Martine autour du monde ...

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14 - 9 : l'île de CHEUNG CHAU
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Pour ma dernière journée de vagabondage, j'ai découvert une île magnifique. Sans doute celle que j'ai préférée : assez éloignée de HK (presque une heure de ferry) , très authentiquement "vieille Chine traditionnelle" et pleine de surprises pour les occidentaux que nous sommes :
pas de voiture, pas de touristes, personne ne parlant l'anglais ...Un village de pêcheurs et de commerces de bric à brac en tous genres, loin des envies surfaites des touristes :

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La valse incessante des  immenses cargots qui se faufilent entre les îles, puis la plage, le port, les  ruelles très étroites où les gens se déplacent à vélo,

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Les enfants qui s'offrent un cornet de frites en sortant de l'école, et moi une brochette qu'il a fallu que je goûte devant l'insistance du vendeur : je n'ai pas trouvé ce que c'était : mou et un peu gluant , genre toffu ou courgette ... trempé dans ... de la sauce brune.

Dans cette île, on trouve aussi beaucoup de pharmacies où l'on soigne par les plantes ou les animaux  (sur ordonnance ). Là par exemple : des hippocampes, qui jouxtent un magasin de balais, font partie de la pharmacopée chinoise. 

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Allez , pour ce dernier retour de nuit j'ai voulu accomplir un exploit : rentrer à pied des quais jusqu'à Bowen Rd. sans prendre aucun escalier roulant ni rien qui roule...sauf ma bosse.
Une petite heure de grimpette plus tard, et quelques centaines de marches supplémentaires dans les baskets, je  suis enfin arrivée et me suis effondrée au bercail ... avec pas plus de charisme qu'une serpillère mouillée !

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Bye bye HK ...  ville des escaliers, des taxis rouges, des Bouddhas, des contrastes, du plus fantastique et du plus ordinaire, de la démesure, de l'hyper luxe et de la pauvreté, des tours démentielles et des maisons minuscules, et partout d'un dynamisme  étonnant et d'une incroyable énergie au travail . 

Merci David pour cette échappée belle !
Mon amical bonjour à tous tes amis que j'ai eu le plaisir de rencontrer,
et bonne continuation à tous !

 

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14 - 8 : le monastère des 10 000 Bouddhas

Ce monastère est perché sur les collines au nord ouest de Kwoloon, que l'on aperçoit au loin.
c'est le 2ème site le plus fréquenté de HK, après ... les champs de courses d'happy Valley!

Ce monastère 100% bouddhiste, qui date de 1950, est empreint de la sérénité et du calme carctéristiques des temples bouddhistes.

N'empêche - que moi qui ne voulais faire que "du plat" aujourd'hui histoire de me ménager un peu les gambettes - il a fallu que je me farcisse les 4OO marches qui permettent d'accéder au temple principal ! 
L'escalier, bordé de sculptures de Bouddhas, le plus souvent très récentes, est très drôles grâce aux incroyables expressions des divers bouddhas.

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Toutes les expressions de la condition humaine sont représentées ... c'est vraiment génial.

Ensuite, éreinté et le souffle coupé, on accède à la terrasse où l'on découvre, devant une grande pagode rouge ( encore 150 marches!) 2 grands bodhisattvas: le protecteur du monastère et la déesse de la miséricorde:

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A l'intérieur du temple, les murs sont tapissés d'étagères sur lesquelles se trouvent 13 000 statuettes de bouddhas, chacune gravée au nom de son donateur :

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On reprend la grimpette et là c'est l' armée des bodhisattvas gardiens du Maître qui nous attend au virage : ils ont des airs farouches et sont armés jusqu'aux dents : je l'ai échappé
belle !
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Enfin retour "à la maison", en passant par le village de Sai Kung où les pêcheurs rentrent. Les clients choisissent  leurs poissons directement dans les aquariums (avec des gants !), et les apportent  au cuisinier  qui les prépare avant de leur servir en terrasse.: 

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Mais il fait presque nuit et il est temps que moi aussi je rentre .
Quelle belle journée  !!

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14 - 7 : Clear Water Bay

 

C'est dimanche, nous voilà partis l'extrémité sud de "Clear Water Bay", dans les Nouveaux Territoires, où de belles randonnées pédestres devraient nous faire découvrir  la beauté de la côte et apercevoir quelques îles de la mer de Chine ....aux eaux si claires comme son nom l'indique ...
Mais voilà, pas de bol : un brouillard à couper "à la baguette" ! On n'y voit rien !! On se perd même ... n'empêche, nous nous sommes "farci" les 291 mètres et les centaines de marches du chemin qui grimpe jusqu'en haut : malgré le brouillard, c'était très beau (juste un peu fatigant :)

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Je me suis dit que c'était comme si j'étais monté à pied en haut de la Tour Eiffel !

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Et puis on attaque la descente : pareil, dans la brume...
Il faut dire que l'humidité est à son maximum à cette période de l'année et qu'il fait très chaud (ou que l'on a "l'impression" qu'il faut très chaud )
Au retour, on est tellement fatigués que l'on fait un bout de chemin dans la voiture d'une jeune allemande très sympa qui nous prend en stop.
Enfin, nous apercevons quand même un bout de côte :

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Avant de rentrer Dav. achète un deshumidificateur, car ça commence à moisir dans l'appartement.
Et dans le ciel, une apparition magique : la tour  "ICC"  qui flotte dans les airs...C'est superbe!

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14 - 6 : l'île de lamma

Aujourd'hui direction Lamma : départ en ferry pour cette île toute proche,  la troisième par sa taille après HK et Lantau.

Une demie -heure de ferry, et hop! me voilà  à Yung Shue Wan l'un des 2 villages de l'île :

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Un village de pêcheurs très bucolique et authentique où de nombreux expatriés vont s'installer pour échapper au vacarme de HK.
A deux pas de là, quelques maisons de pêcheurs sur pilotis - très pauvres -:

 

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Et  puis un temple dédié à Tin Hau, la déesse de la mer. L'entrée est gardée par deux lions (comme d'hab.) et la vieille  gardienne devant mon refus de lui acheter des bâtons d'encens pour 'good luck, good luck'  ...s'est mise en colère et a craché par terre !! la vilaine : c'est interdit de cracher à HK !
Devant le temple, des spirales d'encens  sont accrochées au toit : ells peuvent brûler pendant plusieurs jours et les cendres sont recueillies dans des plateaux  rouges ou blancs:

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Après un rapide plat de nouilles au crabe (je me suis fait avoir : une bassine pleine de nouilles avec juste 2 gr. de crabe ! )
Bref ... me voilà partie sur le "family trail" enfin en ce qui me concerne c'est plutôt le "lonely trail"..., deux heures quand même de marche sur un très joli sentier qui longe la côte. Au village je m'étais acheté un "bob" à cause de la chaleur ( trois jours après m'être acheté un bonnet de laine : incroyable les écarts de température!).
On se croirait en Corse le long des golfes clairs et des plages de sable blanc  (pas la peine d'aller si loin me direz-vous ...) sauf que la végétation est quand même plus exotique : bananiers, palmiers, bambous, eucalyptus  en fleurs... et cet arbre magnifique dont
je n'arrive pas à trouver le nom

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au détour du chemin, il faut bien dire aussi, une énorme centrale électrique : c'est ça aussi HK
le business industriel n'est jamais loin!

 

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Sur le chemin aussi, une petite échoppe de bric à brac. La vendeuse n'étant pas là, j'ai pu farfouiller à mon aise et observer de près ces petits "gongs" en bambou qui servent de "cloches" ou de "sonnettes"  près des portes d'entrée des maisons.

Enfin arrivée au 2ème village : Sok Kwu Wan (désolée pour ces noms à coucher dehors).
Un village de pêcheurs, certains vivent sur leur bateaux, près des viviers, avant de vendre leurs poissons aux habitants et surtout aux restaurants du coin qui ne proposent que ça : du poisson.! du poisson! enfin ce qui ressemble à du poisson !
Je peux pas vous dire, j'ai pas goûté ..


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...Et voilà, retour à l'embarcadère et coucouche-panier!

 

 

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14 - 5 : les temples de Kowloon

Aujourd'hui je suis partie en tram de l'autre côté de la baie ( hé oui ici le métro passe sous l'eau de la baie !) voir 2 temples situés au nord sur les hauteurs (district de Wong Tai Sin)

Le premier est magnifique : c'est le monastère de CHIN LIN , un complexe monastique de religieuses qui comprend des jardins, des bassins couverts de lotus et des édifices en bois magnifiquement ouvragés qui reproduisent le sytle architectural de la dynastie TANG (618/907), la grande période d'épanouissement culturel en chine.
L'ensemble respecte les règles anciennes du Feng Shui (axe nord/sud).

Le monastère est composé de trois cours entourées de lieux de prière, que l'on ne peut pas prendre en photo. L'ambiance de ce monastère est très sereine et très calme.
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Les jardins sont entourés de sculptures de jade, toutes sous titrées par un proverbe bouddhiste.J'en ai choisi un au hasard ... 

Les jardinières, assises par terre enlèvent les mauvaises herbes à la main, une par une!

 

Je suis ensuite allée au temple WONG TAI SIN, dédié au dieu Wong, le dieu de la bonne fortune - à prendre au sens que vous voudrez -  un des principaux lieux de culte à HK : là, l'ambiance est tout autre !
Ce dieu a la capacité d'accéder aux voeux des fidèles presque exclusivement centrés sur ...
l'argent. On y vient pour gagner aux courses ou à la loterie, lors forcément il y a foule !

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Les gens prient même sous la pluie, assis par terre, avec leur boîte de "chim" à côté. Qu'est ce que c'est que les chim me direz - vous? Hé bien ce sont des batonnets de divination : on les achète (forcément), on secoue le pot très fort  ce qui donne une ambiance très "cliquetis", quelques uns tombent par terre : on les ramasse et on regarde les numéros qu'ils portent. Ensuite on va voir le "devin" qui se tient pas loin, et on lui demande d'impréter ces chiffres et de nous prédire l'avenir ( = la richesse que l'on peut espérer ... !!)
Bien sûr : je l'ai fait : ET DEVINEZ QUOI ?
le devin m'a dit qu'un de mes fils allait se marier cette année !!    Incredible no ?

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Donc je souhaite beaucoup de pièces d'or à cette dame :)
On peut aussi écrire ses voeux sur un petit bout de papier que l'on colle au mur, et quand le mur sature, le gardien du temple passe tout simplement les enlever pour les mettre à la poubelle :)
Voili voilou, 600 temples, sanctuaires ou monastères à HK, ça fait quand même un "sacré business"  ou un business sacré ... c'est au choix  !!


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14 - 4 : La vie au quotidien à HK

HK est une ville assez fascinante, que je ne peux comparer à aucune autre :

fascinante par son cosmopolitisme, ses contrastes en tous genres, sa rapidité - tout va vite, fort, toujours "plus que partout au monde", son dynamisme omniprésent, son côté zen pourtant parfois, ses couleurs,

 

ses gratte- ciel immenses et la multitude de ses petits parcs qui surgissent ça et là comme des bouquets de fleurs posés aux pieds de tours plus hautes que le ciel, ses larges avenues qui portent des noms anglais (colonisation oblige), et ses étroites ruelles piétonnes  pentues et exotiques qui regorgent d'étalages de champignons ou  de poissons séchés/pourris ... qui sentent bon le pays !

la cohabitation conviviale de ses différentes religions, et de ses quelques petits temples ou églises perdus au fin fond d'un incessant grouillement urbain, ses cimetières où les tombes sont touche à touche par manque de place,

la multitude de ses transports très fréquentés : tram, métro, escalators, bus colorés, passerelles aériennes grâce auxquelles, les piétons préssés peuvent voler d'un bout à l'autre de la ville sans  mettre le pied par terre , en restant à l'abri de la pluie ou du soleil, bateaux de toutes sortes et de toutes tailles, ferries - les lents et les rapides -  qui assurent le transport entre les différentes îles, HK et Kowloon ...

si HK suinte l'argent (30 000 USD par habitant contre 3 200 en Chine), elle sent aussi la très modeste conditiion des maids philippines qui promènent les chiots emmitoufflés et colorés de leurs patrons, la pauvreté des éboueurs dont la tâche est très ardue ici compte tenu du nombre d'habitants au km2, et celle des artisans de rue, genre cordonniers ...

même si c'est une ville "qui pue" - dixit Charly - (la pollution, la nourriture locale), elle est étonnante  par sa propreté : si l'on jette un mégot  ou un papier par terre, l'on est passible d'une amende de 15 00 HKD et c'est affiché partout! de même pour les chiens : toute crotte est interdite ... bref, c'est très propre par terre : on pourrait y marcher les yeux fermés!

En revanche il vaut mieux ouvrir les yeux à cause des marches d'escaliers, parce que des escaliers il y en a partout! ça grimpe dur et dru : et il vaut mieux avoir de bonnes jambes, être un peu costaud, si l'on veut remonter aux " Mid Levels" à pied  et arriver entier! Maisil y a toujours un taxi rouge au coin de la rue, et heureusement ce n'est pas cher (2 à 4 euros en moyenne pour un petit trajet).

Avant d'illustrer tout ça par quelques images, je dois à la vérité de dire que l'année du tigre nous a amené un temps de cochon et un froid de canard, à tel point que j'ai dû m'acheter un bonnet de laine et que je regrette bien de n'avoir pas pris d'anorak !



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- les escaliers pour descendre des Mid-levels (on  appelle comme ça ce quartier situé à mi hauteur du Peak) au Centre et la  ligne du "peak tramway" qui monte du centre au peak

- bus et tramway sur Queen's road (un vieux tramway anglais fait aller-retour tout le long de la baie, une bonne balade à faire sans se fatiguer!)

- taxis rouges : ils sont 17 000, rouges  sur l'île de HK, verts dans les Nouveaux Territoires et bleus sur l'île de Lantau - Souvent des Toyota, les chauffeurs les louent après avoir payé 3,8 millions de HKD leur permis de conduire taxi ! (diviser par 10 en euros , faites travailler vos neurones ...). Concernant ces taxis tout est très bien organisé : on leur fait signe de la main si leur petite lumière située au milieu derrière le pare-brise est allumée ce qui signifie qu'ils sont libres, mais on ne peut le faire qu'aux endroits où il n'y a pas de bande jaune le long de la route. Quand ils ne parlent pas anglais, no problem : ils nous passent un interlocuteur par téléphone, et ce dernier traduit ...

- Le port "voyageurs" : Le Central Pier ( derrière on aperçoit l'IFC : "International Financial Center " où travaille David :  88 étages, ce n'est pas gagné mais presque : il y en a un seul autre plus haut l'ICC  ),

 et de l'autre côté Kowloon : 7 minutes  et  20 centimes d' euros pour traverser .

 

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Les poisssons séchés qui donnent l'énergie à revendre, beaucoup d'abalone lesquelles sont en voie de disparition...
les grosses moules séchées  depuis ... très longtemps !

Le petit parc devant le "legislative council" . Derrrière, avec les losanges blancs, c'est la Banque de Chine dessinée par l'architecte Pei en 1982 : 70 étages

Le "Man Mo Temple' construit pendant la période coloniale en hommage aux dieux taoïstes Man (le dieu de la littérature) et Mo (le dieu de la guerre). Quand j'y suis allée, il y avait forte affluence et c'est peu dire ! Il faut se frotter les yeux tant il y a de fumée d'encens. Une drôle d'impression, business et ferveur s'entremêlent : lequel domine ? je ne saurais dire.

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Sur l'affiche que l'on voit partout : ce qui est interdit sous peine d'amende

une femme "éboueuse". Elle ramasse les sacs en bas des immeubles, les dépose en face, et le camion passe 3 fois par jour ! Pas vraiment de tri sélectif.

Un cordonnier d'ailleurs super efficace

"Aberdeen street"  fait partie de ces petites rues piétonnes sympathiques qui relient  les plus grandes artères. On peut y voir un portrait de Mao sur la gauche : le culte toujours... 

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La pierre symbole de l'acceptance de toutes les religions et sa traduction en anglais (je traduis car c'est pas très lisible  : cette stèle a été faite en 2004, pour que les bouddistes, confusianistes, taoistes, catholiques, protestants et Islamistes vivent en paix et harmonie ...)  elle se trouve dans "HK Park", où j'ai aussi visité le musée du thé ... et appris à le faire "dans les règles" : c'est très très très long , un exercice de patience! Attention, la prochaine fois que je vous invite prendre une tasse de thé , compter 2 heures !

Tout ça vaut bien pour finir, un petit moment de yoga en plein air, comme mon voisin d'à côté :

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14 - 3 : A bord d'une jonque, l'aqua Luna, nous découvrons une autre facette du Victoria Habour :

L'occasion de faire quelques jolies photos prises par david    


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Photos prises à Kwaloon en regardant HK de l'autre côté de la baie.

 

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14 - 2  :Après les festivités du Nouvel An, nous partons à la découverte de la nature qui fait le charme de Hong Kong

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Départ en tram qui traverse le Victoria Harbour en direction de Kowloon, puis en bus.






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Promenade à Ching Mun Country Park , un parc parsemé de réservoirs d'eau

 

Rencontre avec nos cousins, il y en a beaucoup dans le coin, mais attention il s peuvent être méchants ... ils ont pourtant manger tout mon paquet de "ricola" !

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Et puis retour dans les rues grouillantes de Kowloon et baba devant les belles ROLEX :)

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Le jour suivant nous allons voir le sud de l'île , domaine de la classe aisée de HK : un quart d'heure de taxi et hop ! nous y sommes : la nature est préservée et les balades le long de la côte, très agréables. a "Repulse Bay" ( le navire britannique Repulse, débarrassait le lieu des pirates dans les années 1840) , on trouve un temple chinois décorées de créatures mythiques, des statues du Boudda, et un temple dédié à la déesse Tin hau, protectrice des marins.

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Le Nouvel An chinois : 14 février 2010.

Nous sommes arrivés juste pour le nouvel an chinois !
La parade dans une rue de Kowloon où se déroule le défilé :

 
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Mais c'est quoi, le nouvel an chinois ?
Depuis la création de la République Populaire de Chine, le 1er octobre 1949 par le Président Mao Zedong, la chine a officiellement adopté le calendrier Grégorien ou calendrier solaire (le nôtre).


Cependant les chinois conservent leurs festivités traditionnelles : celles fixées selon les dates du calendrier lunaire.


 

Parmi ces fêtes « lunaires », la plus importante est la « fête du printemps » ou « fête du nouvel an chinois » : elle a lieu le premier jour du premier mois de la nouvelle année lunaire. Cette date, qui varie selon l’année en calendrier solaire, est obtenue après des calculs complexes des mouvements de la terre et de la lune. La fête du nouvel an est aussi appelée fête du printemps car elle marque la fin de l’hiver (solstice d’hiver en calendrier solaire) et l’arrivée des beaux jours.


Les festivités durent en fait beaucoup plus d'un jour, puisqu'elles commencent le 11ème jour du 11ème mois de l'année lunaire et s'achèvent par la "Fête des lanternes" le 15ème jour du dernier mois lunaire. Elles ont toujours lieu en janvier ou février du calendrier solaire. 


 

Cette année, le nouvel an chinois a lieu le 14 février 2010 :

5 février : dernier quartier de lune

14 février : nouvelle lune/ nouvel an

22 février : 1er quartier de lune
28 février : pleine lune.


 

Les chinois rendent un dernier hommage aux dieux et aux ancêtres. La famille rend visite aux amis et aux proches, puis en fin d’après midi, on s’attelle aux longs préparatifs du banquet. On y trouve fréquemment : des plats frits à l’huile (symbole de chance et de prospérité), des aliments cuisinés en forme arrondie (symbole de la réunion), des vermicelles translucides (symbole de fortune), des nouilles (symbole de longévité)



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Il y a des braderies dehors, les devantures des magasins et les portes des maisons sont décorées de bandes de papier rouge porte-bonheur pour la nouvelle année, on dispose des petits autels dans les maisons, et des arbres miniatures : les « yao qian shu » ou « arbre qu’il suffit de secouer pour faire venir la fortune » …

Toute la journée, pétards et tambours battent leur plein afin d’éloigner les esprits néfastes. Tous les gratte ciel rivalisent de lumières, c'est vrraiment très beau.

La « danse du lion » ouvre le bal du réveillon dans les rues chinoises, au rythme des battements de tambours, des gongs, des cymbales et des pétards.

De même la danse des dragons (représentant la noblesse, la bravoure et la chance) fait partie des festivités.

Puis c’est « l’heure du rat » entre 11h et 1 heure : c’est le moment où les esprits viennent sur terre pour participer à la fête.

Enfin, c’est le repas du réveillon, qui réunit exclusivement la famille, et qui se termine à l’aube du premier jour de la nouvelle année lunaire … 
 

Toutes les offrandes restent en place jusqu’à la Fête des Lanternes le 28 février. on continue de rendre hommage aux dieux et aux ancêtres en brulant de l’encens.

Ce jour là Hong Kong brille sous les feux des lanternes traditionnelles suspendues dans les temples, les maisons, les restaurants.

C'est alors la fin du premier jour du nouvel an chinois.

 Le 14 février 2010, sera le début de l'année du tigre de métal :

 

Le tigre est le troisième animal du zodique chinois. Superbe et généreux, sensible, émotif, capable d'aimer très fort. Mais aussi rebelle, obstiné, un peu tête brûlée et parfois mesquin.Une année du tigre de métal ne sera pas une année insipide. Une année pleine riche et forte avec de belles surpises et des moments de tension. Une année où il faudra savoir prendre du recul parfois et ne pas foncer sans réfléchir mais aussi profiter de l'atmosphère propice aux engagements et aux sentiments. Une année pour aimer et le dire, partager, vivre à fond ses émotions..


A Hong Kong, la fête c'est surtout, la grande parade qui voit défiler  dans Canton Road, toutes les institutions de la ville, même les plus inattendues comme les hôtesses de Cathay Air Line ou le Jockey Club ... des musiciens, des danseuses, d'énormes ballons gonflabes qui représentent des personnages de bandes dessinées, et le clou : un très long et souple  tigre volant qui nous passe au dessus de la tête.
Ce qui m'a le plus étonnée c'est la foule immense qui assiste à ces festivités, sans aucun débordement, aucun heurt d'aucune sorte, sans un seul papier jeté par terre, sans un seul mégot de cigarette qui traîne !

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et c'est aussi un gigantesque feu d'artifices tiré depuis des bateaux et qui illumine le ciel dans une pétarade assourdissante.

c'est encore une semaine entière de congé pour  presque tous les hongkongais "du cru" qui pour la plupart quittent le territoire, pour la chine, retrouver leur famille.

et c'est enfin la semaine de distribution des petites enveloppes rouges que l'on donne à ses proches, ses amis, ses employés ... avec un peu d'argent...


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Et tout le monde s'amuse bien !  

 

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ET VIVE LE NOUVEL AN CHINOIS !

 

HK 100

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14 - Une escale à Hong Kong: 9 février/5mars 2010


"Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage
Ou comme cestui-là qui conquit la toison
Et puis est retourné plein d'usage et raison
Vivre entre ses parents le reste de son âge"

Je ne dois pas ressembler à Ulysse, car à peine revenue : envie de repartir... le voyage ne m'a sans doute pas rendue sage  ... et je n'ai plus l' âge d'Ulysse!


Et puis, lors de mon tour du monde, j'avais "zappé Hong Kong" - absolument inacceptable! - aussi ai-je eu envie d'y retourner pour y retrouver Dédé. Pierre et Charles nous ont fait le plaisir de venir nous rejoindre quelques jours .


Mais avant de raconter mes aventures chez les Chintoktok, les mauvaises habitudes reprenant vite le dessus, un petit rappel d'histoire/géo ( hé oui, que voulez vous c'est mon côté intello. je n'y peux rien )

HK



















 

 


Géographie, climat, population

 

Hong Kong - qui signifie en cantonais « port au parfums » - est la plus grande, la plus peuplée et la plus riche des deux régions administratives spéciales (RAS) de la République populaire de Chine (l’autre étant Macao et le statut de Taïwan contesté).

La région, qui compte un peu plus de 7 millions d’habitants sur 1092 km2 – soit une densité moyenne de 6357 ha. / km2  - est située sur la rive orientale de la Rivière des Perles, dans le prolongement de la province du Guangdong, bordée par la « mer de Chine méridionale ». Au sud du tropique du cancer, elle se situe à la même latitude que HawaÏ.

 

Comme l'on peut le voir sur la carte ci-dessus, Hong Kong, n'est donc pas seulement la très connue « ville de Hong Kong », mais un ensemble de territoires rattachés à la Chine continentale (ici on dit : "main land chinese") et une multitude d'îles dont la peuplée et la plus importante sur la plan économique est bien sûr l'île de HK.

 

Le climat est « subtropical à hiver sec » : les températures oscillent en hiver (janvier, février) entre 13 et 22°. L’été est très chaud et les pluies abondantes. Hong Kong subit souvent des typhons. Le plus important remonte à 1906 (10 000 morts).

 

Ce qui caractérise la géographie de HK, c’est son incroyable diversité topographique : montagnes (les plus hauts sommets, le « Lantau Peak » domine à 934 mètres et le Tai Mo Chan à 958 mètres au centre des Nouveaux Territoires), vallées, plages, côtes rocheuses dentelées, îles (234 îles périphériques sur 175 km2 dont la plupart inhabitées), réserves marines, 23 parcs régionaux occupant 40% de la superficie et sont sillonnés de chemins de randonnée de plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres qui permettent de découvrir une luxuriante végétation tropicale.

Au total, environ un tiers seulement du territoire est urbanisé.

 

Les régions les plus denses sont le nord de l’île de Hong Kong - 1,5 million d’habitants - et la péninsule Kowloon qui lui fait face.

Mong Kok, un quartier de Kowloon, serait l’endroit de la planète avec la plus forte densité de population au monde … des chiffres allant jusqu’à 200 000 ha. / km2 !

Les « Nouveaux Territoires » représente 80% de la surface de HK et plus de la moitié des 7 millions d’habitants. L’île de Lantau, sur laquelle se situe l’aéroport international fait partie des « Nouveaux Territoires ».

 

Le cantonais est l’une des langues officielles de Hong Kong. L’anglais est enseigné dans toutes les écoles depuis le primaire. Plus d’un tiers de la population parle anglais. Depuis le retour de HK à la Chine, le mandarin suscite un regain d’intérêt, et supplantera peut-être un jour le cantonais. Enfin, certains dialectes sont encore parlé par les minorités : les Tanka, les Hakka, les Hoklos …

 

Histoire

 

Il existe des preuves d’implantation humaine qui remontent à 6000 ans au moins. Tout récemment en 1999, des archéologues ont découvert un « atelier néolithique » dans les Nouveaux Territoires, avec des outils datant de cette époque.

Depuis très longtemps aussi –dynastie des Qin, des Han, des Tang, des Song - des bateaux marchands étrangers venaient mouiller dans les criques abritées de Hong Kong et les "locaux" devaient construire des villages fortifiés pour se protéger.


Les premiers européens (Portugais puis anglais avec la Compagnie britannique des Indes Orientales), arrivèrent en Chine dès le début du 16ème siècle, pour y construire avec l’autorisation très contrôlée des chinois, des postes d’approvisionnement, des manufactures, des entrepôts, pour y implanter des « hongs » (des sociétés commerciales).


Au début du 19ème siècle, HK ne compte que 7500 habitants, des pêcheurs surtout.

Le fragile équilibre fut rompu avec la première, puis la seconde guerre de l’opium (1839/1842 puis 1856/1860) qui opposèrent les Britanniques, lesquels voulaient importer en Chine l’opium ramené d’Inde, et la Chine qui avait déclaré ce trafic illégal depuis 1729.

Ces guerres aboutirent à la défaite de la Chine : par le traité de Nankin signé le 29 août 1842, elle dû notamment céder l’île de Hong Kong, puis la péninsule de Kowloon aux anglais à perpétuité.

Cinquante six ans plus tard, en 1898, la « deuxième convention de Pékin » a modifié le traité de Nankin en attribuant aux anglais un bail de 99 ans sur Kowloon et quelques îles : ce que l’on appelle aujourd’hui les "Nouveaux Territoires".

 

HK a subi l’invasion des japonais pendant la seconde guerre mondiale, ce qui s’est traduit par un exode massif des populations et une baisse importante de l’activité économique.

 

Le 19 décembre 1984, le Royaume Uni s’est engagé à remettre à la Chine l’ensemble de la colonie en 1997, et la Chine s’engagea quant à elle à garder le régime économique et le mode de vie Hongkongais pendant 50 ans soit jusqu’en 2047 : c’est la « loi fondamentale » et la politique dite « un pays, deux systèmes », qui permet aussi à HK de conserver son système légal (tradition du Commun Law), sa monnaie (1 USD = 7,77 HKD) son système politique, ses équipes sportives internationales et ses lois sur l’immigration. En revanche, la défense et la politique extérieure reste du domaine du gouvernement central.de Pékin.

 

C’est ainsi que HK est devenu le 1er juillet 1997, la première Région Administrative Spéciale de Chine. La cérémonie a été retransmise dans le monde entier.

Macao la portugaise,  a été rétrocédée quant à elle, en décembre 1999 pour former la seconde RAS de Chine.

 

Politique et économie

 

Le Chef de l’exécutif hongkongais : Donald Tsang , ancien Secrétaire des finances du territoire, occupe donc depuis 2005 le poste de chef de l’exécutif. Il est élu pour 5 ans renouvelable, par une assemblée dont la majorité représente des « groupes professionnels ». Il représente la région auprès du gouvernement central de la RPC.

Le gouvernement de HK est composé de 14 ministres responsables devant le chef de l’exécutif, assisté d’un conseil. Le parlement adopte les lois, mais ne contrôle pas l’exécutif. Il est composé de 60 membres, une moitié étant élue au SU dans des circonscriptions géographiques, l’autre dans des circonscriptions « fonctionnelles » selon le secteur d’activité. Le suffrage universel devrait généraliser en 2017.

Hong Kong est divisé en 18 districts, chacun disposant d’un conseil qui n’a pas de pouvoir réel.

 

La population vieillit : en 2033 on prévoit que 27% de la population aura plus de 65 ans. Beaucoup quittent HK : pour fuir l’afflux de paysans venus de l’intérieur– 500 000 ressortissants sont venus de la RPC depuis 1997 - , pour fuir la pollution atmosphérique, et les jeunes « cerveaux » partent pour étudier aux USA.

 

Depuis 1970 on assiste au développement des services et de la finance. Aujourd’hui HK est la ville la plus riche de Chine et son économie la plus libérale du monde : en concurrence avec Singapour, elle est devenue le 3ème centre financier après Londres et New York. L’objectif de la politique monétaire est de maintenir la stabilité du taux de change avec le dollar américain. Depuis 2005 le change se fait entre 7,75 et 7,85 pour 1 dollar américain.


L’économie est tournée vers l’extérieur, et notamment avec la Chine, avec laquelle elle est de plus en plus fonctionnellement intégrée et réalise presque 50% de ses échanges.Le PIB de la Chine est 3200 USD par habitant et celui de HK de 30 000, presque 10 fois plus !

Bon aller, j'arrête là mon "serious chattering" pour passer aux choses un peu plus fun, car nous y sommes :  arrived in Hong Kong !
  

 

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Voyager en solo

« Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage » ?

                            


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Tout juste trois mois que je suis rentrée. Il faut un peu de temps pour « digérer » le  voyage et le retour : attendre que le temps des retrouvailles enflammées soit passé, que  les émotions soient retombées, que la vie « normale » ait repris son cours.

 

Alors le temps de la réflexion s’installe et celui de l’écriture peut pointer le bout de son nez...

 

On m’a souvent questionnée sur le choix que j’avais fait de partir seule pour un si long voyage, et demandé d’en tirer par écrit les conclusions.

 

Pour être honnête, j’y suis d’abord allée un peu à reculons, par pudeur sans doute, par une inclinaison naturelle à ne pas livrer  les réflexions  que continuent à susciter en moi l'expérience intime  d'un long voyage en solo.

Et puis j’y ai trouvé un véritable intérêt, en découvrant par ce biais une nouvelle façon de revivre, calmement, mon voyage. Faire le point, c’est intéressant non seulement pour les autres, mais pour soi-même aussi ! Je me suis aperçue enfin, après avoir discuté avec de nombreux voyageurs au long cours, que notre parcours et nos points de vue convergeaient largement, et que donc je n’allais rien inventer.

Que, si je n'allais certes rien inventer, je pouvais espérer, en toute modestie, que mon récit aurait un jour, qui sait, valeur d'utile témoignage pour de futurs voyageurs. J’aurais d'ailleurs bien aimé trouver moi-même ce genre d’article, avant de partir. Alors ...

 

C’est ainsi que je me suis décidée à écrire et livrer mes réflexions. Tant mieux  si je peux  répondre aux interrogations de ceux qui hésitent encore  ... Le voyage, c’est aussi le partage.

 

Je sais que je dois essayer de faire la part des choses, en évitant les jugements hâtifs, péremptoires ou définitifs (du style : Ah c’était absolument merveilleux, Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil ...).

Chacun a sa propre expérience, et toutes sont différentes. On ne peut parler que de ce que l’on a vécu soi-même, le plus honnêtement possible, en se souvenant des belles choses mais aussi des moments de doute. Savoir enfin que si on « adhère » immédiatement à certains pays (l’Argentine, le Chili, Bali...) d’autres ne s’appréhendent bien et ne s’apprécient qu’avec le temps (l'Inde).

 

Pourquoi voyager seule ? 


J’avais déjà abordé cette question dans mon article sur « les préparatifs », écrit avant de partir. Je n’étais alors  pas totalement sûre de moi...

 

J’avais une grande envie de partance, d’errance même, de lointain, de découverte et d’aventure (envie qui remonte sans doute à l’enfance : ma mère voyageait déjà toute seule). Cette envie, je voulais la satisfaire avant qu’il ne soit trop tard et réaliser mon « Rêve de tour du monde », dussé-je partir seule si nécessaire.

 

Je n’ai pas voulu partir seule. Je suis partie seule car je n’avais pas le  choix : Gilles ne pouvait s’arrêter de travailler, les amies qui auraient eu envie de m’accompagner (pas si nombreuses !) avaient toutes des empêchements, moi je n’en avais aucun dans les mois à venir : plus d’enfants à la maison, plus de parents, plus de travail... Partir avec une inconnue trouvée sur internet ? Cela m’avait été fortement déconseillé et après une petite  recherche par voie d’annonce dans la revue « Globe-trotteurs » - d’ailleurs infructueuse - j’en avais  vite écarté l’hypothèse. A la réflexion, je pense qu’effectivement c’était une mauvaise idée : partir avec quelqu’un que l’on ne connaît pas ou peu, c’est courir un grand risque d’échec en s’imposant des contraintes qui s’avèrent souvent impossibles à surmonter.

 

Ce n’était pas un « défi » que je me serais lancé à moi-même : je savais que j’étais capable de faire ce voyage sans problème majeur, du moins en théorie.

 

Pas une « fuite » sur un coup de tête non plus : encore une fois, juste une terrible envie de vivre une aventure rêvée depuis longtemps, envie de me laisser porter pendant quelques mois, juste quelques mois, par d’autres péripéties que celles de ma vie quotidienne, ça oui !...

 

Je suis donc partie seule car c’était pour moi le moment idéal pour partir  sans culpabiliser, avec le soutien enthousiaste de mes enfants et  de Gilles (lui, un peu plus inquiet toutefois ...). Cela me semble important pour la suite : savoir pourquoi on part et partir en paix avec soi-même et les autres.

 

Quand il a été clair que j’allais partir seule, et que je l’ai accepté, je dois reconnaître que j’en ai été ravie, et que j’ai commencé à anticiper le goût suave de la « liberté ». Je me suis même dit : « chouette ! Je vais partir toute seule ! » Une vraie gamine ! 

 

Les règles incontournables du voyage en solo :

 

Certains diront sûrement qu’il n’y a pas de règles particulières pour voyager seul. Ce n’est pas mon avis.

 

Tout dépend bien sûr du contexte dans lequel on part : l’habitude du voyage, le choix des pays, l’organisation, l’âge, le caractère et l’état d’esprit dans lequel on part.

 

En ce qui me concerne, ayant déjà beaucoup voyagé, j’avais envisagé mon escapade avec une certaine décontraction. Mais seule, si loin, si longtemps, c’était la première fois !

 

Mon voyage a certainement été facilité aussi compte tenu de mon âge, de mes cheveux que j’avais délibérément laissé blanchir, de ma tenue vestimentaire des plus basiques ! Tout cela compte pour imposer un certain « respect » que j’ai effectivement ressenti et qui tend à rassurer les femmes seules ...

 

Le fait d’être une femme ne m’a par ailleurs, absolument pas gênée.

Peut-être même avantagé : on vient plus facilement et plus  spontanément en aide à une femme qu’à un homme.

Je n’ai été importunée que deux fois. Une première fois  dans la rue, par des gamins à Bombay : je les ai vite envoyés promener et ils n’ont pas insisté. Puis en Inde par un « faux guide », qui parlait couramment français, mais ne m’a absolument rien appris et me réclamait pourtant 5000 roupies. J’ai refusé de les lui donner : il se met en colère, m’attrape par le T-shirt, appelle ses copains à la rescousse, éclats de voix, attroupement et tutti quanti ... je n’ai pas cédé, lui ai remis la moitié de ce qu'il me réclamait, et me suis esquivée sans problème.

 

Il faut bien sûr respecter un minimum de règles de prudence connues de tous : ne pas monter dans n’importe quel taxi « non officiel », ne jamais se mettre en état de dépendance, avoir toujours sur soi l’adresse de l’hôtel, éviter de faire des choses qui pourraient se révéler dangereuses comme faire du scooter ou sortir seule la nuit dans des endroits un peu « trash ». Je pensais toujours que s’il m’arrivait un pépin, étant seule, ce serait plus difficile, et que le voyage risquait d’être complètement gâché. J’ai donc joué la prudence. Et c’est vrai, j’avais toujours mon opinel sur moi ... lequel m'a surtout servi à éplucher mes pommes !

 

Respecter aussi les mœurs des pays, notamment sur le plan des habitudes vestimentaires,  pour ne pas se faire remarquer. Pour l’Inde, je m’étais munie d’une robe achetée au grand marché de Bangkok. Je ne l’ai mise qu’une seule fois ! J’étais toujours en bermuda ... bien loin du sari ! Un jour que je demandais à Rama – le chauffeur - ce qu’il pensait de ma tenue, il m’a regardée en souriant et il m’a répondu : « It’s ok, It’s your style ! ». Je crois vraiment qu’à ce niveau là les choses changent en Inde. Les indiens acceptent maintenant davantage que les occidentales gardent "leur  style".

 

 D’ailleurs, partout  j’ai eu le sentiment qu’aujourd’hui les voyageuses ont  l'alibi d'être avant tout « étrangères » avant d'être  « femmes », et peuvent ainsi se permettre, sans susciter le mal-aise, des accoutrements que les moeurs locales auraient prohibé pour les autochtones.

 

En partant, j’ai abandonné la fameuse robe dans ma chambre d’hôtel ...

 

J’avais choisi des pays « sûrs » et « tranquilles ». L’Inde, le seul pays que je connaissais déjà,  il vaut mieux il est vrai, éviter de le découvrir seule pour la première fois, ou bien savoir ce à quoi on s’expose. C’est la raison aussi pour laquelle j’ai volontairement évité l’Afrique, trop dangereuse et peut-être trop « dure » pour une femme seule.

 

Partir « l’esprit tranquille » comme je le disais plus haut, mais déterminée à aller jusqu’au bout, en sachant à l’avance qu’il y aura peut-être des moments difficiles.

L’envisager avant de partir rend les choses plus abordables. C’est ce qui m’est arrivé à Moorea, où j’ai vraiment compris que je ne supportais pas le complet isolement d'un bungalow. Compris que je préfère la guest house à la cabane !

Mais les idées noires qui assombrissent l’esprit certains soirs, peuvent être évacuées par le simple fait de savoir qu’ un voyageur muni d'une carte bancaire et d'une assurance convenable, peut toujours, en quelques heures d’avion, retrouver son « home sweet home » …

 

Enfin, le grand sujet : l’organisation. Faut-il tout organiser avant de partir ?

 

Là encore, il n’y a pas de règle : c’est une question de choix personnel. Les deux sont possibles, les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients.

 

Le minimum me semble être le choix de l’itinéraire et l’achat des billets d’avion avant de partir. Avec la possibilité de moduler les dates (ce que je n’ai jamais fait). Pour le reste ... j’ai opté pour un voyage plutôt « organisé » pour gagner du temps et éviter la fatigue des recherches d’hôtels. Et aussi par goût : je sais que je n’aime pas déambuler seule dans les rues avec ma valise, à la recherche d’un hébergement. Retenir son hôtel à l’avance présente bien sûr un risque lorsque l’on a tout payé à l’avance. C’est ainsi que j’ai perdu 2 réservations : l’une au Chili (l’hôtel ne me convenait pas du tout, je ne m’y sentais pas bien) et l’autre sur l’île de Moorea – l’Atuana Lodge - où rien n’allait. Les propriétaires n’ont pas voulu me rembourser.

Lorsqu’on réserve à l’avance, on est tenu par le temps : impossible de prolonger un séjour dans un endroit plaisant. C’est vrai. Mais puisque j'avais prévu en fonction de la durée du voyage –-5 mois ce n'est pas très long pour 11 pays--, il fallait bien avancer ... Pour un voyage plus long, d’une année par exemple, je pense que cela peut être différent.

En outre réserver son hébergement, lorsqu’on souhaite un minimum de confort, c’est important, car les hébergements un peu « confortables » sont souvent complets. En tous cas, moi je n’ai pas regretté.

La réservation à l’avance de « circuits » permet de gagner un peu de temps, mais il est cependant très simple de le faire sur place.

 

Bref, le fait d’avoir prévu et réservé beaucoup de choses à l’avance, franchement, ne m’a pas gênée : je  n’ai jamais eu l’impression de manquer de liberté.

 

En Inde, le voyage en voiture avec chauffeur m’apparaît être la meilleure alternative lorsqu’on voyage seule. J’ai rencontré tellement de jeunes touristes qui ont galéré dans les trains et se sont fait voler leur sac, que je ne vois vraiment pas pourquoi je me serais privée de ce « luxe » qui reste en Inde, très courant et très abordable. Il faut faire attention à un certain « snobisme » du « voyageur branché » qui cherche la difficulté, alors que cela n’a pas toujours grand intérêt !

 
Les particularités du voyage en solo : 


J'en vois  essentiellement trois : la découverte de la liberté, de soi-même et des autres.

 

A la découverte d’une certaine forme de liberté :

 

La liberté, je l’ai découverte sous toutes les facettes de sa diversité lors de mon voyage.

 

Il n’est bien sûr pas question ici de « liberté » au sens métaphysique, mais juste d’une momentanée absence de contrainte et son corollaire, la spontanéité dans l’action :

 

- Voyager en solo, c’est être totalement libre, sans avis à demander à personne, sans comptes à rendre, sans planning à respecter : une nouvelle réalité concrète et vécue. Je n’ai pas ressenti le fait d’avoir un peu « organisé » mon voyage comme  une entrave, au contraire je pense que cela m’a soulagé des angoisses d’itinéraires à choisir et de lieux où me poser. Et m’a fait gagner beaucoup de temps. Aussitôt arrivée, j’étais libre !

 

- Voyager en solo, c’est avoir à tout moment, la possibilité de faire ou de ne pas faire, d’aller au jour le jour au gré de son humeur vagabonde. J’ai adoré me laisser porter ainsi au hasard de mes pas, droit devant. ... C’est un vrai régal de pouvoir s’offrir le luxe d’aller à sa guise, seule, perdue dans ses pensées, ou dans son absence de pensées, sentir le temps se dérouler, en le laissant occuper à chaque instant tout l’espace dont nous disposons avec lui.

C’est souvent ainsi que se font de belles et inattendues découvertes : je me souviens par exemple de cette balade que je suis partie faire à pied, au bord du grand lac de Puerto Natales au Chili ... j’ai rencontré des pêcheurs qui m’ont expliqué leur « technique », un cavalier qui m’a fait monter sur la croupe de son cheval, et après deux bonnes heures de marche, j’ai découvert  le petit musée de Saint Exupéry perdu au milieu de nulle part. Il était fermé, mais le gardien est venu vers moi pour m’en ouvrir la porte.

Prendre le temps aussi de s’arrêter, d’observer, de s’émerveiller ... A El Calafaté, en Argentine, j’avais fait le circuit des touristes, en bateau, au milieu des blocs de glace. C’était tellement beau que j’y suis retournée le lendemain à pied ! Je me suis assise sur un banc et je suis restée là un long moment, enchantée par la beauté presque surnaturelle de ces montagnes glacées, au contour évanescent, auréolées d’une lumière bleutée phosphorescente...

 

J’ai découvert que la liberté, ce n’était pas une vague idée, mais que cela pouvait être une réalité concrète et ressentie de façon encore plus jouissive peut-être, quand on est seul.

 

 A la découverte de soi :

 

C’est vrai que l’on apprend beaucoup sur soi-même en voyageant seul : « Rien ne développe l’intelligence comme les voyages » (Emile Zola)

-Epurer sa vie : 

 

 Je me suis découvert – ce fut plutôt une confirmation en réalité ! – un véritable penchant pour la simplicité... Vivre avec très peu de choses, au milieu de ces populations souvent  démunies, me convenait très bien.

Je suis partie avec une valise de 20 kg, plus un petit sac à dos. Beaucoup trop encore. En route je me suis constamment allégée, pour finir avec 15kg : je me suis séparée sans état d’âme, de tout un tas de choses et de vêtements inutiles. Ceux que je j'ai gardés, je les lavais le soir pour les remttre le lendemain.

 

Je dînais très simple, souvent dans ma chambre, ou dans la rue. Mais je sais que je ne suis pas portée sur la nourriture ... j’ai pourtant essayé de faire des efforts : j’ai même pris un cours de cuisine au Laos : je dois dire honteusement que je ne me souviens même plus de ce que j’ai préparé ... Mais je garde précieusement mon « diplôme de cuisinière » !

 

Bref, le voyage en solo, peut être l’occasion de faire « un grand nettoyage », en « épurant sa vie » de tout un tas de contraintes matérielles qui relèvent plus du fétichisme que de l’utile. La vie s’en trouve facilitée. On se sent plus léger dans ses valises comme dans sa tête, c’est reposant.

 

C’est sans doute la raison pour laquelle, je n’ai rien « rapporté » ou presque : quelques tout petits souvenirs pour les enfants seulement, absolument rien pour moi. Je trouve que tous ces objets que l’on rapporte de voyage, n’ont pas vraiment leur place chez nous, grands consommateurs du monde occidental. Sortis  de leur  contexte, ils perdent de leur signification ... et finissent par encombrer plus qu’autre chose ! Les plus beaux souvenirs, c’est dans la tête qu’ils ont leur place.

- Connaître ses limites :

 

Voyager en solo, c’est aussi et surtout bien sûr mettre à l’épreuve ses facultés d’adaptation et mieux connaître ses limites. Quand elles sont mises à l’épreuve, c’est l’envers du décor : « Le vrai caractère perce toujours dans les grandes circonstances » (N. Bonaparte).

 

                         -Il y a d’abord la confrontation avec la solitude. Car la liberté n’est pas exempte du  sentiment de solitude.

 Même si l’on se « greffe » sur certains tours et circuits, même si l’on n’est jamais seule très longtemps, même si l’indépendance est un vrai plaisir, la solitude, elle, peut devenir source d’angoisse.

 

C’est dans ces conditions que j’ai beaucoup apprécié mon ordinateur de voyage, véritable lien avec le pays et tous ceux qui me sont chers. Je regardais avec bonheur les vidéos – tellement drôles - que les enfants m’avaient fait parvenir pour Noël. J’écoutais les chansons qu’ils avaient enregistrées pour moi – sur le thème du voyage ! – Quel plaisir que d’écouter Bénabar ou Jacques Brel à l’autre bout du monde ! Je refaisais ainsi le plein d’énergie pour quelques temps.

 

C’est au cours de repas dans les « grands » restaurants que j’ai le plus ressenti l’isolement : rien de plus glauque que d’être seule à une table, entourée de gens souvent riches et coincés, qui ne prêtent attention à personne, ou de couples en voyage de noces qui vivent dans « leur » monde... J’ai vite déserté les restaurants pour les petites gargotes bien plus conviviales et sympathiques.

 

                         - Quand on est seule, la fatigue, le manque de sommeil, l’isolement conjugués,  peuvent provoquer peur incontrôlée et panique... et un bon coup de cafard. Cela m’est arrivée une fois, comble de l’ironie : en Polynésie française ! N’étant pas sujette à ce genre de réaction, je ne m’y attendais pas du tout à ce moment là. Et  cela a sans doute aggravé les choses. Il faut alors faire face, d’où l’importance de vrais moments de repos dans des hôtels confortables : on peut s’y ressourcer et repartir d’un bon pied... même si on s’y ennuie un peu. Ne pas hésiter ! 

       
                   - Il est sans doute plus difficile aussi, quand on est seule, « d’encaisser » ce à quoi l’on échappe pas dans certains pays : la grande misère, la saleté indescriptible, les bidonvilles, le sordide, les cloaques immondes où se traînent de pauvres erres,  sont à la limite du supportable, et un certain « raz le bol » peut s’installer. Il faut alors à mon sens, se protéger : soit par la fuite (se réfugier à l’hôtel et prendre un bon bouquin :), soit par la réflexion (avons-nous le droit de porter un jugement sur le mode de vie de ces populations étrangères, et d’en tirer des conclusions sur leur bien-être et leur bonheur ? ne devons-nous pas   regarder le monde  avec distance et éviter de culpabiliser?)

- Ressentir l'absence de partage : 

 

Enfin et surtout, voyager en solo, c’est l’absence du partage « vécu », ce partage qu’Internet ne remplacera jamais, pas plus que les photos, ou le récit de souvenirs.   Ce vide que la saveur de  la  liberté ne gomme pas, et qui peut, au bout d’un certain temps,  devenir difficile à vivre. Comme un manque qui s’installe et terni le bonheur de la découverte.

 

Ce partage, j’ai eu la chance de le vivre par petits bouts : des « miettes de partage » mais tellement importantes ! Quand  « ILS » sont venus me rejoindre.

Ce fut d’abord David à Bali. Je l’attendais dans le hall de mon hôtel de Kuta, le jour de notre départ programmé pour Ubud. J’avais décidé, pour calmer l’attente, de travailler sur mon ordinateur lorsque j’ai reconnu le son de sa voix.  Quel bonheur!
Effusion d’émotion incontrôlée sous les yeux du « guide/chauffeur » ébahi !

Ce fut Pierre, quelques semaines plus tard, au Laos. J’étais allée le chercher au minuscule aéroport de Siem Reap, avec le taxi de l’hôtel. Il venait de faire un très très long voyage. Après quelques minutes d’attente angoissée, je l’ai enfin  aperçu à travers la vitre teintée de petite salle d’embarquement. En contre-jour, je ne distinguais que sa silhouette et sa chevelure, mais c’était bien lui !! Là aussi, embrassades et émotion ...

 

Et puis ce fut Gilles à Pondichéry. Il y était arrivé avant moi, après un voyage terriblement long, avec changement de vol, transit, attentes interminables ... et le retrouver là, profondément endormi sur le lit en plein milieu de la journée, tout habillé, chaussures aux pieds... je me suis demandé si ce n’était pas un rêve tant la situation était insolite.

 

J’attendais leurs venues avec  impatience, comme une récompense, je comptais les jours ...et ils sont arrivés « au bout du monde », à l’endroit précis où je me trouvais : un cadeau venu du ciel... et des promesses de découvertes partagées avec eux pendant quelques jours.
Ces rencontres lointaines avec  les êtres les plus chers, resteront les moments de plus intense émotion de tout mon voyage. Une émotion où le bonheur s’exhibe en silence, où les larmes contenues se cachent.

Je me dis que sans eux, je n’aurais peut-être pas tenu le coup jusqu’au bout.

 

Mais Gilles était là pour rentrer avec moi : une belle fin de voyage.

 

Si je raconte sans retenue cette expérience de « retrouvailles », c’est parce qu’elle m’amène à dire aujourd’hui, que si je suis heureuse d’être partie seule, de l’avoir fait une fois, je ne le referai probablement  pas. En tout cas plus si longtemps. Le partage avec des êtres chers  me manque trop.

 

 A la découverte des autres :

 

J’ai envie de dire que c’est le grand « plus » du voyage en solo, ce qui rétablit l’équilibre avec l’absence de partage.

 

Le fait d’être seule et disponible, provoque forcément  plus de rencontres que lorsqu’on voyage à deux ou à plusieurs.

 

Ces rencontres sont fréquentes, presque quotidiennes, pour 5 minutes, une heure ou une journée. Elles prennent toutes les formes : inattendues, spontanées ou provoquées, mais elles sont toujours précieuses, riches, essentielles. Elles constitueront pour toujours la toile de fond des souvenirs du voyage, la richesse émotionnelle de l’errance. Sans ces échanges humains, le voyage solitaire n’aurait pas de sens.

 

Inattendues et spontanées, elles sont le fruit du hasard : J’ai fait ma toute première « rencontre » le premier jour, durant mon escale de 5 heures à Madrid. J’avais eu au départ de Nantes des problèmes d’embarquement avec mes billets électroniques. Il me fallait vite résoudre ce problème. Je suis donc allée dans l’espace réservé aux ordinateurs, pour essayer d’imprimer mes" reçus de billets électroniques". C’était compliqué ... Une jeune femme est spontanément venue m’aider et tout s’est bien passé. Elle travaillait dans une organisation humanitaire, en charge d’Haïti, un des pays les plus pauvres du monde. Nous avons déjeuné et passé deux bonnes heures ensemble en attendant nos avions respectifs. Elle m’a raconté sa vie là-bas ... et sa lassitude.

Et puis il y eu Martin, un allemand rencontré à Buenos-Aires qui « attendait sa moto ». Nous avons passé une semaine dans le même petit guest-house et sommes partis plusieurs fois ensemble à la découverte de la ville. La même semaine, c’est ce jeune  banquier, très classe, rencontré à la gare, qui m’a aidée à prendre mon billet électronique de train de banlieue. Là encore, nous sommes montés dans le même train, avons papoté tout le long du chemin et il m’a donné le numéro de téléphone de sa famille, au cas où ... et puis..., et puis ...il en fut de même jusqu’à la fin du voyage, jusqu’au dernier jour, lorsqu’ Emmanuel et Marie, un couple d’indiens rencontrés à Bangkok, sont venus me dire au revoir et m’ont offert ... une parure de draps !

Mais c’est à « Corinne de Tahiti » que je pense le plus, pour l’aide qu’elle m’a apportée. Le voyage, c’est aussi cela : l’entraide.

 

Ces rencontres peuvent être aussi un peu « provoquées » : c’est le cas des « contacts », des connaissances directes ou indirectes que j’avais dans tous les pays traversés, mais que je n’ai pas tous rencontrés.

 

Il y a enfin les rencontres avec  les guides, les chauffeurs, les autres touristes dans les petits restaurants ... Lorsqu’on est seul on est plus vite abordé et plus réceptif à l’échange. Et puis, on se rend compte aussi combien les gens sont avenants et généreux envers les étrangers, surtout en Asie. Les asiatiques ont le coeur sur la main ... et la main n'est souvent pas assez grande...
 
Lorsque Gilles est arrivé, nous étions deux dans la voiture, et l’attitude de Rama a complètement changé : plus un mot ... j’en étais toute triste.

 

Toutes ces rencontres de passage sont éphémères, mais peu importe : dans ce type de voyage, on se sent juste de passage, c’est la richesse de l’instant présent qui compte.

 

Le retour :

 

Mon retour n’a pas été difficile : d’abord Gilles était avec moi, et ce morceau  de voyage à travers l'Inde, en sa compagnie, fut comme une bienfaitrice « étape intermédiaire », avant de retrouver  avec bonheur tous les miens et ma vie française.

 

Sans doute 5 mois est-ce insuffisant pour qu’une véritable rupture avec la vie quotidienne s’établisse : j’ai pu ainsi rentrer sans subir le « traumatisme » que certains disent éprouver à leur retour ... et qui les pousse parfois à repartir aussitôt !

 

Je me souviens pourtant avoir craint un peu la « réadaptation » et voulu éviter de m’arrêter à Paris : envie de me « cacher » chez moi très vite... de garder la tête encore un peu dans les nuages, de calmer le coeur qui bat la chamade. Mais il a quand même battu fort sur le quai de la gare de Nantes où une  une joyeuse équipée m'attendait : "Martine is back ..." et voilà, cette fois, c'était  bien  fini!

 

Cependant, si « les voyages qui forment la jeunesse » ne sont plus de mise en ce qui me concerne, j’ai tout de même le sentiment très palpable de n’être plus tout à fait la même : à tout âge un voyage est une petite "re-naissance".


Je me suis définitivement allégée du carcan des convenances, du poids du futile et de l’inutile.
Envie d’aller à l’essentiel.

Ressenti aussi d'une véritable aversion pour tout ce qui est routine, habitude, carcan du quotidien.
Envie  de changement, de simplicité, d’authenticité.

Envie de fuir la sur-consommation démentielle de nos sociétés occidentales, ce qui  se traduit pour l’instant dans ma vie quotidienne, par de toutes petites choses   : j’ai spontanément moins « d’envies en tous genres » qu’auparavant, et prends plus le temps de lire, d'écouter, de partager..., bref plus envie de  créer que de consommer .... Des broutilles sans doute, avant d’aller, je l'espère, plus au fond des choses.

 

Envie de repartir, enfin, pour mieux comprendre le monde et "voyager autrement".

 

Car finalement, voyager, même seule, même loin, ce n'est pas  pas si difficile que ça...icon_biggrin.gif

Martine, 

Le 17 juillet 2009. 

 

 

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12 : Remerciements

Après environ 56 000 km parcourus, tous moyens de transport confondus, me voici arrivée au terme de mon voyage.

 

Je ne pouvais terminer sans remercier tous ceux qui m'ont aidée tout au long de ce parcours « en solo », et ont ainsi contribué à sa réussite jusqu'à son terme.

 

Un grand merci en priorité à Michel Deparis  (www.connaisseursvoyage.fr) qui a organisé ce voyage – vols, hébergement, séjours et circuits – avec un grand professionnalisme et  beaucoup de perspicacité. Ses conseils, ses mises en garde, et surtout le fait de m'avoir prévu des «circuits organisés» dans différents lieux, m'ont à la fois  permis de découvrir des sites très intéressants sur lesquels j'aurais probablement fait l'impasse, tout en faisant des rencontres enrichissantes qui rompent l'isolement.

 

Je ne peux que vivement recommander « Les connaisseurs du voyage » à tous ceux qui envisagent d'entreprendre un tour du monde.

 

Merci à l'association ABM  (www.abm.fr), pour ses conseils et la mise à disposition de sa bibliothèque.

 

Merci aussi à Audrey qui a « formaté » mon blog, moi qui suis si peu experte en matière d'internet !! Ce blog a été très important pour moi : ce fut la liaison constante avec « mon monde », et la force motrice de mon voyage.

 

Et puis bien sûr merci à Sara, qui m'a organisé avec une grande compétence, une extrême précision, et beaucoup de gentillesse, mon long périple au Chili. Ce fut une réussite et un merveilleux voyage!

 

Je recommande aussi à tous les amoureux de l'Inde, l'agence « Indian Panorama », dont le siège se trouve à Trichy (www.indianpanorama.in) , et dont l'excellente réputation en Inde ne s'est pas démentie en ce qui me concerne : sérieux, sécurité assurée à tous niveaux, lieux de séjours très bien choisis et excellents hôtels.

 

Merci encore à tous ceux qui m'ont accueillie  et aidée parfois (Baudouin, Roselyne Guitry pour son accueil à la Villa Helena à Pondicherry :  www.villahelena@satyam.net.in – Corinne... et tant d'autres ...),  ou tout simplement soutenue par leurs messages, mails et commentaires  .... qui ont été pour moi autant de "petits cailloux blancs", si importants, réconfortants et revivifiants!

 

Merci enfin bien sûr à mes enfants et à mon mari, qui m'ont suivie et soutenue avec constance et confiance. Ils m'ont accompagnée, beaucoup fait rire et je sais que je  leur dois en très grande partie, la réussite de ce voyage.

 

Un voyage « en solo », pour être réussi,  n'est jamais tout à fait un voyage solitaire!

 

A tous encore un très grand et amical merci!





 










Martine.

Globe-trotteuse ... et artiste peintre (www.miltis.com
Madras, le 17 avril 2009
 

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On m'a souvent posé la question, alors je rappelle que les pays sont classés par numéros, et les articles du plus récent au plus ancien ...

L'Iran c'est le numéro 38, (l'introduction sur l'Iran c'est le numéro 38,  puis 38-1, 38-2, 38-3 ... etc ... le dernier écrit, la conclusion étant le 38-11 );

Sur la droite de la page d'accueil, vous avez la liste de touts les pays visités . Ils sont classés selon le nombre d'articles écrits par pays ( ainsi le Laos arrive en tête , avec 30 articles, puis l'Inde et l' Equateur ...... etc  ) 

Vous pouvez aussi maintenant écouter de la musique et voir des vidéos, cliquer sur les photos pour les agrandir  et faire défiler les diaporamas ...et écouter de la musique iranienne !

Bonne lecture !

 Une petite ville située tout  près de Mahabalipuram, sans grand charme, sauf un mont en haut duquel se trouve un templion  - où les aigles qui venaient se faire nourrir par les prêtres ont disparu -  que l'on peut voir après avoir gravi un escalier de .... 6OO marches! Autant dire que Gilles l'a fait tout seul ( une vraie performance par 38° à l'ombre ! ) pour aller y retrouver ses copains, les chèvres et les singes...

 

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 Un restaurateur ambulant comme il y en a partout, et toujours le manque d'eau potable : là, un distributeur d'eau UNICEF            


 

Dans la ville basse, un vaste temple «  Vedagirisvara » dédié,  à Shiva, en pleine activité religieuse, et dont Gilles a enfin fait la connaissance  ...Quatre gopurams de belle facture marquent chacune des entrées du temple, un joli pavillon au milieu d'un lac complète les atouts de cette petite ville grouillante de mendiants et de brahmanes .... de bananes, de noix de coco et de vieux bus :  image d'épinal de l'Inde ! Et aussi de très beaux visages de petites filles ( voir article sur les portraits )
                                                                



 







Dans les temples, il faut retirer ses chaussures .... mieux vaut donc se laver les pieds en sortant !


Ci-dessous : sur le chemin du retour, nous avons croisé une procession pour un enterrement  : le défunt est placé sur un char coloré  dont les fleurs sont éparpillées tout au long du chemin.



 

Eh oui : tout a une fin, il en va de même pour mon voyage qui s'arrête là ... avant notre départ demain  de Chennai (Madras) vers Paris. Mais à Chennai, nous avons dîné, juste avant de prendre l'avion (à 4h du matin!) avec Immanuel et Mary Morais, que j'avais rencontrés à Bangkok! Le monde est bien petit!

Alors l'Inde? effarante ou fascinante ?

Un peu les deux :  en arrivant à Bombay, j'étais plutôt effarée, un mois plus tard je suis plutôt fascinée par la démesure, la variété, les couleurs, les coutumes, les religions et les rites cultuels de ce pays déroutant mais envoûtant ... On ne peut qu'être fasciné par cette civilisation unique et mystérieuse, qui a agi moi comme un sortilège. Difficile de trouver des qualificatifs pour décrire ce pays : anarchique, extravagant, excentrique, frénétique, délirant, un pays qui remplit le coeur et l'âme ... Une expérience unique, remplie de moments très forts et très émouvants.
Plus qu'une envie : y retourner pour continuer à apprendre et à comprendre ! 

   

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11 - 15 :  Mahabalipuram

 

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Martine étant dans les choux ( ou plutôt dans une soupe de piments ) pour cause d'ennuis gastriques ... C'est moi qui prends la plume !


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Nous sommes donc dans un  hôtel à l'écart du petit village de 12 000 habitants, sur une magnifique plage du golfe du Bengale, appelé encore Mamallapuram ( ce qui signifie «  le village du grand sacrifice » ).

Ce site  eut son heure de gloire au 7ème siècle avec un roi Pallava surnommé Mamalla qui fit construire  une kyrielle de monuments dont certains restent inachevés. Ceux-ci ont résisté  au tsunami de décembre 2004, quand la mer a pénétré sur  30 km à l'intérieur des terres. Les barques colorées de la plage sont neuves : elles ont été offertes aux indiens par les allemands, après que le tsunami  les a  toutes détruites :  nous sommes en effet ici au coeur de la zone désastrée.

 

Nous avons donc visité « le Shore Temple » dédié à Vishnou, qui fait face à la mer,  les cinq merveilleux temples  monolithes ( Five Rahtas ), taillés dans du granit jaune  en forme de chariot, chaque dieu ayant son nandi (sa monture) à proximité, la célèbre « descente du Gange » :  un bas relief de 27 m de long et 9 m de haut, sculpté directement dans un bloc de granit, et enfin une surprenante boule de granit qui tient en équilibre par la grâce des divinités hindoues.

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Le Shore Temple...                                             
                                                                                 et les Five Rathas.
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Ca trompe énormement  et La descente du Gange 

Mahabalipuram-033.jpg    Gilles a la recherche de chemins aleatoires... 











Mamallapuram, ce sont aussi, perpétuant la tradition, de très  nombreux sculpteurs  sur pierre dont les œuvres sont  exportées  dans le monde entier.


 




Savez-vous comment on appelle les français en Inde ?  Les "routards sous le  bras" !! Véridique ...





 Tous les jours, les pêcheurs partent sur leurs petites embarcations  colorées malgré les rouleaux.

 La mer très  est très dangereuse ici à cause des lames de fond, ce qui  nous empêche de nous baigner plus loin que la taille  (mais avec un longi quand même!).

Enfin, le long de la plage, en marchant au hasard, nous avons traversé, pour revenir sur nos pas vers l'hôtel, un très grand "bidonville" dont la précarité et l'insalubrité hallucinantes nous a fait frémir ... sans doute le pire de tout ce que j'avais vu jusqu'à présent. Un village sans doute dévasté par le tusnami de 2004 et non encore reconstruit ... qui restera longtemps gravé dans nos mémoires. Nous en sommes sortis en pressant le pas vers le confort , pas très fiers ...!


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Tandis que Pierre ( le pauvre ! ) est resté à Paris, que Charles est à Berlin, que David est à Séoul,  je viens de retrouver Gilles ( alias Gilnesh ) en Inde , à Pondicherry .

Encore une famille victime de la mondialisation !!

 

Bref, on était très contents de se retrouver .... dans une ville bien française ! l'un des cinq comptoirs de la Compagnie Française des Indes Orientales ( avec Chandernagor, Karikal, Mahé, et Yanaon ).

 

Pondicherry, anciennement : PUDU CHERI ( « le nouveau hameau » en tamoul ) rebaptisé récemment Puducherry, 700 000 habitants. Une ville située en bordure du golfe du Bengale ( enfin depuis le temps que je l'attendais celui là! ), séparée en deux par un canal (à sec forcément !) : le long de la mer, « la ville blanche », ancienne ville coloniale sous l'influence du Gouverneur DUPLEIX de 1742 à 1754, où l'on peut voir les belles demeures du 18ème dans des rues portant encore (plus pour longtemps) des noms bien de chez nous (Saint Gilles entre autres -  je ne savais pas que Gilnesh était un Saint... mais puisque c'est écrit !) et de l'autre côté du canal, « la ville noire », celle des "locaux", qui ressemble à n'importe quelle autre ville indienne, sauf qu'elle a des rues à angle droit ( le génie français ?).
A Pondicherry, ville très cosmopolite et  brassée de religions diverses, les sentiments sont contradictoires : richesse et pauvreté se côtoient, de même que les senteurs de jasmin et d'encens se mêlent aux odeurs nauséabondent des égouts et des poubelles ...
 
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Deux autres figures emblématiques de Pondicherry, Sri Aurobindo et sa compagne Mirra Alfassa appelée « la Mère », deux personnages très portés sur la spiritualité, qui ont respectivement fondé l'Ashram d'Aurobindo, et Auroville, paradis utopiste très soixante-huitard dont le centre spirituel est le Matri Mandir ...Pas très convaincant à mon avis.

A ce sujet, Madame Guitry, qui nous a accueillis dans une magnifique maison coloniale qu'elle a rénovée, nous a expliqué que beaucoup d'indiens, lassés par la multitude des dieux ( ils ne savent plus très bien à quel Saint se vouer ...) se tournaient maintenant de plus en plus vers des lieux de méditation et de silence à tendance monothéiste, comme l' Ashram Aurobindo auquel nous sommes allés ( mais pas de photos!) , un lieu paisible en plein centre ville, où de nombreux fidèles viennent méditer.
 



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Le Matri Mandir...                                      Dans les rizières...

Nous sommes aussi allés voir les pêcheurs au filet sur la plage, les temples dédiés au gentil Ganesh et à la terrible Kali ( déesse de la mort souvent représentée un crâne à la main ) et évidemment Gilles étant là, je n'ai pas coupé à la tournée des églises ( heureusement, il y en a moins qu'à Rome!)
                                                                                                                                               
Le Golfe du Bengale avec une eau à 28 ° ( on a trouvé sur les rochers un foetus enveloppé dans du papier journal ... ),
Une hutte de pêcheurs sur la plage,

et la déesse Kali, la méchante,
qui tient dans l'une de ses mains la tête d'une de ses victimes : 


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Il était temps que j'arrive : Martine, plus Ganesh que Kali (ouf!!!), aime trop les éléphants. Le retour au milieu des tulipes : tout un programme....

(article écrit "à quatre mains" le 10 avril) .

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Eh voilà, dernière étape avant Pondicherry :

Chidambaram
...la route fut longue car elle est en travaux ( comme presque partout !), mais les trajets en voiture sont toujours très intéressants, car il s'en passe des choses..., le long des routes, en Inde !
 


Beaucoup de monde qui marche : des femmes, paquets sur la tête, j'en ai même vu portant des piles de briques ! Des hommes qui vont aux champs ( ici surtout de riz, de canne à sucre ) , d'autres à vélos chargés comme des bœufs de tout et n'importe quoi, de bois, de bidons, de chiffons, de cartons etc...de vieilles charrettes tirées par des buffles blancs transportant du sable ou des cailloux , de petits « taxis collectifs » plein à craquer jusque sur le toit, des gens qui font la sieste allongés par terre, qui mangent, qui papotent ou qui font leur toilette dans l'eau des rivières ...des troupeaux de chèvres ou de vaches qui déambulent sur la route et il faut attendre que ces messieurs- dames passent ...

 

C'est de là que l'on peut le mieux approcher la vie des petits villages, la structure et l'organisation de la vie sociale : les intouchables et les plus basses castes habitent des huttes branquignolantes, en enfilade le long de petits chemins où la poussière rouge vole tous azimuts.. elles sont en bambou ou bouse de vache séchée mélangée à de la terre, parfois en briques recouvertes de ciment peint de toutes les couleurs. Les toits toujours en feuilles de palme . Humains et bestiaux vivent en bonne communauté, dormant à même le sol en terre battue. Parfois, on aperçoit une jambe ou un pied qui dépasse ...tandis que les femmes cuisinent assises par terre sur le pas de leur porte, seule ouverture, les enfants nus s'amusent à courir après la chèvre qui se nourrit dans les tas d'ordures......bref, là c'est la grande misère, celle que je n'ai jamais voulu, par respect, prendre en photo.

 

Sur les chantiers du bord de route, j'ai été surprise de voir des femmes avec des pelles et des pioches, travailler avec et comme les hommes. (ils sont entrain de faire une nouvelle voie ferrée qui reliera Trichy à Chennai ).

 

Nous avons croisé sur la route des centaines d'hommes et de femmes – toujours très élégantes - portant sur leur tête de gros paquets, marchant en enfilade .. Rama ( le chauffeur ) m'a expliqué qu'ils faisaient un pèlerinage pour se rendre à une fête chrétienne : 180 km à pieds ! Je n'ai pas pu en savoir plus. Rama est un excellent chauffeur, mais niveau culture, c'est zéro pointé .

 

A l'abord des petites villes, on aperçoit aussi les fastueuses demeures des castes supérieures, presque des palaces ...notre petite maison de « Carquedingue » ferait figure à côté, de maison de gardien... et encore !!

 

Mais partout beaucoup d'écoles, de collèges, d'universités. Il est évident que l'Inde met le paquet sur l'éducation. Tous les élèves et étudiants sont en uniforme et souriants, manifestement contents de leur sort. On les comprend !

 

Pour une fois que je voulais aller faire un tour à pied, toute seule ( avec mon couteau et ma lampe électrique dans la poche comme toujours !) , il m'est arrivé une aventure qui vaut le coup d'être racontée :

Depuis un moment j'entendais de grosses déflagrations, donc un peu peur car il y a eu des attentats à la bombe cette semaine encore . Je vois un gars qui pose un gros paquet blanc au milieu de la chaussée à 50m de moi, je presse le pas, et tout d'un coup BOUM!, une énorme pétarade à en faire trembler tous les dieux du Nirvana, une grosse boule de fumée, et puis une pluie de petits bouts de papiers blancs qui s'éparpillent sur la route comme des papillons! Le bruit m'a tellement fait sursauter que j'ai trébuché , suis tombée par terre sur la chaussée ( heureusement pas de charrette à buffles passant à ce moment là) , et je me suis fait une belle égratignure à la jambe!). En me retournant j'ai compris : au loin arrivait un vénérable Eléphant enguirlandé , suivi de toute une foule de fidèles en liesse, pour aller au temple !! et donc, pour marquer le passage du Saint Animal, on fait sauter des pétards pour dégager sa voie, environ tous les 200m !! Au risque de foutre une bonne trouille à l' ignorante touriste que je suis ...

ce qui a fait marrer le gars à la « bombe », lequel est venu me voir, hilarant, pour entamer devant moi une danse endiablée , la « Shiva nataradja »...

 

Quant à Chidambaram, rien à dire : c'est encore une bonne petite ville indienne qui nage dans sa cacophonie, sa puanteur et sa poussière ...
Là changement de décor en ce qui me concerne : mon hôtel pourtant classé "chic" dans Le Routard est plutôt, comme dirait Gilles, « bas de plafond », et tellement bruyant, coincé entre un temple en plein festival de la musique et une gare des bus . Si on ajoute une clim qui fait un bruit de locomotive à vapeur qui explose ....et les employés de l'hôtel qui jouent à cache- cache dans le couloir... vous imaginez le tableau ! De sorte que je n'ai pas pas fermé l'œil de la nuit malgré 2 boules quies l'une sur l'autre de chaque côté!

Encore une nuit à tirer ici, demain ça ira mieux !

 

En revanche un temple magnifique ( malheureusement interdit aux appareil photos ... Je suis quand même arrivée, mine de rien, à en grappiller quelques unes !) dédié à ... je vous le donne en mille : à SHIVA , hé oui, encore!! mais attention « Shiva dansant » - Sri Sivagami Amman Temple -ce qui change tout !

Un temple qui vaut le détour, très grand , très beau, mais surtout le plus « vivant » que j'ai pu voir : une immense foule cosmopolite que grouille de partout : mélange de mendiants, de brahmanes en tous genres - mais toujours caste supérieure attention! -, de fleuristes, de fidèles qui font la queue pour se faire bénir dans les différents sanctuaires ( un peu d'eau sur la tête, une petite gorgée, un peu de couleur sur le front le dessin et la couleur suivant la déité vénérée, une feuille dans la bouche pour sucer, puis on vous met un espèce de chapeau en paille sur la tête – style nos chapeaux de plage – avant de le retirer aussi vite ). Et voilà le tour est joué! . D'autres se prosternent à genoux, ou bien s'allongent de tout leur long par terre, se frappent la tête , le front, la poitrine, font quelques courbettes les mains jointes, et bien sûr, on fait une petite donation pour l'entretien du temple.

Et puis comme d'habitude, on dort, on mange, on discute.. tout cela au milieu des lampes à huile et des guirlandes de fleurs ..Bref, un vrai spectacle qui pourrait nous retenir et nous ravir des heures entières.

 

Enfin pour finir plus en douceur, un petit tour en barque sur un lac situé à environ 10 km de Chidambaram, mais je ne sais pas trop où exactement : on s'est perdu!

Et pour que Rama se perde, il faut se lever de bonne heure!

Je sais juste que nous étions à 4km du Golfe du Bengale ( ouf! on s'en rapproche! ) , que c'est un lac d'eau salée, en fait, une mangrove. Très joli et reposant. Comme je n'avais pas envie de laisser « mon ange gardien » poiroter une heure à m'attendre, j'ai joué un peu la comédie : j'ai dit que j'avais peur d'y aller toute seule, le pilote – enfin... le rameur - , a eu pitié de moi et voulait surtout ne pas perdre une cliente... il a invité Rama qui a ainsi pu m'accompagner gratos ! Il était super content! Et moi aussi! Une bonne journée.


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Photos:
Dans la mangrove (en haut)
Le pétard et la troupe de l'éléphant qui arrive au loin,
Collégiennes
En bas , pélérinage le long des routes.
Les femmes au travail ...

J'ai trouvé les femmes indiennes très courageuses, elles travaillent comme les hommes, la pioche à la main, à la réfection des routes ( les troncs des  arbres décorés de carreaux noirs et blancs signifiant l'équilibre entre le bien et le mal ...)

Elles marchent beaucoup, tiennent de petites épiceries le long des routes et dorment à même le sol.
Il y en aurait des choses à dire sur le statut des femmes en Inde ! : du mariage arrangé qui semble être encore aujourd'hui la règle, en passant par la dot obligatoire, la totale dépendance aux hommes,  le travail épuisant, et  le veuvage qui - la femme se trouvant alors totalement déconsidérée aux yeux de tous -  se termine parfois en suicide sur un bûcher ( pour aller retrouver l'âme du mari ! ).
Elles m'ont surtout semblé résignées ...  là aussi, la route est longue.


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Chidambaram 005


..pondicherry-046.jpgKumbakonam-020.jpg

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Portraits d'indiens

Chidambaram-051.jpgChidambaram-011.jpgChidambaram-024.jpgTanjore-039.jpgTanjore-038.jpgKumbakonam-021.jpgKanadukathan-005.jpgTanjore-047.jpgTrichy-018.jpgChidambaram-049.jpgTrichy-010.jpgChidambaram-004.jpgpondicherry-023-copie-1.jpgKanadukathan-014-copie-1.jpg

 Des













écolières,  toujours impécables, en uniformes, nattes et noeux dans les cheveux
Une femme qui va chercher de  l'eau "au bassin public" pour faire la lessive,
 Un brahmane dans un temple, Il porte le "tilak" sur le front ( on dit aussi tika, bindi, pottu... ) :  une larme de sang entourée de 2 traits blancs. C'est leur "troisième oeil" . 
Un Sâdhu : un ascète itinérant ayant renoncé à ses biens matériels. Les Sâdhus se promènent vêtus de dhôti orange ou safran, portent des colliers de graines autour du cou, et sont parfois armés d'un trident.
Une femme en plein travail dans une rizière,
Des dames faisant leurs offrandes, le jasmin dans les cheveux,
Un vieillard en pleine contemplation d'un mur...Il porte un "mandu" en coton blanc, noué autour de la taille et relevé au dessus des genoux. L'habit des basses castes.
Un ouvrier qui construisait un mur.
..

















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Tanjore et Kumbakonam



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En continuant ma route vers l'Est, me voici à TANJORE 220 000 habitants, 335 km (encore ! ) de Chennai ...

La route est belle : bordée de palmeraies au vert lumineux et satiné, de rizières au vert plus foncé, de champs de canne à sucre ou de blé,  et même parfois d'alignement de galettes de bouse de vache qui sèchent sur les bas côtés, et serviront à construire les maisons en pisé. La conduite est toujours suicidaire, et parfois je suis étonnée d'être toujours en vie !
 

 

Chennai est une jolie ville, très ancienne et très « authentiquement ...indienne », mais relativement calme.

 

D'abord une bonne surprise : un magnifique hôtel, situé au bord du fleuve Kaveri, à 7km de la ville, en pleine nature avec des pelouses en kikuyu où broutent quelques vaches !. Une merveille!!

 

La ville est surtout connue pour son musée, la Marata Palace, un vrai musée de sculptures anciennes ... très compliqué!

Elle est connue aussi pour ses artistes : notamment sculpteurs sur bois et en métal : j'ai ainsi pu assister à la fabrication d'une statuette en bronze : impressionnant : je n'avais jamais vu travailler le bronze dans de telles conditions ...! on crée un modèle en cire, on l'entoure d'une gange en ciment, on chauffe pour faire fondre la cire, et ne garder que le moule, que l'on remplit alors de bronze, on fait chauffer 15 mn, on retire du feu, on casse le moule avec un marteau, et voilà ! On découvre la statuette en bronze ! 


 Tanjore-070.jpgTanjore-075.jpgTanjore-076.jpg                                                               

La ville est enfin surtout célèbre pour son Temple inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO :

le Brihadishvara dédié à Shiva.

Petit rappel pour ceux qui n'auraient pas compris du premier coup :

SHIVA est le dieu du cycle de la vie et de la mort. Il peut notamment détruire le monde en y mettant le feu. Dans le chignon de Shiva, on voit la petite tête de Ganga, la déesse des fleuves : c'est Shiva qui murmure à l'oreille de ceux qui meurent sur les rives du Gange un mantra qui les délivrera du cycle des rennaissances.

Il épouse la belle PARVATI, la soeur de Vishnou et ensemble ils auront 3 enfants : 2 garçons: l'éléphant GANESH, le dieu des voyageurs, SKANDA le pur, et une fille LAKSMI la déesse de la beauté.

LAKSMI épouse le dieu VISHNOU son oncle, frère de Parvati ( vous suivez? ). Vishnou est celui qui maintient le monde en état de grâce, grâce justement au déluge qui éteint l'incendie de Shiva.

 

Ah! les histoires de famille, c'est souvent bien compliqué! ... et les interprétations divergent!

 

Mais plus sérieusement, je suis entrain de lire un petit livre sur l'hindouisme, écrit en 1929 par le Prof. Sarma ( très connu ici ) revu et corrigé en 2007, et commence à comprendre, que derrière tout ce qui peut nous paraitre un peu « folklorique », il existe dans la religion védique, un « Être Suprême » ( the « Suprême Being ») qui est à la fois transcendant et immanent .

Tout le reste au fond, n'a que peu d'importance, et l'incroyable panthéon des dieux hindous , qui ne cesse d'ailleurs d'augmenter – on en compterait aujourd'hui plus de 300 000 ! - ainsi que les innombrables rituels , font partie de la vie quotidienne, sans réelle signification religieuse très précise.

 

Et puis 90 km plus loin, toujours vers l'Est ( Ah je vais bien finir par le voir ce golfe du Bengale!), c'est KUMBAKONAM, avec également un temple classé au Patrimoine mondial le Darasuram Temple, et enfin de belles fonderies de bronze ( avec même une école de sculpture.( bon, c'est un peu la répétition d'hier, c'est vrai ! C'est comme les châteaux de la Loire quoi : on suit la route ...! )

 
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                                                                                                                                                                                                                                      Les photos qui suivent sont celles du temple de Tanjore. où je me suis fait "baptisée par l'éléphant" ! on lui met une pièce dans la trompe, et hop! il vous pose le bout de la trompe sur la tête !! ( c'est pas vraiment "popo dessus " qu'il m'a fait .... mais pas loin :)
 Cet homme en rouge qui se proterne devant l'éléphant  est appellé un Jamiyan dans le Tamil Nadu : c'est quelqu'un de très important, un maître, venu et reparti en voiture comme un chef d'Etat !
enfin le portrait de SHIVA ( à droite) et de sa femme PARVATI (à gauche).

 

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TRICHY, rebaptisé TIRUCHIRAPALLY par les indiens, toujours pour faire simple, est surtout un grand carrefour commercial, routier et ferroviaire ( un aéroport, plusieurs gares , et un nombre de bus qui dépasse tout ce que l'on peut imaginer ...


Pas grand chose d'intéressant si ce n'est le magnifique Temple SRIRANGAM, dédié ( entre autres ... ) à Vishnou, dont la construction s'est prolongée sur 10 siècles ( 10 /20ème ), et qui fait , toutes enceintes comprises, 3 km sur 3 !


Tout est fascinant dans ce temple :
-ses 8 enceintes successives dont les 3 premières sont fondues dans la ville ( là on peut entrer en vélo, acheter toutes les bondieuseries que l'on veut dans les boutiques, se faire happer par les mendiants ou arnaquer par les faux guides... ce qui fut mon cas et a provoqué une belle engueulade au moment du paiement! )
- les gopurams = ses hautes tours, dont l'une est restée toute blanche, ses immenses mandapas, ensembles à colonnades ( dont le plus grand compte 953 piliers ), ses amnans ou sanctuaires (dédiés à Vishnou, Garuda sa monture, Krishna le berger avatar de Vishnou et bien d'autres !) sanctuaires où seuls les hindous peuvent entrer, pour recevoir la bénédiction des brahmanes ( une gorgée d'eau, une aspersion sur la tête, le tahki sur le front, et une petite feuille de menthe .... à sucer ).


Il faut retirer ses chaussures à la 4ème enceinte et les touristes doivent rester hors des sanctuaires.


Dans la partie réservée à Ganesh ... un éléphant, un vrai! gardé par son maitre.


Le temple est aussi un vrai lieu de réunion et de vie, où l'on discute, dort, mange ...


Petit retour en arrière sur l'hindouisme, qui repose donc sur deux grands principes :


1 - le respect de « l'ordre cosmique » : le DHARMA – Dame oui, c'est comme ça! surtout ne rien changer à l'ordre des choses, et s'en contenter, en espérant mieux pour la prochaine fois –


2 - et le KARMA : le « Kasier judiciaire », qui suit tout un chacun tout au long de sa vie et où s'entassent les bonnes et les mauvaises actions ... et selon que le casier sera bon ou mauvais, on sera plus ou moins vite réincarné en mieux ou en pire, et finalement peut être, un jour, on sera libéré du cycle de toutes ces réincarnations , pour atteindre définitivement


le paradis = la MOKSHA ( et surtout pas la Mosquée !)


Quant au Bouddhisme, ici on le boude car il prône l'abolition des castes ...et met donc un peu trop la pagaille...

Justement, petit retour aussi sur le système des castes : 


Au commencement était Brahma, dieu de la création, et le brahmanisme réglait la vie hindoue .
Brahma est à l'origine des castes ( "caste" vient du portugais"casta" qui signifie "pur") : 
en effet:
-c'est de sa bouche que sortirent: les Brahmanes qui sont au sommet de la hiérarchie des castes ( végétariens, interdits d'alcool, lettrés, purs ). Nehru, devenu 1er ministre de l'Inde appartenait à cette caste, c'était un "pandit" c'est à dire un érudit
- puis de sa poitrine sortirent les guerriers, protecteurs "musclés"
- de ses bras, sortirent les marchands, qui viennent donc au 3ème rang, dont faisait partie Gandhi, le futur "père de la nation"
Ces  trois premières castes sont dites "supérieures"
-Enfin de ses jambes sortirent les serviteurs, divisés en nombreuses  sous- castes qui sont toutes des "basses" castes.
Mais malheureusement, le corps de Brahma n'est pas assez grand pour contenir tous les humains : il existe donc une masse indistincte de "sous-hommes sortis de nulle part", répartis en sous-castes selon leur métier (les plus impurs étant les incinérateurs, les vidangeurs, les éboueurs - (il ne doivent pas être nombreux à en juger par le nombre de poubelles non ramassées et d'imondices !) : ce sont les PARIAS ou "fantômes d'hommes", que les anglais ont appelés :  "intouchables".
Actuellement, parias et intouchables sont des termes prohibés, on préfère le terme de Dalits, les déshérités, dont les plus impurs mangent de la viande et boivent de l'alcool, ce sont des quasi-bêtes.
Cependant, si on reste dans la caste  de sa naissance toute sa vie, cela ne signifie pas pour autant que les parias ne puissent pas aujourd'hui, faire du commerce, s'enrichir, ou faire de la politique et devenir député ou même gouverneur d'un Etat, comme c'est le cas par exemple aujourd'hui dans le Tamil Nadu et l'Uttar Pradesh . La législation tend de plus en plus à imposer un système de quotas dans bien des domaines - surtout les fonctionnaires, les étudiants ... mais la route est longue... très longue, car curieusement pour nous, le système des castes existe bien encore, perdure, et fait partie intégrante de la religion et de l'organsation socio-culrurelle hindoue.
Cependant la révolution est en marche : des Dalits gagnent des élections et marchent vers le pouvoir. S' ils y parvenaient ce serait l'ensemble de la conception sociale hindoue qui s'en trouverait inversée.
Mais les résultats des élections législatives en cours viennent de tomber : le Parti du Congrès dirigé par Sonia Gandhi arrive en tête. Elle sera probablement la future Présidente de l'Inde socialiste mais de plus en plus tournée vers le libéralisme. pas encore pour cette fois une intouchable au pouvoir!

Quant moi, il faut que je vous fasse un aveu : j'ai rencontré un brahmane, qui a réussi à me séduire (par sa foi!), et j'ai décidé, après avoir bien réfléchi, de me convertir au Bouddhisme . Je crois vraiment que c'est la bonne et unique voie à suivre pour vivre loin de toutes les contingences terrestres. J'ai donc annulé toute la fin de mon périple, et je me suis inscrite dans un Ashram pour y finir mes jours en paix ... Bref, je reste là, à Trichy.


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Pour finir donc, en vous faisant mes adieux (mais non c'est pas vrai aujourd'hui c'est le 1er avril:) , quelques photos de ce temple fantastique..

En haut, le grand mandala avec l'éléphant au fond
Dans le sanctuaire, les femmes font leurs offrandes en allumant des lampes à huile,
L'entrée d'un autre santuaire
et les papotages habituels!

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Kanadukathan : Ses Palais et ses Cabanes ...

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Alors, Kanadukathan, ça se trouve dans le CHETTINAD une petite région, entre Karaikudi et Pudukkottai ... je suis sûre que vous voyez très bien !!


En tous cas, nous sommes bien arrivés, Rama et « moi-même personnellement » au «  Chettinadu Mansion », classé quand même «  très chic » dans le Routard ( encore , ça devient une habitude !) ...c'est une grosse maison bourgeoise du 19ème, restaurée ( mais bon.... ) et transformée en chambres d'hôtes par son propriétaire, un ancien businessman âgé de plus de 80 ans, qui nous accueille, charmant.


Je suis ravie d'être là, car c'est peut-être la seule et unique fois, où je serai « à la campagne ».


Kanadu.....est en effet un petit village de 10 000 habitants, perdu au milieu de nulle part ( si : dans l'état du Tamil Nadu ! ), où la seule chose «  touristiquo-historique » à voir c'est le Palais 19éme d'un vieux Radjah de 91 ans, et qui vit aujourd'hui à Bombay. Il autorise la visite de son Palais ( gratuitement en plus! Mais bon, on est Radjah ou on l'est pas ...), ce que je n'ai pas manqué de faire.


C'est aussi une ancienne ville de gros commerçants ( les Chettiars ), qui avaient « la bosse de la finance » - pour reprendre l'expression employée par notre hôte! - , ayant fait fortune dans le passé, en faisant commerce notamment avec le Sri Lanka et tout le sud asiatique ( pierres précieuses entre autres), et qui sont aujourd'hui tous partis, laissant derrière eux de magnifiques demeures laissées à l'abandon, témoin d'un opulent passé ...


Mais aujourd'hui c'est plutôt la grande misère qui y règne, et le manque d'eau potable, qui est un des plus gros problèmes de l'Inde, est ici évident. Les réserves sont vides, on attend la mousson avec grande impatience. Beaucoup n'ont de gens  pas l'eau courante.


Ceci en plus de tous les autres problèmes bien sûr : sanitaire - recrudescence de dengue et de chikungunya , de poliomyélite – scolarisation déficiente, pauvreté, électricité défaillante (coupure de courant toutes les 5 minutes ...merci pour mon blog!), esclavagisme des enfants « volés », femmes battues ( il y a en Inde énormément d'associations qui luttent contre ce fléau que je ne soupçonnais pas ) etc...
 

Tous ces problèmes ne sont pas du tout occultés par la presse, qui au contraire en fait ses choux gras en cette période de débauche électorale ! La prresse étant en Inde extrèmement libre.


Difficile de croire dans ces conditions que l'Inde soit en passe de devenir l'une des plus grandes puissances mondiales! C'est le pays des paradoxes où Palais et Cabanes se côtoient, sans que le « commun des indiens » ne semble s'en offusquer ... fatalisme et résignation ... toujours avec le sourire, c'est le destin, l'ordre cosmique : le Dharma, c'est comme ça et on n'en parle plus!.


Petite précision vestimentaire : la jupe que portent les hommes – ou longue ou relevée aux genoux – quand elle est blanche et en pur coton s'appelle un « hotie », quand elle est colorée et en coton mélangé, s'appelle un « lungie ».. ...et non un "pandi" comme m'avait dit Rama, à moins que le nom change suivant les régions. Toujours bon à savoir !!


Enfin, il est 9h du soir, je viens de regarder quelle est la température au thermomètre dans la cour extérieure de l'hôtel : 35° !! Merci la clim, même quand elle fait un bruit d'enfer !


Bref, suivent quelques photos, de « mon petit coin de paradis » .... à vous de juger !

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Photos
Ma guest-house ...repas servi sur une feuille de banane ...
mais, juste en face le palais du Radjah, la réserve d'eau est à sec ...
et les gens vivent dans des cabanes sans eau courante.

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Martine autour du monde ...

Carnets de voyage, avec pour chaque pays un résumé de la géographie, de l'histoire, des données démolinguistiques et politiques.

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