Martine autour du monde ...

<< < 10 11 12 13 14 > >>

14 - 2  :Après les festivités du Nouvel An, nous partons à la découverte de la nature qui fait le charme de Hong Kong

photos-HK-010.jpg




Départ en tram qui traverse le Victoria Harbour en direction de Kowloon, puis en bus.






photos HK 041

Promenade à Ching Mun Country Park , un parc parsemé de réservoirs d'eau

 

Rencontre avec nos cousins, il y en a beaucoup dans le coin, mais attention il s peuvent être méchants ... ils ont pourtant manger tout mon paquet de "ricola" !

photos-HK-043.jpgDSCN9063.JPG


Et puis retour dans les rues grouillantes de Kowloon et baba devant les belles ROLEX :)

photos-HK-046.jpgphotos-HK-048.jpg

photos-HK-044.jpg

 

Le jour suivant nous allons voir le sud de l'île , domaine de la classe aisée de HK : un quart d'heure de taxi et hop ! nous y sommes : la nature est préservée et les balades le long de la côte, très agréables. a "Repulse Bay" ( le navire britannique Repulse, débarrassait le lieu des pirates dans les années 1840) , on trouve un temple chinois décorées de créatures mythiques, des statues du Boudda, et un temple dédié à la déesse Tin hau, protectrice des marins.

photos-HK-148.jpgphotos-HK-147-copie-1.jpg

 
photos-HK-150.jpgphotos-HK-151.jpg

Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Hong Kong

Le Nouvel An chinois : 14 février 2010.

Nous sommes arrivés juste pour le nouvel an chinois !
La parade dans une rue de Kowloon où se déroule le défilé :

 
Hong-Kong-0215.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais c'est quoi, le nouvel an chinois ?
Depuis la création de la République Populaire de Chine, le 1er octobre 1949 par le Président Mao Zedong, la chine a officiellement adopté le calendrier Grégorien ou calendrier solaire (le nôtre).


Cependant les chinois conservent leurs festivités traditionnelles : celles fixées selon les dates du calendrier lunaire.


 

Parmi ces fêtes « lunaires », la plus importante est la « fête du printemps » ou « fête du nouvel an chinois » : elle a lieu le premier jour du premier mois de la nouvelle année lunaire. Cette date, qui varie selon l’année en calendrier solaire, est obtenue après des calculs complexes des mouvements de la terre et de la lune. La fête du nouvel an est aussi appelée fête du printemps car elle marque la fin de l’hiver (solstice d’hiver en calendrier solaire) et l’arrivée des beaux jours.


Les festivités durent en fait beaucoup plus d'un jour, puisqu'elles commencent le 11ème jour du 11ème mois de l'année lunaire et s'achèvent par la "Fête des lanternes" le 15ème jour du dernier mois lunaire. Elles ont toujours lieu en janvier ou février du calendrier solaire. 


 

Cette année, le nouvel an chinois a lieu le 14 février 2010 :

5 février : dernier quartier de lune

14 février : nouvelle lune/ nouvel an

22 février : 1er quartier de lune
28 février : pleine lune.


 

Les chinois rendent un dernier hommage aux dieux et aux ancêtres. La famille rend visite aux amis et aux proches, puis en fin d’après midi, on s’attelle aux longs préparatifs du banquet. On y trouve fréquemment : des plats frits à l’huile (symbole de chance et de prospérité), des aliments cuisinés en forme arrondie (symbole de la réunion), des vermicelles translucides (symbole de fortune), des nouilles (symbole de longévité)



photos-HK-025.jpgphotos-HK-103.jpg


Il y a des braderies dehors, les devantures des magasins et les portes des maisons sont décorées de bandes de papier rouge porte-bonheur pour la nouvelle année, on dispose des petits autels dans les maisons, et des arbres miniatures : les « yao qian shu » ou « arbre qu’il suffit de secouer pour faire venir la fortune » …

Toute la journée, pétards et tambours battent leur plein afin d’éloigner les esprits néfastes. Tous les gratte ciel rivalisent de lumières, c'est vrraiment très beau.

La « danse du lion » ouvre le bal du réveillon dans les rues chinoises, au rythme des battements de tambours, des gongs, des cymbales et des pétards.

De même la danse des dragons (représentant la noblesse, la bravoure et la chance) fait partie des festivités.

Puis c’est « l’heure du rat » entre 11h et 1 heure : c’est le moment où les esprits viennent sur terre pour participer à la fête.

Enfin, c’est le repas du réveillon, qui réunit exclusivement la famille, et qui se termine à l’aube du premier jour de la nouvelle année lunaire … 
 

Toutes les offrandes restent en place jusqu’à la Fête des Lanternes le 28 février. on continue de rendre hommage aux dieux et aux ancêtres en brulant de l’encens.

Ce jour là Hong Kong brille sous les feux des lanternes traditionnelles suspendues dans les temples, les maisons, les restaurants.

C'est alors la fin du premier jour du nouvel an chinois.

 Le 14 février 2010, sera le début de l'année du tigre de métal :

 

Le tigre est le troisième animal du zodique chinois. Superbe et généreux, sensible, émotif, capable d'aimer très fort. Mais aussi rebelle, obstiné, un peu tête brûlée et parfois mesquin.Une année du tigre de métal ne sera pas une année insipide. Une année pleine riche et forte avec de belles surpises et des moments de tension. Une année où il faudra savoir prendre du recul parfois et ne pas foncer sans réfléchir mais aussi profiter de l'atmosphère propice aux engagements et aux sentiments. Une année pour aimer et le dire, partager, vivre à fond ses émotions..


A Hong Kong, la fête c'est surtout, la grande parade qui voit défiler  dans Canton Road, toutes les institutions de la ville, même les plus inattendues comme les hôtesses de Cathay Air Line ou le Jockey Club ... des musiciens, des danseuses, d'énormes ballons gonflabes qui représentent des personnages de bandes dessinées, et le clou : un très long et souple  tigre volant qui nous passe au dessus de la tête.
Ce qui m'a le plus étonnée c'est la foule immense qui assiste à ces festivités, sans aucun débordement, aucun heurt d'aucune sorte, sans un seul papier jeté par terre, sans un seul mégot de cigarette qui traîne !

Hong-Kong-0222.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


et c'est aussi un gigantesque feu d'artifices tiré depuis des bateaux et qui illumine le ciel dans une pétarade assourdissante.

c'est encore une semaine entière de congé pour  presque tous les hongkongais "du cru" qui pour la plupart quittent le territoire, pour la chine, retrouver leur famille.

et c'est enfin la semaine de distribution des petites enveloppes rouges que l'on donne à ses proches, ses amis, ses employés ... avec un peu d'argent...


photos HK 122

Et tout le monde s'amuse bien !  

 

photos-HK-085.jpg

 

ET VIVE LE NOUVEL AN CHINOIS !

 

HK 100

Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Hong Kong

14 - Une escale à Hong Kong: 9 février/5mars 2010


"Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage
Ou comme cestui-là qui conquit la toison
Et puis est retourné plein d'usage et raison
Vivre entre ses parents le reste de son âge"

Je ne dois pas ressembler à Ulysse, car à peine revenue : envie de repartir... le voyage ne m'a sans doute pas rendue sage  ... et je n'ai plus l' âge d'Ulysse!


Et puis, lors de mon tour du monde, j'avais "zappé Hong Kong" - absolument inacceptable! - aussi ai-je eu envie d'y retourner pour y retrouver Dédé. Pierre et Charles nous ont fait le plaisir de venir nous rejoindre quelques jours .


Mais avant de raconter mes aventures chez les Chintoktok, les mauvaises habitudes reprenant vite le dessus, un petit rappel d'histoire/géo ( hé oui, que voulez vous c'est mon côté intello. je n'y peux rien )

HK



















 

 


Géographie, climat, population

 

Hong Kong - qui signifie en cantonais « port au parfums » - est la plus grande, la plus peuplée et la plus riche des deux régions administratives spéciales (RAS) de la République populaire de Chine (l’autre étant Macao et le statut de Taïwan contesté).

La région, qui compte un peu plus de 7 millions d’habitants sur 1092 km2 – soit une densité moyenne de 6357 ha. / km2  - est située sur la rive orientale de la Rivière des Perles, dans le prolongement de la province du Guangdong, bordée par la « mer de Chine méridionale ». Au sud du tropique du cancer, elle se situe à la même latitude que HawaÏ.

 

Comme l'on peut le voir sur la carte ci-dessus, Hong Kong, n'est donc pas seulement la très connue « ville de Hong Kong », mais un ensemble de territoires rattachés à la Chine continentale (ici on dit : "main land chinese") et une multitude d'îles dont la peuplée et la plus importante sur la plan économique est bien sûr l'île de HK.

 

Le climat est « subtropical à hiver sec » : les températures oscillent en hiver (janvier, février) entre 13 et 22°. L’été est très chaud et les pluies abondantes. Hong Kong subit souvent des typhons. Le plus important remonte à 1906 (10 000 morts).

 

Ce qui caractérise la géographie de HK, c’est son incroyable diversité topographique : montagnes (les plus hauts sommets, le « Lantau Peak » domine à 934 mètres et le Tai Mo Chan à 958 mètres au centre des Nouveaux Territoires), vallées, plages, côtes rocheuses dentelées, îles (234 îles périphériques sur 175 km2 dont la plupart inhabitées), réserves marines, 23 parcs régionaux occupant 40% de la superficie et sont sillonnés de chemins de randonnée de plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres qui permettent de découvrir une luxuriante végétation tropicale.

Au total, environ un tiers seulement du territoire est urbanisé.

 

Les régions les plus denses sont le nord de l’île de Hong Kong - 1,5 million d’habitants - et la péninsule Kowloon qui lui fait face.

Mong Kok, un quartier de Kowloon, serait l’endroit de la planète avec la plus forte densité de population au monde … des chiffres allant jusqu’à 200 000 ha. / km2 !

Les « Nouveaux Territoires » représente 80% de la surface de HK et plus de la moitié des 7 millions d’habitants. L’île de Lantau, sur laquelle se situe l’aéroport international fait partie des « Nouveaux Territoires ».

 

Le cantonais est l’une des langues officielles de Hong Kong. L’anglais est enseigné dans toutes les écoles depuis le primaire. Plus d’un tiers de la population parle anglais. Depuis le retour de HK à la Chine, le mandarin suscite un regain d’intérêt, et supplantera peut-être un jour le cantonais. Enfin, certains dialectes sont encore parlé par les minorités : les Tanka, les Hakka, les Hoklos …

 

Histoire

 

Il existe des preuves d’implantation humaine qui remontent à 6000 ans au moins. Tout récemment en 1999, des archéologues ont découvert un « atelier néolithique » dans les Nouveaux Territoires, avec des outils datant de cette époque.

Depuis très longtemps aussi –dynastie des Qin, des Han, des Tang, des Song - des bateaux marchands étrangers venaient mouiller dans les criques abritées de Hong Kong et les "locaux" devaient construire des villages fortifiés pour se protéger.


Les premiers européens (Portugais puis anglais avec la Compagnie britannique des Indes Orientales), arrivèrent en Chine dès le début du 16ème siècle, pour y construire avec l’autorisation très contrôlée des chinois, des postes d’approvisionnement, des manufactures, des entrepôts, pour y implanter des « hongs » (des sociétés commerciales).


Au début du 19ème siècle, HK ne compte que 7500 habitants, des pêcheurs surtout.

Le fragile équilibre fut rompu avec la première, puis la seconde guerre de l’opium (1839/1842 puis 1856/1860) qui opposèrent les Britanniques, lesquels voulaient importer en Chine l’opium ramené d’Inde, et la Chine qui avait déclaré ce trafic illégal depuis 1729.

Ces guerres aboutirent à la défaite de la Chine : par le traité de Nankin signé le 29 août 1842, elle dû notamment céder l’île de Hong Kong, puis la péninsule de Kowloon aux anglais à perpétuité.

Cinquante six ans plus tard, en 1898, la « deuxième convention de Pékin » a modifié le traité de Nankin en attribuant aux anglais un bail de 99 ans sur Kowloon et quelques îles : ce que l’on appelle aujourd’hui les "Nouveaux Territoires".

 

HK a subi l’invasion des japonais pendant la seconde guerre mondiale, ce qui s’est traduit par un exode massif des populations et une baisse importante de l’activité économique.

 

Le 19 décembre 1984, le Royaume Uni s’est engagé à remettre à la Chine l’ensemble de la colonie en 1997, et la Chine s’engagea quant à elle à garder le régime économique et le mode de vie Hongkongais pendant 50 ans soit jusqu’en 2047 : c’est la « loi fondamentale » et la politique dite « un pays, deux systèmes », qui permet aussi à HK de conserver son système légal (tradition du Commun Law), sa monnaie (1 USD = 7,77 HKD) son système politique, ses équipes sportives internationales et ses lois sur l’immigration. En revanche, la défense et la politique extérieure reste du domaine du gouvernement central.de Pékin.

 

C’est ainsi que HK est devenu le 1er juillet 1997, la première Région Administrative Spéciale de Chine. La cérémonie a été retransmise dans le monde entier.

Macao la portugaise,  a été rétrocédée quant à elle, en décembre 1999 pour former la seconde RAS de Chine.

 

Politique et économie

 

Le Chef de l’exécutif hongkongais : Donald Tsang , ancien Secrétaire des finances du territoire, occupe donc depuis 2005 le poste de chef de l’exécutif. Il est élu pour 5 ans renouvelable, par une assemblée dont la majorité représente des « groupes professionnels ». Il représente la région auprès du gouvernement central de la RPC.

Le gouvernement de HK est composé de 14 ministres responsables devant le chef de l’exécutif, assisté d’un conseil. Le parlement adopte les lois, mais ne contrôle pas l’exécutif. Il est composé de 60 membres, une moitié étant élue au SU dans des circonscriptions géographiques, l’autre dans des circonscriptions « fonctionnelles » selon le secteur d’activité. Le suffrage universel devrait généraliser en 2017.

Hong Kong est divisé en 18 districts, chacun disposant d’un conseil qui n’a pas de pouvoir réel.

 

La population vieillit : en 2033 on prévoit que 27% de la population aura plus de 65 ans. Beaucoup quittent HK : pour fuir l’afflux de paysans venus de l’intérieur– 500 000 ressortissants sont venus de la RPC depuis 1997 - , pour fuir la pollution atmosphérique, et les jeunes « cerveaux » partent pour étudier aux USA.

 

Depuis 1970 on assiste au développement des services et de la finance. Aujourd’hui HK est la ville la plus riche de Chine et son économie la plus libérale du monde : en concurrence avec Singapour, elle est devenue le 3ème centre financier après Londres et New York. L’objectif de la politique monétaire est de maintenir la stabilité du taux de change avec le dollar américain. Depuis 2005 le change se fait entre 7,75 et 7,85 pour 1 dollar américain.


L’économie est tournée vers l’extérieur, et notamment avec la Chine, avec laquelle elle est de plus en plus fonctionnellement intégrée et réalise presque 50% de ses échanges.Le PIB de la Chine est 3200 USD par habitant et celui de HK de 30 000, presque 10 fois plus !

Bon aller, j'arrête là mon "serious chattering" pour passer aux choses un peu plus fun, car nous y sommes :  arrived in Hong Kong !
  

 

  HK-031.jpg

Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Hong Kong

Voyager en solo

« Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage » ?

                            


dans-le-bus.jpg

Tout juste trois mois que je suis rentrée. Il faut un peu de temps pour « digérer » le  voyage et le retour : attendre que le temps des retrouvailles enflammées soit passé, que  les émotions soient retombées, que la vie « normale » ait repris son cours.

 

Alors le temps de la réflexion s’installe et celui de l’écriture peut pointer le bout de son nez...

 

On m’a souvent questionnée sur le choix que j’avais fait de partir seule pour un si long voyage, et demandé d’en tirer par écrit les conclusions.

 

Pour être honnête, j’y suis d’abord allée un peu à reculons, par pudeur sans doute, par une inclinaison naturelle à ne pas livrer  les réflexions  que continuent à susciter en moi l'expérience intime  d'un long voyage en solo.

Et puis j’y ai trouvé un véritable intérêt, en découvrant par ce biais une nouvelle façon de revivre, calmement, mon voyage. Faire le point, c’est intéressant non seulement pour les autres, mais pour soi-même aussi ! Je me suis aperçue enfin, après avoir discuté avec de nombreux voyageurs au long cours, que notre parcours et nos points de vue convergeaient largement, et que donc je n’allais rien inventer.

Que, si je n'allais certes rien inventer, je pouvais espérer, en toute modestie, que mon récit aurait un jour, qui sait, valeur d'utile témoignage pour de futurs voyageurs. J’aurais d'ailleurs bien aimé trouver moi-même ce genre d’article, avant de partir. Alors ...

 

C’est ainsi que je me suis décidée à écrire et livrer mes réflexions. Tant mieux  si je peux  répondre aux interrogations de ceux qui hésitent encore  ... Le voyage, c’est aussi le partage.

 

Je sais que je dois essayer de faire la part des choses, en évitant les jugements hâtifs, péremptoires ou définitifs (du style : Ah c’était absolument merveilleux, Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil ...).

Chacun a sa propre expérience, et toutes sont différentes. On ne peut parler que de ce que l’on a vécu soi-même, le plus honnêtement possible, en se souvenant des belles choses mais aussi des moments de doute. Savoir enfin que si on « adhère » immédiatement à certains pays (l’Argentine, le Chili, Bali...) d’autres ne s’appréhendent bien et ne s’apprécient qu’avec le temps (l'Inde).

 

Pourquoi voyager seule ? 


J’avais déjà abordé cette question dans mon article sur « les préparatifs », écrit avant de partir. Je n’étais alors  pas totalement sûre de moi...

 

J’avais une grande envie de partance, d’errance même, de lointain, de découverte et d’aventure (envie qui remonte sans doute à l’enfance : ma mère voyageait déjà toute seule). Cette envie, je voulais la satisfaire avant qu’il ne soit trop tard et réaliser mon « Rêve de tour du monde », dussé-je partir seule si nécessaire.

 

Je n’ai pas voulu partir seule. Je suis partie seule car je n’avais pas le  choix : Gilles ne pouvait s’arrêter de travailler, les amies qui auraient eu envie de m’accompagner (pas si nombreuses !) avaient toutes des empêchements, moi je n’en avais aucun dans les mois à venir : plus d’enfants à la maison, plus de parents, plus de travail... Partir avec une inconnue trouvée sur internet ? Cela m’avait été fortement déconseillé et après une petite  recherche par voie d’annonce dans la revue « Globe-trotteurs » - d’ailleurs infructueuse - j’en avais  vite écarté l’hypothèse. A la réflexion, je pense qu’effectivement c’était une mauvaise idée : partir avec quelqu’un que l’on ne connaît pas ou peu, c’est courir un grand risque d’échec en s’imposant des contraintes qui s’avèrent souvent impossibles à surmonter.

 

Ce n’était pas un « défi » que je me serais lancé à moi-même : je savais que j’étais capable de faire ce voyage sans problème majeur, du moins en théorie.

 

Pas une « fuite » sur un coup de tête non plus : encore une fois, juste une terrible envie de vivre une aventure rêvée depuis longtemps, envie de me laisser porter pendant quelques mois, juste quelques mois, par d’autres péripéties que celles de ma vie quotidienne, ça oui !...

 

Je suis donc partie seule car c’était pour moi le moment idéal pour partir  sans culpabiliser, avec le soutien enthousiaste de mes enfants et  de Gilles (lui, un peu plus inquiet toutefois ...). Cela me semble important pour la suite : savoir pourquoi on part et partir en paix avec soi-même et les autres.

 

Quand il a été clair que j’allais partir seule, et que je l’ai accepté, je dois reconnaître que j’en ai été ravie, et que j’ai commencé à anticiper le goût suave de la « liberté ». Je me suis même dit : « chouette ! Je vais partir toute seule ! » Une vraie gamine ! 

 

Les règles incontournables du voyage en solo :

 

Certains diront sûrement qu’il n’y a pas de règles particulières pour voyager seul. Ce n’est pas mon avis.

 

Tout dépend bien sûr du contexte dans lequel on part : l’habitude du voyage, le choix des pays, l’organisation, l’âge, le caractère et l’état d’esprit dans lequel on part.

 

En ce qui me concerne, ayant déjà beaucoup voyagé, j’avais envisagé mon escapade avec une certaine décontraction. Mais seule, si loin, si longtemps, c’était la première fois !

 

Mon voyage a certainement été facilité aussi compte tenu de mon âge, de mes cheveux que j’avais délibérément laissé blanchir, de ma tenue vestimentaire des plus basiques ! Tout cela compte pour imposer un certain « respect » que j’ai effectivement ressenti et qui tend à rassurer les femmes seules ...

 

Le fait d’être une femme ne m’a par ailleurs, absolument pas gênée.

Peut-être même avantagé : on vient plus facilement et plus  spontanément en aide à une femme qu’à un homme.

Je n’ai été importunée que deux fois. Une première fois  dans la rue, par des gamins à Bombay : je les ai vite envoyés promener et ils n’ont pas insisté. Puis en Inde par un « faux guide », qui parlait couramment français, mais ne m’a absolument rien appris et me réclamait pourtant 5000 roupies. J’ai refusé de les lui donner : il se met en colère, m’attrape par le T-shirt, appelle ses copains à la rescousse, éclats de voix, attroupement et tutti quanti ... je n’ai pas cédé, lui ai remis la moitié de ce qu'il me réclamait, et me suis esquivée sans problème.

 

Il faut bien sûr respecter un minimum de règles de prudence connues de tous : ne pas monter dans n’importe quel taxi « non officiel », ne jamais se mettre en état de dépendance, avoir toujours sur soi l’adresse de l’hôtel, éviter de faire des choses qui pourraient se révéler dangereuses comme faire du scooter ou sortir seule la nuit dans des endroits un peu « trash ». Je pensais toujours que s’il m’arrivait un pépin, étant seule, ce serait plus difficile, et que le voyage risquait d’être complètement gâché. J’ai donc joué la prudence. Et c’est vrai, j’avais toujours mon opinel sur moi ... lequel m'a surtout servi à éplucher mes pommes !

 

Respecter aussi les mœurs des pays, notamment sur le plan des habitudes vestimentaires,  pour ne pas se faire remarquer. Pour l’Inde, je m’étais munie d’une robe achetée au grand marché de Bangkok. Je ne l’ai mise qu’une seule fois ! J’étais toujours en bermuda ... bien loin du sari ! Un jour que je demandais à Rama – le chauffeur - ce qu’il pensait de ma tenue, il m’a regardée en souriant et il m’a répondu : « It’s ok, It’s your style ! ». Je crois vraiment qu’à ce niveau là les choses changent en Inde. Les indiens acceptent maintenant davantage que les occidentales gardent "leur  style".

 

 D’ailleurs, partout  j’ai eu le sentiment qu’aujourd’hui les voyageuses ont  l'alibi d'être avant tout « étrangères » avant d'être  « femmes », et peuvent ainsi se permettre, sans susciter le mal-aise, des accoutrements que les moeurs locales auraient prohibé pour les autochtones.

 

En partant, j’ai abandonné la fameuse robe dans ma chambre d’hôtel ...

 

J’avais choisi des pays « sûrs » et « tranquilles ». L’Inde, le seul pays que je connaissais déjà,  il vaut mieux il est vrai, éviter de le découvrir seule pour la première fois, ou bien savoir ce à quoi on s’expose. C’est la raison aussi pour laquelle j’ai volontairement évité l’Afrique, trop dangereuse et peut-être trop « dure » pour une femme seule.

 

Partir « l’esprit tranquille » comme je le disais plus haut, mais déterminée à aller jusqu’au bout, en sachant à l’avance qu’il y aura peut-être des moments difficiles.

L’envisager avant de partir rend les choses plus abordables. C’est ce qui m’est arrivé à Moorea, où j’ai vraiment compris que je ne supportais pas le complet isolement d'un bungalow. Compris que je préfère la guest house à la cabane !

Mais les idées noires qui assombrissent l’esprit certains soirs, peuvent être évacuées par le simple fait de savoir qu’ un voyageur muni d'une carte bancaire et d'une assurance convenable, peut toujours, en quelques heures d’avion, retrouver son « home sweet home » …

 

Enfin, le grand sujet : l’organisation. Faut-il tout organiser avant de partir ?

 

Là encore, il n’y a pas de règle : c’est une question de choix personnel. Les deux sont possibles, les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients.

 

Le minimum me semble être le choix de l’itinéraire et l’achat des billets d’avion avant de partir. Avec la possibilité de moduler les dates (ce que je n’ai jamais fait). Pour le reste ... j’ai opté pour un voyage plutôt « organisé » pour gagner du temps et éviter la fatigue des recherches d’hôtels. Et aussi par goût : je sais que je n’aime pas déambuler seule dans les rues avec ma valise, à la recherche d’un hébergement. Retenir son hôtel à l’avance présente bien sûr un risque lorsque l’on a tout payé à l’avance. C’est ainsi que j’ai perdu 2 réservations : l’une au Chili (l’hôtel ne me convenait pas du tout, je ne m’y sentais pas bien) et l’autre sur l’île de Moorea – l’Atuana Lodge - où rien n’allait. Les propriétaires n’ont pas voulu me rembourser.

Lorsqu’on réserve à l’avance, on est tenu par le temps : impossible de prolonger un séjour dans un endroit plaisant. C’est vrai. Mais puisque j'avais prévu en fonction de la durée du voyage –-5 mois ce n'est pas très long pour 11 pays--, il fallait bien avancer ... Pour un voyage plus long, d’une année par exemple, je pense que cela peut être différent.

En outre réserver son hébergement, lorsqu’on souhaite un minimum de confort, c’est important, car les hébergements un peu « confortables » sont souvent complets. En tous cas, moi je n’ai pas regretté.

La réservation à l’avance de « circuits » permet de gagner un peu de temps, mais il est cependant très simple de le faire sur place.

 

Bref, le fait d’avoir prévu et réservé beaucoup de choses à l’avance, franchement, ne m’a pas gênée : je  n’ai jamais eu l’impression de manquer de liberté.

 

En Inde, le voyage en voiture avec chauffeur m’apparaît être la meilleure alternative lorsqu’on voyage seule. J’ai rencontré tellement de jeunes touristes qui ont galéré dans les trains et se sont fait voler leur sac, que je ne vois vraiment pas pourquoi je me serais privée de ce « luxe » qui reste en Inde, très courant et très abordable. Il faut faire attention à un certain « snobisme » du « voyageur branché » qui cherche la difficulté, alors que cela n’a pas toujours grand intérêt !

 
Les particularités du voyage en solo : 


J'en vois  essentiellement trois : la découverte de la liberté, de soi-même et des autres.

 

A la découverte d’une certaine forme de liberté :

 

La liberté, je l’ai découverte sous toutes les facettes de sa diversité lors de mon voyage.

 

Il n’est bien sûr pas question ici de « liberté » au sens métaphysique, mais juste d’une momentanée absence de contrainte et son corollaire, la spontanéité dans l’action :

 

- Voyager en solo, c’est être totalement libre, sans avis à demander à personne, sans comptes à rendre, sans planning à respecter : une nouvelle réalité concrète et vécue. Je n’ai pas ressenti le fait d’avoir un peu « organisé » mon voyage comme  une entrave, au contraire je pense que cela m’a soulagé des angoisses d’itinéraires à choisir et de lieux où me poser. Et m’a fait gagner beaucoup de temps. Aussitôt arrivée, j’étais libre !

 

- Voyager en solo, c’est avoir à tout moment, la possibilité de faire ou de ne pas faire, d’aller au jour le jour au gré de son humeur vagabonde. J’ai adoré me laisser porter ainsi au hasard de mes pas, droit devant. ... C’est un vrai régal de pouvoir s’offrir le luxe d’aller à sa guise, seule, perdue dans ses pensées, ou dans son absence de pensées, sentir le temps se dérouler, en le laissant occuper à chaque instant tout l’espace dont nous disposons avec lui.

C’est souvent ainsi que se font de belles et inattendues découvertes : je me souviens par exemple de cette balade que je suis partie faire à pied, au bord du grand lac de Puerto Natales au Chili ... j’ai rencontré des pêcheurs qui m’ont expliqué leur « technique », un cavalier qui m’a fait monter sur la croupe de son cheval, et après deux bonnes heures de marche, j’ai découvert  le petit musée de Saint Exupéry perdu au milieu de nulle part. Il était fermé, mais le gardien est venu vers moi pour m’en ouvrir la porte.

Prendre le temps aussi de s’arrêter, d’observer, de s’émerveiller ... A El Calafaté, en Argentine, j’avais fait le circuit des touristes, en bateau, au milieu des blocs de glace. C’était tellement beau que j’y suis retournée le lendemain à pied ! Je me suis assise sur un banc et je suis restée là un long moment, enchantée par la beauté presque surnaturelle de ces montagnes glacées, au contour évanescent, auréolées d’une lumière bleutée phosphorescente...

 

J’ai découvert que la liberté, ce n’était pas une vague idée, mais que cela pouvait être une réalité concrète et ressentie de façon encore plus jouissive peut-être, quand on est seul.

 

 A la découverte de soi :

 

C’est vrai que l’on apprend beaucoup sur soi-même en voyageant seul : « Rien ne développe l’intelligence comme les voyages » (Emile Zola)

-Epurer sa vie : 

 

 Je me suis découvert – ce fut plutôt une confirmation en réalité ! – un véritable penchant pour la simplicité... Vivre avec très peu de choses, au milieu de ces populations souvent  démunies, me convenait très bien.

Je suis partie avec une valise de 20 kg, plus un petit sac à dos. Beaucoup trop encore. En route je me suis constamment allégée, pour finir avec 15kg : je me suis séparée sans état d’âme, de tout un tas de choses et de vêtements inutiles. Ceux que je j'ai gardés, je les lavais le soir pour les remttre le lendemain.

 

Je dînais très simple, souvent dans ma chambre, ou dans la rue. Mais je sais que je ne suis pas portée sur la nourriture ... j’ai pourtant essayé de faire des efforts : j’ai même pris un cours de cuisine au Laos : je dois dire honteusement que je ne me souviens même plus de ce que j’ai préparé ... Mais je garde précieusement mon « diplôme de cuisinière » !

 

Bref, le voyage en solo, peut être l’occasion de faire « un grand nettoyage », en « épurant sa vie » de tout un tas de contraintes matérielles qui relèvent plus du fétichisme que de l’utile. La vie s’en trouve facilitée. On se sent plus léger dans ses valises comme dans sa tête, c’est reposant.

 

C’est sans doute la raison pour laquelle, je n’ai rien « rapporté » ou presque : quelques tout petits souvenirs pour les enfants seulement, absolument rien pour moi. Je trouve que tous ces objets que l’on rapporte de voyage, n’ont pas vraiment leur place chez nous, grands consommateurs du monde occidental. Sortis  de leur  contexte, ils perdent de leur signification ... et finissent par encombrer plus qu’autre chose ! Les plus beaux souvenirs, c’est dans la tête qu’ils ont leur place.

- Connaître ses limites :

 

Voyager en solo, c’est aussi et surtout bien sûr mettre à l’épreuve ses facultés d’adaptation et mieux connaître ses limites. Quand elles sont mises à l’épreuve, c’est l’envers du décor : « Le vrai caractère perce toujours dans les grandes circonstances » (N. Bonaparte).

 

                         -Il y a d’abord la confrontation avec la solitude. Car la liberté n’est pas exempte du  sentiment de solitude.

 Même si l’on se « greffe » sur certains tours et circuits, même si l’on n’est jamais seule très longtemps, même si l’indépendance est un vrai plaisir, la solitude, elle, peut devenir source d’angoisse.

 

C’est dans ces conditions que j’ai beaucoup apprécié mon ordinateur de voyage, véritable lien avec le pays et tous ceux qui me sont chers. Je regardais avec bonheur les vidéos – tellement drôles - que les enfants m’avaient fait parvenir pour Noël. J’écoutais les chansons qu’ils avaient enregistrées pour moi – sur le thème du voyage ! – Quel plaisir que d’écouter Bénabar ou Jacques Brel à l’autre bout du monde ! Je refaisais ainsi le plein d’énergie pour quelques temps.

 

C’est au cours de repas dans les « grands » restaurants que j’ai le plus ressenti l’isolement : rien de plus glauque que d’être seule à une table, entourée de gens souvent riches et coincés, qui ne prêtent attention à personne, ou de couples en voyage de noces qui vivent dans « leur » monde... J’ai vite déserté les restaurants pour les petites gargotes bien plus conviviales et sympathiques.

 

                         - Quand on est seule, la fatigue, le manque de sommeil, l’isolement conjugués,  peuvent provoquer peur incontrôlée et panique... et un bon coup de cafard. Cela m’est arrivée une fois, comble de l’ironie : en Polynésie française ! N’étant pas sujette à ce genre de réaction, je ne m’y attendais pas du tout à ce moment là. Et  cela a sans doute aggravé les choses. Il faut alors faire face, d’où l’importance de vrais moments de repos dans des hôtels confortables : on peut s’y ressourcer et repartir d’un bon pied... même si on s’y ennuie un peu. Ne pas hésiter ! 

       
                   - Il est sans doute plus difficile aussi, quand on est seule, « d’encaisser » ce à quoi l’on échappe pas dans certains pays : la grande misère, la saleté indescriptible, les bidonvilles, le sordide, les cloaques immondes où se traînent de pauvres erres,  sont à la limite du supportable, et un certain « raz le bol » peut s’installer. Il faut alors à mon sens, se protéger : soit par la fuite (se réfugier à l’hôtel et prendre un bon bouquin :), soit par la réflexion (avons-nous le droit de porter un jugement sur le mode de vie de ces populations étrangères, et d’en tirer des conclusions sur leur bien-être et leur bonheur ? ne devons-nous pas   regarder le monde  avec distance et éviter de culpabiliser?)

- Ressentir l'absence de partage : 

 

Enfin et surtout, voyager en solo, c’est l’absence du partage « vécu », ce partage qu’Internet ne remplacera jamais, pas plus que les photos, ou le récit de souvenirs.   Ce vide que la saveur de  la  liberté ne gomme pas, et qui peut, au bout d’un certain temps,  devenir difficile à vivre. Comme un manque qui s’installe et terni le bonheur de la découverte.

 

Ce partage, j’ai eu la chance de le vivre par petits bouts : des « miettes de partage » mais tellement importantes ! Quand  « ILS » sont venus me rejoindre.

Ce fut d’abord David à Bali. Je l’attendais dans le hall de mon hôtel de Kuta, le jour de notre départ programmé pour Ubud. J’avais décidé, pour calmer l’attente, de travailler sur mon ordinateur lorsque j’ai reconnu le son de sa voix.  Quel bonheur!
Effusion d’émotion incontrôlée sous les yeux du « guide/chauffeur » ébahi !

Ce fut Pierre, quelques semaines plus tard, au Laos. J’étais allée le chercher au minuscule aéroport de Siem Reap, avec le taxi de l’hôtel. Il venait de faire un très très long voyage. Après quelques minutes d’attente angoissée, je l’ai enfin  aperçu à travers la vitre teintée de petite salle d’embarquement. En contre-jour, je ne distinguais que sa silhouette et sa chevelure, mais c’était bien lui !! Là aussi, embrassades et émotion ...

 

Et puis ce fut Gilles à Pondichéry. Il y était arrivé avant moi, après un voyage terriblement long, avec changement de vol, transit, attentes interminables ... et le retrouver là, profondément endormi sur le lit en plein milieu de la journée, tout habillé, chaussures aux pieds... je me suis demandé si ce n’était pas un rêve tant la situation était insolite.

 

J’attendais leurs venues avec  impatience, comme une récompense, je comptais les jours ...et ils sont arrivés « au bout du monde », à l’endroit précis où je me trouvais : un cadeau venu du ciel... et des promesses de découvertes partagées avec eux pendant quelques jours.
Ces rencontres lointaines avec  les êtres les plus chers, resteront les moments de plus intense émotion de tout mon voyage. Une émotion où le bonheur s’exhibe en silence, où les larmes contenues se cachent.

Je me dis que sans eux, je n’aurais peut-être pas tenu le coup jusqu’au bout.

 

Mais Gilles était là pour rentrer avec moi : une belle fin de voyage.

 

Si je raconte sans retenue cette expérience de « retrouvailles », c’est parce qu’elle m’amène à dire aujourd’hui, que si je suis heureuse d’être partie seule, de l’avoir fait une fois, je ne le referai probablement  pas. En tout cas plus si longtemps. Le partage avec des êtres chers  me manque trop.

 

 A la découverte des autres :

 

J’ai envie de dire que c’est le grand « plus » du voyage en solo, ce qui rétablit l’équilibre avec l’absence de partage.

 

Le fait d’être seule et disponible, provoque forcément  plus de rencontres que lorsqu’on voyage à deux ou à plusieurs.

 

Ces rencontres sont fréquentes, presque quotidiennes, pour 5 minutes, une heure ou une journée. Elles prennent toutes les formes : inattendues, spontanées ou provoquées, mais elles sont toujours précieuses, riches, essentielles. Elles constitueront pour toujours la toile de fond des souvenirs du voyage, la richesse émotionnelle de l’errance. Sans ces échanges humains, le voyage solitaire n’aurait pas de sens.

 

Inattendues et spontanées, elles sont le fruit du hasard : J’ai fait ma toute première « rencontre » le premier jour, durant mon escale de 5 heures à Madrid. J’avais eu au départ de Nantes des problèmes d’embarquement avec mes billets électroniques. Il me fallait vite résoudre ce problème. Je suis donc allée dans l’espace réservé aux ordinateurs, pour essayer d’imprimer mes" reçus de billets électroniques". C’était compliqué ... Une jeune femme est spontanément venue m’aider et tout s’est bien passé. Elle travaillait dans une organisation humanitaire, en charge d’Haïti, un des pays les plus pauvres du monde. Nous avons déjeuné et passé deux bonnes heures ensemble en attendant nos avions respectifs. Elle m’a raconté sa vie là-bas ... et sa lassitude.

Et puis il y eu Martin, un allemand rencontré à Buenos-Aires qui « attendait sa moto ». Nous avons passé une semaine dans le même petit guest-house et sommes partis plusieurs fois ensemble à la découverte de la ville. La même semaine, c’est ce jeune  banquier, très classe, rencontré à la gare, qui m’a aidée à prendre mon billet électronique de train de banlieue. Là encore, nous sommes montés dans le même train, avons papoté tout le long du chemin et il m’a donné le numéro de téléphone de sa famille, au cas où ... et puis..., et puis ...il en fut de même jusqu’à la fin du voyage, jusqu’au dernier jour, lorsqu’ Emmanuel et Marie, un couple d’indiens rencontrés à Bangkok, sont venus me dire au revoir et m’ont offert ... une parure de draps !

Mais c’est à « Corinne de Tahiti » que je pense le plus, pour l’aide qu’elle m’a apportée. Le voyage, c’est aussi cela : l’entraide.

 

Ces rencontres peuvent être aussi un peu « provoquées » : c’est le cas des « contacts », des connaissances directes ou indirectes que j’avais dans tous les pays traversés, mais que je n’ai pas tous rencontrés.

 

Il y a enfin les rencontres avec  les guides, les chauffeurs, les autres touristes dans les petits restaurants ... Lorsqu’on est seul on est plus vite abordé et plus réceptif à l’échange. Et puis, on se rend compte aussi combien les gens sont avenants et généreux envers les étrangers, surtout en Asie. Les asiatiques ont le coeur sur la main ... et la main n'est souvent pas assez grande...
 
Lorsque Gilles est arrivé, nous étions deux dans la voiture, et l’attitude de Rama a complètement changé : plus un mot ... j’en étais toute triste.

 

Toutes ces rencontres de passage sont éphémères, mais peu importe : dans ce type de voyage, on se sent juste de passage, c’est la richesse de l’instant présent qui compte.

 

Le retour :

 

Mon retour n’a pas été difficile : d’abord Gilles était avec moi, et ce morceau  de voyage à travers l'Inde, en sa compagnie, fut comme une bienfaitrice « étape intermédiaire », avant de retrouver  avec bonheur tous les miens et ma vie française.

 

Sans doute 5 mois est-ce insuffisant pour qu’une véritable rupture avec la vie quotidienne s’établisse : j’ai pu ainsi rentrer sans subir le « traumatisme » que certains disent éprouver à leur retour ... et qui les pousse parfois à repartir aussitôt !

 

Je me souviens pourtant avoir craint un peu la « réadaptation » et voulu éviter de m’arrêter à Paris : envie de me « cacher » chez moi très vite... de garder la tête encore un peu dans les nuages, de calmer le coeur qui bat la chamade. Mais il a quand même battu fort sur le quai de la gare de Nantes où une  une joyeuse équipée m'attendait : "Martine is back ..." et voilà, cette fois, c'était  bien  fini!

 

Cependant, si « les voyages qui forment la jeunesse » ne sont plus de mise en ce qui me concerne, j’ai tout de même le sentiment très palpable de n’être plus tout à fait la même : à tout âge un voyage est une petite "re-naissance".


Je me suis définitivement allégée du carcan des convenances, du poids du futile et de l’inutile.
Envie d’aller à l’essentiel.

Ressenti aussi d'une véritable aversion pour tout ce qui est routine, habitude, carcan du quotidien.
Envie  de changement, de simplicité, d’authenticité.

Envie de fuir la sur-consommation démentielle de nos sociétés occidentales, ce qui  se traduit pour l’instant dans ma vie quotidienne, par de toutes petites choses   : j’ai spontanément moins « d’envies en tous genres » qu’auparavant, et prends plus le temps de lire, d'écouter, de partager..., bref plus envie de  créer que de consommer .... Des broutilles sans doute, avant d’aller, je l'espère, plus au fond des choses.

 

Envie de repartir, enfin, pour mieux comprendre le monde et "voyager autrement".

 

Car finalement, voyager, même seule, même loin, ce n'est pas  pas si difficile que ça...icon_biggrin.gif

Martine, 

Le 17 juillet 2009. 

 

 

Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Conclusion Tour du monde

12 : Remerciements

Après environ 56 000 km parcourus, tous moyens de transport confondus, me voici arrivée au terme de mon voyage.

 

Je ne pouvais terminer sans remercier tous ceux qui m'ont aidée tout au long de ce parcours « en solo », et ont ainsi contribué à sa réussite jusqu'à son terme.

 

Un grand merci en priorité à Michel Deparis  (www.connaisseursvoyage.fr) qui a organisé ce voyage – vols, hébergement, séjours et circuits – avec un grand professionnalisme et  beaucoup de perspicacité. Ses conseils, ses mises en garde, et surtout le fait de m'avoir prévu des «circuits organisés» dans différents lieux, m'ont à la fois  permis de découvrir des sites très intéressants sur lesquels j'aurais probablement fait l'impasse, tout en faisant des rencontres enrichissantes qui rompent l'isolement.

 

Je ne peux que vivement recommander « Les connaisseurs du voyage » à tous ceux qui envisagent d'entreprendre un tour du monde.

 

Merci à l'association ABM  (www.abm.fr), pour ses conseils et la mise à disposition de sa bibliothèque.

 

Merci aussi à Audrey qui a « formaté » mon blog, moi qui suis si peu experte en matière d'internet !! Ce blog a été très important pour moi : ce fut la liaison constante avec « mon monde », et la force motrice de mon voyage.

 

Et puis bien sûr merci à Sara, qui m'a organisé avec une grande compétence, une extrême précision, et beaucoup de gentillesse, mon long périple au Chili. Ce fut une réussite et un merveilleux voyage!

 

Je recommande aussi à tous les amoureux de l'Inde, l'agence « Indian Panorama », dont le siège se trouve à Trichy (www.indianpanorama.in) , et dont l'excellente réputation en Inde ne s'est pas démentie en ce qui me concerne : sérieux, sécurité assurée à tous niveaux, lieux de séjours très bien choisis et excellents hôtels.

 

Merci encore à tous ceux qui m'ont accueillie  et aidée parfois (Baudouin, Roselyne Guitry pour son accueil à la Villa Helena à Pondicherry :  www.villahelena@satyam.net.in – Corinne... et tant d'autres ...),  ou tout simplement soutenue par leurs messages, mails et commentaires  .... qui ont été pour moi autant de "petits cailloux blancs", si importants, réconfortants et revivifiants!

 

Merci enfin bien sûr à mes enfants et à mon mari, qui m'ont suivie et soutenue avec constance et confiance. Ils m'ont accompagnée, beaucoup fait rire et je sais que je  leur dois en très grande partie, la réussite de ce voyage.

 

Un voyage « en solo », pour être réussi,  n'est jamais tout à fait un voyage solitaire!

 

A tous encore un très grand et amical merci!





 










Martine.

Globe-trotteuse ... et artiste peintre (www.miltis.com
Madras, le 17 avril 2009
 

Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - TDM : remerciements

 

 Une petite ville située tout  près de Mahabalipuram, sans grand charme, sauf un mont en haut duquel se trouve un templion  - où les aigles qui venaient se faire nourrir par les prêtres ont disparu -  que l'on peut voir après avoir gravi un escalier de .... 6OO marches! Autant dire que Gilles l'a fait tout seul ( une vraie performance par 38° à l'ombre ! ) pour aller y retrouver ses copains, les chèvres et les singes...

 

Kumbakonam-033.jpgMahabalipuram-022.jpg


 Un restaurateur ambulant comme il y en a partout, et toujours le manque d'eau potable : là, un distributeur d'eau UNICEF            


 

Dans la ville basse, un vaste temple «  Vedagirisvara » dédié,  à Shiva, en pleine activité religieuse, et dont Gilles a enfin fait la connaissance  ...Quatre gopurams de belle facture marquent chacune des entrées du temple, un joli pavillon au milieu d'un lac complète les atouts de cette petite ville grouillante de mendiants et de brahmanes .... de bananes, de noix de coco et de vieux bus :  image d'épinal de l'Inde ! Et aussi de très beaux visages de petites filles ( voir article sur les portraits )
                                                                



 







Dans les temples, il faut retirer ses chaussures .... mieux vaut donc se laver les pieds en sortant !


Ci-dessous : sur le chemin du retour, nous avons croisé une procession pour un enterrement  : le défunt est placé sur un char coloré  dont les fleurs sont éparpillées tout au long du chemin.



 

Eh oui : tout a une fin, il en va de même pour mon voyage qui s'arrête là ... avant notre départ demain  de Chennai (Madras) vers Paris. Mais à Chennai, nous avons dîné, juste avant de prendre l'avion (à 4h du matin!) avec Immanuel et Mary Morais, que j'avais rencontrés à Bangkok! Le monde est bien petit!

Alors l'Inde? effarante ou fascinante ?

Un peu les deux :  en arrivant à Bombay, j'étais plutôt effarée, un mois plus tard je suis plutôt fascinée par la démesure, la variété, les couleurs, les coutumes, les religions et les rites cultuels de ce pays déroutant mais envoûtant ... On ne peut qu'être fasciné par cette civilisation unique et mystérieuse, qui a agi moi comme un sortilège. Difficile de trouver des qualificatifs pour décrire ce pays : anarchique, extravagant, excentrique, frénétique, délirant, un pays qui remplit le coeur et l'âme ... Une expérience unique, remplie de moments très forts et très émouvants.
Plus qu'une envie : y retourner pour continuer à apprendre et à comprendre ! 

   

Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Inde

11 - 15 :  Mahabalipuram

 

Mahabalipuram-005.jpg


Martine étant dans les choux ( ou plutôt dans une soupe de piments ) pour cause d'ennuis gastriques ... C'est moi qui prends la plume !


Mahabalipuram-002.jpgMahabalipuram 004

Nous sommes donc dans un  hôtel à l'écart du petit village de 12 000 habitants, sur une magnifique plage du golfe du Bengale, appelé encore Mamallapuram ( ce qui signifie «  le village du grand sacrifice » ).

Ce site  eut son heure de gloire au 7ème siècle avec un roi Pallava surnommé Mamalla qui fit construire  une kyrielle de monuments dont certains restent inachevés. Ceux-ci ont résisté  au tsunami de décembre 2004, quand la mer a pénétré sur  30 km à l'intérieur des terres. Les barques colorées de la plage sont neuves : elles ont été offertes aux indiens par les allemands, après que le tsunami  les a  toutes détruites :  nous sommes en effet ici au coeur de la zone désastrée.

 

Nous avons donc visité « le Shore Temple » dédié à Vishnou, qui fait face à la mer,  les cinq merveilleux temples  monolithes ( Five Rahtas ), taillés dans du granit jaune  en forme de chariot, chaque dieu ayant son nandi (sa monture) à proximité, la célèbre « descente du Gange » :  un bas relief de 27 m de long et 9 m de haut, sculpté directement dans un bloc de granit, et enfin une surprenante boule de granit qui tient en équilibre par la grâce des divinités hindoues.

Mahabalipuram-018.jpgMahabalipuram-025.jpg

Le Shore Temple...                                             
                                                                                 et les Five Rathas.
 Mahabalipuram-028.jpgMahabalipuram 035


Ca trompe énormement  et La descente du Gange 

Mahabalipuram-033.jpg    Gilles a la recherche de chemins aleatoires... 











Mamallapuram, ce sont aussi, perpétuant la tradition, de très  nombreux sculpteurs  sur pierre dont les œuvres sont  exportées  dans le monde entier.


 




Savez-vous comment on appelle les français en Inde ?  Les "routards sous le  bras" !! Véridique ...





 Tous les jours, les pêcheurs partent sur leurs petites embarcations  colorées malgré les rouleaux.

 La mer très  est très dangereuse ici à cause des lames de fond, ce qui  nous empêche de nous baigner plus loin que la taille  (mais avec un longi quand même!).

Enfin, le long de la plage, en marchant au hasard, nous avons traversé, pour revenir sur nos pas vers l'hôtel, un très grand "bidonville" dont la précarité et l'insalubrité hallucinantes nous a fait frémir ... sans doute le pire de tout ce que j'avais vu jusqu'à présent. Un village sans doute dévasté par le tusnami de 2004 et non encore reconstruit ... qui restera longtemps gravé dans nos mémoires. Nous en sommes sortis en pressant le pas vers le confort , pas très fiers ...!


Mahabalipuram-003.jpgMahabalipuram-038.jpg


 

 

Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Inde

                                                       pondicherry-002.jpg

 

Tandis que Pierre ( le pauvre ! ) est resté à Paris, que Charles est à Berlin, que David est à Séoul,  je viens de retrouver Gilles ( alias Gilnesh ) en Inde , à Pondicherry .

Encore une famille victime de la mondialisation !!

 

Bref, on était très contents de se retrouver .... dans une ville bien française ! l'un des cinq comptoirs de la Compagnie Française des Indes Orientales ( avec Chandernagor, Karikal, Mahé, et Yanaon ).

 

Pondicherry, anciennement : PUDU CHERI ( « le nouveau hameau » en tamoul ) rebaptisé récemment Puducherry, 700 000 habitants. Une ville située en bordure du golfe du Bengale ( enfin depuis le temps que je l'attendais celui là! ), séparée en deux par un canal (à sec forcément !) : le long de la mer, « la ville blanche », ancienne ville coloniale sous l'influence du Gouverneur DUPLEIX de 1742 à 1754, où l'on peut voir les belles demeures du 18ème dans des rues portant encore (plus pour longtemps) des noms bien de chez nous (Saint Gilles entre autres -  je ne savais pas que Gilnesh était un Saint... mais puisque c'est écrit !) et de l'autre côté du canal, « la ville noire », celle des "locaux", qui ressemble à n'importe quelle autre ville indienne, sauf qu'elle a des rues à angle droit ( le génie français ?).
A Pondicherry, ville très cosmopolite et  brassée de religions diverses, les sentiments sont contradictoires : richesse et pauvreté se côtoient, de même que les senteurs de jasmin et d'encens se mêlent aux odeurs nauséabondent des égouts et des poubelles ...
 
pondicherry-050.jpgpondicherry-007.jpg

Deux autres figures emblématiques de Pondicherry, Sri Aurobindo et sa compagne Mirra Alfassa appelée « la Mère », deux personnages très portés sur la spiritualité, qui ont respectivement fondé l'Ashram d'Aurobindo, et Auroville, paradis utopiste très soixante-huitard dont le centre spirituel est le Matri Mandir ...Pas très convaincant à mon avis.

A ce sujet, Madame Guitry, qui nous a accueillis dans une magnifique maison coloniale qu'elle a rénovée, nous a expliqué que beaucoup d'indiens, lassés par la multitude des dieux ( ils ne savent plus très bien à quel Saint se vouer ...) se tournaient maintenant de plus en plus vers des lieux de méditation et de silence à tendance monothéiste, comme l' Ashram Aurobindo auquel nous sommes allés ( mais pas de photos!) , un lieu paisible en plein centre ville, où de nombreux fidèles viennent méditer.
 



pondicherry-035.jpgpondicherry-022.jpg

Le Matri Mandir...                                      Dans les rizières...

Nous sommes aussi allés voir les pêcheurs au filet sur la plage, les temples dédiés au gentil Ganesh et à la terrible Kali ( déesse de la mort souvent représentée un crâne à la main ) et évidemment Gilles étant là, je n'ai pas coupé à la tournée des églises ( heureusement, il y en a moins qu'à Rome!)
                                                                                                                                               
Le Golfe du Bengale avec une eau à 28 ° ( on a trouvé sur les rochers un foetus enveloppé dans du papier journal ... ),
Une hutte de pêcheurs sur la plage,

et la déesse Kali, la méchante,
qui tient dans l'une de ses mains la tête d'une de ses victimes : 


pondicherry-014.jpgpondicherry-010.jpg


pondicherry-053.jpgpondicherry-026.jpg

Il était temps que j'arrive : Martine, plus Ganesh que Kali (ouf!!!), aime trop les éléphants. Le retour au milieu des tulipes : tout un programme....

(article écrit "à quatre mains" le 10 avril) .

Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Inde

 


Chidambaram-014.jpgChidambaram-020.jpg


Chidambaram-036.jpgKanadukathan-015.jpg


Chidambaram-039.jpg

Eh voilà, dernière étape avant Pondicherry :

Chidambaram
...la route fut longue car elle est en travaux ( comme presque partout !), mais les trajets en voiture sont toujours très intéressants, car il s'en passe des choses..., le long des routes, en Inde !
 


Beaucoup de monde qui marche : des femmes, paquets sur la tête, j'en ai même vu portant des piles de briques ! Des hommes qui vont aux champs ( ici surtout de riz, de canne à sucre ) , d'autres à vélos chargés comme des bœufs de tout et n'importe quoi, de bois, de bidons, de chiffons, de cartons etc...de vieilles charrettes tirées par des buffles blancs transportant du sable ou des cailloux , de petits « taxis collectifs » plein à craquer jusque sur le toit, des gens qui font la sieste allongés par terre, qui mangent, qui papotent ou qui font leur toilette dans l'eau des rivières ...des troupeaux de chèvres ou de vaches qui déambulent sur la route et il faut attendre que ces messieurs- dames passent ...

 

C'est de là que l'on peut le mieux approcher la vie des petits villages, la structure et l'organisation de la vie sociale : les intouchables et les plus basses castes habitent des huttes branquignolantes, en enfilade le long de petits chemins où la poussière rouge vole tous azimuts.. elles sont en bambou ou bouse de vache séchée mélangée à de la terre, parfois en briques recouvertes de ciment peint de toutes les couleurs. Les toits toujours en feuilles de palme . Humains et bestiaux vivent en bonne communauté, dormant à même le sol en terre battue. Parfois, on aperçoit une jambe ou un pied qui dépasse ...tandis que les femmes cuisinent assises par terre sur le pas de leur porte, seule ouverture, les enfants nus s'amusent à courir après la chèvre qui se nourrit dans les tas d'ordures......bref, là c'est la grande misère, celle que je n'ai jamais voulu, par respect, prendre en photo.

 

Sur les chantiers du bord de route, j'ai été surprise de voir des femmes avec des pelles et des pioches, travailler avec et comme les hommes. (ils sont entrain de faire une nouvelle voie ferrée qui reliera Trichy à Chennai ).

 

Nous avons croisé sur la route des centaines d'hommes et de femmes – toujours très élégantes - portant sur leur tête de gros paquets, marchant en enfilade .. Rama ( le chauffeur ) m'a expliqué qu'ils faisaient un pèlerinage pour se rendre à une fête chrétienne : 180 km à pieds ! Je n'ai pas pu en savoir plus. Rama est un excellent chauffeur, mais niveau culture, c'est zéro pointé .

 

A l'abord des petites villes, on aperçoit aussi les fastueuses demeures des castes supérieures, presque des palaces ...notre petite maison de « Carquedingue » ferait figure à côté, de maison de gardien... et encore !!

 

Mais partout beaucoup d'écoles, de collèges, d'universités. Il est évident que l'Inde met le paquet sur l'éducation. Tous les élèves et étudiants sont en uniforme et souriants, manifestement contents de leur sort. On les comprend !

 

Pour une fois que je voulais aller faire un tour à pied, toute seule ( avec mon couteau et ma lampe électrique dans la poche comme toujours !) , il m'est arrivé une aventure qui vaut le coup d'être racontée :

Depuis un moment j'entendais de grosses déflagrations, donc un peu peur car il y a eu des attentats à la bombe cette semaine encore . Je vois un gars qui pose un gros paquet blanc au milieu de la chaussée à 50m de moi, je presse le pas, et tout d'un coup BOUM!, une énorme pétarade à en faire trembler tous les dieux du Nirvana, une grosse boule de fumée, et puis une pluie de petits bouts de papiers blancs qui s'éparpillent sur la route comme des papillons! Le bruit m'a tellement fait sursauter que j'ai trébuché , suis tombée par terre sur la chaussée ( heureusement pas de charrette à buffles passant à ce moment là) , et je me suis fait une belle égratignure à la jambe!). En me retournant j'ai compris : au loin arrivait un vénérable Eléphant enguirlandé , suivi de toute une foule de fidèles en liesse, pour aller au temple !! et donc, pour marquer le passage du Saint Animal, on fait sauter des pétards pour dégager sa voie, environ tous les 200m !! Au risque de foutre une bonne trouille à l' ignorante touriste que je suis ...

ce qui a fait marrer le gars à la « bombe », lequel est venu me voir, hilarant, pour entamer devant moi une danse endiablée , la « Shiva nataradja »...

 

Quant à Chidambaram, rien à dire : c'est encore une bonne petite ville indienne qui nage dans sa cacophonie, sa puanteur et sa poussière ...
Là changement de décor en ce qui me concerne : mon hôtel pourtant classé "chic" dans Le Routard est plutôt, comme dirait Gilles, « bas de plafond », et tellement bruyant, coincé entre un temple en plein festival de la musique et une gare des bus . Si on ajoute une clim qui fait un bruit de locomotive à vapeur qui explose ....et les employés de l'hôtel qui jouent à cache- cache dans le couloir... vous imaginez le tableau ! De sorte que je n'ai pas pas fermé l'œil de la nuit malgré 2 boules quies l'une sur l'autre de chaque côté!

Encore une nuit à tirer ici, demain ça ira mieux !

 

En revanche un temple magnifique ( malheureusement interdit aux appareil photos ... Je suis quand même arrivée, mine de rien, à en grappiller quelques unes !) dédié à ... je vous le donne en mille : à SHIVA , hé oui, encore!! mais attention « Shiva dansant » - Sri Sivagami Amman Temple -ce qui change tout !

Un temple qui vaut le détour, très grand , très beau, mais surtout le plus « vivant » que j'ai pu voir : une immense foule cosmopolite que grouille de partout : mélange de mendiants, de brahmanes en tous genres - mais toujours caste supérieure attention! -, de fleuristes, de fidèles qui font la queue pour se faire bénir dans les différents sanctuaires ( un peu d'eau sur la tête, une petite gorgée, un peu de couleur sur le front le dessin et la couleur suivant la déité vénérée, une feuille dans la bouche pour sucer, puis on vous met un espèce de chapeau en paille sur la tête – style nos chapeaux de plage – avant de le retirer aussi vite ). Et voilà le tour est joué! . D'autres se prosternent à genoux, ou bien s'allongent de tout leur long par terre, se frappent la tête , le front, la poitrine, font quelques courbettes les mains jointes, et bien sûr, on fait une petite donation pour l'entretien du temple.

Et puis comme d'habitude, on dort, on mange, on discute.. tout cela au milieu des lampes à huile et des guirlandes de fleurs ..Bref, un vrai spectacle qui pourrait nous retenir et nous ravir des heures entières.

 

Enfin pour finir plus en douceur, un petit tour en barque sur un lac situé à environ 10 km de Chidambaram, mais je ne sais pas trop où exactement : on s'est perdu!

Et pour que Rama se perde, il faut se lever de bonne heure!

Je sais juste que nous étions à 4km du Golfe du Bengale ( ouf! on s'en rapproche! ) , que c'est un lac d'eau salée, en fait, une mangrove. Très joli et reposant. Comme je n'avais pas envie de laisser « mon ange gardien » poiroter une heure à m'attendre, j'ai joué un peu la comédie : j'ai dit que j'avais peur d'y aller toute seule, le pilote – enfin... le rameur - , a eu pitié de moi et voulait surtout ne pas perdre une cliente... il a invité Rama qui a ainsi pu m'accompagner gratos ! Il était super content! Et moi aussi! Une bonne journée.


Chidambaram-047.jpgChidambaram-045.jpg

Chidambaram-044.jpg Chidambaram-010.jpg

 

Chidambaram-006.jpg 

 
Photos:
Dans la mangrove (en haut)
Le pétard et la troupe de l'éléphant qui arrive au loin,
Collégiennes
En bas , pélérinage le long des routes.
Les femmes au travail ...

J'ai trouvé les femmes indiennes très courageuses, elles travaillent comme les hommes, la pioche à la main, à la réfection des routes ( les troncs des  arbres décorés de carreaux noirs et blancs signifiant l'équilibre entre le bien et le mal ...)

Elles marchent beaucoup, tiennent de petites épiceries le long des routes et dorment à même le sol.
Il y en aurait des choses à dire sur le statut des femmes en Inde ! : du mariage arrangé qui semble être encore aujourd'hui la règle, en passant par la dot obligatoire, la totale dépendance aux hommes,  le travail épuisant, et  le veuvage qui - la femme se trouvant alors totalement déconsidérée aux yeux de tous -  se termine parfois en suicide sur un bûcher ( pour aller retrouver l'âme du mari ! ).
Elles m'ont surtout semblé résignées ...  là aussi, la route est longue.


pondicherry-022.jpgPeriyar-061.jpg

Chidambaram 005


..pondicherry-046.jpgKumbakonam-020.jpg

Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Inde

Portraits d'indiens

Chidambaram-051.jpgChidambaram-011.jpgChidambaram-024.jpgTanjore-039.jpgTanjore-038.jpgKumbakonam-021.jpgKanadukathan-005.jpgTanjore-047.jpgTrichy-018.jpgChidambaram-049.jpgTrichy-010.jpgChidambaram-004.jpgpondicherry-023-copie-1.jpgKanadukathan-014-copie-1.jpg

 Des













écolières,  toujours impécables, en uniformes, nattes et noeux dans les cheveux
Une femme qui va chercher de  l'eau "au bassin public" pour faire la lessive,
 Un brahmane dans un temple, Il porte le "tilak" sur le front ( on dit aussi tika, bindi, pottu... ) :  une larme de sang entourée de 2 traits blancs. C'est leur "troisième oeil" . 
Un Sâdhu : un ascète itinérant ayant renoncé à ses biens matériels. Les Sâdhus se promènent vêtus de dhôti orange ou safran, portent des colliers de graines autour du cou, et sont parfois armés d'un trident.
Une femme en plein travail dans une rizière,
Des dames faisant leurs offrandes, le jasmin dans les cheveux,
Un vieillard en pleine contemplation d'un mur...Il porte un "mandu" en coton blanc, noué autour de la taille et relevé au dessus des genoux. L'habit des basses castes.
Un ouvrier qui construisait un mur.
..

















Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Inde

Tanjore et Kumbakonam



Tanjore 042

En continuant ma route vers l'Est, me voici à TANJORE 220 000 habitants, 335 km (encore ! ) de Chennai ...

La route est belle : bordée de palmeraies au vert lumineux et satiné, de rizières au vert plus foncé, de champs de canne à sucre ou de blé,  et même parfois d'alignement de galettes de bouse de vache qui sèchent sur les bas côtés, et serviront à construire les maisons en pisé. La conduite est toujours suicidaire, et parfois je suis étonnée d'être toujours en vie !
 

 

Chennai est une jolie ville, très ancienne et très « authentiquement ...indienne », mais relativement calme.

 

D'abord une bonne surprise : un magnifique hôtel, situé au bord du fleuve Kaveri, à 7km de la ville, en pleine nature avec des pelouses en kikuyu où broutent quelques vaches !. Une merveille!!

 

La ville est surtout connue pour son musée, la Marata Palace, un vrai musée de sculptures anciennes ... très compliqué!

Elle est connue aussi pour ses artistes : notamment sculpteurs sur bois et en métal : j'ai ainsi pu assister à la fabrication d'une statuette en bronze : impressionnant : je n'avais jamais vu travailler le bronze dans de telles conditions ...! on crée un modèle en cire, on l'entoure d'une gange en ciment, on chauffe pour faire fondre la cire, et ne garder que le moule, que l'on remplit alors de bronze, on fait chauffer 15 mn, on retire du feu, on casse le moule avec un marteau, et voilà ! On découvre la statuette en bronze ! 


 Tanjore-070.jpgTanjore-075.jpgTanjore-076.jpg                                                               

La ville est enfin surtout célèbre pour son Temple inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO :

le Brihadishvara dédié à Shiva.

Petit rappel pour ceux qui n'auraient pas compris du premier coup :

SHIVA est le dieu du cycle de la vie et de la mort. Il peut notamment détruire le monde en y mettant le feu. Dans le chignon de Shiva, on voit la petite tête de Ganga, la déesse des fleuves : c'est Shiva qui murmure à l'oreille de ceux qui meurent sur les rives du Gange un mantra qui les délivrera du cycle des rennaissances.

Il épouse la belle PARVATI, la soeur de Vishnou et ensemble ils auront 3 enfants : 2 garçons: l'éléphant GANESH, le dieu des voyageurs, SKANDA le pur, et une fille LAKSMI la déesse de la beauté.

LAKSMI épouse le dieu VISHNOU son oncle, frère de Parvati ( vous suivez? ). Vishnou est celui qui maintient le monde en état de grâce, grâce justement au déluge qui éteint l'incendie de Shiva.

 

Ah! les histoires de famille, c'est souvent bien compliqué! ... et les interprétations divergent!

 

Mais plus sérieusement, je suis entrain de lire un petit livre sur l'hindouisme, écrit en 1929 par le Prof. Sarma ( très connu ici ) revu et corrigé en 2007, et commence à comprendre, que derrière tout ce qui peut nous paraitre un peu « folklorique », il existe dans la religion védique, un « Être Suprême » ( the « Suprême Being ») qui est à la fois transcendant et immanent .

Tout le reste au fond, n'a que peu d'importance, et l'incroyable panthéon des dieux hindous , qui ne cesse d'ailleurs d'augmenter – on en compterait aujourd'hui plus de 300 000 ! - ainsi que les innombrables rituels , font partie de la vie quotidienne, sans réelle signification religieuse très précise.

 

Et puis 90 km plus loin, toujours vers l'Est ( Ah je vais bien finir par le voir ce golfe du Bengale!), c'est KUMBAKONAM, avec également un temple classé au Patrimoine mondial le Darasuram Temple, et enfin de belles fonderies de bronze ( avec même une école de sculpture.( bon, c'est un peu la répétition d'hier, c'est vrai ! C'est comme les châteaux de la Loire quoi : on suit la route ...! )

 
Tanjore-054.jpg

Tanjore-064.jpg

Tanjore-045.jpgTanjore-044.jpg


Tanjore-051.jpgTanjore-048.jpg

                                                                                                                                                                                                                                      Les photos qui suivent sont celles du temple de Tanjore. où je me suis fait "baptisée par l'éléphant" ! on lui met une pièce dans la trompe, et hop! il vous pose le bout de la trompe sur la tête !! ( c'est pas vraiment "popo dessus " qu'il m'a fait .... mais pas loin :)
 Cet homme en rouge qui se proterne devant l'éléphant  est appellé un Jamiyan dans le Tamil Nadu : c'est quelqu'un de très important, un maître, venu et reparti en voiture comme un chef d'Etat !
enfin le portrait de SHIVA ( à droite) et de sa femme PARVATI (à gauche).

 

Parvati-2.jpg  Shiva.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Inde


Trichy-014.jpg


Trichy-019.jpgTrichy-020.jpg

TRICHY, rebaptisé TIRUCHIRAPALLY par les indiens, toujours pour faire simple, est surtout un grand carrefour commercial, routier et ferroviaire ( un aéroport, plusieurs gares , et un nombre de bus qui dépasse tout ce que l'on peut imaginer ...


Pas grand chose d'intéressant si ce n'est le magnifique Temple SRIRANGAM, dédié ( entre autres ... ) à Vishnou, dont la construction s'est prolongée sur 10 siècles ( 10 /20ème ), et qui fait , toutes enceintes comprises, 3 km sur 3 !


Tout est fascinant dans ce temple :
-ses 8 enceintes successives dont les 3 premières sont fondues dans la ville ( là on peut entrer en vélo, acheter toutes les bondieuseries que l'on veut dans les boutiques, se faire happer par les mendiants ou arnaquer par les faux guides... ce qui fut mon cas et a provoqué une belle engueulade au moment du paiement! )
- les gopurams = ses hautes tours, dont l'une est restée toute blanche, ses immenses mandapas, ensembles à colonnades ( dont le plus grand compte 953 piliers ), ses amnans ou sanctuaires (dédiés à Vishnou, Garuda sa monture, Krishna le berger avatar de Vishnou et bien d'autres !) sanctuaires où seuls les hindous peuvent entrer, pour recevoir la bénédiction des brahmanes ( une gorgée d'eau, une aspersion sur la tête, le tahki sur le front, et une petite feuille de menthe .... à sucer ).


Il faut retirer ses chaussures à la 4ème enceinte et les touristes doivent rester hors des sanctuaires.


Dans la partie réservée à Ganesh ... un éléphant, un vrai! gardé par son maitre.


Le temple est aussi un vrai lieu de réunion et de vie, où l'on discute, dort, mange ...


Petit retour en arrière sur l'hindouisme, qui repose donc sur deux grands principes :


1 - le respect de « l'ordre cosmique » : le DHARMA – Dame oui, c'est comme ça! surtout ne rien changer à l'ordre des choses, et s'en contenter, en espérant mieux pour la prochaine fois –


2 - et le KARMA : le « Kasier judiciaire », qui suit tout un chacun tout au long de sa vie et où s'entassent les bonnes et les mauvaises actions ... et selon que le casier sera bon ou mauvais, on sera plus ou moins vite réincarné en mieux ou en pire, et finalement peut être, un jour, on sera libéré du cycle de toutes ces réincarnations , pour atteindre définitivement


le paradis = la MOKSHA ( et surtout pas la Mosquée !)


Quant au Bouddhisme, ici on le boude car il prône l'abolition des castes ...et met donc un peu trop la pagaille...

Justement, petit retour aussi sur le système des castes : 


Au commencement était Brahma, dieu de la création, et le brahmanisme réglait la vie hindoue .
Brahma est à l'origine des castes ( "caste" vient du portugais"casta" qui signifie "pur") : 
en effet:
-c'est de sa bouche que sortirent: les Brahmanes qui sont au sommet de la hiérarchie des castes ( végétariens, interdits d'alcool, lettrés, purs ). Nehru, devenu 1er ministre de l'Inde appartenait à cette caste, c'était un "pandit" c'est à dire un érudit
- puis de sa poitrine sortirent les guerriers, protecteurs "musclés"
- de ses bras, sortirent les marchands, qui viennent donc au 3ème rang, dont faisait partie Gandhi, le futur "père de la nation"
Ces  trois premières castes sont dites "supérieures"
-Enfin de ses jambes sortirent les serviteurs, divisés en nombreuses  sous- castes qui sont toutes des "basses" castes.
Mais malheureusement, le corps de Brahma n'est pas assez grand pour contenir tous les humains : il existe donc une masse indistincte de "sous-hommes sortis de nulle part", répartis en sous-castes selon leur métier (les plus impurs étant les incinérateurs, les vidangeurs, les éboueurs - (il ne doivent pas être nombreux à en juger par le nombre de poubelles non ramassées et d'imondices !) : ce sont les PARIAS ou "fantômes d'hommes", que les anglais ont appelés :  "intouchables".
Actuellement, parias et intouchables sont des termes prohibés, on préfère le terme de Dalits, les déshérités, dont les plus impurs mangent de la viande et boivent de l'alcool, ce sont des quasi-bêtes.
Cependant, si on reste dans la caste  de sa naissance toute sa vie, cela ne signifie pas pour autant que les parias ne puissent pas aujourd'hui, faire du commerce, s'enrichir, ou faire de la politique et devenir député ou même gouverneur d'un Etat, comme c'est le cas par exemple aujourd'hui dans le Tamil Nadu et l'Uttar Pradesh . La législation tend de plus en plus à imposer un système de quotas dans bien des domaines - surtout les fonctionnaires, les étudiants ... mais la route est longue... très longue, car curieusement pour nous, le système des castes existe bien encore, perdure, et fait partie intégrante de la religion et de l'organsation socio-culrurelle hindoue.
Cependant la révolution est en marche : des Dalits gagnent des élections et marchent vers le pouvoir. S' ils y parvenaient ce serait l'ensemble de la conception sociale hindoue qui s'en trouverait inversée.
Mais les résultats des élections législatives en cours viennent de tomber : le Parti du Congrès dirigé par Sonia Gandhi arrive en tête. Elle sera probablement la future Présidente de l'Inde socialiste mais de plus en plus tournée vers le libéralisme. pas encore pour cette fois une intouchable au pouvoir!

Quant moi, il faut que je vous fasse un aveu : j'ai rencontré un brahmane, qui a réussi à me séduire (par sa foi!), et j'ai décidé, après avoir bien réfléchi, de me convertir au Bouddhisme . Je crois vraiment que c'est la bonne et unique voie à suivre pour vivre loin de toutes les contingences terrestres. J'ai donc annulé toute la fin de mon périple, et je me suis inscrite dans un Ashram pour y finir mes jours en paix ... Bref, je reste là, à Trichy.


Trichy-008.jpgTrichy-023.jpg

Trichy-016.jpgTrichy-025.jpg
Trichy-001.jpgTrichy-009.jpg

Pour finir donc, en vous faisant mes adieux (mais non c'est pas vrai aujourd'hui c'est le 1er avril:) , quelques photos de ce temple fantastique..

En haut, le grand mandala avec l'éléphant au fond
Dans le sanctuaire, les femmes font leurs offrandes en allumant des lampes à huile,
L'entrée d'un autre santuaire
et les papotages habituels!

Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Inde

 

Kanadukathan : Ses Palais et ses Cabanes ...

Kanadukathan-003.jpg

Kanadukathan-001.jpg


Alors, Kanadukathan, ça se trouve dans le CHETTINAD une petite région, entre Karaikudi et Pudukkottai ... je suis sûre que vous voyez très bien !!


En tous cas, nous sommes bien arrivés, Rama et « moi-même personnellement » au «  Chettinadu Mansion », classé quand même «  très chic » dans le Routard ( encore , ça devient une habitude !) ...c'est une grosse maison bourgeoise du 19ème, restaurée ( mais bon.... ) et transformée en chambres d'hôtes par son propriétaire, un ancien businessman âgé de plus de 80 ans, qui nous accueille, charmant.


Je suis ravie d'être là, car c'est peut-être la seule et unique fois, où je serai « à la campagne ».


Kanadu.....est en effet un petit village de 10 000 habitants, perdu au milieu de nulle part ( si : dans l'état du Tamil Nadu ! ), où la seule chose «  touristiquo-historique » à voir c'est le Palais 19éme d'un vieux Radjah de 91 ans, et qui vit aujourd'hui à Bombay. Il autorise la visite de son Palais ( gratuitement en plus! Mais bon, on est Radjah ou on l'est pas ...), ce que je n'ai pas manqué de faire.


C'est aussi une ancienne ville de gros commerçants ( les Chettiars ), qui avaient « la bosse de la finance » - pour reprendre l'expression employée par notre hôte! - , ayant fait fortune dans le passé, en faisant commerce notamment avec le Sri Lanka et tout le sud asiatique ( pierres précieuses entre autres), et qui sont aujourd'hui tous partis, laissant derrière eux de magnifiques demeures laissées à l'abandon, témoin d'un opulent passé ...


Mais aujourd'hui c'est plutôt la grande misère qui y règne, et le manque d'eau potable, qui est un des plus gros problèmes de l'Inde, est ici évident. Les réserves sont vides, on attend la mousson avec grande impatience. Beaucoup n'ont de gens  pas l'eau courante.


Ceci en plus de tous les autres problèmes bien sûr : sanitaire - recrudescence de dengue et de chikungunya , de poliomyélite – scolarisation déficiente, pauvreté, électricité défaillante (coupure de courant toutes les 5 minutes ...merci pour mon blog!), esclavagisme des enfants « volés », femmes battues ( il y a en Inde énormément d'associations qui luttent contre ce fléau que je ne soupçonnais pas ) etc...
 

Tous ces problèmes ne sont pas du tout occultés par la presse, qui au contraire en fait ses choux gras en cette période de débauche électorale ! La prresse étant en Inde extrèmement libre.


Difficile de croire dans ces conditions que l'Inde soit en passe de devenir l'une des plus grandes puissances mondiales! C'est le pays des paradoxes où Palais et Cabanes se côtoient, sans que le « commun des indiens » ne semble s'en offusquer ... fatalisme et résignation ... toujours avec le sourire, c'est le destin, l'ordre cosmique : le Dharma, c'est comme ça et on n'en parle plus!.


Petite précision vestimentaire : la jupe que portent les hommes – ou longue ou relevée aux genoux – quand elle est blanche et en pur coton s'appelle un « hotie », quand elle est colorée et en coton mélangé, s'appelle un « lungie ».. ...et non un "pandi" comme m'avait dit Rama, à moins que le nom change suivant les régions. Toujours bon à savoir !!


Enfin, il est 9h du soir, je viens de regarder quelle est la température au thermomètre dans la cour extérieure de l'hôtel : 35° !! Merci la clim, même quand elle fait un bruit d'enfer !


Bref, suivent quelques photos, de « mon petit coin de paradis » .... à vous de juger !

Kanadukathan-016-copie-1.jpgKanadukathan-015-copie-1.jpg

Kanadukathan-011.jpgKanadukathan-019.jpg

Kanadukathan-014-copie-2.jpgKanadukathan-008.jpg


Photos
Ma guest-house ...repas servi sur une feuille de banane ...
mais, juste en face le palais du Radjah, la réserve d'eau est à sec ...
et les gens vivent dans des cabanes sans eau courante.

Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Inde


Madurai-007.jpg

Bon, alors aujourd'hui c'est dimanche .... jour de repos! Alors je vais faire court :)


Maduraï est une ville très ancienne, une « petite-grande ville » , je veux dire par là, que c'est une grande ville (1,3 millions d'habitants quand même) mais qui a grandi en gardant l'aspect d'une petite ville : pas de hauts buildings, et le look d'une petite, avec des ruelles étroites, tortueuses, en plein centre, on se croirait presque dans un village ... mais la circulation et la foule sont bien là, encore plus effrayantes qu'ailleurs! Pas très jolie, même pas jolie du tout dans l'ensemble, et avec des tas de corneilles noires qui "font" les tas d'ordures.

 Une bonne petite ville indienne qui baigne,dans sa joyeuse anarchie, sa cacophonie :  dans son jus quoi ! Si vous voyez ce que je veux dire :)


MAIS: c'est la cité la plus sainte du Tamil Nadu, réputée pour un des temples les plus connus d'Inde : le Sri Meenakshi Temple, (construit par la dynastie des Pandya, entre le 14 et le 15ème siècle ) dédié à Shiva, le temple dont les « gopuram », les hautes tours, jaillissent au dessus des toits de la ville. Une ville dans la ville (65 000 m2).
Une débauche ahurissante de sculptures peintes et repeintes (tous les 12 ans) de toutes les couleurs et même plus! De la couleur partout : c'est le temple aux mille couleurs! ... un peu kitch à mon goût .
 A milieu de forêts de piliers impressionnants par leur taille, ces sculptures nous gratifient de leurs sourires grimaçants. Là il faut être vraiment expert en hindouisme pour y reconnaître les siens !! Les plafonds peints racontent des épisodes du Ramayana.
Encore une fois, j'ai pu constater la force des croyances hindouistes : les gens prient, prient, prient ... ce qui ne les empêchent pas de s'amuser aussi, en lançant des boulettes de beurre sur les statues sacrées avant de les enduire de poudre , ou en balançant des noix de coco sur le ventre de Ganesh, pour le nourrir! Si on atteint la cible, ça porte bonheur !!


Madurai-018.jpgMadurai-010.jpg


Madurai-034.jpgMadurai-033.jpg

une dame s'apprête à lancer la noix de coco ...


Pour être franche, j'ai préféré le «  Palace » - le Tirumalai Nayak Palace pour faire « pro. » - un grand et beau palais royal du 18ème, ou ce qu'il en reste, car il parait qu'il était 10 fois plus grand à l'origine. Tout blanc et sobre, avec d'énormes colonnes qui entourent une cour intérieure, et quelques vestiges de fresques à de rares endroits.

Madurai-035.jpgMadurai-003.jpg

Madurai-014.jpgMadurai-027.jpg

Enfin, en rentrant au bercail, j'ai rencontré une vache aux cornes effilées et peintes - elles sont peintes en rouge, jaune, vert, ou bleue - ...tout un programme!

Madurai-056.jpg

Voili, voiloù .... ouf ma journée est terminée, je vais pouvoir prolonger ma sieste avant un nouveau départ demain matin vers KANADUKATHAN ...Encore un nom à coucher dehors !...pardon : un très joli nom indien !!
J'ai beau regarder ma carte je n'arrive pas à trouver où cela se situe.
J'espère que le chauffeur Rama lui sait ! (en fait il s'appelle Ramalingam, mais je l'appelle Rama, comme le dieu Rama, c'est plus court et ça lui fait plaisir : chacun y trouve son compte!)

Réponse au prochain numéro.





 

Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Inde

sur-la-route-de-Madurai-007.jpg

Nous laissons le Kerala pour l'état du Tamil Nadu, très étendu jusqu'à la pointe Sud - Est du sous-continent, certains diront que nous entrons dans "la vraie Inde", Ses origines culturelles remontent à la nuit des temps, avec les Dravidiens, plusieurs millénaires avant JC, on y parle le "Tamoul", et c'est la seule région de l'Inde, qui n'ait pas été envahie par les Aryens, et qui ait pu conserver ses fondemants culturels...

Sur la route, entre Periyar et Maduraï, les montagnes laissent place à une vaste plaine argileuse très fertile et très cultivée : on y trouve donc d'immenses fabriques de briques, des rizières, des champs de thé, beaucoup de vignobles ( Cabernet Sauvignon indien ), des exploitations de manguiers et de canne à sucre ...


Si tout se fait encore à la main, j'ai quand même pu apercevoir deux moissonneuses-batteuses!


Et surtout la chance de voir de pèlerins hindous ( pèlerinage de Sabrimalay, réservé aux hommes, pour honorer le dieu Lyappan ) : ils font 800 kms à pieds, du Tamil Nadu au Kerala et sont reconnaissables à leurs drapeaux rouges ... ils ont l'air de bien s'amuser !!

Quand aux femmes, tout en portant des piles de briques rouges sur la tête (incroyable!) ... leurs papotages vont bon train au bord de la route ...

sur-la-route-de-Madurai-015.jpgsur-la-route-de-Madurai-017.jpg

Rama s'arrête parfois dans un petit café : le café est toujours très brûlant ... alors il me fait une démonstration de "refroidissement" en, versant d'un verre dans l'autre très vite et de très haut !Mais la plupart du temps, nous buvons du Tchaï, un thé au lait très épicé, au parfum de santal, de lotus, ou de jasmin...


 Briques et jeunes pousses de canne à sucre

sur-la-route-de-Madurai-011.jpgsur-la-route-de-Madurai-013.jpg

Un camion chargé de canne à sucre

sur-la-route-de-Madurai-012.jpg

Et pour finir, Charly, je bois à ta santé  un verre de Cabernet  (indien) !

Corse-2008-082.jpgsur-la-route-de-Madurai-003.jpg

Car même en Corse,  tu sais  prier Vishnu ! ... et me faire rire !!  









Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Inde

Sur la route de de Kumarakom à Periyar:

Un marché de boeufs, un camion en panne, un jardin d'épices, une usine à thé ....

Periyar-002.jpg
Periyar-067.jpgPeriyar-019.jpg
                                                                                 
Me voilà donc partie vers l'Est, à travers les Gaths occidentaux : changement de décor, le paysage devient montagneux, et la jolie route sinueuse est bordée de champs de thé, d'épices d'hévéas, de café ...en route, j'assiste à une vente de bovins, aux cornes colorées de rouge et de bleu, à un accident ( pas grave , juste que le camion trop chargé a basculé..), et à un "bétonnage" de route avec une drôle de vieille machine.


Periyar, c'est d'abord une des plus grandes réserves naturelles d'Inde (   777 km2 ) , où, autour d'un lac artificiel qui porte le nom incroyable de "Periyar Lake", on peut voir – en bateau - des animaux sauvages de toutes sortes : éléphants, buffles, oiseaux... L'entrée est très chère, et les animaux .... il faudrait avoir de très bonnes jumelles! Pourtant c'est vrai qu'on loin, j'ai aperçu de grosses masses sombres pouvant ressembler à des éléphants. Quoiqu'il en soit, la balade sur le lac, entouré de montagnes, est très belle.


Periyar-014.jpgPeriyar-010.jpg


L'Inde est le premier pays exportateur d'épices au monde, et Periyar est un peu la "capitale de l'épice". Il y en a par centaines d'espèces différentes et je n'y connais absolument rien! Comme je disais à un couple de Néo-Zélandais, qu'en France, à part le poivre et le sel, on  n'utilisait pratiquement pas d'épices, ils m'ont répondu : et la moutarde de Dijon alors ?... Oui c'est vrai : je me suis trouvée un peu bête ! Bref, j'ai essayé de m'instruire en allant visiter un « jardin d'épices », et là, j'ai découvert à quoi pouvait ressembler la cardamone, le mimosa, le long- peper, le sida,  le pavot, l'élicornia, le peper-mint, la moutarde, le clou de girofle, le cimaron, la muscade, le safran, le curcuma, le gingembre, les vraies feuilles de curry en combinaison infinies, et même le chocolat et le café... et j'en passe!!



Periyar-033.jpgPeriyar-021.jpg


Periyar-007.jpgPeriyar-008.jpg

Periyar-029.jpgPeriyar-030.jpg

Arbre et fruit de cardamone.

Petits pigments rouges, les plus forts.
                               
Periyar-013.jpgPeriyar-045.jpg

Et puis (au dessus), visite d'une grosse usine de fabrication de thé  à l'ancienne : « rustique ». Très intéressant : un long processus de 24h entre le moment où la feuille de thé arrive à l'usine, et celui où le thé, après un long parcours à travers des machines qui broient plusieurs fois, refroidissent, rechauffent..., est près à la consommation. La première étape est le séchage ou "flétrissage"où les feuilles déposées pendant 24 h dans des bacs ventilés, perdent l'essentiel de leur humidité, puis elles sont déposées dans des rouleuses mécaniques qui accélèrent le séchhage et la fermentation, qui se poursuit sur des claies où les feuilles reposent dans une pièce chaude et humide pendant quelques heures, avant un dernier séchage à haute température ce qui arrête le fermentation, enfin lse feuilles sont triées mécaniquement,  et soit laissées telles quelles, soit broyées en poudre .
J'ai ainsi  appris qu'il existait 3 sortes de thé : le leave tea, le green tea, et le powder tea. L'usine que j'ai visitée fait du « leave tea » pour l'exportation. Chaque jour des femmes cueillent 300 kg de feuilles de thé, 10 kg de feuilles donnent 3 kg de thé.

A la fin, j'ai acheté 1kg de thé ( 80 roupies ! ) pour l'offrir à Rama, car , demain nous partons pour Maduraï, sa ville natale ...

Les hommes travaillent tellement vite dans cette usine, que j'ai eu du mal à prendre mes photos : un peu floues !!

Dans les champs de thé... Les femmes rentrent. Elles viennent de vider leur grands sacs de feuilles. Derrière, le bois ( théiers) qui va servir à  chaudière.

Periyar-061-copie-1.jpg

Les hommes prennent le relais , le thé est d'abord déposé sur des rails, où il est refroidi, puis mis dans la machine à broyer ( 4 fois ) puis chauffé à 135°, puis refroidi, puis mixé...

Periyar-066.jpgPeriyar-053.jpg

Periyar-054.jpgPeriyar-059.jpgPeriyar-056.jpg

Periyar-051.jpg

Et voilà, il ne reste plus qu'à déguster !

Finaly, I would like to say, that as far as now, since I have been travelling with "Indian Panorama" , I did it in very good and safe conditions : good hotels with quiet back- side rooms reserved, very good driver and car, perfect organization ... So I really want to recommand "Indian Panorama" to all those who would like to travel in South India ! ( www.indianpanorama.in )











 


Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Inde


Kumarakom-034.jpg

  la piscine de l'hotel devant les backwaters : une merveille!!

Les hommes et les religions


Kumarakom 003Kumarakom-005.jpg


Les gens du KERALA  - il faut payer une taxe quand on change d'état -  sont extrêmement gentils ! Ils sont très noirs de peau et parlent très doucement et très très vite! Bla bla bla à toute vitesse : au début, sur le bateau, je croyais qu'ils fredonnaient, mais non, ils parlent dans la langue de leur région : le Malayalam.


La plupart marchent pied nus, vêtus, les femmes de saris jaunes ou oranges, les couleurs du Kerala, les hommes de « jupes », longues, les "longi" qu'ils attachent autour de la taille et replient en deux pour les raccourcir s'ils ont trop chaud, avant de les nouer par devant ou par derrière, comme nous nos pareos en Corse! La plupart du temps ça pendouille de tous les côtés...

Ils dodelinent souvent de la tête soit en faisant la moue (quand par exemple ils trouvent que le pourboire n'est pas suffisant,)  soit en souriant, alors là ça veut dire qu'ils sont contents (quand par exemple on complimente le cuisinier ). Mais souvent on se trompe: on a l'impression qu'ils font "non" avec la tête, alors que chez eux, ça veut dire OUI ! Mieux vaut le savoir pour éviter les malentendus :)

Ce qui est étonnant c'est que dans ce pays si pauvre et si sale, les femmes soient toujours tellement propres et raffinées, avec un port si élégant! On les voit sortir de masures, en saris roses ou jaunes éclatants, brodés d'or, impeccables ... j'en ai honte de mes pauvres fringues que je traîne depuis plus de 4 mois ... et de mes cheveux gris qu'elles ne connaissent pas les veinardes !

Pour le soleil, ils ont tous des ombrelles ( couleur noire ) qui les suivent comme leurs ombres.

La toilette et la lessive, j'en ai déjà parlé, quant à la cuisine, ils y attachent beaucoup d'importance et de temps .... toujours sans se presser! Au resto. j'ai pris l'habitude d'emporter mon journal local, que j'ai largement le temps de lire de la première à la dernière page avant d'être servie  Là, je dois dire que je souffre un peu, car je ne suis pas ce qu'on appelle vraiment « fan » de cuisine indienne, à base de riz, de curry et d'épices en tous genres. Le plus on descend vers le sud, le plus c'est épicé!

Pas de pain remplacé par des Naans (galette de farine complète) ou le Puri préparé comme un âne ( pardon un naan ) mais frit et gonflé comme un ballon! Ça c'est bon!!

Pas d'alcool, pas de bière (très difficile d'en trouver même dans les hôtels , sauf les super- chics, pas de bol!) et pas de cigarettes non plus : on ne les voient jamais jamais fumer ! Et ils fument vraiment très très peu.


Les Indiens sont très pratiquants : ici les Chrétiens de toutes tendances arrivent en tête ( des églises partout pleines à craquer, à tel point qu'ils mettent des haut-parleurs pour ceux qui s'entassent sur les parvis, beaucoup d'orthodoxes ( là pas de sculpture du Christ ni de personne ) , et d'églises « syriennes catholiques orthodoxes » dont la « Ste Marie Knanaya Church » que j'ai visité hier, une des plus anciennes églises syriennes d'Inde , dont la plus vieille sculpture, une croix perse entourée d'inscriptions datant de la « Sassanian » dynastie Perse , 345 AD! Il y a aussi des mosquées, et enfin – quand même – quelques temples hindous très simples, qui sont en pleine effervescence en ce moment pour cause de fête annuelle des temples hindous ... les éléphants et les tambours sont de sortie : j'ai pu assister ce matin à une de ces fastueuses parades.


Et je viens de lire en gros titre dans le journal, qu'une catastrophe nationale était arrivée hier sur la route ( la preuve que les accidents existent! ) : un éléphant qui se rendait à une parade s'est fait emboutir le derrière, par un tracteur : résultat l'éléphant est blessé et tous les médecins de la région sont sur les dents pour essayer de le sauver avec, y compris, physiothérapie!


Mais ce qui fait surtout les gros titres dans les journaux en ce moment, ce sont les élections nationales au Parlement. Un vrai délire, une vraie lutte acharnée et féroce dans la pagaille la plus complète, dont certains journaux très critiques se régalent, c'est la cas du magasine « India Today » et de ses articles incendiaires toutes cibles confondues... Au total 33 partis se livrent bataille, mais pour être un peu claire, les deux principaux sont les « parti du Congrès » présidée par Sonia Gandhi aux idées socialistes , dont est issu le premier ministre Mr Singh 81 ans qui espère bien être réélu, et la BJP le parti nationaliste hindou.


Bref, tout ça pour dire, qu'en France , à côté, les périodes électorales sont calmes comme une mer d'huile!



Kumarakom-026.jpgKumarakom 028

Kumarakom-041.jpgKumarakom-046.jpgChidambaram-015.jpgTrichy 018


Kumarakom-042.jpgKumarakom-050.jpg

Photos
:

 La Sainte Marie Knanaya Church, un camion décoré comme il en a beaucoup, les éléphants de sortie en musique dans un petit temple hindou, une femme qui entre dans le temple, un "penseur"...et l'épluchage des noix de coco.

Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Inde

 
Kumarakom-053.jpg 

 

 
En quittant Cochin, j'ai donc fait connaissance avec « mon chauffeur et ma voiture » ... Rama pour le chauffeur qui va me conduire pendant 3 semaines, un jeune homme Hindou très gentil mais peu « causant ... » et une Indigo TATA, Inde oblige, pour la voiture.


Nous sommes partis vers le sud : Cochin-Alleppey, 65 km... 1h45 quand même! par une route goudronnée mais assez encombrée .


Un mot sur la conduite ici que chacun sait hallucinante : un vrai jeu de billard : aucune règle de priorité, on se faufile comme on peu, double alors qu'un autre véhicule – bus, voiture, moto, tuk-tuk voire vache - arrive JUSTE en face , on se croise à trois, parfois à quatre sur une route étroite, on double en plein virage , en haut de côte sans AUCUNE visibilité ....Il m'a semblé que le  recours au klaxon était leur seul moyen de se "sauver la vie" !
Bref  une conduite catastrophe non-stop à laquelle il faut ajouter la malice de Rama, qui parfois faisait  EXPRES de gentiment  frôler les cornes des buffles, histoire de voir l'effet que cela produisait sur moi : j'apercevais alors son oeil malicieux me regarder dans le rétro !!

Et ce que est plus hallucinant encore c'est que je n'ai pas peur du tout! Ce qui va faire pâlir Gilles de jalousie :)


Si je n'ai pas eu peur, c'est sans doute parce que les Indiens conduisent très lentement ( on prend son temps pour tout ici ), 30/40 km heure c'est une vitesse record! Donc pas de souci : en cas d'urgence on a le temps de s'arrêter! Ceci dit, Rama m'a quand même avoué ( contrairement à ce que m'avait affirmé le chauffeur de Bombay ) , qu'il y avait de très nombreux accidents en Inde, surtout en dehors des villes ... ce qui ne m'étonne pas à en juger par le nombre de handicapés des jambes! Je comprends mieux pourquoi il est si prudent! En outre, on m'a remis une feuille au départ sur laquelle il est bien spécifié que les touristes voyagent sans assurance de la compagnie (Indian Panorama ).A bon entendeur Salut !!


A Alleppey, bateau jusqu'à Kumarakom : 65 km de « backwaters », en 24 heures, sur un jolie embarcation.

Kumarakom-016.jpg

allepey-019.jpgallepey-009.jpg




Les backwaters sont des canaux d'eau douce, sauf près de l'embouchure des fleuves où eau douce et eau salée se mélangent, le réseau est immense et l'on peut faire des balades de plusieurs jours sur l'eau. Les paysages sont très beaux, la sérénité des lieux assurée, le spectacle omniprésent! Une vrai merveille!!

Mon bateau est très beau : c'est un "kettuvallam" une ancienne barque à coque noire,qui servait autrefois à transporter le riz, le thé, les noix de coco ...au jourd'hui ces bateaux ont été transformés pour le plus grand bonheur des touristes.
Le pont est en teck, le toit en bambou tressé et en cordes de noix de coco, les ouvertures arrondies et douces ajoutent au charme de cet incroyable  voyage! 
C'est un bateau immense pour moi toute seule : une grande cuisine, une chambre très agréable avec salle de bain, et sur le pont, la vaste "salle à manger" ouverte , où je serai la seule à table...

Un pêcheur est venu nous accoster pour me montrer deux écrevisses -ou plutôt deux grosses crevettes- qu'il venait de pêcher ... et insister un peu (beaucoup...) pour me les vendre en vue de mon repas du soir ... je n'ai pas osé refuser : 400 roupies quand même pour à peine deux bouchées de chaire : j'ai eu la nette impresion de m'être fait un peu avoir  ... d'autant plus que mes repas étaient inclus dans le prix, mais bon:)


allepey-020.jpgallepey-014.jpg

 A 17h il faut s'arrêter car les bateaux pour touristes n'ont plus le droit de circuler. Donc on s'arrête le long de la rive et on amarre le bateau à 2 gros troncs de palmiers  pour y passer la nuit. Dîner dans le noir à cause des moustiques ( juste une bougie ) et des économies d'énergie .... le bateau a son propre générateur, mais il faut pas exagérer !


Je me suis donc retrouvée toute seule sur ce bateau avec mes trois compères : le pilote, le cuisinier, et "l'homme à tout faire". Tous les trois très sympathiques, surtout le cuisinier qui s'est mis en quatre pour me concocter de « bons petits plats bien indiens » ... il y en avait pour dix!

Tout d'un coup le ciel s'est lézardé d'éclairs et le tonnerre s'est mis à gronder ... Je me serais cru dans u film de Hitchcock ...


Ils ont alors  tout fermé sur le bateau, avec des bâches, et puis comme c'était l'heure d'aller se coucher ça tombait bien! Ils m'avaient prévenue : à 8h on coupe l'électricité!

Alors dodo : très jolie chambre, moustiquaire et tout et tout, le calme le plus complet est bientôt revenu et tout s'est bien passé. Eux ont dormi sur le pont.



allepey-017.jpgallepey-023.jpg



allepey-029.jpgallepey-030.jpg


Le lendemain matin nous voilà repartis : des paysages magnifiques, des rizières à perte de vue, des arbres, des fleurs, des poissons que l'on entend sauter dans l'eau et une grande quiétude ....


Le pilote se protège du soleil avec une ombrelle qu'il tient à la main, et de l'autre il tient la roue...cela doit être très fatigant d'avoir comme ça le bras levé en permanence !!!
L'eau grisâtre/verdâtre de pollutions en tous genres est souvent recouverte de sortes de nénuphares en fleurs, d'algues vertes ou brunes.– On y voit les indiens s'y laver et même s'y brosser les dents le matin!, nus ou tout habillés pour y prendre leur bain , ainsi que les enfants qui s'y amusent en rentrant de l'école,  se mettant la tête sous l'eau ... bonjour les dégâts sanitaires !!


allepey-005.jpgPeriyar-001.jpg

Et puis le bateau m'a déposée dans un bel hôtel situé au bord du lac, avec piscine et tout le confort possible dans de petits bungalows individuels : catégorie « très chic » dans le routard quand même! la vraie routarde luxe quoi! - ... où hier j'ai retrouvé mon fidèle « Rama » en pleine forme, qui m'a proposé la visite des églises et temples du coin... Ce sera le prochain épisode :)


Kumarakom-001.jpgKumarakom-033.jpg


Photos

Rama et la Tata,les backwaters, le bateau, les écrevisses, mon dîner à bord , le long des rives, coucher de soleil ...l'arrivée à l'hôtel à Kumarakon
.
 

Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Inde

                 


Cochin-003.jpgCochin-001.jpg

Une heure et demie d'avion plus au sud et hop! Au revoir Bombay, bonjour Cochin, mon dernier vol avant le grand retour en France! Ça vaut bien une photo :)

 

Cochin ( KOCHI en indien ), dans l'état du KERALA, 4millions d'habitants banlieues comprises, est une ville de bord de mer, avec trois presqu'iles, dont celle où je me trouve pour 3 jours : « Fort Cochin », un endroit très agréable, très touristique tout en restant authentique, et une population accueillante et sympathique. C'est aussi dans l'ensemble beaucoup plus propre qu'à Bombay, bien que l'on y retrouve les mêmes caractéristiques : pauvreté, mendicité ...

 

C'est une ville à forte empreinte portugaise : Vasco de Gama , arrivé en Inde en 1498 mourra à Cochin en 1524, puis son corps sera rapatrié au Portugal. ( Eglise Saint Francis church, et la Sant Cruz Cathedral )

De cette époque il reste beaucoup de chrétiens dans la région, ainsi d'ailleurs qu'une des dernières communautés juives du pays ( une synagogue ). Un beau musée aussi : "l'Indo-Portuguese Museum", où l'on peut voir des fresques très anciennes du « Ramayana », une des deux grandes épopées de l'hindouisme, composée au 4ème siècle avant JC, qui conte l'histoire merveilleuse de Rama, à la recherche de son épouse Sita, enlevée par le démon Ravana ... on avait déjà vu ça à Angkor avec Pierre :)

 

Mais le plus intéressant ( pour moi ) ce sont les pêcheurs, qui pêchent encore au « carrelet », qu'ils appellent « Chinese nets » car cette façon de pêcher depuis plus de 500 ans, est originaire de Chine ! Ils m'ont gentiment proposé de tester la force de mes poignets ... Et la vente des poissons au marché du matin .... là mieux vaut se boucher le nez quand même:)


 Cochin-029.jpgJe  Cochin-009.jpgCochin-010.jpg Cochin-027.jpg

 Cochin-022.jpgCochin-026.jpg

Cochin-037.jpg

Je me suis aussi lancée à la dégustation du plat national de l'Inde : le thalis,
sur un plateau métallique compartimenté, on a le droit à du riz, des lentilles , des curries de légumes, des chapatis ... le tout à volonté! et comme c'était trop épicé pour moi, on m'a apporté une petite coupelle de yaourt ... à verser sur le tout,  et à manger avec les doigts ( de la main droite seulement  s'il vous plait !)
 

 Cochin-020.jpg

 

 En haut, on prie ( la cathédrale ), on pêche ( au carrelet ), on se repose ( ça, c'est assez courant ....) et puis, on se restaure au thalis!

Demain : départ pour la grande route en voiture .... les aventures continuent,
mais internet, ce n'est pas gagné !!
donc, si pas de nouvelles, bonnes nouvelles!!

















Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Inde

Ceci dit j ai aussi vu de jolies choses à Mumbai, après avoir beaucoup parcouru les rues du centre ville et du bord de mer à pied et en voiture :
-le quartier des banques et de l'université,
-la très belle gare "Victoria Station" construite par les anglais fin 19ème
-le fameux "Musée du Prince de Galles", un Musée magnifique qui retrace toute l'histoire de l'humanité,
- la maison de Mohandas Ghandi mort en 1948 qui reste le Mahatma : "la grande âme" de l'Inde, les "laveries" communes, où les indiens lavent leur linge,
 -le "Jaïn Temple" où les dévots dessinent des formes géométriques avec des grains de riz, ce qui constituent des images de pureté et symbolise la fin du cycle des réincarnations ...
- et de petits temples hindous

 

Quelques images :

Gandhi ( droite ) et Nehru ( gauche)

Bombay-039.jpg
 

 Bombay-093.jpgBombay-090.jpg

 Le Musée du "Prince of Walles"

 Dans le temple Jaïn  : on dessine avec des grains de riz
Bombay-051.jpgBombay-036.jpg

Le bord de mer.

Bombay-030.jpgBombay-029.jpg

Voir les commentaires

Published by Martine Bachelier - - Inde

<< < 10 11 12 13 14 > >>
Haut

Hébergé par Overblog