambodge. Le terme "Indochine" étant une notion géographique désignant  tous les pays de la péninsule indochinoise entre l'Inde et la Chine.

 

Les premiers missionnaires catholiques, principalement des jésuites, portugais, espagnols, italiens et français, arrivèrent dans la région au 17ème siècle.

La colonisation française se fit à partir du 19ème siècle.

 

Quelques dates :

         - 1858/1862 : sous prétexte de protection de ces missionnaires, les français se font remettre la Cochinchine, une des régions de l'empire vietnamien, qui devient donc une colonie.

         - 1863 : Le Cambodge est placé sous protectorat français. C'est une monarchie sous tutelle française (Norodom Sihanouk est "intronisé" par la France en 1941).

         - 1884 : C'est au tour du Tonkin et de l'Annam d'être placés sous protectorat. L'Annam devient une monarchie sous tutelle française : l'Empereur Bao Daï est intronisé par les français en 1932.

         - 1887 : toute cette région est baptisée "Union indochinoise"

         - 1893 : Après une guerre de 6 ans avec le Siam, le Lan Xang est placé lui aussi sous protectorat français et intégré à l'"Union Indochinoise".

Sa partie occidentale à l'ouest du Mékong restait cependant occupée par le Siam. Les français unifièrent les autres principautés lao pour constituer un territoire colonial et donnèrent au pays son nom actuel de LAOS (pluriel de Lao). 

       - 1904 commença le long règne de Sisavang Vong jusqu'en 1959.

       - 1907 : Le Cambodge récupère 2 de ses provinces du Siam (dont Siem Reap), ce qui fixe définitivement les "frontières" de l'Indochine française.

 

Seule la Cochinchine fut donc une colonie à proprement parler.

Après des années d'hésitations, ce fut le protectorat qui fut choisi pour le Cambodge et l'Annam (contrôle indirect reconnaissant la validité des institutions existantes). Le Tonkin et le Laos étant placés sous "régime mixte".

Mais toutes les monarchies étaient vidée de leur substance, l'administration coloniale dirigeant les pays sous la responsabilité du Gouverneur général (Paul Doumer en 1897 organisa un système de prélèvement fiscal lourd et impopulaire).

 

La colonisation de l'Indochine par la France passa très rapidement du stade de colonie de peuplement à celui de colonie d'exploitation de nature économique (installation de négociants, de grands groupes industriels et financiers, de banques d'affaires dont la Banque d'Indochine). Mais le Laos, pour ce qui le concerne n'a jamais compté beaucoup aux yeux de la France, servant essentiellement de zone tampon entre la Thaïlande et le Vietnam. Les français demeuraient peu nombreux en Indochine : le chiffre de 34 000 ne fut jamais dépassé (ils étaient 600 au Laos en 1940), sauf pendant la guerre d'Indochine.

 

C'est dans ce contexte de colonisation que la seconde guerre mondiale débuta.

 

    - 1945, les Japonais envahirent l'Indochine française, y compris le Laos, mais elle fut peu touchée par les combats. Quand les Japonais comprirent qu'ils allaient perdre la guerre, ils attaquèrent l'armée française, proclamèrent l'indépendance du Vietnam (le 2 septembre 1945) puis du Laos (le 8 avril 1945) en exerçant leur pression sur le roi Sisavang Vong. La France voulu alors rétablir sa souveraineté pour préserver ses intérêts économiques et sa main mise sur les ressources naturelles de ces trois "colonies" (notamment le caoutchouc).

Ce fut le début de "la guerre d'Indochine".

 

La "guerre d'Indochine" : 1946 / 1954 

 

Au Vietnam, les français bombardèrent le port d'Haiphong le 23 novembre 1946.

 

Hô Chi Minh, désormais Président de la République démocratique du Vietnam, appela tout le peuple vietnamien à se soulever contre la présence française.

Le "combat du tigre contre l'éléphant" commença, opposant la France, très largement financée par les Etats-Unis, au Viet Minh d'Hô Chi Minh qui mena la guérilla dans les montagnes couvertes de forêts tropicales. Mais toutes les minorités ethniques ne soutenaient pas le combat d'indépendance du peuple vietnamien.

 

Au Laos cette période fut marquée par la montée en puissance du mouvement de résistance indépendantiste/communiste le Lao Isara (Lao Libre), puis du Pathet Lao (PL - pays des Laos), mouvement de libération du Laos soutenu par les Vietnamiens.

 

Le conflit prenait une telle ampleur au Vietnam, et la tension était telle dans l'ensemble des territoires sous influence française, que la France finit par accorder - ou plutôt avaliser- leur indépendance aux royaumes du Laos en 1949 et du Cambodge en 1953 :

La convention générale franco lao de 1949 proclamait en effet le Laos "Etat associé indépendant" continuant à faire partie de l'Union française.

En 1950 le PL forma un "gouvernement de résistance". En 1953/54, le Laos était encore dirigé par une monarchie constitutionnelle de type européen. En 1953 un nouveau traité franco-laostien reconnaissait enfin la pleine souveraineté du Laos, qui gagna ainsi son indépendance à tous petits pas … Mais la résistance s'intensifiait surtout dans les campagnes, après la défaite de Dien Bien Phu face au Viet Minh en 1954.

 

Au Vietnam, la bataille de Dien Bien Phu (il s'agissait pour les français de couper l'ancienne piste d'aviation japonaise située dans les montagnes à la limite du Tonkin et du Laos) mit un terme à la domination française en Indochine : la base de Dien Bien Phu tombe le 7 mai 1954.

 

La conférence de Genève du 21 juillet 1954 (19 nations), est consacrée au règlement de la question indochinoise : la France se retire d'Indochine, les accord de Genève établissent l'indépendance du Laos, du Cambodge, et le partage du Vietnam en 2 zones de regroupements militaires (sud et nord du 17ème parallèle). Ces accords ne furent pas ratifiés par les Etats-Unis.

Un référendum était prévu en 1956 afin de former un gouvernement unifié. Mais ce référendum truqué par Diem, soutenu par les Etats-Unis, conduisit à la reprise de la rébellion du Viet Minh et ce fut le début de la "deuxième guerre d'Indochine" communément appelée "guerre du Vietnam"menée par les américains et qui durera 20 ans.

 

Au Laos en 1957, les participants à la conférence de Genève parvinrent à u accord : le PL et le gouvernement royal formèrent le premier gouvernent d'union nationale, puis un second en 1962, mais le pays entra dans une succession de coups d'état,  et en 1964 le PL refusa toute participation à d'éventuelles coalitions et se tourna de nouveau vers les nord -vietnamiens.

 

Le Laos pendant la guerre du Vietnam : 1954 - 1975

 

De 1964 à 1975 la guerre du Vietnam s'intensifie et gagne le Laos survolé, entre la Thaïlande et le Nord- Vietnam, par l'aviation américaine qui au passage, y largue ses bombes : la piste Ho Chi Minh qui traversait le laos fut de plus en plus utilisée pour alimenter l'effort de guerre au Sud-Vietnam.

 

Dès 1961, la CIA entreprit d'armer les tribus montagnardes laotiennes et constitua "l'armée secrète", une unité spéciale de 11 000 hommes surtout composée de Hmong, puis de Thaïs, de Yao, de Khamu. Au début des années 1970, elle atteignait près de 30 000 hommes. Elle fut dissoute en 1973, et  120 000 Hmong préférèrent alors fuir le pays. Beaucoup se sont réfugiés aux Etats-Unis. L'ethnie des Hmong du nord du pays (notamment dans la zone de Saysomboune) serait depuis 1975 et encore aujourd'hui opprimée par le régime communiste à cause de son choix de combattre aux côtés des Etats-Unis lors de la guerre du Vietnam (voir à ce sujet le film "Les oubliés du Laos" de Thierry Mauvignier et Christophe Guyonnaud).

 

De 1973 à 1974, alors que la guerre du Vietnam touchait à sa fin, les Etats-Unis, qui n'avaient jamais eu de force terrestres au Laos, retirèrent tous leurs "conseillers" du pays.

 

Au Laos, le 4 mai 1975, après une troisième tentative de gouvernement d'union nationale, les forces du PL s'emparèrent des provinces méridionales et de Ventiane, et la PRPL (Parti Révolutionnaire Populaire Lao) fut proclamé parti unique de la RDPL (République Démocratique Populaire Lao).

Suvanouvong est le premier Président de la République et Phomvihane, secrétaire général du PL est nommé Premier Ministre.

Tous deux mettent en place une politique de socialisation accélérée, tandis que les combats continuent dans les montagnes du nord entre des Viet Minh-PL et des rebelles Hmong.

En 1977, le dernier roi Savang Vatthana, qui avait pris la succession de son père Sisavang Vong en 1959, après avoir abdiqué et s'être vu offrir le poste de Conseiller Suprême du Président au sein du nouveau gouvernement, fut exilé avec sa famille à Vieng Xai, le quartier général du PL pendant la guerre, où ils moururent en camp d'internement.

L'ancien Palais Royalrebaptisé en 1997 "National Museum et Centre culturel" se visite actuellement.

Près de 40 000 personnes furent envoyées dans des camps, et 30 000 autres emprisonnées pour crimes politiques.

10% des Hmongs auraient trouvé la mort pendant la guerre.

300 000 personnes auraient quitté le Laos principalement vers la Thaïlande et les Etats-Unis.

Au Vietnam, les accords de Paris signés en 1973 marquent le retrait des forces américaines, mais la guerre continuait  et des milliers de combattants s'infiltraient encore au Cambodge et au Laos.

 

Cette guerre, qui fut un véritable massacre faisant 2 millions de morts, s'achève avec la chute de Saigon le 30 avril 1975. Hô Chi Minh était mort depuis 1969 d'une crise cardiaque et Saigon fut rebaptisée "Hô Chi Minh Ville" en 1976. La réunification du pays fut proclamée la même année. Les Etats-Unis levèrent leur embargo sur le Vietnam en 1994.

 

Quelques dates dans l'histoire contemporaine du Laos

 

  17 juillet 1977 : Traité d'amitié et de coopération entre le Laos et le Vietnam qui permet à l'armée vietnamienne de stationner dans le pays pour assurer la défense des frontières. En butte à l'hostilité de la Chine (qui soutient les kmers rouges) et de la Thaïlande pro-occidentale, le Laos reçoit l'aide de l'URSS.

 

1986 : Rétablissement de l'économie de marché. C'est le "nouveau mécanisme économique", basé sur la décentralisation, l'initiative privée et l'aide extérieure.

 

1987 : Phoumi Vongvichit devient chef d'Etat.

 

Février 1988 : Accord thaïlandais-laotien mettant fin à un conflit frontalier de 2 mois qui a coûté la vie à  plusieurs centaines de soldats de part et d'autre.

 

1988 : Les troupes vietnamiennes quittent le pays, ce qui entraîne la normalisation des relations entre Vientiane et Pékin.

 

1991 : Entrée en vigueur d'une nouvelle constitution. Le parti populaire révolutionnaire, converti à l'économie de marché, reste parti unique. Son président Kaysone Phomvihane est élu le 15 août président de la république en vertu de la Constitution que vient de voter l'Assemblée nationale, seize ans après la proclamation de la République.

 

1992 : Mort de Kaysone Phomvihane . Nouhak Phoumsavan devient chef de l'Etat. Le Laos entreprend alors dans le contexte nouveau correspondant à la fin de la guerre froide, de mettre en œuvre une politique de large ouverture vers l'occident, marquée notamment par la signature d'un pacte d'amitié et de coopération avec la Thaïlande.

 

Décembre 1992 : Elections générales.

 

1994 : Le pays connaît une situation alimentaire inquiétante puisque 400 000 personnes, c'est-à-dire le dixième de la population, souffre de disette. La production de riz a en effet chuté de 17% en raison de la sécheresse de 1993. Il faut faire parvenir l'aide alimentaire aux régions concernées avant que la saison des pluies ne rendent les pistes impraticables.

 

Janvier 1995 : mort de Souvanouvong, le "prince rouge".

 

1997 : Le Laos subit de plein fouet les répercussions de la crise économique asiatique, ce qui amène des troubles politiques et étudiants, ainsi que des attentas à la bombe qui amenèrent à renforcer les mesures de sécurité.

 

Avril 1997 : Accord de coopération entre la RDL et l'Union européenne.

 

                   Le Laos rejoint l'ANSEA  (Association des nations du sud-ouest asiatiques).

 

21 décembre 1997 : Les élections législatives sont sans surprise et ne voient l'élection que d'un seul candidat indépendant sur les quatre autorisés à se présenter.

 

Février 1998 : Le chef du parti devient le nouveau Président : Khamtay Siphandone.

 

26 octobre 1999 : Marche pacifique des étudiants et enseignants, réprimée par les autorités.

 

Février 2002 : Les élections à l'Assemblée nationale voient la victoire des seuls candidats officiels.

 

Juin 2006 : Election du Président / chef du Parti : Chummaly Saygnasone

                  et du Premier Ministre / Chef du gouvernement : Bouasone Bouphavanh, pour 5 ans.

 

L'assemblée nationale comprend 115 membres dont 113 PRLP, qui entérinent les décisions du Politburo et du Comité Central.

 

2010 : Le Laos doit rejoindre l'OMC.

 

3 - ECONOMIE

 

La pauvreté affecte encore la majeure partie de la population.

Avec 51% d'agriculteurs, 24% d'employés du secteur secondaire, et 25% d'actifs dans les services, il présente les signes d'un retard considérable (143ème rang dans le monde pour l'indice de développement humain - 75% de la population vit sous le seuil de pauvreté, soit avec moins de 2 dollars par jour), même si des progrès sensibles ont été enregistrés ces dix dernières années, avec une croissance moyenne de 6%. La balance des paiements est positive, mais le budget reste très déficitaire et la dette publique représente l'équivalent de 150% du PIB. Un taux d'inflation de 10% et la dépréciation de la monnaie nationale, le kip, par rapport au baht thaïlandais constituent également de sérieux handicaps.

 

Le Laos est très dépendant de l'aide économique extérieure, ce qui n'est pas surprenant dans la mesure où il n'existe pas de fiscalité. L'argent manque donc pour construire les routes, les hôpitaux, les écoles, les chemins de fer (encore totalement inexistants)

 

Néanmoins au sortir de plusieurs décennies d'instabilité et de crise, la pays peut réussir grâce à  sa population jeune et aux ressources que lui offre son potentiel touristique, hydroélectrique et minier.

 

Quant à la Chine, elle investit des bénéfices colossaux au Laos, mais semble-t-il, sans beaucoup de considération pour les habitants et leur environnement, contrairement aux programmes d'aide occidentaux.

 

4 - RELIGIONS : 

 

60% des Laotiens sont Bouddhistes, 30% animistes (attachés aux culte des esprits de la terre ou "phii") plus quelques chrétiens et musulmans.

 

1 - Le bouddhisme du "Petit Véhicule" ou Theravâda, le plus ancien et le plus proche des enseignements de Bouddha, est pratiqué mais avec beaucoup moins de ferveur que dans les autres pays du sud-est asiatique.

Ce Bouddhisme est également connu sous le nom "d'école du sud" car il a gagné le Skri Lanka et l'Asie du sud-est par la route du sud depuis l'Inde.

Selon la doctrine Théravada, l'existence se caractérise par la souffrance et la non permanence. Le but ultime est de parvenir au nirvana (ou extinction de toutes les causes de souffrance) par le mérite.

Le Bouddhisme a subi une régression pendant les guerres. De nombreux bouddhistes rejoignirent alors le communisme. Le Bouddhisme fut interdit à l'école, et la population n'avait plus le droit de nourrir les moines. Mais face au mécontentement populaire, le gouvernement revint sur sa décision. Aujourd'hui la "Sangha", l'ordre monastique est placée sous la tutelle du département des affaires étrangères, mais jouit d'une souplesse bien plus grande qu'en 1975. Seules, la promotion du culte des esprits, les "phii", et la "secte thamayut", communauté bouddhique portée sur la méditation, fondée en Thaïlande, sont interdites.

 

En fait, depuis 1995, les communistes développent une "politique du tourisme", et pour cela, la pratique du bouddhisme peut être porteuse. Ils l'encourage donc et lui ont rendu ses lettres de noblesse puisqu'un stage de 3 mois dans une "pagode" où le bouddhisme est enseigné, est obligatoire pour tous les jeunes bouddhistes si possible, à la fin de leur scolarité. On les appelle les "novices" ou les "bonzes", le terme de "moine" étant réservé à ceux qui en font leur "profession". Aujourd'hui un stage de 15 jours ou d'une semaine suffit pour "accroître son mérite". On dénombre environ 22 000 moines dont 9000 "permanents".

 

2 - Le Culte des Esprits, bien qu'officiellement interdit demeure la principale croyance non bouddhique du pays. Mais les deux coexistent souvent, ainsi qu'en témoignent les temples miniatures dans les maisons. Ils sont même parfois célébrés ensemble dans les temples et les piliers de la ville.

La cérémonie la plus connue est celle du "baci" (rappelle des âmes) : ils s'agit de rappeler les 32 "gardiens du corps", qui parfois s'échappent, à l'aide de fils rattachés aux poignets.

 

L'animisme est surtout pratiqué par les Thaïs de la vallée du Mékong.

 

 5 - LES GROUPES ETHNIQUES :

 

Le taux de croissance de la population du Laos est de 2% par an, le taux de natalité de 35 pour mille, le taux de mortalité de 11 pour mille et celui de mortalité infantile de 85 pour mille et l'espérance moyenne de vie de 55,1 ans. (chiffres 2005).

 

Les ethnies du Laos forment une véritable mosaïque difficile à répertorier et classer tant elles sont nombreuses, que certaines sont en voie de disparition, qu'il n'existe pas de sources précises, et que le classement peut se faire selon plusieurs critères : civilisation ou localisation, les deux pouvant se recouper.

 

Le terme "ethnie" - dérivé du grec signifiant "peuple" -  est défini comme un groupe humain possédant un héritage socio culturel commun, comme la langue, la religion ou les traditions. C'est le sentiment de posséder une ascendance, une histoire commune (ce que l'on appelle ethnogenèse dans le vocabulaire des sciences sociales). C'est aussi le pendant sociologique de la notion de "race" qui peut entraîner une catégorisation à des fins politiques ou discriminatives (positives ou négatives), ce qui explique que certains Etats aient banni ce terme "d'ethnie".

 

Le critère le plus "scientifique" me parait cependant être celui de la civilisation : langue, histoire, religion, coutumes.

 

Si l'on retient donc le critère de la langue, les 6 678 000 habitants du Laos regroupent 4 grands groupes ou "familles linguistiques", elles- mêmes divisées en 46 ethnies, ou  137 ethnies et sous ethnies, parlant au total environ 70 langues :

 

1 - La famille Taï-Kadaï

 

Certains l'assimilent à la famille Austro-Thaï (de "sud" et "Thaïlande") que l'on retrouve dans toute l'Asie du Sud Est, pour leur vocabulaire agricole souvent commun.

 

Le thaï (ou "siamois", langue officielle de la Thaïlande) fait partie du groupe Taï, partie de la branche Kam-taï, elle-même partie de la famille Taï-Kadaï.

 

Cette famille linguistique est parlée par 60 millions de locuteurs dans le monde.

 

C'est la famille la plus importante au Laos où elle regroupe 60%  de la population et 37 ethnies environ, parmi lesquelles on trouve les LAO et tous les groupes de THAI (on devrait écrire Taï pour les distinguer des habitants de la Thaïlande moderne), dont les Lao-Thaï et les Thaï-Dam, les plus nombreux. Mais la distinction entre Lao et Thaï est assez récente, les deux se mélangent souvent, notamment au nord de la Thaïlande et du Laos.

 

Les Lao sont venus du nord il y a plusieurs siècles, au gré des conflits avec diverses peuplades chinoises. Ils ont toujours mené une vie sédentaire et pratiqué la cultures des rizières inondées le long des vallées fluviales (leur variété de riz préférée étant le riz "niao" ou gluant).

Leurs villages sont de plus grande taille, leurs maisons en bois et boambous sur pilotis. Comme tous les Austro-Thaï, ils étaient à l'origine animistes (cf. aujourd'hui encore la cérémonie du Baci), puis ils ont adopté le bouddhisme Theravada au premier millénaire.

 

Les Lao-Tai (sous groupe des Thai), sont très liés aux Laos mais s'en distinguent cependant en ce qu'ils ont parfois conservé le culte des esprits, et préfèrent souvent les hauteurs des collines aux vallées inondées, ce qui leur permet de cultiver aussi le riz de colline et de pratiquer l'essartage.

 

Les Thaï Dam (Thaï "noirs" - principale tribu Lao -Thaï, mais aussi les Thaï rouges, les Thaï blancs …) vivent sur les plateaux du Nord et de l'Est du Laos.

Beaucoup sont venus de Dien Bien Phu dans les années 50. Ce sont eux qui ont le mieux conservé leurs traditions. Ils se divisent eux-mêmes en 3 classes : les prêtres, les anciens et tous les autres. Du fait de leur isolement géographique, ils ont peu accès à la scolarisation.

 

Dans l'ensemble, les Lao  et les Lao Thaï, installés dans les plaines cultivables le long des fleuves, ont plutôt eu une position dominante, composant une grande partie du pouvoir politique, militaire et administratif. Le gouvernement s'attache à leur intégration. Leur langue, le Lao, est devenue langue nationale et leur religion la plus pratiquée,  le Bouddhisme la religion nationale.

   

2 - La famille Austro-Asiatique :  

 

Cette famille linguistique se compose d'environ 47 ethnies et sous- ethnies, la plupart arrivées au Laos vers l'an 1000, installées aujourd'hui dans tout le  nord du pays, et représente environ 30% de la population. Leur origine fait débat : arrivés par le sud pour certains, par le nord (province du Yunnan en Chine) pour les autres. On s'accorde à dire qu'ils sont les plus anciens habitants du pays, présents au Laos avant les Lao et les Thaï.

 

Parmi ses sous ethnies, les KHAMU (ou Khmu ou  Khamou) sont les plus nombreuses suivies des HTIN et des LAMET.

Parmi les Kamu on dénombre 8 sous groupes (Khamu Ou, Rok, Lu, Me, Kong, Keun …).

La langue des Khamu est classée parmi les langues Khmiriques qui forment une branche des môn-khmer (langues d'Asie du SE : Thaïlande, Vietnam, Chine, Birmanie), elles mêmes faisant partie du groupe des langues austro-asiaques, l'autre groupe étant formé par les langues Munda parlées en Inde. Les langues parlées par la famille Taï-Kadai et la famille Austro-asiatique sont parfois très proches.

 

Les Khamu pratiquent généralement la culture sur brûlis et la cueillette. Ils vivent du riz des collines, du café, du tabac, du coton. Ils consomment de la bière de riz dans de petites jarres.

Vivant sur les hauteurs et les terres inhospitalières, leur survie est difficile. Les autorités essaient toutefois de les faire descendre dans les vallées pour qu'ils puissent cultiver le riz en rizières.

Leurs villages sont installés près des cours d'eau. Leurs maisons sont généralement posées à même le sol, ou sur des pilotis plus courts que ceux des Taï, avec des toits soutenus par des poutres croisées.

 

 

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Le village de Yio Hai 

  

Luang Prabang 2 056

 

De tradition animiste et chamaniste, certains sont bouddhistes (ceux qui vivent près des Lao) voire chrétiens. Les animistes croient que le corps est habité d'esprits (30 à 300 esprits), que le riz même en contient plusieurs, lesquels sont célébrés lors du rituel annuel du "khouan kao", la fête basi spécialement dédiée au riz. Leur esprit communautaire est très fort.

Ils n'ont pas d'écriture.

 

Les Khamu sont parfois appelés "khàa" ce qui signifie esclave ou serviteur, car ils ont servi de main d'œuvre aux populations d'immigrés thaï il y a plusieurs siècles, et plus récemment pendant la monarchie lao. Aujourd'hui ils travaillent encore souvent au service des Hmong ou des Miens. Ce sont eux qui ont le plus bas niveau de vie.

 

Les Htin qui vivent essentiellement dans la province de Sayaboury, vivent de la chasse, de l'élevage et de quelques cultures. Le métal étant tabou, tous leurs outils sont fabriqués en bambou.

 

3 - La famille Miao-Yao :

 

Cette famille linguistique, venue récemment de Chine, du Tibet, du Myanmar, par le nord du Laos entre 1815 et 1900, n'est représentée que par 5 ethnies et sous ethnies, soit environ 10% de la population: les HMONG (largement majoritaires) les MIEN, les Lao Lantene, Pana. On les trouve dans les 9 provines du nord, ainsi que dans le Bolikhamsai au centre.

Leur langue est d'origine Sino-tibétaine, proche des dialectes  de Chine du sud. Ils ont d'ailleurs adopté l'écriture chinoise.

 

Les HMONG (on dit aussi Meo mais c'est péjoratif) sont environ 20 000, divisés en Hmong blancs, rayés, verts ou noirs … cela dépend de la couleur de leur vêtements.

Leurs maisons en bois et bambou sont posées à même le sol. Ils sont animistes pratiquant le culte des ancêtres, ou chrétiens et attachent une grande iportance à l'unité clanique.

Le riz et le maïs constituent la base de leur agriculture. Ils élèvent des bovins, des cochons, des kérabaus (une variété domestique du buffle).

L'économie repose beaucoup sur le troc, le fer étant la monnaie d'échange. Leur principal revenu est encore assuré par l'opium.

Ils sont facilement reconnaissables par leurs costumes colorés et les bijoux d'argent des femmes.

Les Hmong ont été choisis et entraînés par la CIA pour servir le gouvernement royal dans les années 60/70. De très nombreux Hmong (et Mien) ont quitté le pays après la révolution de 1975. Comme leur Général Vang Pao, ils sont majoritairement partis aus Etats-Unis (environ 50 000 et 8000 dans d'autres pays). Beaucoup aussi sont allés se réfugier dans les forêts et 2000 seraient rentrés au Laos depuis 1991. Du fait de leur anti- communisme et et de leur religion (parfois chrétienne), ils sont considérés avec méfiance par les autorités.

 

Les MIEN (ou Lu Mien, Yao ou Man) forment le second plus grand groupe : on en dénombre 30 à 50 000. Les Hmong et les Mien, qui partagent de nombreuses caractéristiques, se marient peu entre eux.

 

4 - La famille Sino-Tibétaine : 

 

Cette famille linguistique est essentiellement formée par des tibéto-birmans (Yunnan, Tibet) qui vivent dans des endroits reculés en quasi autarcie.

Elle représente 30% de la population et une trentaine d'ethnies et sous ethnies dont les Ikos ou Akha, les Punnoy.

 

Les gens de cette famille vivent dans dans des maisons en bois et bambou à même le sol, n'ont pas d'écriture, sont animistes (esprits et âmes), vivent de la culture du riz ordinaire sur brûlis de cueillette de chasse et du pavot.

 

Nota : il existe enfin quelques "étrangers" immigrés installés au Laos comme partout ailleurs en Asie du SE : Kmers, Birmans, Chinois, Thaïs, Singapouriens, Taïwanais, Indiens du nord, Français …) représentant entre 2 et 5% de la population. Ces "étrangers" sont là essentiellement pour les affaires, le commerce, la construction et la gestion des hôtels, le tourisme, les programmes de développement ou la formation. Ils n'y résident souvent qu'à titre provisoire.

 

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Les Laotiens quant à eux, ont pour habitude encore aujourd'hui, de se référer à "l'ancienne classification" et de se  diviser en 3 groupes selon le seul critère de l'altitude du village,

Les  pourcentages de ces goupes  varient un peu  par rapport au classement linguistique :

 

Les LAO LOUM ou "Lao des plaines" : 60%

Jusqu'à 300 mètres d'altitude.

Ils correspondent à peu de choses près à la famille linguistique Taï-Kadaï ( ou Austro-Thaï) : les Lao et les Thaï en font souvent partie.

 

Les LAO THEUNG ou " Lao des plateaux" : 23%

Entre 300 et 900 mètres.

Les Khamu et les Htin en font souvent partie.

 

Les LAO SOUNG  ou "Lao des montagnes" : 17%

Ils habitent dans les montagnes au dessus de 1000 mètres d'altitude.

En font notamment partie certains  Hmong et les Miao.

 

Si cette classification selon le critère de l'altitude apparaît un peu artificielle sur le plan ethnique et culturel au sens propre, elle permet  une certaine homogénéisation de la population, ce qui peut tendre à favoriser le sentiment d'identité nationale et d'assimilation .

 

Cependant le gouvernement laotien, probablement dans le même but, a récemment établi une reclassification des groupes ethniques en 3 familles linguistiques :

Austro-thaï, Austro-asiaque et Sino-tibétaine.  

C'est désormais la classification officielle.

 

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Published by Martine Bachelier - - Laos

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