Martine autour du monde ...

 

Après un arrêt au marché de Nyaung Shwe, porte du lac, où je découvre encore comment l'on fait des crêpes de « poudre de riz » sticky mélangé au sucre brun, les « mustak » tiges vertes à fleurs jaunes que l'on trouve dans toutes les soupes, de même que les feuilles du fruit « marrow » également dans les soupes, les « damson », petites pommes vertes très savoureuses, et quelques heures de routes toujours aussi cahoteuses, nous embarquons à bord d'une pirogue traditionnelle à moteur pour rejoindre une demie heure plus tard, l' hôtel situé sur le lac.

 

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 (Tiges de cannes à sucre - Cannes à sucre broyées - Bombons de cannes à sucre)

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  Ce lac qui fait 22 km de long sur 11 de large, à 1328 mètres d'altitude, abrite l'ethnie des « INTHA » (« les fils du lac ») dans une quarantaine de villages flottants sur pilotis, est enserré de montagnes, possède un charme fou et tous les aspects de la vie sociale et professionnelle de sa population. Les Inthas sont agriculteurs et pêcheurs, mais aussi des artisans remarquables

 

Pardon de mentionner ce détail, mais il me semble avoir son importance:les petites annexes que l'on aperçoit  sur les côtés des paillotes, ce sont les WC ! 

 

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Ils cultivent des jardins flottants, constitués d'herbes aquatiques découpées en longues bandes flottantes sur lesquelles ils rajoutent de la terre, le tout arrimé dans le sol par des piquets de bambou.

Ce sont aussi des pêcheurs originaux puisqu'ils pagaient debout à l'arrière de leur pirogue en enroulant la gaffe autour de leur jambe, ce qui leur permet d'avoir une main libre pour manipuler leur filets en forme de cône.

 

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Le lac Inle – qui me fait penser au Tonlé Sap au Cambodge - est quand même un monde à part et unique en son genre, car les villages y sont beaucoup plus grands, entrecoupés de canaux pour ruelles, et les habitants ne peuvent s'y déplacer qu'en bateau. Chaque famille a sa pirogue, sa barque, son jardin, ses légumes. Seule l'école est un peu plus loin sur la terre ferme.

 

La lumière du matin comme celle du soir, magnifique, rajoute au charme et au mystère de ce lieu magique baigné d'une très grande quiétude : pas un souffle de vent, pas un bruit hormis celui des moteurs de pirogues ( diesel à un seul cylindre) assez désagréable je dois dire .

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Avec un guide pour la journée, nous avons fait une promenade en pirogue et visité notamment un temple, une fabrique de bijoux en argent et pierres précieuses (tout ça sur l'eau !) avant de rentrer passer la nuit sur l'eau !

 

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Là, j'avoue avoir eu un peu de mal, car depuis ma mésaventure à Tahïti, j'ai un peu la phobie des bungalows sur l'eau ... j'ai demandé à changer de chambre pour avoir vue sur l'arrière et les jardins flottants, plutôt que vue directe sur le lac ... mais là surprise encore : pas d'eau chaude, pas d'électricité ... seulement sur demande ! En effet, l'eau qui se trouve plus loin, dans un ballon ...chauffe au bois ! Donc il faut faire du feu ... et commander son eau chaude une demie heure à l'avance puis laisser couler 10 minutes avant que ça chauffe (enfin que ça tiédisse un peu)! D'autant plus que, s'il fait très très chaud le jour, la nuit il fait vraiment très froid – environ 5° - et j'ai du mettre 3 couvertures + mon pull acheté au marché de Bagan pour dormir! Curieuse, je suis allée voir l'installation : 

 

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Heureusement que ma cousine Marie m'avait prévenue !! et puis, on finit par se faire à tout sans râler :)

 

Le lendemain je suis partie seule faire un tour « sur le continent » . Quinze minutes de barque pour atteindre un très long pont en bois qui mène jusqu'à la rive. Et je pars à l'assaut de la montagne pour atteindre une pagode dont je vois le stûpa briller au loin.

Su le chemin je rencontre des femmes qui coupent les cannes à sucre, gardent la précieuse canne et jettent le foin dont elles font des gros tas que l'on brûle ensuite et dont on utilise la cendre pour fertiliser la terre ... c'est le cycle de la nature!

 

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 Je rencontre aussi de jeunes moines qui cassent des cailloux sur le chemin : c'est bon signe , la pagode n'est plus très loin ... en effet elle est bientôt là, avec son Bouddha qui fait des deux mains le geste de « tourner la roue » (le Dharmachakra), entourée de son monastère, et de là haut la vue sur le lac est splendide.

 

 

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Le jour suivant je repars avec un guide pour un grand tour très « culturel » du lac Inle :

 

Nous commençons par le marché du matin sur le lac : des femmes de toutes les ethnies  s'y rendent parfois en pirogue pour vendre leurs produits (ici des Inthas), d'autres descendent des montagnes à pied, en portant leurs lourds paniers. Le marché fini, elles repartent en groupe, à pied toujours.  

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Nnous remontons une rivière pour nous rendre au village de IN DEIN : par un long escalier couvert, l'on arrive au complexe d'Along Stthou et de son millier de vieux stupas enfouis dans la végétation : un petit Bagan !

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 Retour sur le lac vers la pagode Phaung Daw U, la plus vénérée des Shans. Elle est construite sur pilotis et c'est le point de départ de la très célèbre "Fête des Bouddhas" qui a lieu en octobre. Elle abrite la barge royale qui transporte les bouddhas sur l'eau ... On m'a raconté que cette fête était assez incroyable . Ceux qui s'y rendent en octobre ne doivent surtout pas manquer ça ! Un peu comme la fête du Têt à Luang Prabang.

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 L'on continue par un atelier de fabrication de « cheeroots » (mélange de tabac, d'alcool et de fleurs de lotus ) que je ne manque pas de tester bien sûr :) Chaque femme, assise par terre en tailleur, fait 1000 cigares par jours!Mais dans ma soupe du soir, ce ne sont pas des feuilles de cheroot, mais de "marrow" :) 

 

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 Puis un atelier de tissage de soie et de fibre de lotus qui m'a beaucoup impressionnée tant par la difficulté des conditions de travail de femmes, leur rapidité, leur adresse, que par la complexité et la vétusté des métiers à tisser ...là encore nous sommes hors de notre temps.

 

 

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 J'ai vu comment on obtient la fibre de lotus, c'est très rudimentaire : il faut laisser tremper les tiges de lotus dans l'eau pour qu'elles s'assouplissent, puis on les coupe en petits morceaux de 10 cm de long environ, en tirant doucement les fils blancs qui se trouvent à l'intérieur. Il y a toujours plusieurs fils : on les tord rapidement pour en faire un seul plus épais que l'on joint au précédent, puis on embobine. Et c'est prêt pour le tissage ! Il faut 20 jours de travail pour la confection d'une petite écharpe. Mais c'est vendu beaucoup plus cher que la soie. Ambiance aussi impressionnante : une grande concentration malgré le tam-tam des dizaines de métiers à tisser qui fonctionnent sans répit.Si j'ai bien compris, la fibre de lotus reste blanche : elle n'est jamais teintée. 

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On y voit aussi le fonctionnement du ...rouet ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et enfin, ce n'était pas prévu au programme mais j'ai voulu voir, une fabrique de pirogues et de meubles en teck.

Dans un immense atelier, sans aucune machine : tout se fait à la main. Pour couper un tronc dans sa longueur, une personne en bas et l'autre à l'étage : ils tiennent la longue scie chacun de leur côté, et ça y va ! Très dur ...

On fabrique sur commande seulement, et à la taille voulue, environ 50 pirogues par an.

Elles ont une durée de vie de 40 ans, mais il faut de temps en temps leur redonner un coup de jeune. Le résultat est très beau, les pirogues sont élégantes et d'une finition remarquable.

Mais là aussi les conditions de travail sont très dures ... d'autant plus qu'il ne faut pas oublier que tout ça se passe .... sur l'eau !

 

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 Et c'est retour à Rangoon le 3 février, jour de la fête du 1er de l'an chinois ... des lampions rouges partout, de la musique, des petites enveloppes rouges contenant quelques centaines de Kyats que l'on offre à ses amis, ses employés ....et des lions qui paradent, un peu comme à Hong Kong, mais beaucoup plus sobre ! Je termine donc mon voyage en Birmanie en allant vers un tour à China Town, alors que la nuit commence à tomber. J'admire le temple chinois situé sur le front de mer, et en profite une dernière fois pour savourer cette ambiance si particulière du port où d'innombrables petites embarcations prennent le large...

 

 

Ma conclusion sur la Birmanie :

 

Un pays du moyen âge, qui m'aura marqué plus que tout autre peut être.

D'abord par sa grande pauvreté, pour ne pas dire misère.

La misère criante ou cachée de ses habitants. Alors que le pays possède un potentiel si riche grâce à son fleuve, son ouverture sur la mer, sa terre si fertile, ses ressources minières et énergétiques, ses pierres précieuses, son teck.

L'injustice aussi aux niveaux les plus essentiels : la gratuité de l'école et la liberté d'expression (Ici on ne parle pas politique, il n'y a ni journaux, ni journal télévisé ... ou si peu, ni téléphone portable, ni internet, ni blog ... ou si peu). Mais cela tout le monde le sait.

La Birmanie en revanche m'est apparue sous un jour que je ne soupçonnais pas: l'intelligence de ses jeunes, leur rapidité, leur ténacité, leur détermination juste pour vivre, leur ingéniosité , leur incroyable esprit inventif et créatif.

Ils se débrouillent tout seuls, ne reculent devant rien, savent tout faire avec si peu.

Et leur immense et incomparable gentillesse, qui n'est pas feinte mais bien réelle et spontanée.

Et encore leur merveilleux artisanat d'objets d'art.

Comment leur venir en aide ? Je ne vois pour l'instant (et toujours « en tant que touriste ») qu'une seule réponse : venir en Birmanie pour voir et témoigner.

 

Enfin je voudrais vraiment et sincèrement remercier le personnel d' "Exotissimo Birmanie".

Bien que je sache parfaitement qu'ils sont « sous contrôle », cela n'empêche pas leur gentillesse et leur professionnalisme. Ils m'ont organisé un circuit « en solo » à la carte, selon ce que j'avais moi même  demandé, avec des journées entièrement « libres » ce qui, j'en conviens, ne doit pas être évident et demande certainement plus de travail ... pour moins de rentabilité ! Donc un grand merci à Sarah : je me suis toujours sentie en sécurité en Birmanie.

Je remercie aussi mes guides, et en particulier Tin Tin qui a monté avec moi un millier de marches au Rocher d'or, malgré sa jambe cassée! ... je ne l'oublierai pas.

 

Et ... merci Dédé de m'avoir conseillé ce pays et cet itinéraire :)

 

Ce voyage fut passionnant. J'espère vraiment, un jour peut être, pouvoir y retourner...

 

Conseils de lecture avant de partir :

-"Histoire de la Birmanie contemporaine" 

de Renaud EGRETEAU paru aus Editions Fayard 2010.

-"Aung San Suu Kyi, demain la Birmanie" de jean Claude Buhrer et Claude Levenson- Edition Picquier poche 2007

-"Chroniques Birmanes" de Jean-claude Augé - Nouvelles de voyage - Edition l'Harmattan 2009

-"A mots couverts" (en Birmanie sur les traces de George Orwell) par Emma Larkin - Edition Olizan 2004.

-"Le goût de la Birmanie", textes choisis par C. Ono -Dit-Biot - Edition mercure de France

 

enfin un lien vers un reportage interessant sur la Birmanie :

http://www.lapresse.ca/voyage/destinations/asie/birmanie/201203/25/01-4509173-les-touristes-se-bousculent-aux-portes-de-la-birmanie.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4490630_article_POS1

 

 

Published by Martine Bachelier - - Birmanie

commentaires

Céline 15/05/2013 10:58

Magnifiques photos. Ces gens qui habitent dans ces maisons en pilotis sont donc tous des pêcheurs ? En voyant les photos de ces pêcheurs, on peut s'apercevoir que leurs gestes sont bien calculés,
le pied accrochant à la pagaie, la main qui se prépare à lancer le filet... Le peuple birman est vraiment composé d'artistes en tout genre. On y voit un peut de tout : de la canne à sucre, la
laine, les fabrications de tabac, et j’en passe. Je pense que s’ils trouvent de bons moyens de communication, ils pourraient mieux se développer.

Martine Bachelier 17/05/2013 12:05



Merci Céline (?) pour ce commentaire! Oui, la Birmanie est unn pays superbe et j'espère bien y retourner ! Martine



dav 12/02/2011 10:28


salut mam, je viens de tout lire le recit de ton sejour en Birmanie , et je suis super content que ca te plaise autant. Tu as (toujours) l'air de te debrouiller super bien et de faire plein de
belles rencontres, tu es devenue une vraie pro de la barroude :) tu nous manques qd mm alors reviens vite :)


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