Martine autour du monde ...

Je suis partie en "lancha" voir deux villages: San Juan et Santiago (vous pouvez les voir sur la carte du lac),  accessibles seulement en bateau, et leur marchés. Il faut partir tôt le matin quand le lac est encore lisse comme un miroir et que le soleil se lève : c'est alors d'une incroyable beauté .

L'arrivée au débarcadère de San Juan qui a subi les inondations du mois d'octobre et dont certaines maisons sont encore dans l'eau :

 

 

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San Juan est un village qui s'étale en douceur et où les habitants ont conservé toutes leurs traditions et leur gentillesse. C'est ici, dans l'Altiplano, que la population indigène est la plus importante : 95% ! C'est un village de peintres et de tisserands (tissage à la main, avec des couleurs provenant exclusivement de fruits et légumes ou de plantes sauvages : donc ici les tissus ont des couleurs beaucoup plus pastel que dans les autres villages). Je suis allée rendre visite à une femme qui fait partie d'une association ou communauté. Elles tissent selon les méthodes ancestrales, en utilisant exclusivement des teinture naturelles, ce qui  donne des tons très doux :

 

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Avant de monter lesfils de la trame sur le métier, il faut d'abord les teindre et élaborer des dessins particuliers que l'on peut ensuite admirer sur les cortes (les jupes).

Les fils se tendent entre  deux piquets séparés de 1m50, et l'artisan réalise, en atelier, le long de la route ou en pleine rue, une cinquantaine d'aller et retour entre ces deux piquets.

Ensuite, il noue des faisceaux de quelques fils au moyen de petits fils très serrés selon un schéma connu de lui seul. Le tout est plongé dans un bain de teinture puis de nouveau tendu et les centaines de petits noeuds défaits à la main un par un. Les noeuds empêchent la teinture de pénétrer jusqu'au fil qui reste blanc. On refait le même processus en changeant les noeuds de place en replongeant l'ensemble dans les bains de teinture.

Tout l'art de l'artisan est d'arranger ses noeuds de manière à produire le dessin voulu. Cette technique est surtout utilisée pour produire les "espigados", les épis que l'on peut admirer sur les jupes dans la région de Quetzaltenango, notamment dans le village de Sacaja, dont c'est la spécialité, mais aussi partout au Guatemala. 

 

Je me suis fait une amie : Juanita, qui ne voulait plus me quitter ni me laisser partir ... je lui ai offert une belle grappe de raisins en guise de cadeau d'adieu

 

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Et puis le village de Santiago, situé au fond d'une baie profonde qui le protège des sautes d'humeur du lac.

Là je me suis approchée d'une "confrérie chamanique" qui vénère le dieu de la terre MAXIMON (prononcer Machimon:). Etrange de voir les indiens déposer des offrandes et se confesser devant ce mannequin avec son chapeau, son cigare, et son verre d'alcool (ici on boit beaucoup!). Depuis l'arrivée des missionnaires espagnols, les indigènes font de la résistance en conservant leur croyances polythéistes ou en font moins en mélangeant tout : monothéisme chrétien et animisme. Ils sont d'ailleurs actuellement la proie facile des évangélisateurs de tout poil.

Mais les autorités s'insurgent : ils sont obligés maintenant de changer régulièrement d'endroit, et pour m'y rendre, j'ai dû emprunter une petite ruelle bien "discrète" 2--46--copie-1.JPG  

 

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Ce qui n'empêche qu'à la sortie du "temple" on trouve la crêche chrétienne !

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Published by Martine Bachelier - - Guatemala

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